Le Zoo de La Palmyre, en Charente-Maritime, a récemment accueilli un nouveau membre dans sa famille de gorilles. Le 6 août dernier, une femelle gorille des plaines de l’Ouest, Ybana, a donné naissance à un adorable bébé. Cet événement heureux constitue la quatorzième naissance de gorille enregistrée au zoo depuis l'arrivée de l'espèce en 1974, la toute première naissance remontant à 1978.

Composition du groupe de gorilles

Le groupe de gorilles du Zoo de La Palmyre est désormais composé de cinq individus. Ybana, la mère âgée de 26 ans, veille sur son nouveau-né, une petite femelle en très bonne santé. Ya Sika, la fille d'Ybana âgée de 14 ans, et Kibao, son fils de 8 ans, font également partie du groupe. Le mâle dominant, N’yuki, un dos argenté de 34 ans, complète cette famille.

Une naissance particulière

Cette naissance est d'autant plus spéciale qu'il s'agit du premier descendant du mâle reproducteur N’yuki, lui-même né au Zoo de La Palmyre en 1989. Élevé par le personnel du zoo durant ses premiers mois en raison d'un manque d'instinct maternel de sa mère, N’yuki a ensuite passé de nombreuses années avec d’autres mâles avant d’être intégré dans un groupe avec des femelles en 2015. Malgré près de 10 années passées aux côtés de plusieurs femelles, aucune gestation n’avait été constatée et il aura fallu être patient pour le voir devenir père pour la première fois.

L'importance de la reproduction en captivité

À l’image des autres grands singes, la reproduction des gorilles est un processus lent, dans la nature comme dans les parcs zoologiques. Ce mode de vie a été reproduit en parc zoologique, c’est pour cette raison que certains zoos accueillent des groupes composés uniquement de mâles pour permettre à d’autres établissements, comme le Zoo de La Palmyre, de se consacrer à la reproduction. La naissance de ce bébé gorille est donc une excellente nouvelle pour la conservation de l'espèce. Les visiteurs du Zoo de La Palmyre auront l'opportunité d'observer le bébé femelle, qui restera accroché au pelage de sa mère pendant plusieurs mois. Le zoo souligne que "notre femelle utilise parfois des modes de portage peu conventionnels avec ses jeunes, par exemple sur l’une de ses jambes !". Le gorillon se hissera ensuite sur le dos de sa maman et ne sera totalement indépendant qu’entre 3 et 6 ans.

Le gorille des plaines de l'Ouest : une espèce menacée

Les gorilles sont classés en deux espèces, de l’est et de l’ouest, vivant à l’état naturel en Afrique Centrale, dans les forêts tropicales de plaine et de montagne. Les gorilles des plaines de l’Ouest (Gorilla gorilla gorilla) sont les seuls à pouvoir être observés dans les parcs zoologiques du monde entier (à l’exception d’une seule et unique femelle gorille des plaines de l’Est hébergée au Zoo d’Anvers en Belgique).

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Malheureusement, le gorille des plaines de l’Ouest est classé « En danger critique d’extinction » (CR) sur la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Cette espèce est extrêmement fragilisée dans son milieu naturel, principalement à cause de la destruction et de la fragmentation de son habitat, mais aussi par le braconnage pour sa viande ou le trafic des animaux sauvages. Les maladies infectieuses, en particulier le virus Ebola, constituent également une menace importante, pouvant engendrer un taux de mortalité de 95% au sein d’une population. Le faible taux de reproduction des gorilles empêche également les populations sauvages de se reconstituer rapidement lorsqu’un déclin important se produit.

Le rôle des zoos dans la conservation

Les gorilles des plaines de l’Ouest font l’objet d’un Programme Ex-Situ de l’EAZA (EEP) au sein des zoos membres de l’Association Européenne des Zoos et Aquariums. Ce programme vise à assurer la survie de l'espèce en dehors de son habitat naturel, grâce à la reproduction en captivité et à la gestion de la diversité génétique.

Le Zoo de La Palmyre joue un rôle essentiel dans ce programme, comme en témoigne cette nouvelle naissance. Le parc s'engage également financièrement dans la conservation des gorilles dans leur milieu naturel, à travers son fonds de dotation, Palmyre Conservation.

Le mode de vie des gorilles

Dans la nature, le gorille des plaines de l’Ouest vit en harems pouvant comprendre jusqu’à 20 individus, composés chacun d’un mâle dominant appelé dos argenté, de plusieurs femelles et de leurs jeunes. Le mâle dominant est le seul à pouvoir se reproduire avec les femelles de son harem. Chez cette espèce, la gestation dure de 8 à 9 mois au terme desquels la femelle met au monde un unique petit pesant environ 1,5 kg. Dès la naissance, le petit gorille s’accroche aux poils de sa mère avec ses pieds et ses mains qu’il ne quitte pas au cours des premiers mois de sa vie. Le jeune gorille passe la plupart de son temps à jouer avec les autres membres du groupe, notamment les plus jeunes, et acquiert son indépendance entre 3 et 6 ans. Les mâles comme les femelles quittent leur groupe natal à la maturité sexuelle. Les femelles l’atteignent vers l’âge de 6 ou 7 ans, choisissant alors de rester dans leur groupe familial ou de le quitter pour en rejoindre un autre. Les jeunes mâles quant à eux, atteignent la maturité sexuelle à partir de 12 ans environ et choisissent soit une vie solitaire, soit de s’allier à d’autres mâles avant d’être capables d’attirer leurs premières femelles et de diriger leur propre groupe.

Les efforts de Palmyre Conservation

Le fonds de dotation du Zoo de La Palmyre, Palmyre Conservation, est l’un des rares organismes à financer la conservation des 4 sous-espèces de gorilles. Palmyre Conservation soutient en effet l’association CAMBIO qui préserve les gorilles des plaines de l’Ouest au Cameroun, l’organisation WCS qui protège les gorilles de la rivière Cross au Nigeria et la Virunga Foundation qui sauvegarde les gorilles de montagne et les gorilles de Grauer dans le Parc National des Virunga en République Démocratique du Congo.

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Une autre naissance encourageante : Mayombé et Djongo

Dans un autre événement encourageant pour la conservation de l'espèce, un bébé gorille est né début août 2024 au zoo de La Palmyre, en Charente-Maritime. Un bébé gorille, dont les deux parents étaient nés en captivité, en Europe occidentale, vient de voir le jour à l’état sauvage en Afrique, dans le parc national des plateaux Batéké au Gabon.Sa mère se prénomme Mayombé et est bien connue en France puisqu’elle est venue au monde en 2007 dans le ZooParc de Beauval à Saint-Aignan (Loir-et-Cher). En 2009, elle avait été réintroduite en milieu naturel au Gabon. Et voilà que pour la première fois, elle donne la vie. On dit qu’elle est primipare. Âgé de 15 ans, le père, baptisé Djongo, vient, lui, de la réserve animalière Port Lympne au Royaume-Uni, dans le Kent. Ce beau mâle a été transféré au Gabon en 2013. Les deux grands singes ont fait connaissance il y a deux ans sur une île luxuriante du parc national. Un vrai coup de foudre !« La rencontre a été extraordinaire. Le mâle a été hyperdoux avec notre femelle qui est timide et craintive », s’émeut Delphine Delord, directrice associée du ZooParc de Beauval. Les deux tourtereaux n’ont aucun contact direct avec les hommes. « En revanche, les rangers peuvent continuer à supplémenter en nourriture par bateau et surveiller que tout se passe bien », explique-t-elle.« Tous les espoirs sont permis »Le bébé est né vraisemblablement dans la nuit du 13 au 14 juin. Impossible, pour l’heure, de savoir s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle. « Personne ne peut s’en approcher », précise-t-elle. Le gorillon, qui paraît être « en bonne santé » n’a pas encore été baptisé. La nouvelle famille de primates est uniquement visible via les images des caméras pièges (qui se déclenchent lors du passage des animaux).Selon les observations des soigneurs de la fondation britannique Aspinall, qui suit la réintroduction de ces gorilles des plaines de l’Ouest, Mayombé, « calme et confiante » après un « premier jour de légère nervosité » tient son nouveau-né « dans une position parfaite ». Sa poitrine a l’air rebondie, « ce qui indique qu’elle a du lait ». De son côté, Djongo commence à avoir la fibre paternelle : dès que Mayombé l’a laissé approcher, l’apprenti papa « a observé son petit de près allant même jusqu’à le toucher ».Pour le ZooParc de Beauval, cette heureuse nouvelle est « une immense victoire ». « C’est l’aboutissement d’un programme de conservation. Aujourd’hui, nous célébrons l’espoir d’un avenir meilleur pour cette espèce en danger critique d’extinction », se félicite Delphine Delord. Pour elle, « tous les espoirs sont permis. » « Cette naissance prouve que le repeuplement des lieux d’où l’espèce avait disparu est possible, à partir de gorilles nés en parcs zoologiques ! Et que ceux-ci sont capables de se reproduire et d’élever leur bébé.

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