Autour de la marche de bébé, des mythes et des réalités s'entremêlent, créant souvent de la confusion chez les parents. Cet article vise à démystifier certaines idées reçues courantes concernant le développement moteur de l'enfant, en particulier l'acquisition de la marche, et à offrir des conseils pratiques pour accompagner sereinement votre tout-petit dans cette étape cruciale.

La motricité libre : un concept clé

La motricité libre, approche développée par la pédiatre hongroise Emmi Pikler et mise en pratique à l’institut Loczy, est un concept qui gagne en popularité. Cette approche est fondée sur la bienveillance et le respect du rythme de l’enfant. Elle invite à revenir à l’essentiel : offrir à son enfant un cadre sécurisé pour qu’il explore, teste, chute parfois… et grandisse, tout simplement. La motricité libre ou spontanée va permettre à l’enfant de réaliser chaque mouvement plus librement et à son rythme. L'apprentissage des mouvements est une étape clé du développement de l’enfant. L’objectif de la motricité libre est de laisser l’enfant explorer librement son environnement, sans intervention excessive de l’adulte. Pas besoin de matériel de puériculture onéreux : un bon tapis d’éveil, un petit meuble, d’environ 40cm de haut, pour se hisser debout et des éléments à pousser, suffiront pour stimuler sa motricité librement. L’idéal est d’avoir un peu d’espace pour que votre enfant puisse explorer et expérimenter ! Point de vigilance : il faut veiller à ce que l’enfant évolue dans un environnement sécurisé (attention aux prises électriques, meubles, escaliers, animaux de compagnie etc.). Plus qu’un investissement en temps, c’est avant tout un état d’esprit. L’essentiel est d’adopter un regard confiant et encourageant sur son enfant afin d’éviter d’intervenir systématiquement et de lui offrir un cadre sécurisant. La motricité libre ne signifie pas absence de limites. L’enfant explore, certes, mais dans un cadre posé par les parents. Chaque parent à ses propres limites. L’idéal est de se questionner sur le cadre que chacun souhaite poser à son enfant car les limites l’aideront à se sentir sécure pour grandir. La notion de « liberté » dans ce concept concerne surtout la possibilité qu’à l’enfant de tester par lui-même. En explorant librement, l’enfant apprend à connaître son corps et ses capacités. Il découvre son équilibre, teste sa force et développe sa coordination. Ces expériences lui permettent de se sentir plus sûr de lui et d’acquérir progressivement de l’autonomie.

Mythes et réalités sur l'acquisition de la marche

"Il faut forcer bébé à marcher tôt" : FAUX

La marche est une acquisition naturelle, pas un apprentissage forcé. Un enfant qui accède seul à une posture est prêt physiquement et mentalement à l’adopter. Lorsqu’un enfant est prêt, il se lève et marche de lui-même. Le tenir par les mains l’empêche d’expérimenter son équilibre et peut fausser ses repères. S’asseoir, se retourner, se lever… Chaque étape doit être franchie naturellement. Chaque enfant progresse à son propre rythme. Il est donc important de ne pas le presser. Il est faux de croire que tous les bébés doivent marcher à 12 mois. En réalité, certains marchent dès 9 mois, d’autres après 15 mois, et c’est tout à fait normal.

"Les trotteurs accélèrent l'apprentissage de la marche" : FAUX

Il est faux de croire que l’utilisation de trotteurs accélère l’apprentissage de la marche. En réalité, ils peuvent retarder le développement des muscles nécessaires.

"Bébé doit porter des chaussures rigides pour bien marcher" : FAUX

Salopettes, robes, chaussures rigides ou glissantes… Certains vêtements limitent les mouvements et peuvent gêner les explorations. Privilégier des habits souples et confortables permet à l’enfant de bouger librement. Petit tips pour choisir des chaussures : il faut pouvoir les plier dans la longueur et dans la largeur ! Optez pour des chaussures souples, légères et qui laissent les pieds respirer. Elles doivent offrir un bon maintien sans entraver les mouvements naturels du pied. Les semelles doivent être antidérapantes pour éviter les chutes.

