Solliès-Ville, un nom qui résonne avec l'écho du passé, un lieu où l'histoire de la Provence s'est écrite au fil des siècles. Ce village perché, niché au cœur du Var, est bien plus qu'un simple décor de crèche. C'est un berceau historique, une "ville-mère" qui a donné naissance à d'autres communes et qui a vu défiler rois, seigneurs et figures emblématiques. Cet article vous invite à un voyage à travers le temps, à la découverte des origines, des monuments et des personnages qui ont façonné l'identité de Solliès-Ville.

Les Origines du Nom

Trois hypothèses sont avancées pour expliquer le nom de la ville. L'étymologie de Solliès-Ville reste incertaine, laissant place à diverses interprétations.

Un Aperçu Historique

L'histoire de Solliès-Ville est riche et complexe, marquée par des événements significatifs qui ont façonné son identité.

De l'Antiquité au Moyen Âge

La plus ancienne trace de l’homme découverte sur le territoire de notre région remonte au paléolithique inférieur (17 000 AEC). Les Ligures venant d’Italie s’installent dans le sud et laissent sur notre commune les premiers oppida (camps fortifiés) qui seront suivis par de nombreux autres à l’époque gallo-romaine. Au VIIIème siècle, pour échapper aux invasions Sarrasines et aux pillages, les habitants se réfugient dans les bois et les campagnes. C’est ainsi que se créèrent, vers 758, les hameaux de Valcros et de Salleta (St-Laurent). Vers 973, pour avoir combattu et expulsé les Sarrasins, le comte Guillaume II de Marseille reçoit en récompense un important territoire qui comprend, entre autre, le village de Cuers. Ce comte rassemble la population, fait construire un château (sur la butte où se dresse Notre Dame de Santé), des fortifications et une église.

Moyen Âge et Renaissance

Au XVIéme siècle, Solliès-Ville, la ville mère, voit peu à peu descendre la population dans la vallée et se concentrer autour du Gapeau offrant énergie et fertilité. Les seigneurs des lieux les Forbin ont inscrit leur nom dans l’histoire de la région. Palamède de Forbin est le premier de cette famille à s’être illustré en jouant, au XV siècle, un grand rôle dans l’union de la Provence à la France.

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Les Guerres de Religion

Fin du XVIème siècle, les guerres de Religion entre Carcistes et Razats. En 1576, le Roi signe un édit qui déchaîne la colère des catholiques parce qu’il donne aux huguenots le droit de pratiquer leur religion et même de posséder quelques places fortes. Ce fut le signal de nouveaux troubles en Provence, qui fut meurtrie, en 1578 et 1579, par une guerre à mort entre les deux partis : les Carcistes et les Razats. Les Carcistes étaient les catholiques enragés, qui avaient à leur tête, le Comte de Carcès, grand Sénéchal de Provence, les Razats, parmi lesquels se trouvaient des protestants et beaucoup de catholiques modérés, étaient ainsi appelés - les uns disent parce qu’ils n’avaient pas de barbe, les autres parce qu’on les avait persécutés, pillés, rasés - et certains croient que leur nom venait de leur chef, le Gouverneur de Provence, qui était le Maréchal de Retz. Deux années de suite, la Provence fut ravagée, pillée, ensanglantée par les uns et les autres. Dans certains endroits, ce fut une sorte de jacquerie, de révolte des paysans contre leur seigneur. C’est ainsi que les habitants de Callas assassinèrent leur seigneur qui avait 80 ans, tuèrent ses deux fils et brûlèrent son château. Celui des Forbin, à Solliès fut démantelé, ceux de Sainte-Maxime, de Bauduen, de Pierrefeu furent livrés aux flammes.

Du XVIIe Siècle à la Révolution Française

Le XVIIème siècle est marqué par des épidémies de peste (1621, 1640, 1664), des délibérés sont établis concernant les barricades, des billets de santé pour entrer ou sortir du bourg. En 1664, la peste sévira d’octobre à janvier; dès le début de l’épidémie, la communauté installe une infirmerie pour les pestiférés à la bastide de Charles Nouary. En août 1689 les désordres à l’assemblée générale de la communauté. Le Viguier (juge qui rendait la justice au nom d’un comte ou du roi) est chassé de la ville. En 1707 les troupes ennemies du Duc de Savoie causent de nombreux dommages dans le village. Des maisons sont incendiées, les habitants s’enfuient dans les bois. Chapelles et églises sont pillées (dont le vol du calice à Sainte-Christine). Pour surmonter la grande détresse et enrayer la misère subie par l’occupation de l’ennemi, les Cuersois adressent au Parlement d’Aix, une demande de remise d’impôts, et d’obligations. En 1720 la peste exerce à nouveau des ravages en Provence. Le 29 mai 1779, une femme ne jouissant pas de toutes ses facultés mentales, parcourt le village, lance des imprécations à M. Hugues qui, une heure plus tard est frappé d’apoplexie. Les habitants s’emparent de cette diablesse et la brûlent comme sorcière.

La Révolution et le Découpage Communal

En 1792 alors que le partie est en danger, la communauté achète des fusils mais les femmes refusent de livrer les cloches pour la fabrication de monnaie. Les années suivantes voient la réquisition de Cuers pour la fabrication de chaussures, le don du conseil de tous les objets en or et en argent pour aider les volontaires de l’armée de la République. En 1793 établissement du bureau de Poste. Mais cette période d’instabilité politique est surtout marquée par les pillages des maisons du village par des brigands armés. Les communes actuelles : Solliès-Ville, Solliès-Pont, Solliès-Toucas et la Farlède (autrefois Solliès-Farlède) ne formaient qu’un seul et même village. Suite à la demande de la population en 1792, la convention décida le découpage en quatre communes. Le 19 germinal an VII (8 avril 1799).

Époque Contemporaine

Février 1848 marque la naissance de la Seconde République et avec elle le suffrage universel… masculin uniquement ! C’est un bouleversement pour la France qui passe de 240.000 électeurs en 1847 à plus de 9 millions en 1848. Mais par manque d’éducation politique l’électorat populaire fait confiance aux notables conservateurs aux élections législatives et à Louis Napoléon Bonaparte à la présidentielle. Le Var, et le Var rural en particulier, fut un des bastions de cette reconquête. En 1850 le préfet révoque le Maire Roubaud et met en place une commission provisoire. Une majorité des électeurs rallia le camp de la démocratie socialiste, et ce malgré une très dure répression préfectorale et gouvernementale. Les opposants au régime se réunissent de façon clandestine afin de continuer la propagande, l’action, et de se préparer à riposter à un coup de force. Le 4 et 5 décembre 1851 : l’insurrection est en marche. Les soldats tirent sur le jeune Paul Panisse et le traînent devant la mairie ; celui-ci succombe quelques heures plus tard à l’hospice. Suite à cet événement, le mouvement se développe. En 1877 Cuers reçoit Auguste Blanqui, un grand accueil lui est réservé. La réunion donnée au théâtre, organisée en son honneur regroupe les citoyens et les délégations de la région. On vient applaudir le martyr de la liberté. En 1893 : Dénomination de la place François Bernard en hommage au Maire de Cuers Conseillé Général du Var de 1881 à 1893. Le XXème siècle est marqué par les deux guerres mondiales. Devant le nombre important de Cuersois victimes de la première guerre mondiale (1914-1918), le Maire François BRUN inaugure le 1er novembre 1916 le premier monument aux morts. Devant le nombre important de Cuersois victimes de la première guerre mondiale (1914-1918), le Maire François BRUN inaugure le 1er novembre 1916 le premier monument aux morts. Cette guerre conduira les autorités gouvernementales à implanter en 1918-1919, dans la plaine de Cuers - Pierrefeu, la B.A.N (Base aéronautique de Cuers). Le « Dixmude », dirigeable, disparu en 1923, y sera basé.

Patrimoine Architectural et Religieux

Solliès-Ville recèle un patrimoine architectural et religieux témoignant de son riche passé.

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L'Eglise Saint-Rémi

L’Eglise Saint-Rémi est consacrée à Saint Rémi en l’honneur de l’évêque de Reims qui vers 496 baptisa Clovis roi des Francs. Le maître d’œuvre Nicolas Lemercier, architecte pontoisien de grande renommée, reconstruit la nef, ajoute un bas-côté au sud et élève sur la troisième travée un imposant porche de style Renaissance. Son avant-corps est encadré de deux colonnes à chapiteaux composites qui soutiennent un fronton bas surmonté d’un couronnement architecturé. Ses ébrasements comprennent des niches séparées par de petits pilastres corinthiens. L’avant-corps est constitué d’une arcade profonde qui contient une gloire surmontée des initiales de Saint Remi. Ses ébrasements comprennent des niches séparées par de petits pilastres corinthiens.

La Chapelle Funéraire Saint-Roch

En 1620, la chapelle funéraire Saint-Roch, accolée à l’angle sud-est de l’église est édifiée à la demande de Nicolas Brûlart de Sillery. Une quittance datée de 1620 permet de l’attribuer à Nicolas Lemercier assisté de son gendre André Gerbault. Elle est bâtie sur une crypte de plan octogonal. La voûte de la coupole nervurée à huit quartiers est décorée de caissons losangés garnis de têtes d’angelots. D’importantes campagnes de restauration engagées au cours de ces deux siècles ont appauvri la chapelle Saint-Roch et la nef.

La Cloche

La cloche date du 12ème, 13ème siècles. Une des plus anciennes de France.

Personnages Illustres

Solliès-Ville a vu naître ou a été le lieu de résidence de personnalités qui ont marqué l'histoire et la culture.

Jean Aicard

Romancier, poète, membre de l’Académie française, Jean Aicard est un homme de la Provence centrale, l’actuel département du Var : né à Toulon, maire de son village Solliès-Ville, auteur de Maurin des Maures. Un musée lui est consacré. Le maire : Jean Aicard, célèbre romancier, académicien, auteur de "Maurin des Maures", a durant 1 an et demi (1920) été le maire de Solliès-Ville.

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Antonius Aréna

On inaugure aussi un médaillon représentant Antonius Aréna, poète macaronique, qui s’est battu contre les troupes de Charles Quint en 1536, pour défendre son village natal.

André Filippi

Né, en 1902, André Filippi a eu, dès son plus jeune âge, des dispositions pour le dessin. Il fait ses études à l’école des Beaux-Arts de Toulon où il obtient de nombreux prix. Pour se consacrer entièrement à son art, il quitte l’arsenal et crée une petite entreprise de santons. Un ami représentant le fait connaître dans la région et bien au-delà, si bien qu’au bout de peu de temps, les commandes dépassent le rendement. Ces santons de terre non cuite reproduisent des petits personnages haut de 3 cm tout d’abord, puis peu à peu André Filippi crée des santons puces qui acquièrent la célèbre réputation qu’ils ont toujours.

Léon Vérane

Léon Vérane (1886 Toulon -1954 Solliès-Pont), avec ses amis poètes Jean-Marc Bernard, Tristan Derème, Francis Carco et Jean Pellerin, ils initient l’Ecole Fantaisiste. Il publie son premier recueil « la Flûte des satyres et des bergers » qui sera suivi d’une vingtaine de livres. Séduit par notre village, dans les années 1930, il achète avec son épouse Marie, le Café Fournier situé à l’entrée de la place.

Les Seigneurs de Forbin

Les seigneurs des lieux les Forbin ont inscrit leur nom dans l’histoire de la région. Palamède de Forbin est le premier de cette famille à s’être illustré en jouant, au XV siècle, un grand rôle dans l’union de la Provence à la France. C’est cela que Jean Aicard va faire revivre en écrivant une œuvre dramatique « Forbin de Solliès ou le Testament du Roi René » qu’il fera jouer par la Comédie Française, le 7 août 1920, jour de fête commémorant la réunion de la Provence à la France.

Traditions et Festivités

Solliès-Ville perpétue des traditions ancestrales et propose des festivités tout au long de l'année.

La Distribution de Pain de la Saint-André

Grâce aux généreux legs des frères Maunier, fait le 18 septembre 1723, de deux propriétés sises, l’une à Solliès - Pont, l’autre à La Crau ; le jour de la Saint - André le 30 novembre, une distribution de pain à la population avait lieu devant l’église après la bénédiction. Dans ce testament il est ordonné que soit remises et données annuellement et perpétuellement trois charges de blé pour être transformées en pain et distribuées le jour de la saint - André.

La Cérémonie des Douze Apôtres

La veille de Noël, les autorités, les conseillers et tous les notables se réunissent à la mairie avec douze enfants (douze apôtres) choisis parmi la population la plus nécessiteuse. On leur donne 1 kilo de viande, deux pains, des figues et des noix. Au fil du temps des hors d’œuvre et des légumes compléteront cette obole. Aujourd’hui la cérémonie a lieu le 24 décembre à 17 h précises. Douze enfants sont choisis parmi les familles de Solliès - Ville. Revêtus d’aubes blanches, ils participent au défilé aux flambeaux. Les offrandes faites, à ces douze Apôtres, ont un peu changé mais ils ont toujours de quoi faire un très bon repas de Noël.

La Fête de Saint Loup

Autrefois le jour de la Saint Loup, les garçons allaient cueillir du fenouil dans la colline pour ensuite le distribuer à toute la population qui se rendait en procession à la Chapelle Saint Loup. Chacun faisait alors bénir son bouquet de fenouil.

Solliès-Ville Aujourd'hui

A Solliès-Ville se déroule ce dimanche le marché de printemps : vente de poules, atelier floral pour les enfants, pépiniéristes, fleuristes, producteurs locaux d'huile d'olive, fromages, miel, confitures, bonbons, biscuits, safran, maraîchers… jusqu'à 18h sur la place Jean Aicard. Solliès-Ville accueille chaque été un festival de bande-dessinée très réputée (une planche désigne une page de B.D.).

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