Votre bébé a bien grandi et affirme son autonomie, notamment avec l'apparition du "non" dans son vocabulaire. Même s'il semble plus grand, il a toujours besoin de plus d'heures de sommeil qu'un adulte. De 2 à 3 ans, les progrès et les apprentissages de votre enfant sont fulgurants et il vous surprend chaque jour. Pour enregistrer toutes ces nouveautés, votre enfant a besoin d'un nombre conséquent d'heures de sommeil.

Besoins en sommeil de 2 à 3 ans

Entre 24 et 36 mois, un enfant a besoin de nombreuses heures de sommeil réparateur. Même si ces indications ne sont que des moyennes, « un enfant a besoin entre 2 et 3 ans de 10 à 14 heures de sommeil par tranches de 24 heures », affirme Pascale Ogrizek, médecin généraliste et spécialiste du sommeil. Ces heures incluent le sommeil nocturne et la sieste de l'après-midi.

Importance du sommeil réparateur

Un manque de sommeil peut entraîner des difficultés à gérer les émotions, une baisse de concentration, un esprit moins vif et une tendance à moins bien manger et à prendre du poids.

Sieste

Si la sieste du matin a généralement disparu avant l'âge de deux ans, celle du début d'après-midi peut être utile jusqu'à 4 ou 5 ans. Il est préférable qu'elle se termine avant 15 h pour ne pas perturber l'endormissement du soir. Certains enfants n'ont plus besoin de sieste à partir de 2 ans ou 2 ans et demi.

Heure du coucher

L'heure du coucher varie en fonction de l'heure du réveil, l'objectif étant que l'enfant ait son quota de sommeil. Il est généralement recommandé de coucher un enfant de cet âge entre 19 h et 20 h 30, pour un réveil aux alentours de 7 h en moyenne.

Lire aussi: Solutions pour les réveils matinaux

Cycles de sommeil

Un cycle de sommeil dure en moyenne 75 minutes chez un enfant entre 2 et 3 ans. L'enfant s'endort en sommeil lent et la part de sommeil paradoxal s'allonge.

Les défis du sommeil à cet âge

Entre l'apprentissage de la marche, l'acquisition de la parole et éventuellement le début de la vie en communauté à l'école, aller dormir ne présente pas beaucoup d'intérêt aux yeux de bébé ! De plus, le "non" est apparu dans son vocabulaire et il adore vous l'opposer. Autour de trois ans, un nouveau mot récurrent prend place dans le langage de notre enfant : "pourquoi" !

Opposition et rituels

L'enfant peut refuser d'aller au lit, se lever plusieurs fois la nuit ou exprimer des angoisses. Face à ce blocage, on peut remettre en place un rituel de sommeil, quelque chose de très répétitif qui l'amène progressivement sur le moment de la séparation et du dodo.

Bonnes habitudes

De bonnes habitudes peuvent aussi apaiser ce moment, comme manger assez tôt pour que la digestion ne gêne pas le sommeil, baisser la voix et la lumière en fin de journée pour instaurer un environnement calme et éviter l'excitation de début de soirée, bannir tous les écrans des yeux et mains de bébé…

Terreurs nocturnes

Réveillés en sursaut, vous entendez votre enfant pleurer et crier, et vous pensez qu'il a fait un vilain rêve. Pourtant, il vous semble complètement endormi… Votre bout-de-chou est peut-être sujet à des terreurs nocturnes. Celles-ci se caractérisent par le fait que bébé est toujours endormi et ne se souviendra pas de cet incident le lendemain matin. « Ces parasomnies apparaissent au cours d'une phase de sommeil très profond. Si votre enfant est atteint de cette parasomnie, il est conseillé de ne pas le réveiller et de simplement surveiller qu'il ne risque pas de se blesser au cours de sa terreur nocturne.

Lire aussi: Aide : Bébé se réveille rapidement après l'endormissement

Troubles du sommeil : Quand s'inquiéter ?

Les troubles du sommeil sont finalement peu fréquents chez les enfants de moins de 3 ans. Néanmoins, la spécialiste alerte sur le fait que « 2 % des enfants de plus de 2 ans souffrent d'apnée du sommeil et n'ont donc pas un sommeil réparateur ».

