Introduction

L'histoire des Slaves orientaux, berceau de la Russie moderne, est un sujet complexe et fascinant. Comprendre leurs origines, leur culture et leur évolution est essentiel pour saisir l'identité de la Russie contemporaine. Cet article explore les différentes facettes de cette histoire, en s'appuyant sur des sources historiques, archéologiques et linguistiques, pour offrir une vision aussi complète que possible.

Le Mythe des Origines et la Chronique de Nestor

Pendant longtemps, les historiens ont étudié la Russie primitive en se basant sur des écrits anciens, notamment la Chronique dite « initiale » (natchalnaïa), attribuée au moine Nestor. Cette chronique, bien que précieuse, doit être analysée avec prudence pour comprendre comment et dans quel esprit elle a été composée. Elle offre des informations sur le pays, sa géographie et son passé le plus proche, mais elle comporte aussi des lacunes et des interprétations qui peuvent induire en erreur.

L'historiographe russe Zabéline soulignait l'existence d'une « place vide » dans notre connaissance des origines russes. Des questions fondamentales, telles que la conquête de Kiev par Oleg et les raisons pour lesquelles on faisait venir des princes de loin pour gouverner la Russie, restaient sans réponses claires. Ces interrogations ont conduit certains esprits à s'égarer, comme V. Kostomarov, et ont suscité de nombreux débats.

Découvertes Archéologiques et Civilisations Anciennes

Les découvertes archéologiques récentes ont permis de mieux cerner le passé de la terre russe, au-delà des limites imposées par les textes anciens. Des vestiges datant de l'époque proto-dynastique en Égypte ont été retrouvés dans l'Oural et même en Russie centrale, témoignant d'une civilisation du cuivre florissante en Sibérie occidentale et dans l'Oural, alors que l'Italie connaissait encore la civilisation du bronze. Ces découvertes mettent en lumière les échanges qui existaient entre Hallstatt et les riches cités de la Méditerranée, auxquelles la colonie transmettait l'ambre de la Baltique.

Ces vestiges archéologiques, découverts le long des grands fleuves russes tels que le Dniestr, le Boug, le Dniepr, le Don, la Volga, l'Oural et le Kouban, ainsi que dans les vallées du Caucase du Nord, révèlent des lambeaux d'étoffes et d'autres objets témoignant d'une activité humaine ancienne.

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Les Peuples Finnois et leur Influence

Un autre élément important dans l'histoire des Slaves orientaux est la présence des peuples finnois, également connus sous le nom de Tchouds. Ces tribus, qui habitaient les deux versants de l'Oural, les plaines de la Sibérie occidentale et les steppes kirghizes d'Orenbourg, ont exercé une influence significative sur la formation de l'ethnie grand-russienne. Leur langage a légué un nombre considérable de mots sanscrits à la langue russe.

L'industrie des Tchouds, répartie entre les monts Oural et les vastes territoires de la Sibérie occidentale, a contribué à l'exploitation des gisements minéraux de ces régions. La pénétration des Slaves dans le Centre et les plaines du Sud-Est de la Russie s'est accomplie le long des grands fleuves tels que la Kama, la Volga, l'Oural, l'Oka et la Dvina du Nord, à une époque encore mal définie.

Les peuples finnois, contrairement aux Slaves, n'ont pas cherché à se forger une culture propre, mais ils ont fait preuve d'une grande sensibilité et ont imité les influences qu'ils ont subies au cours des siècles. Leur première apparition dans les basses du cours moyen de la Volga témoigne de leur mobilité et de leur capacité d'adaptation.

Les Iraniens et les Colonies Grecques

Les Slaves orientaux ont également été influencés par les Iraniens, notamment par leur culte des idoles et leurs riches offrandes en or et en argent. L'historien Hérodote mentionne un peuple appelé Argippéens, vivant près de hautes montagnes (l'Oural), dont les hommes et les femmes avaient le nez aplati et le menton allongé.

Les colonies grecques, établies sur les bords de la mer Noire, ont également joué un rôle important dans le développement de la région. La colonie ionienne d'Olbia, née des échanges entre les rives de la Baltique et la Sibérie, ainsi que des cités populeuses et prospères telles que Tanaïs et Panticapée, ont contribué à la diffusion de la culture hellénique.

