Au cœur du printemps, la nature s'éveille et les mésanges charbonnières s'activent pour préparer l'arrivée de leur progéniture. Il arrive parfois qu'un jeune oisillon tombe de son nid, suscitant un instinct de secours chez l'humain. Comment agir sans causer davantage de tort ? Cet article vous guide à travers les aspects essentiels de l'alimentation des bébés mésanges, qu'il s'agisse de prévention en installant des mangeoires adaptées ou de soins à apporter à un oisillon tombé du nid.

Prévention : aménager l'environnement pour les mésanges

Avant de se pencher sur l'alimentation directe des oisillons, il est crucial de comprendre comment favoriser la présence et la bonne santé des parents mésanges, qui sont les mieux placés pour nourrir leurs petits.

Emplacement des mangeoires et abreuvoirs

L'emplacement des mangeoires et des abreuvoirs joue un rôle crucial dans la sécurité et la santé des oiseaux. Voici quelques conseils pour bien les installer :

  • Éviter le sol : Installer les mangeoires en hauteur protège les oiseaux des prédateurs tels que les chats.
  • Choisir un endroit dégagé : Un espace ouvert permet aux oiseaux de détecter plus facilement les dangers potentiels.
  • Éloigner des vitres : Cela réduit les risques de collision lors de l'envol.
  • Multiplier les points de nourrissage : Plusieurs mangeoires limitent la concentration d'oiseaux et réduisent la propagation des maladies.
  • Nettoyer régulièrement : Un entretien régulier des mangeoires et des abreuvoirs est essentiel pour prévenir les maladies.

Quelle nourriture donner aux oiseaux ?

Privilégier les mélanges de graines non salées, disponibles dans le commerce ou préparés à la maison.

Que faire si vous trouvez un oisillon tombé du nid ?

Il est important d’agir vite, mais en respectant certaines mesures pour tenter de le sauver même si rien n’est garanti. Il faut en tout cas d’abord le réchauffer puis tenter de le réhydrater en déposant des gouttes d’eau dans son bec. Ces deux précautions sont capitales. C’est seulement après ces gestes de base que l’on peut nourrir l’oisillon.

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Premiers secours : réhydratation et réchauffement

La plupart des poussins que l’on récupère sont déshydratés et sous-alimentés. Il faudra les réhydrater avant de leur donner à manger. Pour vérifier le degré de déshydratation, vous pouvez regarder l’intérieur de leur bec : s’il est humide, c’est que tout va bien. Un oiseau déshydraté a en outre, généralement la peau rougeâtre. Il ne faut jamais mettre de force du liquide dans le bec d’un oisillon car il y a un risque de pneumonie ou même de noyade.

  • Réhydratation : Si la peau est fripée et l’intérieur du bec sec, il faut réhydrater l’oisillon. On peut utiliser un breuvage réhydratant de type boisson énergétique non gazéifiée, ou une solution maison (sirop de maïs bouilli avec une pincée de sodium). Déposer le liquide goutte par goutte sur la pointe du bec.
  • Réchauffement : L’oisillon doit être posé dans une petite boite que l’on place dans un lieu bien chaud, à l’abri des courants d’air. On peut considérer qu’il est prêt à manger si l’oisillon n’a pas froid, si sa peau est souple et que l’intérieur de son bec est suffisamment humide.

Identification de l'espèce et besoins alimentaires

Avant de lui donner à manger, il est fondamental d’identifier son espèce car tous les oisillons ne mangent pas les mêmes aliments. Certains sont granivores, d’autres insectivores. Un oisillon granivore peut être nourri avec du jaune d’œuf battu dans un peu d’eau, et doit recevoir régulièrement quelques gouttes d’eau fraîche. Un oisillon insectivore doit recevoir toutes les heures 5 à 6 vers de farine écrasés dans l’eau.

  • Oisillons insectivores : Ils ont besoin de grandes quantités de protéines animales. Les croquettes pour chats ou pour chiens imbibées d’eau sont conseillées, en vérifiant que l’ingrédient principal est du poulet ou de la viande de bœuf. On peut aussi utiliser de la nourriture humide pour chat, de la pâtée pour insectivores, ou des insectes lyophilisés réhydratés.
  • Oisillons granivores : Le régime idéal pour leurs poussins sera composé de 21 à 30 % de protéines brutes, 2 à 3 % de matières grasses, et 6 à 12 % de fibres. Un bénévole dans un centre de soins conseille la pâtée d’élevage Nutribird A19 /A21 que l’on peut trouver dans les animaleries.
  • Oisillons omnivores : Ils mangent un peu de tout. On leur donne des insectes, des fruits mûrs (banane, pomme sans peau), de la pâtée omnivore ou insectivore. Il faut éviter les agrumes.

