L'histoire de Christian Dior est intimement liée à la France, et plus particulièrement à la région de Grasse, berceau de la parfumerie. Des racines profondes qui ont façonné sa vision et son œuvre, tant dans la haute couture que dans la création de parfums d'exception. Cet article explore le parcours de Dior, de ses premières inspirations à son engagement pour la préservation du savoir-faire grassois.

Les Racines Grassois de Christian Dior

En 1951, Christian Dior acquiert le Château de la Colle Noire à Montauroux, dans le terroir grassois. Ce geste symbolique marque un retour aux sources pour le couturier. Après la crise de 1929 qui ruina sa famille, celle-ci s'était installée dans l'arrière-pays varois. Ce retour à Grasse n'est pas un simple hasard. Christian Dior souhaitait perpétuer la tradition séculaire des fleurs à parfums, affirmant que ses parfums devaient être aussi exceptionnels que ses robes.

Grasse : Un Terroir d'Exception Malgré les Épreuves

Si la suprématie économique de Grasse a été mise à mal au fil des ans, la qualité de son terroir demeure indéniable. La région bénéficie d'une situation géographique unique, entre mer et montagne, propice à la culture de fleurs à parfums d'exception.

Rencontres Décisives : Carole Biancalana et le Domaine de Manon

Carole Biancalana, héritière du Domaine de Manon, incarne la passion et la détermination des cultivateurs grassois. Blonde solaire au tempérament opiniâtre, elle cultive des fleurs à parfums depuis plus de trois générations. Son domaine, fort d'une situation géographique unique entre mer et montagne, produit un Jasmin Grandiflorum au parfum unique d'équilibre et de sensualité. "Un arôme floral intense mais qui n’est pas entêtant", précise-t-elle. Ce jasmin, de plus en plus rare à Grasse, fleurit de juillet à fin octobre.

La rencontre entre Carole Biancalana et François Demachy, parfumeur-créateur de Dior, en 2006, est un moment clé. « Une rencontre vraie, humaine » selon Carole Biancalana. Déjà approchée par d’autres maisons, elle a cette fois-ci la conviction de rencontrer un véritable créateur et de s’engager avec une véritable maison de parfums dont les exigences correspondent aux siennes.

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Le Domaine de Manon se distingue par ses pratiques culturales exceptionnelles. Des rosiers sauvages y sont plantés pendant une année, avant d'être greffés avec des rosiers Centifolia. Tout aussi exceptionnel, son Jasmin Grandiflorum exhale un parfum unique d‘équilibre et de sensualité.

Une Rose de Mai "Sur-Mesure" : Le Partenariat avec Dior

Christian Dior semble avoir guidé les pas de Carole Biancalana vers ces 3 hectares protégés par la barrière de l'Esterel. Là, elle se consacre au projet de faire pousser 20 000 pieds de Roses de Mai. Formée à la culture des fleurs par Carole Biancalana, une autre jeune cultivatrice participe à la cueillette des roses du Domaine de Manon. Là encore, la rencontre est décisive pour celle qui s’est lancée dans l’aventure des jeunes cultivateurs ralliés à l’association des « Fleurs d’exception du Pays de Grasse ». Elle devient le deuxième partenariat exclusif de la maison Dior dans la région. « J’ai choisi de cultiver des fleurs d’exception car je voulais être maître de ce que l’on fait. Dynamique et entourée, elle jouit de la solidarité des jeunes agriculteurs qui font fi de la tradition du « secret » inhérente aux savoir-faire ancestraux. Certifié bio, son terrain est un ancien fief de culture de roses plus préservé des influences marines que celui du Domaine de Manon. Aujourd’hui, c’est elle qui s’occupe du nouveau champ de Roses de Grasse planté au Château de La Colle Noire.

C'est main dans la main avec ces cultivatrices que François Demachy façonne une Rose de Mai et un Jasmin Grandiflorum « sur-mesure » pour les fragrances Dior, accomplissant ainsi le but ultime de Christian Dior. La cueilleuse casse la fleur sous le calice et la dépose dans un sac.

L'Art et la Mode : Sonia Delaunay, une Inspiration Simultanée

L'histoire de la mode est jalonnée de figures marquantes, dont Sonia Delaunay, une artiste aux multiples talents. Durant l’entre-deux-guerres, la peinture ne suffit pas encore à faire vivre le couple Delaunay. Pour subvenir aux besoins de sa famille, Sonia Delaunay commence à créer des vêtements et ouvre une maison de couture dans leur appartement parisien. A Paris, les galeries Zlotowski et Roger-Viollet mettent en lumière cette facette méconnue d’une artiste complète. En cette fin juillet 1925, Paris accueille l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes. Pour l’occasion, le pont Alexandre-III s’est transformé en rue des Boutiques et fourmille de visiteurs. La devanture du numéro 16 attire les regards, avec ses grandes lettres aux courbes Art déco qui indiquent : « Sonia Delaunay. Simultané ». Dans la vitrine, une panoplie haute en couleur : des sacs à main, des foulards, des fourrures et un chapeau. Celle qui les a conçus et brodés à la main accueille les clients venus du monde entier au fond de ce pop-up store du siècle dernier. Elle s’éclipse parfois pour aider des mannequins à revêtir les robes qu’elle a créées et les accompagner au défilé qui se tient à l’extérieur. Quatre-vingt-dix-neuf ans avant la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques imaginée par Thomas Jolly et quatre-vingt-dix-huit ans avant la privatisation du Pont-Neuf par Pharrell Williams pour le show Louis Vuitton, Sonia Delaunay transformait le pont Alexandre-III en podium. Le monde découvre alors ses talents de styliste. Toujours en avance sur son temps, l’artiste aux mille visages, à laquelle les galeries Roger-Viollet et Zlotowski rendent hommage, à Paris, jusqu’au 16 novembre, marquera à sa façon l’histoire de la mode en cette époque vibrante des Années folles, qui voit exploser la renommée de Jeanne Lanvin, Gabrielle Chanel ou Madeleine Vionnet. C’est par hasard que Sonia Delaunay, jeune mère et peintre déjà réputée, se lance dans la mode, discipline plutôt mal vue par le milieu de l’art. En 1911, elle crée une couverture de berceau, constituée de plusieurs morceaux de tissus, pour son fils Charles. « Je l’ai composée pour m’amuser, et faite à mon goût », se rappelle-t-elle dans le documentaire Sonia Delaunay, prises de vues pour une monographie (1972), de Patrick Raynaud, avec son accent et ses « r » rocailleux qu’elle a rapportés d’Ukraine, où elle est née en 1885.

Berlin, un Berceau Artistique et Sociétal

Le Centre Pompidou délaisse son identité parisienne pour devenir le berceau de la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichket), ce courant révolutionnaire ayant secoué l’Allemagne des années 1920. Déployé selon un double parcours à la construction originale, ce florilège monumental composé de près de 1000 œuvres et documents offre un panorama sans précédent sur un art à l’esthétique objective, ancré dans le réel et dans la neutralité. D’un côté, à la manière d’une « exposition dans l’exposition », se dévoile l’œuvre du photographe August Sander, portraitiste scrupuleux de la République de Weimar ayant construit sa carrière sur la création de clichés documentaires artistiques. Dans sa série de photos à caractère socio-culturel baptisée Hommes du XXe siècle, l’artiste dépeint l’effervescence germanique de ce temps révolu, entre paysans, femmes, états, artistes et grandes villes. De l’autre, l’institution parisienne fait résonner ce même recueil photographique avec l’art réinventé de la Nouvelle Objectivité, qui marque la fin d’une époque, et le début d’une nouvelle ère. À travers la peinture, avec des chefs-d’œuvre d’Otto Dix et d’Heinrich Hoerle, mais également des joyaux du cinéma, du design, de la littérature ou encore du théâtre, cette deuxième section livre un regard neuf sur une période historique ayant bouleversé le monde de l’art. entre un photographe emblématique de l’époque, et l’ébullition créative de Berlin et de ses villes voisines, pensé par le Centre Pompidou comme un cheminement multidisciplinaire le long de ce renouveau sociétal et artistique.

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