L’air de "Be My Baby", l’été 1963 dans les Catskills, la découverte d’une danse ultra sensuelle et un porté devenu totalement mythique : autant d'éléments qui ont propulsé Dirty Dancing au rang de film culte. En 1987, Jennifer Grey et Patrick Swayze entraient dans la légende avec cette romance. Le rôle de Baby Houseman avait d’ailleurs valu à la comédienne d’être nommée au Golden Globe. Mais qui est vraiment ce personnage qui continue de fasciner des générations entières ? Cet article explore la complexité de Bébé, son impact culturel et l'héritage qu'elle a laissé.

Jennifer Grey : Avant et Après Bébé

Avant Dirty Dancing, Jennifer Grey avait déjà fait ses preuves dans des productions de renom. Elle avait croisé Patrick Swayze dans le film d’action L’Aube rouge en 1984. La fille du comédien et chanteur Joel Grey avait par ailleurs été dirigée par Francis Ford Coppola dans le drame Cotton Club, aux côtés de Richard Gere, Diane Lane et Nicolas Cage. Elle avait également interprété la petite sœur de Matthew Broderick dans La Folle journée de Ferris Bueller. Les deux stars s’étaient d’ailleurs fréquentées, avant que la comédienne ne jette son dévolu sur Johnny Depp, puis Clark Gregg.

Autant dire que les années 80 ont parfaitement réussi à Jennifer Grey. Hélas, l’actrice a ensuite débuté la décennie suivante en essuyant les échecs de films comme Il était une fois Broadway et Wind. Hormis quelques apparitions dans des drames comme Un amour infini, avec Ben Affleck et Gwyneth Paltrow, ou encore Redbelt, la comédienne se tourne ensuite vers le petit écran. Entre 2008 et 2014, elle prête sa voix pour la série d’animation Phinéas et Ferb. Un exercice auquel elle s’essaie à nouveau avec Le Vent se lève, dernier long-métrage en date de Hayao Miyazaki. Entre 2014 et 2017, la star tient un rôle récurrent dans la série Red Oaks, avant d’apparaître dans trois épisodes de Grey’s Anatomy en 2019.

Après un passage dans la version américaine de Danse avec les stars en 2010, Jennifer Grey revient sur le devant de la scène avec plusieurs projets cinématographiques. En 2024, elle joue dans A Real Pain, un film réalisé par Jesse Eisenberg, où elle incarne Marcia, une divorcée participant à un voyage en Pologne pour honorer sa grand-mère récemment décédée. Le film explore les relations familiales et les traumatismes intergénérationnels. En 2025, Jennifer Grey est à l'affiche de Wish You Were Here, le premier film réalisé par Julia Stiles. Adapté du roman à succès de Renée Carlino, ce drame romantique raconte l'histoire de Charlotte, une jeune femme en quête de sens après une nuit parfaite avec un inconnu qui disparaît mystérieusement. Jennifer Grey y partage l'écran avec Isabelle Fuhrman, Mena Massoud ainsi Kelsey Grammer.

Les fans de Dirty Dancing seront ravis d'apprendre que Jennifer Grey reprendra son rôle emblématique de Frances "Baby" Houseman dans une suite prévue pour 2025. Ce nouveau volet se déroulera dans les années 1990 et promet de raviver la magie du film original tout en introduisant de nouveaux personnages et intrigues. Jennifer Grey est également productrice exécutive du projet, témoignant de son engagement à préserver l'esprit du film culte.

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Côté cœur, Jennifer Grey a été mariée à l'acteur Clark Gregg, connu pour son rôle de l'agent Phil Coulson dans l'univers Marvel. Le couple a une fille, Stella, née le 3 décembre 2001.

La Genèse d'un Personnage Inoubliable

Eleanor Bergstein, la scénariste de Dirty Dancing, s'est inspirée de sa propre vie pour créer le personnage de Bébé. "On m'a appelée Bébé jusqu'à mes 22 ans", confie-t-elle. Le film s'inspire de sa famille, de ses vacances dans les Catskills avec ses parents, de son père juif, médecin, des concours de mambo et de cha cha pendant que les adultes buvaient du champagne, et des soirées à danser dans les sous-sols avec les jeunes de son quartier.

