Introduction
Le judaïsme, une des plus anciennes religions monothéistes, a des racines profondes au Moyen-Orient. Cet article explore les liens historiques entre le judaïsme et la Jordanie, en retraçant les récits bibliques, les vestiges archéologiques et les influences culturelles qui témoignent de cette relation complexe. L'objectif est de comprendre comment cette région a façonné l'identité et l'histoire du peuple juif.
Les Origines Bibliques et les Hébreux
Les Hébreux, dont le nom dérive d'un terme araméen signifiant « ceux qui passent », sont au cœur du récit biblique. La Bible elle-même est un recueil d'épopées, d'annales royales, de récits mythologiques, de poèmes, de prières et de textes juridiques. La plupart des événements qu'elle relate sont censés se dérouler au IIe millénaire av. J.-C. La Bible raconte l'histoire des Hébreux, en commençant par l'alliance conclue par Dieu avec Abraham, dont le nom signifie « père d'une multitude » en araméen ou en hébreu.
Quand la Bible était encore considérée comme un récit historique précis, les spécialistes dataient cette épopée des environs de 1800 ans avant notre ère. Les Édomites, descendants d’Ésaü et ennemis des Hébreux, se seraient opposés au passage de Moïse lors de l’Exode, vers le XIIIe siècle avant Jésus-Christ.
La Jordanie dans les Récits Bibliques
La Jordanie, située à l'est du Jourdain, est un territoire riche en histoire biblique. Plusieurs événements clés de l'Ancien Testament se sont déroulés dans cette région, soulignant son importance pour le judaïsme.
Moïse et le Mont Nébo
Le Mont Nébo est un lieu emblématique de la Jordanie, d'où Moïse contempla la Terre Promise sans pouvoir y entrer, selon la tradition. Au mont Nébo et sur le site voisin de Khirbet al Mukhayat, les Franciscains ont mis au jour de très beaux pavements de mosaïques d’églises remontant au VIe siècle.
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Béthanie au-delà du Jourdain
Béthanie au-delà du Jourdain est considéré comme le lieu du baptême de Jésus par St Jean Baptiste. Purification dans les eaux du Jourdain.
Pétra et ses Liens Bibliques
Pétra, ville troglodyte située en Jordanie, où les merveilles géologiques se mêlent à la richesse des tombeaux et temples taillés dans les falaises de grès rose, était la capitale des Nabatéens, civilisation disparue dans les premiers siècles de notre ère. L’histoire religieuse de ce site inscrit au patrimoine mondial de l’humanité précède toutefois les Nabatéens, puisque le lieu fut occupé notamment par les Horites (mentionnés en Genèse 14, 6) et les Édomites. Deux lieux se rapportant au livre de l’Exode se trouvent d’ailleurs à proximité de Pétra : la source de Moïse, avec le rocher sur lequel celui-ci aurait frappé de son bâton pour faire jaillir l’eau, et la tombe d’Aaron, lieu supposé de la sépulture du frère de Moïse (Nombres 20).
L'État d'Israël : Naissance et Conflits
La Déclaration d'Indépendance
Le 14 mai 1948, au musée de Tel-Aviv, David Ben Gourion, président du Conseil national juif et futur Premier ministre, prononce la déclaration d’indépendance d’Israël. Cette déclaration marque un tournant majeur dans l'histoire du peuple juif, après des siècles de diaspora et de persécutions.
Le Sionisme et la Création d'un État Juif
C’est en Russie que l’idée d’un État juif prend naissance. Après l’assassinat du tsar Alexandre II, le 13 mars 1881, une partie de la population accuse les Juifs d’être responsables de la mort de leur dirigeant et lancent une série de pogroms (attaques antisémites accompagnées de pillages et de meurtres) de 1881 à 1884. En réaction, quelques étudiants et rabbins créent le mouvement Hibbat Zion en hébreu, « Les amants de Sion ».
« La solution au problème juif, c’est la création d’un État juif », écrit le journaliste autrichien Theodor Herzl en 1896 dans un texte intitulé Der Judenstaat (en allemand : « l’État des Juifs »). En 1897, Herzl préside le premier congrès sioniste à Bâle (Suisse). Si différentes possibilités sont évoquées (Kenya, Argentine…), c’est en « terre d’Israël », berceau du peuple juif en Palestine selon la Bible, que se tournent les sionistes.