Préparation de la nourriture

La nourriture doit être à température ambiante et coupée en petits morceaux. Voici quelques options :

  • Jaune d’œuf : C’est surtout bien pour les très petits oisillons, ceux qui n’ont pas encore de plumes. Il faut faire cuire l’œuf dur et ne donner que le jaune écrasé et refroidi aux oisillons avec une pince à épiler.
  • Croquettes pour chat réhydratées : Essayer d’éviter celle qui ont un goût de poulet.
  • Pâtée "Clairette" : Dans un mini hachoir, on met de la poudre spéciale oisillons avec un peu de croquettes. On mixe le tout pour que ça donne une très très fine poudre. On humidifie légèrement le tout pour que ça fasse une pâte. La consistance doit être assez sèche sinon ils ont du mal à avaler.

Méthode de nourrissage

Il faut nourrir l'oisillon à la main, ou avec une touillette, un bâtonnet de glace, une paille coupée ou une pince. Placez une main sur le dos de l’oisillon et sur les ailes, levez-lui la tête et appuyez légèrement à la base du bec pour lui signaler qu’il est temps de se nourrir. Placez une petite quantité de nourriture dans son bec en faisant attention de ne pas percer le fond de sa gorge. Si l’oiseau n’ouvre pas le bec, forcez doucement l’ouverture.

Fréquence et quantité

Le rythme de nourrissage des oisillons dépend de leur âge. Lorsque l’oisillon aura environ quatre semaines (dans le cas de l’Étourneau sansonnet, mais c’est un repère valable pour plusieurs espèces), vous pouvez commencer à placer de la nourriture dans un petit récipient tout en continuant à le nourrir à la main. Même lorsque l’oisillon commence à manger de façon autonome, il faut continuer à le nourrir à la main jusqu’à ce qu’il soit complètement sevré, à environ six à huit semaines, voire plus.

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  • Jour 1 à 4 : toutes les 20 à 30 minutes, de 6h à 22h
  • Jour 5 à 10 : toutes les 30 à 45 minutes
  • Jour 11 à 20 : toutes les heures
  • Après 3 semaines : toutes les 2 à 3 heures

Aliments à éviter

  • Mie de pain : A éviter absolument !
  • Lait : Même végétal, n’est jamais toléré par aucun oiseau.
  • Aliments trop gros ou avec une carapace trop épaisse : Cloportes, grosses chenilles (urticantes).
  • Agrumes : Leur acidité est mal tolérée.

Eau

Il faut donner 1 goutte d’eau par jour. Il faut faire très attention car ils peuvent mourir noyés si une goutte d’eau vient obstruer les petits trous qu’ils sont sur le bec pour respirer. Lorsqu’ils sont grands je place une petite soucoupe d’eau dans la cage.

Réhabilitation et libération

La réhabilitation d’un oisillon tombé du nid demande patience, engagement et expertise. Une fois que l’oisillon de mésange charbonnière a été réhabilité et qu’il est en mesure de voler, il est temps de procéder à sa libération dans la nature.

  • Préparation à la libération : Avant d’être relâché, il faut que toutes ses plumes soient entièrement développées, y compris celles de la queue, les dernières à pousser. Faites d’abord des essais chez vous : une moustiquaire placée à l’extérieur, par exemple sous un porche, serait idéale.
  • Choisir le bon moment : Il faut que les conditions météorologiques soient favorables et que l’environnement offre suffisamment de ressources alimentaires.
  • Assurer l’autonomie : Avant la libération, assurez-vous que l’oiseau soit pleinement capable de se nourrir par lui-même et qu’il ait développé ses aptitudes naturelles requises pour survivre dans son milieu naturel.
  • La libération : À ce stade crucial du processus, établissez un contact visuel avec l’oisillon et encouragez-le doucement à s’envoler par lui-même. Après la libération, assurez-vous d’observer l’oiseau pendant quelques minutes pour vous assurer qu’il a bien pris son envol et qu’il s’est intégré dans son nouvel environnement.

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