Linda Gottlieb, la productrice, se souvient de sa réaction lorsqu'Eleanor Bergstein lui a parlé de son envie de faire un film sur deux sœurs en vacances dans les Catskills dans les années 60. "J'ai d'abord été sceptique, jusqu'à ce qu'elle me raconte ses virées de dirty dance. Là, j'ai littéralement fait tomber ma fourchette."

Le titre même du film, Dirty Dancing, a suscité des réactions mitigées. Jennifer Grey se souvient : "Personne ne pensait que ce titre allait marcher. Dirty Dancing, ça faisait un peu scandale."

Convaincre les producteurs n'a pas été une mince affaire. Eleanor Bergstein envoyait le script avec une cassette audio de sa bande-son idéale. "Je leur disais : « Quand vous lisez le scénario, écoutez la musique en même temps »." Mais tous les studios ont refusé. "Selon eux, les jeunes n'allaient pas aimer cette musique ou l'histoire n'avait aucun sens."

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Finalement, Vestron, une petite société de production VHS, a décidé de donner sa chance au film. Mitchell Cannold, producteur chez Vestron, se souvient : "Forcément le titre a attiré mon attention. En lisant le script, je riais, je pleurais, j'ai immédiatement appelé son agent. J'ai demandé : « Est-ce que ce film a été fait ? » « Non, personne ne veut le faire »."

Le Casting : Trouver la Parfaite Bébé

Le choix de l'actrice pour incarner Bébé a été un processus difficile. Eleanor Bergstein imaginait une fille mince avec de longs cheveux dans le dos, comme elle. Mais les producteurs imaginaient plutôt Winona Ryder ou Jessica Parker.

Jennifer Grey, quant à elle, se sentait comme un vilain petit canard à l'époque. "J'étais trop « juive » pour Flashdance, pas assez jolie pour Endless Love de Zeffirelli. On ne voulait pas non plus de moi dans Le Clochard de Beverly Hills pour jouer la fille de Bette Midler et de Richard Dreyfuss. Ça m'avait achevée, pourquoi est-ce que je faisais ce métier ?"

Pourtant, c'est elle qui a finalement été choisie pour incarner Bébé. Son alchimie avec Patrick Swayze lors des auditions était indéniable. "Il y avait des étincelles entre eux", se souvient Mitchell Cannold.

Jennifer Grey se souvient de sa relation tumultueuse avec Patrick Swayze sur le tournage de L'Aube rouge. "Patrick était très macho, faisait de mauvaises blagues. Jennifer ne pouvait pas le supporter." Mais ils se sont mis à danser et c'était une évidence. "Ils étaient extraordinaires ensemble", se souvient Eleanor Bergstein.

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Patrick Swayze lui-même était réticent à l'idée de faire Dirty Dancing. "Au départ on m'a conseillé de ne pas faire Dirty Dancing (oh, je déteste ce titre), qui passait pour une simple histoire de danseur sexy."

Mais Jennifer Grey a su le convaincre. "Patrick était une combinaison rare et magnifique de masculinité brute et de grâce étonnante. Superbe et fort, c'était en fait un vrai cow-boy au cœur tendre, mais tellement macho. Il n'avait peur de rien et était prêt à tout pour réussir."

La Danse : Un Langage Universel

Kenny Ortega, le chorégraphe du film, décrit la danse dite "dirty" comme "essentiellement une danse de la rue. Collé, cambré, on est très proche l'un de l'autre. C'est comme une sorte de conversation entre les corps."

Emile Ardolino, le réalisateur, ajoute : "C'est une danse de couple très sensuelle. Imaginez ça en 1963 avant la révolution sexuelle. Les gens voulaient se serrer les uns contre les autres, alors ils dansaient. D'une certaine manière, ça ressemble à des caresses sexuelles."

Jennifer Grey n'était pas une danseuse au départ, mais son père l'était et elle possède un talent naturel phénoménal. "On a travaillé ensemble pendant six semaines avant le tournage", se souvient Patrick Swayze.

Les semaines de répétitions de danse ont été le point culminant du tournage pour Jennifer Grey. "Kenny, très généreux, m'a enseigné avec amour les bases du mambo. Dans la danse en couple, il y a un courant presque électrique qui transmet tout ce qui existe entre le meneur et le suiveur. À l'intérieur de ce système fermé, il y a une conversation intime, improvisée, sans paroles. De l'extérieur, la danse semble d'une simplicité déconcertante, mais à l'intérieur, il se passe beaucoup plus de choses."

Kenny Ortega et Emile Ardolino ont réussi à faire de la danse un langage capable de superposer différents niveaux de narration émotionnelle (intimité, érotisme, identité). "Ils ont su parfaitement intégrer la danse dans l'intrigue d'Eleanor qui, pour moi, relève du génie", confie Jennifer Grey.

Au-Delà de la Romance : Un Film Engagé

Derrière le conte de fées romantique, Dirty Dancing apparaît comme un film féministe. "Le personnage de Johnny est féministe", affirme Jennifer Grey. "Il croise mon personnage, Bébé, et il change sa réalité, il débloque bien plus que sa sexualité, il débloque son pouvoir de séduction en tant que femme, elle qui avait peu d'estime de soi au départ. Je pense que pas mal de femmes se retrouvent dans ce personnage. Bébé était une fille à papa et elle devient une femme qui découvre sa libido en un éclair."

Eleanor Bergstein avait peu d'espoir que quelqu'un voie le film et encore moins qu'il influence qui que ce soit, mais juste au cas où, elle y a mis des choses qui étaient importantes pour elle. "Je pense que l'on peut faire un brillant documentaire sur l'avortement en noir et blanc, mais tous ceux qui le verront seront probablement déjà acquis à la cause."

Le film aborde les avortements illégaux en 1963, ce qui était un thème très inhabituel dans une comédie romantique. Afin d'obtenir le sponsoring d'une grande marque de cosmétique, les producteurs ont demandé à Eleanor Bergstein de retirer l'avortement du scénario. "J'étais sûre que ça arriverait, j'avais donc tout prévu et je leur ai répondu : « J'aurais été heureuse de le faire mais sans l'avortement illégal, il n'y a plus aucune raison que Penny arrête de danser avec Johnny, que Bébé aide Penny et qu'elle danse avec Johnny, ou qu'il se passe quoi que ce soit."

La réplique culte "On laisse pas Bébé dans un coin" a eu une résonance incroyable. "Cette phrase signifie tellement de choses. Il y a tellement de façons de se mettre au coin ou de penser que les autres nous mettent au coin", explique Jennifer Grey.

Un Tournage Semé d'Embûches

Le tournage de Dirty Dancing n'a pas été de tout repos. Vestron disposait d'un très petit budget de 4,5 millions de dollars. Eleanor Bergstein voulait que le film contienne d'anciennes chansons provenant de sa collection personnelle. Elle avait divisé les sélections musicales en trois groupes : le latin mambo pour le dancefloor de la résidence, la pop propre aux adolescents pour le bungalow des Houseman, et la soul rock érotique pour les salles du personnel de la station. "Je voulais trouver la musique la plus sexuellement évocatrice, la plus choquante pour une jeune femme qui n'en avait jamais entendue auparavant."

Trois jours avant le début du tournage, ils n'avaient aucune musique. "J'étais paniqué, car sans musique on ne pouvait rien tourner", se souvient Mitchell Cannold. Franke Previte a été appelé à la rescousse et a écrit Time of My Life sur la route qui l'amenait au studio.

Le cadre du film a également posé problème. Ils n'avaient absolument pas les moyens de payer une résidence dans les Catskills, qui plus est pendant l'été avec tous les vacanciers. Ils ont finalement trouvé refuge en Virginie, sur une montagne au bord d'un lac, Mountain Lake Lodge. Mais comme ils ne pouvaient se payer que 14 jours de tournage à cet endroit, ils ont dû trouver un deuxième camp de vacances en Caroline du Nord.

Le tournage a commencé le 5 septembre en Virginie. Malheureusement, il commençait à faire froid et les feuilles tombaient des arbres. "Elles étaient rouges orangé et le film est censé se passer en été", se souvient Mitchell Cannold.

Il a beaucoup plu pendant le tournage. Et quand il a cessé de pleuvoir, il y avait des moustiques. Jennifer Grey était particulièrement émotive, éclatant parfois en sanglots si quelqu'un la critiquait.

