L'allaitement maternel est reconnu comme la meilleure solution nutritionnelle pour les nourrissons. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande l'allaitement exclusif jusqu'à l'âge de 6 mois, suivi de l'introduction d'aliments complémentaires tout en continuant l'allaitement jusqu'à 2 ans ou plus. Cependant, la question de la diversification alimentaire chez les bébés allaités suscite de nombreuses interrogations chez les parents. Quand commencer ? Quels aliments introduire ? Comment s'y prendre ? Cet article vise à répondre à ces questions en se basant sur les recommandations actuelles et les études récentes.

Quand commencer la diversification alimentaire ?

Il est recommandé de commencer la diversification alimentaire, c'est-à-dire l'introduction d'aliments autres que le lait, entre 4 et 6 mois révolus. Il ne faut jamais commencer avant 4 mois, mais pas au-delà de 6 mois. L'OMS conseille de poursuivre l'allaitement exclusif jusqu'à 6 mois. L'habitude actuelle est de débuter la diversification autour de 5 mois.

Une étude de Santé publique France, Epifane, a montré en 2021 que les recommandations en matière de diversification sont de plus en plus suivies. En effet, 91% des enfants commencent la diversification dans la fenêtre recommandée, entre 4 et 6 mois.

Il est important de noter que chaque bébé est unique et qu'il est essentiel de respecter son rythme de développement et ses besoins individuels. Certains bébés peuvent montrer des signes d'intérêt pour les aliments solides dès 4 mois, tandis que d'autres peuvent ne pas être prêts avant 6 mois.

Comment savoir si votre bébé est prêt pour la diversification ?

Pour débuter la diversification, il est nécessaire de s'assurer si votre bébé est prêt en montrant certains signes de maturité :

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  • Augmentation de la production de salive.
  • Capacité à déglutir facilement des aliments plus épais grâce à sa langue.
  • Capacité à se tenir assis, contrôler sa tête ou manipuler des objets avec ses mains.
  • Apparition des premières dents.
  • Curiosité envers la nourriture que mangent les adultes.

Quels aliments introduire en premier ?

Il est conseillé de commencer par les légumes, puis d'introduire les fruits. Si l'on commence les fruits en même temps que les légumes, l'enfant risque de préférer le goût sucré et de refuser les légumes.

Légumes :

Les légumes seront débutés progressivement, habituellement au repas de midi, directement à la cuillère en complément de la tétée. Les légumes seront cuits de préférence à la vapeur (meilleure conservation des vitamines et du goût), mais ils peuvent être cuits dans une eau peu salée en jetant ensuite l'eau de cuisson. Il est préférable de proposer un seul légume par jour (en plus de la pomme de terre qui sert de liant pour les légumes les plus fluides comme les courgettes ou les tomates) afin que votre enfant apprenne le goût particulier de chaque légume. Il est conseillé de changer de légume chaque jour, pour que votre enfant accepte ensuite plus facilement les aliments nouveaux.

Parmi les légumes, il est possible d'utiliser: betteraves rouges, blanc de poireaux, brocolis, carottes, courgettes (épépinées et sans peau), épinards, haricots verts, patates douces, panais, potirons ou potimarrons, tomates. Les bettes (vert et blanc) et les endives peuvent être utilisées en quantité limitée, sous forme de légumes jeunes pour limiter l'apport de fibres. Les petits pois peuvent être utilisés seulement s'ils sont extra-fins. La quantité de carottes sera limitée en cas de constipation. La qualité des légumes surgelés est au moins égale sinon supérieure à celle des “produits frais” de la grande distribution.

Fruits :

Il sera possible de commencer les compotes de fruits, 10 à 15 jours après le début des légumes, en complément de la tétée de l'après-midi. Il est préférable de proposer un seul fruit par jour afin que votre enfant apprenne le goût particulier de chaque fruit.

Autres aliments :

  • Farines ou céréales : 1 à 2 cuillères à café peuvent être ajoutées aux légumes (goût nature) ou mélangées aux fruits (goût sucré).
  • Protéines : A partir de 6 mois, vous pouvez proposer l’équivalent d’une à deux cuillères à café de viande, de poisson ou d’œuf. Les aliments les plus riches en fer sont les abats, la viande rouge, le boudin noir, la volaille et les produits de la mer. Parmi les aliments riches en zinc, on retrouve le foie de veau/bœuf/porc, viande de bœuf d’agneau ou de porc, certains produits de la mer…
  • Lipides : Les apports en matières grasses doivent correspondre à environ 2 à 4 cc par jour. Vous pouvez choisir des aliments qui en contiennent naturellement, comme les poissons gras et les œufs. Vous pouvez également ajouter des huiles de bonne qualité dans vos préparations (pensez à varier les huiles).

Comment introduire les aliments ?

Deux approches se présentent aux parents qui démarrent la diversification. Dans tous les cas, il est primordial de garder à l'esprit que le lait doit rester l'aliment principal du bébé jusqu'à ses 12 mois.

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1. La diversification classique :

Elle consiste à présenter à l'enfant des aliments sous forme de purées et de compotes très lisses. Des légumes et des fruits cuits à l'eau ou à la vapeur, sans assaisonnement sont introduits progressivement. Les quantités doivent être augmentées petit à petit, jusqu'à proposer 120g. Puis, une dizaine de jours plus tard, on propose des compotes de fruits au goûter. Si le bébé n'aime pas, on ne le force pas.

2. La diversification menée par l'enfant (DME) :

Apparue au début des années 2000, cette notion prône l'autonomie de l'enfant. C'est Gill Rapley, infirmière britannique passionnée par l'alimentation des nourrissons qui a commencé à la décrire. Elle consiste à proposer des aliments solides dont la taille et la texture sont adaptées aux capacités des petits de 6 mois. Il s'agit de mettre à leur disposition une assiette variée avec des aliments sains, crus ou cuits, en morceaux (de la taille de la paume du bébé) ou en bâtonnets. Pas d'aliments petits et durs. Le bébé fait ses propres choix dans son assiette.

Quelles quantités d’aliments solides donner à votre bébé ?

Le processus de diversification est plus ou moins rapide selon les enfants. En effet, certains bébés mangent facilement des quantités significatives, d’autres au contraire ne mangent que quelques bouchées de solides par jour. Dans la mesure où l’allaitement se poursuit à la demande, et que la prise de poids de bébé est harmonieuse, il n’y a pas d’inconvénient à cela. Chacun son rythme… Le début de la diversification est surtout une découverte gustative, tactile et sensoriel qui doit rester un plaisir.

Même si la diversification commence en général vers 6 mois, le lait maternel reste l’aliment principal d’un bébé allaité. Il couvre 80% de ses besoins la première année, et la moitié ou plus la deuxième année. Donc pas de stress sur les quantités de solide que bébé mange ! Tant que bébé reçoit autant de lait maternel qu’il le demande : suivez son rythme et vivez les repas comme des moments de partage en famille. Avec le temps, les quantités de solides vont naturellement augmenter. Par ailleurs, chaque enfant à une capacité d’absorption et une maturité intestinale qui lui est propre : votre bébé est le seul à savoir les quantités dont il a réellement besoin.

Quand introduire les aliments allergéniques ?

Au niveau européen, selon les recommandations de l’ESPGHAN, il n’est plus conseillé de retarder l’introduction des aliments les plus allergéniques (céleri, poisson, œuf…) y compris dans les familles à risque. Il semblerait au contraire qu’il y ait une « fenêtre de tolérance » entre 4 et 6 mois.

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Seul le comité de nutrition de la Société Française de Pédiatrie recommande encore pour les bébés à risque (allergies alimentaires avérées dans la famille) une diversification après l’âge de 6 mois et une introduction retardée par précaution, après 1 an, des aliments à fort risque allergique (kiwi, céleri, arachide, fruits à coque, crustacés).

Pour le gluten, la « fenêtre de tolérance » semble aussi se situer entre 4 et 7 mois. Une mise en contact pendant la période d’allaitement exclusif peut donc limiter le risque d’intolérance. La mise en contact avec la bouche n’est pas synonyme de « manger » ou « se nourrir ». Mâchouiller un bout de pain sec ou un boudoir non sucré est suffisant, les enzymes salivaires se chargeront en grande partie de la digestion, sans solliciter réellement l’intestin encore immature.

Conseils supplémentaires

  • Ne jamais forcer bébé à manger. On observe bébé et ses réactions : s’il ne veut pas manger, c’est peut-être qu’il n’a plus faim ou qu’il est surpris par un nouvel aliment, un nouveau goût. Si c’est le cas, on lui re-proposera une prochaine fois en sachant qu’il faut souvent présenter plusieurs fois le même aliment (parfois jusqu’à 10 !), pour que l’enfant l’accepte et commence à y prendre plaisir.
  • Privilégier la variété à la quantité. Pour l'alimentation de bébé, mieux vaut la variété que la quantité.
  • Utiliser les mêmes produits frais que pour toute la famille, en préférant le bio si possible pour les fruits et légumes, les légumes secs et les féculents complets.
  • Cuisiner les aliments à l’eau, sans sel.
  • Congeler le surplus dans un bac à glaçons et le consommer dans les deux mois. Mettre le bac à glaçon dans une poche datée et identifiée.
  • Laisser votre enfant jouer avec la nourriture. Au sein, il peut continuer à téter à volonté.

Préparer l'introduction du lait industriel

Concernant l'introduction du lait industriel en prévision de votre absence, il est important de procéder progressivement. Vous pouvez commencer par remplacer une tétée par un biberon de lait industriel quelques jours avant votre départ. Cela permettra à votre bébé de s'habituer au goût et à la texture du lait industriel, et vous permettra de vérifier s'il le tolère bien. Il est préférable de choisir un lait infantile adapté à l'âge de votre bébé et de suivre les instructions du fabricant pour la préparation.

Il est peu probable que l'introduction du lait industriel permette à votre bébé de faire ses nuits. Les troubles du sommeil chez les nourrissons sont souvent liés à d'autres facteurs que l'alimentation, tels que les poussées dentaires, les changements dans leur environnement ou leur besoin de réassurance.

Diversification alimentaire et sevrage

Si vous décidez de sevrer votre bébé, il n'est pas déconseillé de mener la diversification alimentaire en parallèle du sevrage. Cependant, il est important de procéder progressivement et de veiller à ce que votre bébé reçoive tous les nutriments dont il a besoin. Vous pouvez remplacer progressivement les tétées par des biberons de lait infantile et introduire de plus en plus d'aliments solides.

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