Benjamin Amar est une figure marquante du paysage syndical français contemporain. Âgé de 43 ans, il conjugue son métier de professeur d'histoire-géographie à son engagement syndical au sein de la CGT (Confédération Générale du Travail). Son parcours est celui d'un homme de terrain, ancré dans les réalités sociales et soucieux de défendre les droits des travailleurs.
Un enseignant engagé
Benjamin Amar exerce depuis 13 ans en tant que professeur d'histoire-géographie au lycée Gutenberg de Créteil, dans le Val-de-Marne (94). Son expérience de l'enseignement lui confère une connaissance aiguë des problématiques sociales et des difficultés rencontrées par les jeunes générations. C'est d'ailleurs à ses débuts dans l'enseignement, dans les années 2000, qu'il a « attrapé la maladie » syndicale, « tout seul ». Un événement déclencheur fut une « aberration » : en tant que néotitulaire, il enseignait dans trois établissements différents, ce qui rendait impossible le respect des horaires. Face à cette situation, il a prévenu les chefs d'établissement, mais l'un d'eux a fini par le menacer. Cet épisode a marqué le début de son engagement syndical.
Un responsable syndical influent
Parallèlement à sa carrière d'enseignant, Benjamin Amar est un responsable syndical actif et influent. Il est notamment responsable de l'union départementale (UD) CGT du Val-de-Marne. Son engagement syndical se traduit par une présence constante sur le terrain, aux côtés des travailleurs. Il est un débatteur reconnu, souvent présent sur les plateaux de télévision et de radio pour défendre les positions de la CGT. Il est d'ailleurs chargé de la question des salaires au sein de la confédération.
Défense des revendications de la CGT commerce
Benjamin Amar partage pleinement les revendications avancées par la CGT commerce. Il dénonce avec véhémence le fait que les grandes surfaces bénéficient d'énormément d'argent public, dont la plus grande partie est reversée à leurs actionnaires, ne laissant que des miettes pour les salaires. Il qualifie cette situation de véritable hold-up social. Il souligne que la grande distribution a détruit 30 000 emplois en France en cinq ans, invoquant des restructurations indispensables pour rester compétitive face à la concurrence du commerce numérique, l'épuisement du modèle de l'hypermarché et le besoin de se recentrer sur la croissance à l'international.
Critique de la politique économique
Benjamin Amar critique vivement la politique économique menée par les gouvernements successifs. Il dénonce l'argument de la compétitivité comme étant le cheval de Troie de toutes les régressions sociales. Il rappelle l'affaire Vilvorde en 1997, lorsque Renault avait annoncé des bénéfices historiques tout en supprimant des postes, prétextant la nécessité d'anticiper les difficultés à venir. Il met en lumière le fait que Carrefour a engrangé, entre 2009 et 2017, 7 milliards de bénéfices, dont 80 % sont allés dans la poche des actionnaires. Il s'indigne que les travailleurs devraient se résoudre à des miettes alors que ce sont eux qui produisent la richesse. Il dénonce également les pratiques de dumping fiscal de Carrefour et Auchan dans l'Union européenne.
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Critique de la politique gouvernementale en matière de fraude fiscale
Benjamin Amar critique la loi contre la fraude fiscale mise en place par le gouvernement, la qualifiant de ridicule. Il souligne que la nomination de trente « officiers fiscaux » pour lutter contre la soustraction de 100 milliards d'euros à l'impôt chaque année ne témoigne d'aucune volonté politique réelle d'agir. Il regrette que rien, dans les annonces d'Emmanuel Macron, ne concerne l'évasion fiscale ou la taxation du capital.
Un acteur des mouvements sociaux
Benjamin Amar s'est engagé très tôt aux côtés des Gilets jaunes, bien avant que la CGT ne tente une convergence des luttes tardive et infructueuse. Son UD s'est également rapprochée de la Fédération syndicale mondiale (FSM) - l'internationale communiste - alors que la centrale l'a quittée voilà 20 ans pour rejoindre la Confédération européenne des syndicats. Il a d'ailleurs défendu un amendement pour que la CGT devienne "observatrice" au sein de la FSM.
Une voix critique au sein de la CGT
Benjamin Amar est un opposant à la ligne de Philippe Martinez, dont il juge le bilan à la tête de la CGT peu reluisant. Il dénonce "la stratégie nationale illisible" de la CGT. Lors du congrès de la CGT à Dijon, il a lancé : "On est resté au milieu du gué. Notre concept, c'est la lutte des classes, pas l'opposition de lutte". Il figure en 9e place sur la liste des élections européennes du communiste Ian Brossat. Son arrivée au bureau confédéral illustre la volonté du secrétaire général d'avoir une équipe incarnant tous les courants influençant la CGT.
Un homme de terrain et de convictions
Benjamin Amar est avant tout un homme de terrain, proche des préoccupations des travailleurs. Il est connu pour sa défense des sans-papiers, travailleurs comme étudiants, et pour son engagement en faveur des dotations au lycée Gutenberg. Il a coordonné la bataille contre la loi El Khomri. Malgré son engagement politique, il préfère le terrain, « avec les camarades » de la CGT, « dans la vraie vie ».
"Les combats du clair-obscur" : un essai sur les médias et l'impact militant
Benjamin Amar a publié en octobre un premier ouvrage aux éditions Alain Guillo, intitulé "Les combats du clair-obscur". Dans cet essai, il analyse « les faiblesses et les atouts » des marxistes, tout en voulant « amplifier les luttes et renforcer le mouvement ouvrier ». Il y expose sa vision de la manière dont les militants peuvent utiliser les médias pour faire entendre leur voix et défendre leurs idées. Il conseille notamment de « préparer ses dossiers » avant d'intervenir dans les médias.
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Affaire judiciaire
En février 2022, Benjamin Amar a été suspendu de son mandat à la commission exécutive confédérale de la CGT à la suite d’une plainte déposée par une militante pour « viol », « agression sexuelle », « torture » et « actes de barbarie ». Une enquête pénale a été ouverte, mais elle s'est soldée par un classement sans suite en août 2022. Benjamin Amar avait saisi la justice après la divulgation d’éléments de cette enquête. Le tribunal judiciaire de Paris lui a donné gain de cause. Par ailleurs, un militant de la CGT et une organisation féministe ont été condamnés pour avoir violé « le droit à la vie privée » d’un ex-haut cadre de ce même syndicat, en l'occurrence Benjamin Amar.
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