La sécurité des jeunes enfants dans les crèches est une priorité absolue. Pour garantir un environnement sûr et stimulant, des réglementations strictes encadrent l'aménagement et la sécurisation des espaces d'accueil. Cet article explore les différentes exigences et recommandations relatives aux barrières de sécurité et autres mesures de protection dans les crèches, en tenant compte des aspects liés aux locaux, à l'aménagement intérieur et aux pratiques éducatives.
Dispositions générales concernant les espaces d'accueil des jeunes enfants
Les normes relatives aux crèches visent à créer un environnement propice au développement et à la sécurité des enfants. Ces dispositions concernent divers aspects, notamment les surfaces et volumes, l'éclairage, la qualité de l'air, la sonorité, les températures et l'organisation des espaces.
Surfaces et volumes
La surface totale des espaces intérieurs d'accueil des enfants doit garantir un minimum de 7 m2 par place autorisée. Toutefois, dans les zones très densément peuplées, cette surface peut être réduite à 5,5 m2 par place, à condition que le gestionnaire propose des espaces extérieurs privatifs (15 à 70 m2 selon la taille de la crèche) ou des espaces intérieurs supplémentaires dédiés à la motricité ou à l'éveil culturel et artistique (15 à 70 m2).
Les espaces intérieurs pris en compte incluent les espaces d'activités, d'éveil, de motricité, sanitaires, de change, de restauration et de sommeil. Les halls et couloirs sont également pris en considération s'ils offrent une largeur minimale de 120 cm et une surface minimale de 6 m2, avec un aménagement adapté. Sont exclus de ce calcul le bureau de direction, les locaux techniques et les locaux réservés au personnel.
La surface est définie selon les critères de la surface habitable, avec une hauteur sous faux-plafond d'au moins 220 cm. Les revêtements des plafonds, murs et sols doivent respecter les exigences en matière de résistance au feu.
Lire aussi: Choisir sa barrière de sécurité pour escalier
Éclairage et luminosité
À l'exception des espaces dédiés au sommeil, aux sanitaires, aux salles de jeux d'eau et aux couloirs, les espaces d'accueil doivent disposer d'une source de luminosité naturelle directe. Les dispositifs d'éclairage artificiel sont équipés de variateurs, et un taux d'éblouissement inférieur à 19 UGR est recommandé.
La combinaison de la lumière naturelle et artificielle doit garantir une luminosité de 300 lux dans les espaces de vie. Des variations de luminosité peuvent être organisées temporairement dans le cadre d'activités spécifiques encadrées. Des dispositifs d'occultation ou de protection solaire sont nécessaires pour éviter un réchauffement excessif des espaces d'accueil.
Qualité de l'air et sonorité
Les espaces intérieurs doivent être équipés de fenêtres ouvrantes pour une ventilation naturelle. Les sanitaires, espaces de sommeil, salles de jeux d'eau, halls et couloirs peuvent disposer de ventilation mécanique contrôlée ou d'ouvrants en second jour.
La capacité de renouvellement de l'air intérieur doit être conforme aux exigences du code du travail, avec un débit minimal d'air neuf de 30 m3/h par place autorisée en cas de ventilation mécanique. Le gestionnaire doit s'assurer de la qualité de l'air conformément aux dispositions du code de l'environnement, incluant l'évaluation des moyens d'aération et la mesure des polluants.
Les produits de construction et de revêtement, les peintures et vernis utilisés doivent appartenir aux catégories A ou A+ en matière d'émissions de polluants volatils. Les sols peuvent être en linoléum, en caoutchouc naturel ou en sol souple, et antidérapants dans les espaces de jeux d'eau. Le niveau sonore doit être inférieur à 40 décibels, menuiseries extérieures fermées et hors présence d'enfants.
Lire aussi: Sécurité du lit enfant 90x190
Températures
Hors période de forte chaleur et canicules, la température ambiante recommandée est comprise entre 18° et 22°C. En période de forte chaleur ou de canicule, il est recommandé que la température intérieure ne soit pas inférieure de plus de 5° à 7°C par rapport à la température extérieure, et que le Plan ORSEC soit mis en œuvre. La ventilation naturelle ou par ventilateurs, associée à l'ombrage, est à privilégier.
Les dispositifs de chauffage doivent présenter une température de contact inférieure à 60°C ou être rendus inaccessibles aux enfants. La température maximale de l'eau chaude sanitaire est de 45°C dans les parties accessibles aux enfants.
Organisation des espaces d'accueil du public
L'aménagement intérieur doit prévoir une zone où les parents peuvent déshabiller et déchausser leurs enfants, et leur permettre d'accéder aux espaces d'accueil de leurs enfants sans traverser les espaces d'accueil des autres enfants. L'aménagement doit permettre de diviser l'espace d'accueil en lieux de vie adaptés à des groupes d'enfants du même âge ou d'âges mélangés.
