L'arrivée d'un bébé est un événement majeur dans la vie des parents, apportant joie et défis. Parmi ces défis, les pleurs constants du bébé en période post-partum peuvent être une source d'inquiétude et de stress. Il est essentiel de comprendre les causes potentielles de ces pleurs et de connaître les solutions pour aider le bébé et les parents à traverser cette période.

Le Baby Blues : Une Période de Déprime Post-Accouchement

Quelques jours après l’accouchement, la majorité des mamans traverse une période de déprime qu’on appelle "baby blues". C’est une réaction causée par tous les changements physiques, hormonaux et psychologiques liés à l’accouchement.

Manifestations du Baby Blues

Le baby blues se traduit par :

  • Une irritabilité.
  • Des sautes d’humeur (la maman est heureuse un instant et pleure de façon incontrôlée à un autre).
  • Des troubles du sommeil, de la fatigue.
  • De l’anxiété, le sentiment d’être délaissée et la crainte de ne pas savoir s’occuper du bébé.

Ces troubles surprennent et déroutent l’entourage, surtout lorsque l’accouchement s’est bien déroulé. Le baby blues peut durer quelques heures ou quelques jours.

Solutions pour Contrer le Baby Blues

Pour surmonter le baby blues, il est crucial de :

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  • Demander de l’aide : à la maternité, le personnel (sage-femme, auxiliaire de puériculture) est bienveillant et compréhensif. Il vous aide à comprendre vos émotions et à mettre en place une organisation de vie avec votre bébé.
  • Parler à la sage-femme lors de sa visite à domicile. Elle vous aidera à trouver votre nouvel équilibre de mère, à vous organiser au quotidien pour mieux vous reposer, vous apaiser, retrouver confiance en vous et ainsi enrichir les liens d’attachement avec votre bébé.
  • Mobiliser votre entourage : votre conjoint, votre famille et vos amis sont un atout essentiel pour passer ce cap de « déprime ».

Il est important de surveiller l’évolution de votre baby blues et de consulter si les symptômes sont très marqués ou persistent au-delà de deux semaines.

La Dépression Post-Partum : Une Affection Plus Profonde

La dépression post-partum (DPP) est beaucoup plus préoccupante que le baby blues. Il s’agit d’une dépression somme toute classique, mais qui prend des formes légèrement différentes du fait qu’elle survient quelques semaines après la naissance d’un enfant.

Impact de la Dépression Post-Partum

La dépression post-partum a évidemment un impact sur la qualité de vie de la personne qui en souffre, et souvent sur sa relation de couple. La dépression peut aussi être un obstacle pour prendre soin de son bébé. Elle peut même parfois amener à une perte de goût à la vie, et dans les cas les plus extrêmes, à des pensées suicidaires.

Symptômes de la Dépression Post-Partum

Si certains jeunes parents ne se rendent pas compte de leur état, il existe des symptômes visibles de la dépression postnatale :

  • Fatigue constante paradoxalement accompagnées de problèmes de sommeil : insomnies, hypersomnie, réveils fréquents…
  • Irritabilité : crises de colère, impulsivité.
  • Tristesse intense qui n’a pas de causes particulières.
  • Sentiment de culpabilité intense : incapacité à établir un lien profond avec son enfant, incapacité à s’occuper de son bébé dans certains cas.
  • Sentiment de dévalorisation (d’être un mauvais parent).
  • Pleurs inexpliqués fréquents.
  • Absence de plaisir lorsque le parent s’occupe de son bébé.
  • Anxiété constante concernant l’enfant.
  • Désintérêt pour les loisirs appréciés auparavant.
  • Troubles alimentaires (insuffisances ou excès).
  • Sentiment qu’il n’y a pas d’issue aux problèmes, que les choses ne pourront pas aller mieux.
  • Isolement progressif.
  • Dans les cas les plus graves, idées suicidaires.

Lorsque l’on souffre de dépression post-partum, on peut présenter un ou plusieurs symptômes.

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Conséquences de la Dépression Post-Partum sur le Bébé

La dépression post-partum peut avoir des conséquences sur le bébé. En effet, le développement du lien entre le parent et le bébé peut être affecté. De même, le développement de l’enfant d’un point de vue cognitif, affectif et social de l’enfant peut être impacté. L’enfant peut subir des troubles du sommeil, mais aussi des coliques. Il peut présenter des retards de développement, d’un point de vue émotionnel ou cognitif et ce, jusqu’à l’adolescence.

Causes de la Dépression Post-Partum

Comme pour tous les types de dépressions, il n’existe pas de cause unique qui mène à la dépression post-partum. C’est plutôt une combinaison de facteurs qui peut déclencher l’état dépressif et le maintenir. Cette dépression postnatale peut être expliquée par des facteurs physiologiques :

  • Les changements hormonaux de la jeune mère.
  • L’épuisement / le manque de sommeil.

Mais la dépression post-partum peut également être déclenchée par les changements qui découlent ce grand bouleversement qu’est l’arrivée du bébé. Les contraintes provoquées par l’arrivée d’un jeune enfant peuvent submerger la jeune mère et le jeune père. En effet, l’arrivée d’un enfant est un véritable bouleversement. Il faut à la fois réaménager son quotidien, son rythme, mais aussi son identité.

Facteurs de Risques

Il existe plusieurs facteurs de risque à la dépression postnatale :

  • Du stress chronique, des épisodes anxieux ou dépressifs auparavant.
  • Des événements stressants précédant l’arrivée du bébé.
  • Un manque de soutien social.
  • Une faible estime de soi.
  • Des problèmes au sein du couple.

Diagnostic et Traitement de la Dépression Post-Partum

Il est tout à fait possible de traiter la dépression postnatale et de la diagnostiquer. L’idéal est de pouvoir prévenir son apparition afin d’envisager un suivi psychologique avant que la dépression ne fasse son apparition. La dépression postnatale peut être diagnostiquée par un professionnel de la santé comme un psychologue, un gynécologue ou un psychiatre si les jeunes parents présentent au moins 5 symptômes cités précédemment, pendant plus de deux semaines.

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Deux traitements permettent de prendre en charge la dépression post partum :

  • La psychothérapie avec un psychologue ou un psychiatre.
  • Des antidépresseurs.

Dans les cas les plus graves (en cas de psychose post-partum), on peut hospitaliser les jeunes parents dans une unité spéciale qui leur permet de rester avec leur bébé.

Conseils pour S’en Sortir

Comme dans beaucoup de situations, la communication est la clé de la dépression (ici, post-partum). Si on est jeune parent et que l’on se sent déprimé ou que l’on présente des symptômes dépressifs, il est indispensable de consulter un médecin rapidement et d’extérioriser. Il est tout à fait possible de se faire prescrire un arrêt de travail qui ne sera pas considéré comme un congé maternité ou parental. Votre médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme vous orientera probablement vers un psychologue ou un psychiatre qui saura vous accompagner.

Troubles Psychologiques Plus Rares : L’Épisode Psychotique

La survenue d’un épisode psychotique est rare après l’accouchement, mais c’est une urgence psychiatrique. De nombreuses femmes présentent un « baby blues », qui peut comprendre des sautes d’humeur ou un sentiment de tristesse. Cependant, le blues du post-partum dure généralement 2 à 3 jours et jusqu’à deux semaines au maximum et il est généralement relativement léger. En revanche, la dépression du post-partum dure deux semaines ou plus et est invalidante, interférant avec les activités de la vie quotidienne.

Facteurs Contributifs à la Tristesse et à la Dépression Post-Accouchement

Les causes de ce sentiment de tristesse ou de la dépression après l’accouchement ne sont pas clairement connues, mais les facteurs suivants peuvent contribuer à leur apparition ou en augmenter le risque :

  • Une dépression qui était présente auparavant ou qui s’est développée durant la grossesse.
  • Une dépression du post-partum lors d’une grossesse précédente.
  • Des épisodes précédents de tristesse ou de dépression survenant à certains moments du mois (en relation avec le cycle menstruel) ou lors de la prise de contraceptifs oraux.
  • Des proches souffrant de dépression (antécédents familiaux).
  • Stress, notamment stress relationnel, difficultés financières ou éducation parentale sans partenaire.
  • Le manque de soutien de la part du partenaire ou des membres de la famille.
  • Des problèmes liés à la grossesse (comme un accouchement prématuré ou un bébé atteint d’anomalies congénitales).
  • Sentiments ambivalents par rapport à la grossesse (par exemple, lorsque la grossesse n’était pas désirée ou que la femme avait envisagé de l’interrompre).
  • Problèmes avec l’allaitement.

La chute soudaine du taux d’hormones (telles que les œstrogènes, la progestérone et les hormones thyroïdiennes) qui survient après l’accouchement ainsi que le manque de sommeil peuvent contribuer à la survenue d’une dépression du post-partum.

Les Hormones et les Émotions Post-Accouchement

Après l'accouchement, les niveaux de nombreuses hormones fluctuent considérablement. Les hormones telles que l'œstrogène et la progestérone, qui étaient élevées pendant la grossesse, chutent brusquement. Cette baisse rapide peut affecter votre humeur et contribuer aux pleurs inexpliqués. L'ocytocine, souvent appelée l'hormone de l'amour, joue un rôle prépondérant dans le lien mère-enfant et est libérée en grande quantité pendant l'allaitement.

Les changements hormonaux après la naissance peuvent entraîner des émotions intenses et variées. Vous pouvez passer de la joie à la tristesse en un instant, un phénomène souvent appelé "baby blues". Jusqu'à 80 % des nouvelles mamans éprouvent ces fluctuations émotionnelles au cours des premiers jours ou semaines après l'accouchement.

Les hormones influencent directement la chimie de votre cerveau, affectant ainsi votre humeur et vos réactions émotionnelles. Le cortisol, l'hormone du stress, reste souvent élevé en raison des nouvelles responsabilités et du manque de sommeil. Cette combinaison intensifie les sentiments d'anxiété et de tristesse. De plus, la prolactine, qui stimule la production de lait, influence également votre humeur en augmentant la sensibilité émotionnelle.

Stratégies pour Gérer les Pleurs et les Émotions Intenses

Il est vraiment important de bien prendre soin de vous pendant cette période ! Voici quelques stratégies pour gérer les émotions et les pleurs inexpliqués :

  • Parlez de vos sentiments : Ne gardez pas vos émotions pour vous. Parler à un partenaire, un ami ou un professionnel peut vous apporter un grand soulagement.
  • Prenez soin de votre corps : Assurez-vous de bien manger, de rester hydratée et de dormir autant que possible. Des exercices légers peuvent également aider à améliorer votre humeur.
  • Cherchez du soutien : Rejoindre un groupe de soutien post-partum ou consulter un thérapeute peut vous fournir les outils nécessaires pour gérer cette période.
  • Soyez patiente avec vous-même : Rappelez-vous que ces sentiments sont temporaires et qu'il est normal de demander de l'aide.

Les Changements Physiques et le Retour à la Normal

La phase de post partum débute dès la naissance de l’enfant et dure environ 6 semaines. Elle constitue un moment très important dans la vie des parents et de leur nouveau-né. Entre les changements physiques et hormonaux pour la mère et un nouvel équilibre de vie à trouver pour chacun des membres de la famille, comment gérer cette période avec sérénité ?

Des chamboulements physiques, en premier lieu pour la mère, qui subit les bouleversements corporels liés à la grossesse et à l’accouchement et pour qui le rapport au corps est parfois difficile.

D’autres bouleversements vont avoir lieu, car le corps se remet peu à peu au travail : des contractions, appelées aussi « tranchées », témoignent ainsi du retour de l’utérus à sa taille normale. Des pertes de sang (ou lochies) liées à l’évacuation de sang et des muqueuses qui recouvraient l’utérus sont à prévoir. Certaines femmes connaissent aussi des épisodes de fuites urinaires ou de constipation pouvant entraîner des hémorroïdes.

Pour retrouver confiance en soi et vis-à-vis du regard de l’autre, il peut être indiqué de reprendre une activité physique douce telle que la marche calme, d’avoir une alimentation équilibrée et adaptée à ses besoins (surtout en cas d’allaitement) et de prendre soin de soi et de sa santé mentale.

La Nouvelle Organisation Familiale et le Soutien Nécessaire

Que ce soit pour un premier enfant ou pas, une nouvelle organisation quotidienne est à trouver dans la famille mais aussi au sein du couple. Les rôles se (re)définissent, chacun doit trouver sa (nouvelle) place. Dans le couple, la notion de « faire équipe » et des rôles bien répartis aident souvent à éviter le « baby-clash ».

De retour à la maison, les premières fois de ou avec bébé (premières nuits, premiers soins, premiers pleurs, premiers bains, premières tétées, premiers biberons…) peuvent être sources d’inquiétudes, surtout s’il s’agit d’un 1er enfant. La peur de mal faire ou de faire mal, la difficulté à décrypter les pleurs et les besoins de son bébé, les difficultés liées à l’alimentation ou au sommeil du bébé posent de nombreux questionnements. Les parents craignent ainsi parfois de ne pas être à la hauteur.

Le rôle de professionnels de santé comme la sage-femme, la puéricultrice, les médecins de PMI, … et éventuellement celui de l’entourage est alors déterminant pour prendre confiance en soi… et son envol ! Quoi de mieux que d’anticiper et de bien s’informer pour vivre au mieux cette période de post partum ? Ainsi, ne pas hésiter à profiter de son congé maternité et des rendez-vous de préparation à l’accouchement pour aborder ces questions avec la sage-femme.

Deux consultations post-natales sont obligatoires après l’accouchement. La consultation médicale postnatale, dans les 6 à 8 semaines après l’accouchement, est un examen médical qui fait le point sur l’état de la santé de la mère (examen gynécologique, du périnée et du ventre).

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