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"Être pieds nus est mauvais pour bébé" : FAUX

Non, les médecins sont formels, on n’attrape pas froid par les pieds ! Ce sont les microbes en suspension qui génèrent les maladies. Être pieds nus est même bénéfique : cela stimule les récepteurs sensoriels, favorise la découverte du corps, améliore la motricité et évite même les glissades en offrant une meilleure adhérence.

"Si bébé ne marche pas à 18 mois, il faut s'inquiéter" : NUANCÉ

Il peut être nécessaire de consulter un professionnel si bébé ne montre aucun signe de vouloir marcher après 18 mois. Si bébé marche de manière asymétrique ou s’il tombe souvent, il est aussi conseillé de demander l’avis d’un pédiatre.

Les étapes du développement de la marche

Le développement de la marche chez les bébés se déroule en plusieurs étapes. Tout commence par le renforcement des muscles du cou et du dos. Ensuite, bébé apprend à se tourner et à se redresser. Viennent ensuite la position assise, le rampement, puis la marche à quatre pattes. Enfin, bébé se met debout avec appui, fait ses premiers pas en se tenant aux meubles, puis marche sans aide.

Certains signes montrent que bébé est prêt à marcher. Il commence à se tenir debout en s’accrochant aux meubles, fait des pas de côté et tente de se lâcher. Bébé montre aussi de l’intérêt pour la marche en observant les adultes et en essayant de les imiter. Un autre signe est sa capacité à maintenir son équilibre debout. Enfin, bébé développe une meilleure coordination de ses mouvements.

Comment accompagner bébé dans son apprentissage de la marche ?

Créer un environnement sécurisé

Pour que bébé puisse faire ses premiers pas en toute sécurité, aménagez un environnement adapté. Évitez les tapis glissants et retirez les objets dangereux à sa portée. Installez des barrières de sécurité devant les escaliers et les pièces à risques. Utilisez des coins de protection pour les meubles.

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Encourager la motricité

Pour encourager la motricité, proposez à bébé des activités et des jeux adaptés. Les jouets à pousser ou à tirer sont parfaits pour aider bébé à trouver son équilibre. Organisez des parcours de motricité avec des coussins et des obstacles pour que bébé puisse grimper, ramper et marcher. Jouez à des jeux d’équilibre en tenant bébé par les mains et en le faisant marcher.

Adopter une attitude positive

La patience et l’encouragement sont essentiels pour accompagner la marche chez les bébés. Chaque enfant progresse à son rythme, il est donc important de ne pas le presser. Félicitez bébé pour chaque progrès, même les plus petits. Encouragez-le à essayer encore et encore, sans le forcer.

Surveiller l'alimentation

Une bonne alimentation joue un rôle crucial dans le développement moteur de bébé. Assurez-vous que son alimentation soit riche en nutriments essentiels comme les protéines, le calcium et les vitamines. Les fruits, les légumes, les produits laitiers et les protéines animales ou végétales sont indispensables.

Éviter les erreurs courantes

Ne forcez pas bébé à marcher s’il n’est pas prêt. Évitez les chaussures trop rigides qui entravent les mouvements naturels du pied. Ne comparez pas votre enfant avec d’autres, chaque bébé évolue à son propre rythme.