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Le colon grec était avant tout un agriculteur, exploitant les terres noires de la plaine russe pour produire du blé destiné au marché mondial. Cependant, l'influence hellénique est restée superficielle et limitée à une région restreinte.

La civilisation grecque s'est heurtée à une autre civilisation, celle de l'Orient, notamment celle des Babyloniens. Des découvertes archéologiques, telles qu'une figurine égyptienne représentant un chat de bronze retrouvée dans une canalisation, témoignent de l'existence d'un culte des divinités égyptiennes dans la région du Pont-Euxin. Des vestiges d'Osiris, d'Anubis ou de Thot confirment cette influence.

L'industrie égyptienne a connu un succès extraordinaire dans ces pays, poussant les indigènes et les habitants des villes helléniques à acquérir les produits égyptiens. Il existait également des amateurs d'antiquités et des collectionneurs de scarabéidés.

La vie intellectuelle et urbaine de ces communautés était florissante, mais l'instauration des religions orientales ou exotiques était soumise à des réserves. Les cités grecques ont connu un regain de prospérité sous les Romains, mais la situation et la vie intérieure des cités de l'Est de la Tauride et de la mer d'Azov étaient différentes.

Les Scythes et les Sarmates

L'histoire des Slaves orientaux est également marquée par la présence des Scythes et des Sarmates, deux peuples iraniens qui ont dominé les steppes russes pendant plusieurs siècles. Les Scythes, mentionnés par Homère, étaient déjà installés dans les plaines de la Russie méridionale et mélangés en partie à des peuplades d'essence non iranienne.

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Poussés par les Sarmates, les Scythes se sont dirigés vers les plaines du Bas-Caucase, où ils se sont rencontrés avec les Cimmériens. Ils ont ensuite envahi la presqu'île de Tamane et la partie orientale de la Crimée, avant de se ruer vers la Perse, poursuivis par les Iraniens.

Les Scythes ont eu des rapports fréquents avec les Assyriens et ont subi une grande défaite à la fin du siècle précédent. Leur culture, fortement influencée par les milieux différents qu'ils ont traversés, se caractérise par un style animal original, bien que marqué par l'influence persane et assyrienne.

Les Sarmates, quant à eux, ont succédé aux Scythes dans la domination des steppes russes. Ils étaient connus pour leur bonnet conique, leurs mœurs anti-hygiéniques et leur culte du glaive nu planté en terre. Leur influence s'est étendue jusqu'au domaine philologique, laissant de nombreux mots dont les racines sont d'origine sarmate.

L'historien Strabon est celui qui a le mieux décrit les Sarmates, donnant son nom à la Russie. Les Roxolans, une tribu sarmate dont le nom signifie « Alains clairs », faisaient de fréquentes incursions du côté du bas Danube.

Les Alains, un autre peuple iranien, étaient connus pour leur beauté, leurs cheveux blonds et leur bravoure au combat. Ils ignoraient l'esclavage et considéraient que la plus belle mort était celle qui survenait en combattant.

Les Alains se sont étroitement unis et ont constitué un État, dont une ville était en partie alanaise. Ils ont ensuite subi la tutelle politique des Huns. Un diocèse alain témoigne de leur organisation politique et religieuse.

L'agriculture, principalement la production de blé russe, était une activité importante pour les Alains. Leur culture, établie sur des bases solides, quoique archaïques, s'est propagée dans tout le monde antique et a atteint les rives orientales de la mer Noire.

Le Royaume du Bosphore et l'Influence Orientale

Le royaume du Bosphore, situé sur les rives de la mer d'Azov, a connu une histoire riche et complexe, marquée par des influences grecques, iraniennes et égyptiennes. Les rois du Bosphore, devenus entreprenants, ont transformé leur royaume en une monarchie absolue à la mode irakienne.

Des conceptions orientales prédominaient dans le royaume, avec des combinaisons étranges d'éléments asiatiques, grecs et égyptiens. Des prêtres coiffés de mitres et des statuettes de Thoth, d'Osiris et de Hathor témoignent de cette influence.