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La Palestine sous Mandat Britannique
Le 2 novembre 1917, un événement majeur va changer la face du Moyen-Orient. En pleine guerre, le ministre des Affaires étrangères britannique, Arthur Balfour, adresse un courrier à l’un des leaders du mouvement nationaliste juif au Royaume-Uni, Lord Walter Rothschild : Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif. En 1920, le traité de Sèvres démantèle l’Empire ottoman, vaincu à la fin de la Première Guerre mondiale, et la Société des Nations (SDN) place la Palestine sous mandat britannique.
Dès lors, la population juive en Palestine augmente considérablement. Les restrictions de l’immigration aux États-Unis au milieu des années 1920 et la montée du nazisme en Allemagne dans les années 1930 encouragent les alyas. Pendant la Seconde Guerre mondiale, entre 5 et 6 millions de Juifs sont exterminés au cours du génocide perpétré par les nazis. À la fin du conflit, les rescapés se tournent notamment vers la Palestine, toujours sous mandat britannique.
Conflits et Guerres Israélo-Arabes
Le 15 mai 1948, dès le lendemain de la déclaration d’indépendance, les troupes de plusieurs pays membres de la Ligue arabe (Égypte, Irak, Jordanie, Liban, Syrie, Yémen) envahissent la Palestine. En janvier 1949, Israël remporte la guerre, notamment grâce aux armes fournies par l’URSS via la Tchécoslovaquie. Sa superficie s’agrandit d’un tiers pour atteindre 78 % du territoire. Jérusalem est coupée en deux : l’est pour la Jordanie, l’ouest pour Israël, qui la désigne comme capitale. La Palestine est démantelée : sur les bords de la Méditerranée, la bande de Gaza passe sous contrôle égyptien, la Jordanie annexe la Cisjordanie. Entre décembre 1947 et juillet 1949, près de 700 000 Arabes de Palestine, expulsés de leurs terres et leurs habitations, sont contraints de fuir.
L'Immigration et la Loi du Retour
Dès la déclaration d’indépendance d’Israël en 1948, David Ben Gourion pose un principe fondateur : L’État d’Israël sera ouvert à l’immigration des Juifs de tous les pays de leur dispersion. Le 5 juillet 1950, le parlement israélien vote la loi sur le retour qui permet à tout Juif de pouvoir immigrer et s’installer librement en Israël.
Les Juifs Éthiopiens (Beta Israël)
En mai 2015, la vidéo d’un juif éthiopien en plein service militaire se faisant malmener par deux policiers israéliens a fait le tour du web israélien et provoqué à la fois une vague d’indignation et d’affrontement entre la communauté juive éthiopienne et les forces de l’ordre de l’État hébreu. Les Juifs éthiopiens, qui sont aujourd’hui au nombre de 135 000 en Israël, sont aussi appelés Beta Israël (littéralement la « maison d’Israël ») ou Falasha (« exilés » en amharique), même si ce dernier terme est peu utilisé au sein de la communauté elle-même.
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Plusieurs théories expliquent leur origine, la plus répandue étant qu’ils descendraient des Israélites ayant accompagné le prince Ménélik, fils du roi Salomon et de la reine de Saba, lorsqu’il aurait apporté l’arche d’alliance en Éthiopie, au Xème avant Jésus-Christ. Une autre tradition orale les dit descendants d’une des dix tribus perdues d’Israël, la tribu des Dan. Cette théorie tend à devenir la plus répandue car elle est endossée par le Grand rabbinat d’Israël depuis 1973.
Défis et Tensions Contemporaines
Discriminations et Intégration
La conjugaison entre les difficultés économiques et l’extrême diversité de la société israélienne peut générer un manque d’intégration sociale. Non seulement, la grande diversité religieuse que l’on peut trouver à travers les différents courants du judaïsme est génératrice de tensions, notamment entre les ultra-orthodoxes, les orthodoxes et les « laïques », mais la pluralité ethnique est aussi souvent source de discrimination.
Le Processus de Paix et les Territoires Occupés
Les interventions suivantes sont à resituer dans le cadre des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens menées à l’initiative du président américain William ClintonWilliam Clinton : président des États-Unis improprement appelé « Bill » y compris dans le Monde après les premiers mois de présidence (janvier 1993-janvier 2001). Les territoires occupés sont mal répertoriés dans les discours nationalistes devenus réducteurs : l’Intifada exprimera alors, à travers la « geste des pierres », l’affranchissement de la jeunesse palestinienne.
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