L'aigrette garzette (Egretta garzetta) est un gracieux petit héron blanc de taille moyenne, mesurant entre 55 et 65 cm pour une envergure de 85 à 95 cm et un poids d'environ 500 g. C'est aussi la plus répandue des aigrettes. Son corps est élancé et son plumage élégant est entièrement blanc. Facilement reconnaissable, elle est pourtant parfois confondue avec d'autres espèces d'échassiers blancs comme la grande aigrette ou le héron garde-bœufs. Cet article explore en détail les caractéristiques, l'habitat, le comportement et l'évolution de cette espèce fascinante.
Description et Identification
Le cou de l'aigrette garzette est long et sa tête porte un bec noir très allongé et effilé, légèrement gris bleuté à la base. Les pattes sont longues et de couleur noire avec les doigts jaunes, une caractéristique distinctive. En période de reproduction, 2 ou 3 longues plumes blanches ornent la nuque, et de longues et fines plumes blanches vaporeuses appelées crosses apparaissent. Elles mesurent environ 20 cm, naissent sur les épaules, s'étendent sur le dos et retombent de chaque côté de la queue.
En vol, elle adopte la position typique des hérons, tête rentrée dans les épaules, longues pattes allongées vers l'arrière et dépassant de la queue.
Différences avec les espèces similaires
Il est important de ne pas confondre l'aigrette garzette avec d'autres échassiers blancs :
- La Grande Aigrette (Ardea alba): Elle est nettement plus grande, avec une taille de 85 à 100 cm et une envergure de 143 à 169 cm. Elle se distingue également par le bas de ses pattes entièrement noir et un bec orangé chez les grandes aigrettes non nicheuses.
- Le Héron Garde-bœufs (Bubulcus ibis): Il est légèrement plus petit que l'aigrette garzette et d'apparence plus trapue. Son bec jaune-orangé est plus court et fort. Il est moins présent dans les zones humides, privilégiant les champs.
Répartition Géographique et Habitat
L'aire de répartition de l'aigrette garzette est très cosmopolite, on la trouve un peu partout sur le globe à l'exception de l'Amérique du Sud et d'une partie de l'Océanie. Sensible au froid, elle porte sa préférence pour la reproduction sur les zones tempérées, c'est pourquoi on la trouve de plus en plus sur le pourtour méditerranéen jusqu'en Turquie et en Afrique subsaharienne.
Lire aussi: Comprendre les pleurs nocturnes de bébé
C'est une espèce courante, présente aussi bien sur les zones côtières découvertes à marée basse, qu'à l'intérieur des terres, sur les rivières et les lacs. Elle recherche la proximité des eaux peu profondes où elle se nourrit. Elle peut être observée sur les lacs marécageux, les lagunes, les marais inondés, les rizières, les plages, les étangs, les berges et les îles des rivières.
Depuis quelques années, l'espèce progresse vers le nord. En 1997, il a été comptabilisé une douzaine de couples en Irlande. Depuis la fin des années 90, certains couples restent nicher en France. En Normandie par exemple, on peut les observer toute l'année. Il lui arrive de vagabonder en Amérique du Nord, on relève en effet une présence occasionnelle : au Québec, en Nouvelle-Écosse, à Terre-Neuve, dans le New Hampshire, dans le Massachusetts, sur Rhodes Island, dans le Delaware, en Virginie.
Expansion en France
En France, l'aigrette garzette est surtout présente le long des littoraux méditerranéens et atlantiques, même si elle peut être observée à l'intérieur des terres. En 1974, il avait été recensé dans l'estuaire de la Loire 80 couples et en 1994, ils étaient 5 655. Au niveau national, en 2000, il a été comptabilisé au moins 13 400 couples. Cet oiseau est très présent aujourd'hui sur toutes les côtes de l'Atlantique et en Manche.
L’espèce était cantonnée à la Camargue où elle était migratrice avant les années 70. Période à laquelle de nombreux spécimens ont entamé une conquête vers le nord et l’ouest. D’abord vers la Dombes et vers le littoral atlantique. En Bretagne, elle était encore assez peu commune au début des années 80. Il y avait environ 2000 couples nicheurs en France au milieu des années 70, il y en aurait environ 12 000 aujourd’hui.
En baie de Saint-Brieuc, des années 80 jusqu’en 2005, les effectifs de cette espèce ont été en constante progression en baie de Saint-Brieuc. Depuis, ils sont stables avec en moyenne une trentaine d'individus.
Lire aussi: Types et matières de sous-vêtements pour bébé
Comportement et Régime Alimentaire
L'aigrette garzette a un régime alimentaire très varié : petits poissons, insectes aquatiques et terrestres, crustacés, mollusques et aussi de petits lézards, de petits reptiles et d'amphibiens.
Techniques de chasse
Sa technique de chasse est assez élaborée. Elle chasse, le plus souvent, à vue, en marchant dans l'eau le cou replié plus ou moins près de l'eau. Elle capture généralement sa proie d'un mouvement vif du bec, mais elle peut aussi l'attraper avec une de ces pattes.
- Elle peut se positionner dans une eau peu profonde à proximité d'une végétation flottante pour surprendre ses proies à l'ombre.
- Quand il n'y a pas de végétation, elle s'accroupit et étend ses ailes au ras de l'eau sans bouger pour créer de l'ombre et attirer les proies qu'elle attrape en projetant avec rapidité son bec redoutable.
- Elle peut aussi mettre en œuvre une autre technique qui consiste à rester sur une patte pendant que l'autre fouille la vase pour faire sortir des petits poissons qu'elle peut alors attraper facilement.
- Certaines aigrettes remuent la vase avec leurs pattes pour débusquer leurs proies.
Les aigrettes adoptent deux postures principales lorsqu'elles chassent : la posture "droite", où elles se tiennent à environ 45° par rapport au sol avec le cou tendu, et la posture "repliée", où le corps est parallèle au sol avec le cou et les pattes légèrement repliés. La posture repliée est généralement plus efficace, car elle permet une meilleure correction de la réfraction et place le bec plus près de la proie.
Pêche collective
Les Aigrettes peuvent pratiquer des pêches collectives à plusieurs ou avec des grands cormorans. Lorsque les Grands Cormorans commencent à pêcher, leur activité chasse les poissons vers les berges, où les Aigrettes garzette les attendent pour les capturer plus facilement. Ce comportement conduit à une pêche collective efficace, piégeant les poissons entre les cormorans dans l'eau et les aigrettes le long des berges.
Reproduction
En général, l'aigrette niche au sol dans les roselières, dans les broussailles des zones humides mais le plus souvent en colonies dans les arbres tels que les pins ou les tamaris, en bordure des côtes ou des fleuves. Les aigrettes s'installent à proximité de leurs zones de nourrissage, dans des buissons, un bosquet ou dans un bois. Elles forment des colonies de reproduction pures, ou mixtes, avec le Héron cendré, le Héron garde-bœuf ou même avec des Goélands. Les grandes colonies peuvent regrouper plusieurs milliers d'individus.
Lire aussi: Guide complet : varicelle chez le bébé allaité
Son nid est une plate-forme composée de roseaux et de brindilles. En période de reproduction, mâle et femelle ébouriffent leur plumage et s'offrent mutuellement des brindilles. Quand le couple est formé, ils construisent le nid ensemble.
Nidification
Dès que le couple est formé, il s'attelle à l'élaboration du nid fragile à l'aide de branchettes sèches. Les méthodes sont très diverses : certains couples remettent en état les nids des années précédentes ; d'autres en construisent de nouveaux ; certaines aigrettes vont chercher des branchettes en dehors de la colonie, tandis que leurs voisines chapardent des branches dès qu'elles ont le dos tourné.
La construction des nids, qui peuvent être très proches les uns des autres, et les conflits territoriaux provoquent de nombreuses querelles et une agitation permanente dans les colonies.
La femelle pond 3 à 5 œufs bleu verdâtre de fin avril à la mi-mai. Les zones de nidification sont souvent établies sur des petites îles pour dissuader les prédateurs terrestres. Certains spécimens ont pu être observés entre 1 400 et 2 000 m d'altitude.
Cycle de vie
La ponte commence dès avril et peut s'étaler jusqu'à juillet pour les couples les plus tardifs. Les femelles pondent généralement 4 à 5 œufs. A une vingtaine de jours, les jeunes sortent du nid (trop petit) avant de savoir voler et s'aventurent sur les branches. Autour de 40 jours, ils commencent à voler et descendent à terre pour se nourrir. Ces jeunes aigrettes garzettes sont encore maladroites et peuvent avoir du mal à s'envoler pour se mettre à l'abri. Elles sont donc particulièrement vulnérables aux prédateurs terrestres comme les chiens. Puis, après quelques jours, elles rejoignent les adultes sur les zones de pêches. La durée de vie est d'environ 9 ans.
Migration et Déplacements
L'aigrette garzette présente un comportement migratoire variable selon les régions qu'elle occupe. Les populations septentrionales de son aire de répartition effectuent des migrations vers le sud pour échapper aux rigueurs hivernales, tandis que celles des zones plus méridionales demeurent sédentaires ou ne réalisent que de courts déplacements. De février à avril, les aigrettes garzettes reviennent de leurs sites d'hivernage, situés au nord du Sahara ou en Afrique Occidentale tropicale. Elles rejoignent les individus qui, de plus en plus nombreux, hivernent en Europe et s'installent sur leurs sites de reproduction.
Statut de Conservation et Menaces
Autrefois considérée comme nuisible, la régression drastique des effectifs et des sites de reproduction de l'Aigrette garzette ont conduit, au début des années 80, a son classement comme espèce protégée en France. Depuis, les effectifs et le nombre de colonies ont fortement progressé. Son aire de répartition est aujourd'hui en expansion vers le nord. Les aigrettes garzettes ont failli disparaître à la fin du XIXᵉ siècle, à l'époque où leurs plumes étaient utilisées pour orner les chapeaux. Victimes de chasses soutenues, elles ne sont réapparues en France que vers 1920 où elles ont été classées espèce protégée.
tags: #bébé #héron #blanc #information