Les cités grecques de la mer Noire, et Panticapée elle-même, se sont cristallisées pour un moment, avant de connaître leur fin. Cependant, l'histoire de la région ne connaît pas d'interruption et continue d'influencer le développement de la Russie.

Les Goths et leur Héritage Germanique

Au début de notre ère, les premières tribus germaniques ont pénétré dans le Midi de la Russie par le canal du Dniepr. L'influence germanique a précédé celle des Goths, laissant des traces profondes dans la Russie méridionale et facilitant grandement l'œuvre civilisatrice des Goths.

Les Goths, originaires de Scandinavie, ont migré vers le Sud-Est et se sont installés dans les steppes de la Russie méridionale, dominant un large territoire s'étendant du Don jusqu'au Danube. Ils ont assujetti les peuples environnants, notamment les Slaves.

Les Goths ont apporté avec eux des éléments de culture germanique, tels que leur droit et leur organisation sociale. Ils ont également contribué à l'essor de l'industrie et de l'organisation citadine dans la région.

Cependant, les Goths ont également subi l'influence des Irano-Hellènes du royaume du Bosphore, qui ont contribué à façonner leur mentalité. Malgré leur « barbarie », les Goths ont joué un rôle important dans la transmission de la culture orientale dans l'Europe de l'Occident.

Le royaume du Bosphore était définitivement gothisé, et les Goths ont connu le christianisme et adopté le rite grec-orthodoxe. Cependant, leur domination a pris fin avec l'arrivée des Huns, qui ont semé la terreur et la mort dans la région.

Les Goths ont laissé de nombreuses traces de leur séjour dans la Russie méridionale et en Crimée, notamment des sépultures d'origine gothique. Certains Goths se sont réfugiés dans les montagnes de la Crimée, où ils ont résisté aux envahisseurs jusqu'à la conquête turque en 1475.

Les Slaves : Émergence et Expansion

L'histoire des tribus slaves primitives reste mal connue. Leur ancien habitat semble se situer au nord des Carpathes, dans la région des sources du Pripet et du cours supérieur du Boug occidental, où elles étaient connues sous le nom de Vénèdes ou Wendes, d’Antes et de Sclavènes.

De là, elles se sont dispersées aux quatre points cardinaux et ont pris la dénomination qui les distingue jusqu’ici : Polonais au nord, Tchèques et Moraves à l’ouest, Slovènes, Croates et Serbes au sud, Russes à l’est. C’est cette dernière branche des peuples slaves qui était appelée au plus grand avenir, car elle avait devant elle les espaces libres et illimités de l’Eurasie.

Parmi les Aryens d’Europe, les Slaves forment, psychologiquement, un groupe bien déterminé, et qui se distingue nettement des autres. Tandis que les Germains étaient des guerriers, des aventuriers, des conquérants, tandis que les Grecs et les Romains surent unir à l’esprit militaire, ceux-là une remarquable initiative dans le domaine artistique et littéraire, ceux-ci l’art de gouverner et de faire des lois, les Slaves restèrent en arrière sur la route de l’histoire.

Ils se cantonnèrent dans le respect des vieux usages, des traditions religieuses et sociales, trait qui les rapproche du rameau celtique de la famille aryenne. Ce caractère si particulier de l’âme slave doit, sans aucun doute, être attribué à la prédominance du sentiment sur la raison.

Quant aux envahisseurs Scandinaves, dits Varègues, s’ils donnèrent aux Slaves orientaux la notion de l’État et le modèle de quelques institutions, leur petit nombre ne leur permit pas de modifier le type physique de leurs nouveaux sujets.

Cependant, la voie commerciale du Dniepr ayant été, au xive siècle, coupée de Byzance par les Tartares, le pays ruiné par leurs féroces incursions, une grande partie de la population émigra du côté de l’orient, où s’ouvraient de vastes contrées propres à la colonisation. Là ils se mêlèrent aux peuplades finnoises, dont le sang modifia et leur type physique et leur mentalité. Les traits du visage s’alour­dissent : les pommettes deviennent saillantes et le nez s’épate. Le corps devient moins élancé, moins souple, le caractère plus posé, plus porté à la mélancolie, l’esprit plus réaliste.

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