Florian Lecuelle, psychologue clinicien, spécialiste du sommeil pédiatrique, souligne que les besoins varient d’un enfant à l’autre. Cependant, les recommandations sont les suivantes : vers 3 ans, entre douze et treize heures. À partir de 6 mois, on peut évoquer un trouble du sommeil, s’il survient au moins deux nuits par semaine. Il peut s’agir de difficultés d’endormissement, de réveils nocturnes fréquents ou d’un réveil très matinal.

Causes des troubles du sommeil

F. L. : On distingue trois grandes causes : psychologique, organique et comportementale. Les causes psychologiques (stress, angoisse) sont rares avant 6 ans, mais peuvent apparaître vers 3-4 ans avec l’entrée à l’école. Environ 20 à 30 % des troubles sont liés à des causes organiques, comme des douleurs récurrentes, des otites à répétition ou des reflux. Mais la majorité (70 à 80 %) sont comportementales : des troubles liés aux habitudes de sommeil.

Facteurs de risque

Les grands changements de vie (entrée à l’école, arrivée chez la nounou, un déménagement ou la naissance d’un petit frère ou d’une petite sœur) sont souvent des phases critiques pour le sommeil.

Impact du manque de sommeil

Un mauvais sommeil peut avoir un impact sur le développement cognitif de l’enfant (mémoire, capacités d’apprentissage, humeur). Il y a aussi un lien avec la santé globale : un enfant qui dort mal est plus vulnérable aux maladies, présente un risque accru d’obésité, des performances cognitives diminuées, et une tendance à l’hyperactivité.

Lire aussi: Bébé 18 mois : Nuits agitées ?

Répercussions sur les parents

Elles sont majeures. Le manque de sommeil parental peut mener à de l’épuisement, à des tensions conjugales, voire à des situations de maltraitance. Le lien entre insomnie infantile, burn-out parental et dépression est bien établi.

Quand consulter ?

Dès qu’il y a une plainte, il ne faut pas attendre pour consulter. Dès lors qu’on se sent en difficulté face au sommeil de son enfant, il faut agir. Il est préférable de consulter des spécialistes médicaux du sommeil.

Conseils et astuces pour favoriser le sommeil

La structure du sommeil de bébé est différente de la nôtre. Elle se construit peu à peu, mais ce processus peut prendre du temps. L’étape de développement dans laquelle se trouve votre enfant joue également sur son sommeil. Les besoins de sommeil vont progressivement se modifier entraînant une diminution du temps total de sommeil par 24 heures, avec une augmentation du sommeil de nuit et une diminution du nombre et de la durée des siestes. Ne comparez pas le sommeil de votre bébé à celui d’un autre. Certains dormiront plus tôt la nuit, d’autres auront besoin de plus de temps pour instaurer un rythme régulier. Chaque enfant évolue à son propre rythme.