Chaque unité d'accueil doit disposer d'espaces adaptés et équipés pour respecter le sommeil des enfants. Les espaces d'accueil peuvent évoluer et changer de fonction selon les besoins, notamment par l'utilisation de dispositifs permettant de préserver un espace d'activité ou de repos.
Sécurisation des espaces d'accueil : Normes et recommandations
La sécurisation des espaces d'accueil est un aspect crucial de la réglementation des crèches. Elle englobe des mesures visant à prévenir les accidents et à protéger les enfants des dangers potentiels.
Lire aussi: Choisir un lit bébé coulissant : ce qu'il faut savoir
Aménagements généraux
L'établissement peut accueillir les enfants sur plusieurs étages à condition de respecter les aménagements et équipements définis par la commission de sécurité et d'accessibilité selon le classement des établissements recevant du public (ERP). L'établissement doit disposer d'extincteurs installés de manière à ce que la poignée de portage soit à une hauteur maximale de 120 cm et protégés de manière à ne pas pouvoir être manipulés par les enfants.
Portes et fenêtres
Les portes et portillons donnant sur des espaces accessibles aux enfants doivent être équipés de dispositifs anti-pince doigts jusqu'à la hauteur minimale de 110 cm. Les portes ouvrant sur les espaces d'accueil d'enfants doivent être équipées d'un oculus grande hauteur ou de deux oculi vitrés permettant de visualiser les enfants. Les portes donnant sur des espaces auxquels les enfants ne doivent pas accéder doivent être équipées de poignées placées à une hauteur de 130 cm ou d'un bouton moleté.
Les prises électriques doivent être inaccessibles aux enfants, installées à une hauteur minimale de 130 cm ou sécurisées par un cache-prise. Les fenêtres sont de préférence oscillo-battantes pour pouvoir aérer sans danger. Si l'ouverture est à la française, elles doivent être équipées d'entrebâilleurs. Si les fenêtres sont coulissantes, elles doivent être équipées d'un dispositif de blocage inaccessible aux enfants.
Protection des surfaces et des éléments architecturaux
En deçà de 110 cm au-dessus du sol, toute aspérité anguleuse ou saillie doit être protégée ou supprimée. Toute surface vitrée à portée d'enfants doit être sécurisée (verre feuilleté ou film autocollant). La hauteur des mains courantes utilisées par les enfants dans les escaliers est de 50 cm, en plus de celles destinées aux adultes. Les rambardes doivent avoir une hauteur minimale de 130 cm, sans points d'appuis horizontaux, avec un espacement des barreaux inférieur ou égal à 11 cm et un espace entre le sol et le bas de la rambarde de maximum 11 cm.
Clôtures et espaces extérieurs
La clôture rigide s’impose comme la solution la plus fiable pour délimiter ces zones sensibles. Elle doit répondre à des normes précises, garantir une protection optimale contre les intrusions, tout en préservant la sécurité des enfants eux-mêmes (aucun risque de blessure, de passage, d’escalade). Dans la majorité des cas, on préfère laisser la clôture visible pour que les surveillants ou passants puissent voir ce qui se passe. En extérieur, les zones surplombant le vide (terrasses, balcons, etc.) doivent également être protégées par une clôture ou un garde-corps d'une hauteur minimale de 1m10 hors de tout point d’appui, avec des barreaux verticaux espacés de 11 cm maximum. Les fermetures des portes, portails et portillons doivent être sécurisées et infranchissables.
Focus sur les portes coupe-feu
Selon l’arrêté du 25 juin 1980, un isolement par rapport aux tiers est primordial. Si les façades de l’ERP se situent à moins de 8 m d’un tiers, l’une des façades doit avoir un degré pare-flamme (PF) 1h avec une porte coupe-feu 1/2 h. La loi handicap impose des normes en matière d’aménagement pour simplifier le quotidien des personnes à mobilité réduite. Certains aménagements, dont l’installation d’une porte coupe-feu, sont obligatoires pour éviter la propagation des flammes et permettre l’évacuation des personnes en cas d’incendie. La résistance au feu correspond au temps pendant lequel la porte coupe-feu va conserver ses propriétés et jouer son rôle de limitation de la propagation des flammes lors d’un incendie. Ce temps est exprimé en minutes (30, 60, 90 ou 120). La porte peut être pare-flamme et coupe-feu, elle est référencée par les lettres EL. Selon la loi handicap, la largeur minimum d’une porte PMR est de 900 mm avec un passage utile de 830 mm afin d’assurer le passage d’un fauteuil roulant. