La question du sommeil de bébé est cruciale pour tous les parents. Les enfants âgés de 12 à 24 mois ont généralement besoin de 11 à 14 heures de sommeil par jour, réparties entre la sieste et la nuit. Si généralement les enfants de plus d’un an parviennent à dormir toute la nuit sans avoir besoin de réconfort, il n’est pas rare qu’ils connaissent des réveils nocturnes entre deux cycles de sommeil. Ces épisodes peuvent être déroutants pour les parents qui cherchent à instaurer de bonnes habitudes de sommeil. Cet article explore les raisons derrière ces changements de sommeil à 18 mois, et fournit des stratégies pratiques pour aider votre enfant à retrouver des nuits calmes et reposantes.

I. Comprendre le sommeil à 18 mois

A. Habitudes de sommeil typiques

À l'âge de 18 mois, la plupart des enfants ont besoin d'environ onze heures et quart de sommeil ininterrompu la nuit, avec une sieste de deux heures et quart à deux heures et demie pendant la journée. Ils se contentent généralement d'une seule sieste à la mi-journée ou l'après-midi.

Pour favoriser l’endormissement de votre bébé de plus d’un an, commencez par repérer les signes qui indiquent qu’il a sommeil et tâchez de le coucher avant l’apparition de ceux-ci. Idéalement, préparez son sommeil dès le début de la soirée en lui proposant des moments de jeux calmes et en passant suffisamment de temps avec lui pour “remplir son réservoir affectif” et faire en sorte qu’il se sente serein pour toute la nuit.

B. L’angoisse de séparation

L'angoisse de séparation à 18 mois est une étape normale du développement. C'est le signe que votre enfant prend conscience de son environnement extérieur et distingue les visages familiers. Cette angoisse montre un bon niveau de développement psychologique affectif et intellectuel. Votre enfant comprend qu'il est une personne à part entière et que les parents sont distincts de sa personne. Cependant, cela peut également entraîner la peur d'être abandonné lorsque vous disparaissez de son champ de vision.

C. Manifestations de l'angoisse de séparation

Les réactions de l'angoisse de séparation peuvent varier selon les enfants. Certaines manifestations incluent : baisser timidement les yeux, se cacher derrière des objets, pleurer intensément, agripper le parent qui sort, chercher le parent absent, et montrer moins d'enthousiasme dans de nouveaux endroits. Le vécu de cette période est différent pour chaque enfant, et cela dépend de leur personnalité et de leur familiarité avec leur environnement.

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II. Identifier et comprendre la régression du sommeil

A. Comment reconnaître une régression du sommeil ?

Identifier une régression du sommeil chez votre enfant est crucial pour instaurer un sommeil paisible. Avant de conclure à une régression, il est important d'éliminer tout inconfort physique en consultant le pédiatre. Une fois cela fait, observez attentivement les signes suivants :

  • Une augmentation de l'appétit ;
  • Des réveils nocturnes plus fréquents ;
  • Des siestes plus courtes ou un refus total de dormir en journée ;
  • Une augmentation de l'agitation et des pleurs ;
  • Une réticence à être avec de nouvelles personnes ou à s'éloigner de papa et maman.

B. Durée et nature temporaire des régressions

Le terme "régression du sommeil" décrit une période pendant laquelle votre enfant, qui dormait normalement toute la nuit, commence soudainement à se réveiller fréquemment et peut éprouver des difficultés lors des siestes. La bonne nouvelle est que ces régressions sont généralement temporaires, durant entre deux et six semaines, avant que les habitudes de sommeil de votre enfant ne reviennent à la normale aussi subitement qu'elles ont changé.

  • Si votre enfant dormait bien : durant cette période, il peut commencer à se réveiller fréquemment la nuit et avoir des problèmes de sieste. Un cadre rassurant et serein est essentiel pour l'accompagner.
  • Si votre enfant avait déjà des troubles du sommeil : la "régression du sommeil" peut accentuer ces problèmes et les prolonger.

C. Les raisons des régressions du sommeil

Vers 15/18 mois votre enfant acquiert notamment la marche et ressent davantage l’angoisse de la séparation. Cela peut entraîner une régression du sommeil. Son corps et son cerveau sont alors très stimulés, rendant difficile pour lui de se calmer, de dormir tranquillement, de jouer seul, voire d'avoir un appétit stable. À mesure que bébé s'éveille davantage au monde qui l'entoure, il développe des liens profonds avec ses parents et son environnement familier. Cela peut le pousser à résister au sommeil pour profiter pleinement des stimulations de son entourage.

III. Stratégies pour apaiser la régression du sommeil et l'angoisse de séparation

A. Communication et réassurance

Votre bébé vit une étape importante, expliquez-lui que ces émotions sont normales : il a le droit de se sentir contrarié ou de pleurer lorsque vous quittez la pièce. Rassurez-le en lui expliquant que vous allez toujours revenir le voir dans la pièce ou rentrer le chercher le soir. Utilisez des mots simples et compréhensibles pour lui: dites-lui plutôt que vous serez rentrés après le goûter, que papa va rentrer avant son bain. S’il pleure, rassurez-le et ne minimisez pas ses craintes.

B. Préparation aux séparations

Instaurez une période de transition avant de vous séparer de votre bébé. Prévenez-le à l'avance, rassurez-le autant que nécessaire et dites-lui au revoir de manière claire. En lui donnant cette préparation, il sera plus confiant car il saura à quoi s'attendre. Ne partez jamais sans le lui dire. Dites toujours au revoir à votre bébé avant de partir, même si cela provoque des pleurs. Cela l'aide à comprendre que vous partez temporairement et que vous reviendrez. En évitant les départs silencieux, vous renforcez son sentiment de sécurité et aidez à apaiser l'angoisse de séparation.

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C. Interactions et exposition progressive

Permettre une interaction préalable avec la personne qui le garde. Lorsque quelqu'un d'autre doit garder votre bébé en votre absence, assurez-vous que cette personne a déjà établi un contact avec lui. Elle peut venir quelques minutes avant votre départ et mener des activités avec votre enfant pour le rassurer. Montrez-lui votre confiance en cette personne pour renforcer la sécurité ressentie par votre bébé. Encouragez votre bébé à voir de nouvelles personnes régulièrement pour qu'il se sente plus confiant en présence d'inconnus. Cependant, ne le forcez pas à être pris dans les bras par quelqu'un s'il s'y oppose. Rassurez-le en cas d'anxiété et faites-le doucement s'habituer à son nouvel environnement.

D. Jeux et objets de réconfort

Jouez à cache-cache avec votre bébé pour l'aider à comprendre que vous continuez d'exister même lorsque vous n'êtes pas visibles. Ce jeu contribue à gérer son angoisse de séparation en renforçant le sentiment de permanence de votre présence. Laissez à votre bébé un objet qui lui rappelle votre présence, comme un doudou ou une couverture imprégnée de votre parfum. Cela peut le réconforter en cas de chagrin pendant votre absence. Une photographie de vous l’aidera également.

E. Encourager l'autonomie

Encouragez votre bébé à jouer avec ses jouets et à s'intéresser à d'autres activités même lorsque vous êtes ensemble à la maison. Cela l'aidera à se sentir plus à l'aise lors de séparations futures.

IV. Établir une routine apaisante pour favoriser le sommeil

A. L'importance du rituel de coucher

Pendant cette période, prenez le temps de verbaliser la situation à votre enfant et de lui offrir des câlins réconfortants. Le rituel du coucher joue un rôle crucial, rendant l'heure du coucher prévisible et aidant votre enfant à appréhender la séparation de la nuit. Assurez-vous d'abuser des câlins et des contacts physiques, car ils apportent un sentiment de sécurité à votre bébé. Proposez à votre bébé une routine rassurante. Elle doit être courte (une vingtaine de minutes grand maximum) et être adaptée à vos possibilités ainsi qu’aux préférences de votre bébé. Dans la mesure du possible, veillez à ce que ce rituel soit réalisable partout (même en vacances) et par d’autres personnes que vous (son papa, ses grands-parents…). À partir de l’âge de 18 mois, il est assez grand pour décider lui-même de certains éléments de ce rituel et notamment choisir entre lecture ou chanson, mise en pyjama avant ou après le brossage de dents par exemple. Cette possibilité lui donnera un sentiment d’autonomie qui favorisera à la fois sa confiance en lui et sa volonté de coopérer avec l’adulte. Pour éviter l’interruption du rituel ou les demandes une fois votre tout-petit couché, vérifiez, avant de débuter la routine, que votre enfant n’a pas soif. Si c’était le cas, donnez-lui un petit peu d’eau à boire, une seule et unique fois !

B. Doudou et tétine

Introduisez un "doudou" réconfortant pour votre bébé pendant cette période. Cela peut être une peluche, une couverture douce ou tout autre objet qu'il aime particulièrement. Ce doudou servira de soutien émotionnel à votre enfant, l'aidant à mieux gérer les séparations et à se rassurer seul. Assurez-vous qu'il ait sa tétine et son doudou à portée de main pendant la nuit.

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C. Maintenir un rythme régulier

Maintenez un rythme et une régularité dans les journées de votre bébé, en veillant à lui offrir un environnement réconfortant et sécurisant. Les moments qualitatifs passés avec lui pendant la journée contribuent à renforcer son sentiment de sécurité, facilitant ainsi l'acceptation de la séparation pendant la nuit.

D. Réconfort physique

Offrez BEAUCOUP de câlins, de caresses pendant le rituel du coucher. Pendant la régression du sommeil, vous et votre bébé pouvez être épuisés. Les câlins supplémentaires, les caresses et les paroles apaisantes sont essentiels pour apporter du réconfort. Soyez attentif aux signes de fatigue de votre bébé et répondez-y rapidement, même si ces signaux sont subtils.

E. Cohérence et constance

Utilisez les habitudes qui fonctionnent, mais évitez d'ajouter de nouveaux éléments à la routine pour apaiser bébé, ce qui pourrait perturber davantage son sommeil. Lorsque la régression du sommeil de votre bébé commence à se calmer, rétablissez progressivement vos habitudes de sommeil. Soyez patient et persévérez pour retrouver une routine stable.

F. Environnement propice au sommeil

Favoriser un environnement propice au sommeil (lumière tamisée, température douce). Créer un environnement propice au sommeil de bébé, c’est lui offrir toutes les chances de s’endormir paisiblement et de profiter d’un repos réparateur.

  • Lumière tamisée pour la transition vers la nuit : dès la fin de la journée, réduisez progressivement l’intensité de la lumière. Vous pouvez alors allumer une veilleuse douce ou une lampe avec une lumière chaude pour faire comprendre à votre bébé que l’heure du dodo approche.
  • Température idéale pour un sommeil confortable : la pièce doit être maintenue entre 19 et 20 °C. Pour vérifier, touchez sa nuque (elle doit être tiède, sans transpiration).
  • Limiter les bruits brusques : si le silence complet est difficile à obtenir, optez pour des bruits blancs ou naturels comme le son d’une pluie douce ou des battements de cœur. Ce sont des sons réguliers qui recréent l’atmosphère qu’il a connu dans le ventre de maman.
  • Le choix du lit et des accessoires : privilégiez un matelas ferme et évitez les oreillers ou couvertures pour les tout-petits, pour respecter les règles de sécurité. Accompagnez le tout d’un tour de lit respirant et d’une gigoteuse confortable, en évitant de coucher bébé sur le côté pour sa sécurité.
  • Limiter les distractions visuelles : les mobiles colorés ou les objets lumineux sont très mignons, mais ils peuvent être distrayants au moment de s’endormir ! Choisissez plutôt des objets calmes pour que l’attention de votre tout-petit ne soit pas détournée du sommeil.

G. Routine de sieste

Si le coucher du soir est parfois difficile, ne supprimez pas la sieste de l’après-midi pour autant : un bébé épuisé a généralement encore plus de mal à trouver le sommeil. Idéalement, la sieste de l’après-midi doit s’achever environ 5 heures avant l’heure prévue du coucher. Les bébés font généralement deux siestes jusqu’à 12 voire 18 mois. Celles-ci doivent idéalement durer 1 heure à 1h30 le matin et 2 heures environ l’après-midi, le plus tôt possible après le déjeuner (tout en lui laissant tout de même le temps de digérer un peu !). Comme pour le coucher du soir, l’enfant a besoin de repères et d’un rythme régulier : ce sont eux qui limiteront les protestations et favoriseront un endormissement paisible. Proposez-lui donc un rituel rassurant mais plus court et légèrement différent de celui du soir.

V. Comprendre les réveils nocturnes

A. Besoins fondamentaux

Assurez-vous que les besoins de base de votre bébé sont satisfaits : vérifiez s’il a faim, s’il a besoin d’être changé, s’il est trop chaud ou trop froid. Un bébé qui a faim, soif ou besoin d’être changé peut également se réveiller en pleurs. Pour éviter cela, assurez-vous de répondre à ses besoins avant qu’il ne s’endorme, notamment en le nourrissant et en lui donnant de l’eau ou du lait.

B. Douleur ou inconfort

Les pleurs peuvent également être causés par une douleur ou un inconfort physique, tels que des coliques, des poussées dentaires, un reflux gastrique, une infection ou encore une otite. Essayez d’observer les schémas de pleurs de votre bébé et de noter les éventuels déclencheurs ou symptômes associés.

C. Anxiété et peurs

Les enfants peuvent parfois éprouver de l’anxiété ou de la peur au moment de se coucher, surtout lorsqu’ils commencent à prendre conscience de leur environnement et à développer leur imagination. Cela peut se manifester par des pleurs lorsque le bébé se réveille et se rend compte que ses parents ne sont pas à proximité.

D. Cycles de sommeil et éveil physiologique

Dans la nuit, il y a des réveils nocturnes entre 2 cycles de sommeil. C’est physiologique. Souvent, les enfants se débrouillent tout seuls et c’est ce que fait votre petite fille quand elle joue, chante. Par contre, si elle pleure vraiment, il vaut mieux aller la voir pour qu’elle ne saute pas un cycle entier.

VI. Conseils supplémentaires

  • Évitez de stimuler votre bébé au maximum : lorsque votre bébé se réveille en pleurant, essayez de maintenir l’environnement calme et tamisé.
  • Réconfortez votre bébé en le prenant dans vos bras, en lui parlant doucement et en le caressant s’il est terrorisé par son cauchemar.
  • Ne vous énervez pas car cela pourrait accentuer son malaise et rendre la situation encore plus difficile à gérer.
  • Ne réveillez pas votre bébé quand il dort et allez le coucher sans trop attendre quand il montre des signes de sommeil.
  • Ne forcez pas. Il est inutile d’essayer d’imposer des horaires.
  • Ne minimisez pas ses craintes si votre bébé pleure, rassurez-le.

VII. Quand consulter un professionnel ?

Si malgré toutes vos tentatives et tous vos efforts, cette problématique se maintient, vous pouvez tout à fait faire appel à une aide professionnelle. Les réveils la nuit peuvent être très fatigants et stressants pour nous. On peut aussi parler de tout cela au centre de PMI ou au médecin qui suit notre enfant pour être écouté, conseillé et aidé. N’hésitez pas à demander de l’aide si votre bébé se réveille 1h après le coucher. Un pédiatre ou un spécialiste du sommeil peut vous aider à comprendre ce qui se passe et à identifier d’éventuels ajustements à apporter.

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