Créer un environnement propice au sommeil

  • Chambre : Pendant ses six premiers mois au moins, il est préférable d’installer le lit de bébé dans la même chambre que nous. Passé l’âge de six mois, bébé peut dormir dans une autre pièce que nous, si notre logement s’y prête. Dès la naissance, on installe bébé dans son propre lit. Le lit doit comporter le marquage CE ou NF avec la mention « conforme aux exigences de sécurité ».
  • Sécurité : Avant six mois, tous les objets mous qui risquent de couvrir la tête ou le visage de bébé peuvent être dangereux. Alors, on choisit un matelas ferme, adapté aux dimensions du lit et on fixe bien le drap housse dessus. Pour la turbulette (ou « gigoteuse ») l’important c’est qu’elle soit à la bonne taille. On couche bébé toujours sur le dos, à plat, sans oreiller, coussin, couverture, tour de lit, ni doudou à proximité.
  • Routine : En diminuant l’intensité de la lumière le soir et ouvrant grand les volets le matin, on marque la différence entre l’environnement de la journée et celui de la nuit. Quand bébé grandit, les routines l'aident à s’endormir. En répétant tous les soirs les mêmes gestes au moment du coucher, bébé comprend que c’est le moment de dormir et il se prépare au sommeil.
  • Horaires : À partir de 4-6 mois, et pendant plusieurs années (facilement jusqu’aux 6 ans de l’enfant), on considère que le tunnel idéal de sommeil est un coucher entre 18h30 et 20h maximum. En effet, s’endormir avant 20h permet une meilleure qualité de sommeil pour l’enfant, et donc de plus grandes chances de prolonger sa nuit et de ne pas se réveiller aux aurores. Cela implique inévitablement de manger tôt (autour de 18h-18h30).
  • Siestes : Lorsque l’enfant passe en sieste unique, aux alentours de 18 mois (parfois à partir de 15-16 mois, et parfois plus tardivement, à 20 mois) et jusqu’à l’arrêt de la sieste (autour de 4-5 ans), l’heure idéale de coucher pour la sieste est 12h-12h30 maximum car c’est le moment où la température corporelle baisse, et où l’on constate une baisse de vigilance également, toutes deux particulièrement propices à l’endormissement.
  • Environnement : Un cadre sécurisant et confortable pour le sommeil de votre bébé est essentiel. Pour un repos optimal, on conseille souvent : une température idéale entre 18 et 20°C, pour éviter qu’il n’ait trop chaud ou trop froid ; une lumière tamisée en soirée, afin d’aider son corps à réguler naturellement son rythme veille/sommeil ; un matelas ferme et une gigoteuse adaptée, pour assurer son confort et sa sécurité ; des moments d’éveil stimulants entre ses siestes, pour qu’il puisse aussi interagir et profiter de vous lorsqu’il est réveillé.

Comprendre et réagir aux réveils nocturnes

Il est normal que bébé bouge en dormant, et il n’est généralement pas nécessaire d’intervenir. Par moments, il peut bouger beaucoup, faire des mimiques, pleurnicher, grogner. C’est ce qu’on appelle le « sommeil agité » et c’est une phase tout à fait normale du sommeil. Mais si on sent bébé trop agité, qu’il gémit ou qu’il est inconfortable, on peut intervenir pour le rassurer, l’apaiser par notre présence et l’aider à se rendormir. On peut lui proposer à boire s’il montre des signes de faim. Mais il ne se réveille pas forcément parce qu’il a faim. Il peut aussi avoir besoin d’être câliné et rassuré. Pour l’aider à se rendormir, mieux vaut rester dans une ambiance calme, sans bruits et sans lumière forte.

Apprendre à s'endormir seul

Savoir s’endormir seul est un apprentissage : les parents peuvent décider du moment qui leur semble favorable pour le mettre en place. Pour certains ça sera dès les premiers mois de vie, alors que d’autres préféreront remettre cela à plus tard. Pour qu’un bébé fasse ses nuits, il faut d’abord qu’il soit capable de s’endormir seul. S’il s’endort chaque soir dans les bras, il aura besoin des bras lorsqu’il se réveillera dans la nuit.

Le rôle du rituel du coucher

Le rituel du coucher est un moment d’intimité avec les parents, qui prépare à la séparation de la nuit. Qu’il s’agisse de la lecture d’un livre, d’un câlin, d’une chanson, il ne doit pas durer plus d’une quinzaine de minutes. Sa limite dans le temps renforce son côté sécurisant.

Doudou et tétine

C’est souvent vers 6 ou 7 mois que le bébé commence à ressentir le besoin d’un doudou. Le doudou permet à l’enfant de s’apaiser au moment où il doit se séparer de ses parents pour s’endormir. Dès les premiers mois, le bébé peut déjà identifier des objets familiers dont la vue, le contact et l’odeur, assurent une fonction de réassurance au cours des séparations, et notamment, au moment de l’endormissement. Par son effet apaisant, la succion permet de ralentir le rythme cardiaque donc à l’enfant d’entrer plus facilement dans le sommeil. Les difficultés surviennent lorsque le bébé s’est habitué à avoir la tétine en bouche pour s’endormir, elle devient alors un mode d’endormissement : si bien que le bébé qui se réveille la nuit s’apercevant qu’il ne l’a plus près de lui, va logiquement la réclamer à chaque fois.

Les écrans : un ennemi du sommeil

L’utilisation excessive des écrans, en particulier la lumière bleue qu’ils émettent, perturbe la production de mélatonine, ce qui décale le début du sommeil. Si un enfant est exposé à des écrans en fin de journée, sa sécrétion de mélatonine sera retardée, et il aura plus de difficultés à s’endormir, avec une qualité de sommeil diminuée. En clinique, nous avons tendance à dire que chaque minute d’écran correspond à une minute de sommeil en moins, et de mauvaise qualité.