La relation entre Patrick Swayze et Jennifer Grey était tendue. La scène où Johnny apprend à Bébé à se tenir en équilibre sur le tronc d'arbre au-dessus du ruisseau est la quintessence de leur différence. "Jennifer disait : « Mais je pourrais tomber, même pas en rêve »."

C'est une des seules scènes pour lesquelles Jennifer Grey a utilisé une doublure. "Patrick, lui, n'avait peur de rien. Son audace et ma trouille, son absence de judéité et ma super judéité… Tout nous opposait. Il aurait fait n'importe quoi et j'avais peur de faire quoique ce soit. Je suis convaincue qu'il me trouvait pénible. Moi aussi, je le trouvais pénible. Ce n'était pas fluide entre nous mais on n'en parlait pas."

La scène du tronc d'arbre était vraiment dangereuse. Il y avait un ravin en dessous. Patrick Swayze avait une ancienne blessure au genou, mais il a insisté pour faire les cascades sur le tronc d'arbre. Il est tombé et s'est blessé à nouveau.

Malgré les tensions, les tensions étaient finalement bénéfiques au film. "Ça renforçait l'alchimie du couple au cinéma. Ils avaient du mal à s'entendre, à être ensemble sur le plateau. Exactement comme ce que nous voulions raconter dans le film", se souvient Dori Berinstein.

L'Impact Culturel et l'Héritage de Bébé

Dirty Dancing a marqué une rupture avec les cadres un peu rigides hérités des années 50. Cette chorégraphie a fait voler en éclats tous les carcans pour mieux célébrer l’évolution des rapports amoureux. Le film a fait de Jennifer Grey une star mondiale. Et que dire de leur fameux porté ?

Frances « Baby » Houseman part avec sa famille à Catskill Mountains avant de rentrer à Mount Holyoke College même si son rêve plus tard reste d’intégrer le Corps de la Paix. Très vite, Baby tombe sous le charme de Johnny Castle, le professeur de danse. Cette attirance est évidemment condamnée par son père, très petit bourgeois. Baby s’incruste et découvre le Dirty Dancing. Johnny lui donne même une petite leçon improvisée. C’est assez pour que Baby attrape le virus. Penny veut avorter ce qui la contraint à rater un gala et le salaire qui va avec. Billy, le cousin de Johnny, propose que Baby la remplace. Johnny peut lui apprendre à danser. Johnny et Baby se mettent donc au travail et se rapprochent au fur et à mesure qu’ils répètent leurs mouvements. Le gala est un succès. À leur retour, ils trouvent Penny à l’agonie, charcutée par le médecin qui était censé l’opérer. Baby demande de l’aide à son père qui est aussi chirurgien. Johnny tombe amoureux de Baby. Victime de la jalousie de Vivian Pressman, il se fait virer comme un malpropre. Il revient malgré tout pour la dernière danse de la saison comme il en a l’habitude.

Si l’on part du principe que le monde est une gigantesque piste de danse, alors il faut comprendre que tout n’est qu’une histoire de timing. Il faut savoir quand monter sur scène et à quel moment bouger. Et puis parfois, on est juste. Baby a l’impression de ne pas être en rythme avec son environnement, comme lorsqu’elle se retrouve à danser le Madison à l’envers, entourée de ces vacanciers avec lesquels elle ne partage strictement rien. Tout va changer lorsqu’elle va rencontrer Johnny. À son contact, elle a enfin l’impression de pouvoir être elle-même.

Johnny va apprendre les bases à Baby : cette fameuse technique qu’il faut commencer par maîtriser pour mieux pouvoir l’oublier. Le couple c’est aussi une dynamique qui n’est pas unilatérale. Parce que comme dans une danse, il faut savoir échanger avec son ou sa partenaire. Il ne faut pas l’oublier au risque de ne se concentrer que sur soi-même. On ne brille jamais seul.

Une fois que ces conditions sont réunies, les jugements s’effacent. Le monde ne fait plus qu’un. Baby, et son père, ne considèrent plus Johnny comme un american gigolo. Alors tout ça c’est magnifique bien sûr. C’est comme ça qu’on finit par danser un mambo endiablé dans un club de vacances coquet de l’état de New York. Notons que les équilibres sont fragiles. Un faux mouvement est vite arrivé.

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