Le syndrome de KISS : une réalité à considérer

Quasiment un siècle plus tard, l’un des fondateurs de l’ostéopathie moderne, A.T. Still précise dans sa vision de l’ostéopathie appliquée au nourrisson, l’importance d’un traitement précoce des déformations et des blocages de la colonne vertébrale. Ce syndrome réapparaît en 1953 dans les travaux d’un chiropracteur allemand le Dr. Celui-ci reprendra à son compte l’impact des “blocages de la jonction de la tête” sur le développement des enfants. Puis en 1984, le Dr Biedermann dans un article décrit le Kiss comme un “Syndrome dyskinétique cervico-diencéphalique”, une formulation peu engageante. À la naissance, environ 50% des enfants présentent des troubles de la posture avec un léger blocage des cervicales sous la base du crâne. Après 6 semaines, la grande majorité des enfants s’est corrigée seule. Connaît-on l’origine du syndrome de Kiss? Son origine est intra-utérine et posturale. C’est, dans les dernières semaines de la gestation, que l’enfant subit des contraintes et des pressions crâniennes importantes. Et dans certains cas, il se bloque dans le bassin de sa mère, ce qui peut entrainer une compression sous occipitale. Comme cette situation dure plusieurs semaines, elle entraine une posture adaptative avec torsion de la colonne et du bassin. L’origine n’est pas héréditaire mais plutôt posturale. Deux sortes de symptômes sont caractéristiques du syndrome de KISS. En premier, une perte de mobilité des cervicales sous la base du crâne qui empêche de tourner la tête d’un côté. Et un blocage ou une perte de mobilité contre latérale du bassin. Les parents sont souvent inquiets de voir des déformations du crâne ou de la face. Chez les nourrissons, on rencontre des difficultés à s’alimenter du fait de la posture et des tensions dans la bouche. Le portage est d’ailleurs difficile. Mais aussi des problèmes à trouver un sommeil réparateur car ils ont du mal à se détendre. S’y ajoutent des difficultés digestives. Puis vient l’apparition des dents parfois retardée par les tensions. L’acquisition de la marche est, elle aussi impactée. Très souvent, les premières difficultés concernent le sommeil. Il nous arrive dans nos consultations de rencontrer des cas de kiss adultes. Alors, ils souffrent de fréquentes migraines, d’un état de fatigue intense. D’autres, souffrent de problèmes posturaux, de difficulté de latéralisation. Certains ne reconnaissent pas la droite de la gauche. Pour éliminer les enfants non concernés par le syndrome de KISS, nous avons mis en place un questionnaire de pré-diagnostic sur notre site internet qui permet de recueillir les premiers renseignements utiles pour éviter de faire déplacer les familles pour rien. Aux vues des renseignements fournis, nous contactons les parents soit pour les orienter vers d’autres professionnels, soit nous les invitons à l’étape suivante. Lors du rendez-vous, nous recherchons la cause initiale du blocage à savoir le crâne et des premières vertèbres cervicales. C’est à la palpation fine que l’on va évaluer la mobilité de la première cervicale sous la base du crâne qui devrait bouger de manière identique à droite comme à gauche. En fait, notre expérience nous montre qu’il n’y a malheureusement pas d’autre traitement efficace pour guérir ce type de symptômes posturaux caractéristiques du syndrome de kiss. Il est fondamental de traiter également les tensions de la langue et de la bouche qui sont liées aux tensions cervicales. Ces tensions de la langue et du palais nécessitent environ 2mn de mobilisation des muscles de la langue avec un appui de l’ordre de 30 grammes qui est absolument indolore en soi. Si les enfants pleurent à ce stade du traitement, ce signal est souvent interprétés par les parents comme de la douleur. La technique que nous avons retenue comme efficace et non iatrogène est une normalisation par poussée latérale fine qui mobilise ces vertèbres sur 1 millimètre environ. Le craquement n’existe pas chez les nourrissons du fait de la manœuvre elle-même et de l’immaturité des vertèbres cervicales. La première réaction des parents en difficulté est d’aller consulter leur médecin traitant ou un pédiatre. Malheureusement, le syndrome de KISS est peu connu même des professionnels. En France, il est même écarté d’un revers de main. De nombreux professionnels estiment que ce syndrome n’existe pas faute de publication scientifique. D’autres assurent tout connaître du KISS et savoir soigner ces enfants. Mais après quelques séances classiques, les parents se rendent compte que l’enfant rechute en permanence. Du coup, ils se retrouvent dans un désert thérapeutique angoissant. Aujourd’hui, seuls des ostéopathes, chiropracteurs, kinésithérapeutes et quelques médecins-ostéopathes réellement formés à ce protocole sont en mesure de le guérir.

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