L'importance de l'implication du père

Le sommeil du jeune enfant se porte mieux lorsque le père s’investit dans la gestion du sommeil.

Cas spécifiques et conseils personnalisés

Plusieurs situations peuvent perturber le sommeil d'un enfant de 2 ans. Voici quelques exemples et des pistes pour y répondre :

  • Refus de dormir et hurlements : Il s’agit d’une nouvelle étape vers plus d’autonomie par le langage, la propreté, etc. ; celle-ci s’accompagne d’une petite anxiété de séparation car il faut grandir. Si votre fille est encore dans un lit à barreaux, elle se sent enfermée. Pour que les choses ne perdurent pas, il vous faut être sereine. Puis, quand elle se réveille, attendez pour aller la voir. Dites-lui gentiment que c’est la nuit, que tout le monde dort. Puis, la troisième fois, n’y allez plus. Ces séquences sont à répéter à chaque réveil : complaisance, gentillesse, fermeté, sévérité.
  • Sortir du lit : Il est important que le soir vous fassiez preuve de fermeté. Pour un enfant il est important d’être clair et bien poser le cadre. « non » c’est juste « non » sans autre explication que celle que vous avez donnée en le couchant « Maintenant tu dois dormir, nous ne voulons plus te voir, nous ne reviendrons pas même si tu cries. Les premières fois il va crier et pleurer, vous allez revenir pour lui dire « non » et repartir aussitôt. Vous verrez que, au bout de 3 ou 4 nuits, la question sera réglée. En revanche si vous ne pouvez pas accéder à cette fermeté naturellement, si vous n’êtes pas convaincus, si ses pleurs vous déchirent le cœur, votre enfant le ressentira et bien sûr cela ne fonctionnera pas.
  • Réveils nocturnes et demande de présence parentale : Nous essayons systématiquement de le rendormir dans son lit, il se rendort dans nos bras et dès qu’on le pose se réveille, puis de guerre lasse le prenons avec nous. S’il ne vous empêche pas de dormir, je ne vois aucune raison de vous dire que vous faites « mal » de le prendre avec vous. La priorité est à votre sommeil à tous. Si tout le monde dort bien ainsi qui peut s’en offusquer ? Il y a beaucoup de culture où les enfants dorment avec les parents et je vous assure que beaucoup de familles chez nous aussi. Cela n’a qu’un temps… En revanche, et c’est cela la limite, si vous ne dormez plus bien quand il est avec vous, alors, il ne faut pas continuer. C’est cela la réponse à votre question » où mettre le curseur et quand lui, dire non ». Il faudra dire « non » quand vous verrez que ça devient systématique et surtout quand il demandera dès le coucher. Je pense qu’effectivement votre enfant a besoin d’un grand lit.
  • Difficultés d'endormissement et besoin d'objets : Je pense qu’effectivement votre enfant a besoin d’un grand lit. Ce dont a besoin un enfant c’est de la liberté d’entrer et de sortir de son lit comme il veut. Votre fermeté, votre calme et sérénité seront vos principales armes.
  • Réveils en deuxième partie de nuit : Au-delà je ne vois pas d’autre solution que de faire ce que vous faites (aller voir votre enfant) mais rester très peu auprès d’elle une fois qu’elle vous a vu (l’un ou l’autre des ses parents). Si elle ne se rendort pas vous n’avez pas à rester près d’elle. Elle doit le comprendre, elle est assez grande. pas besoin de lui faire mille discours qui ne servent à rien. Un peu de fermeté est souvent plus rassurante que de grands discours sur l’amour que vous lui portez. Ensuite, bien sûr, il faut bien réfléchir à ce qui peut angoisser votre enfant la nuit. Avez-vous des soucis ? Êtes-vous assez disponible le soir pour vous consacrer à elle ? L’ambiance du foyer est-elle sereine ? On ne peut pas tout maîtriser, on ne peut pas éviter tout souci.

tags: #bebe #2 #ans #sommeil #6h

Articles populaires: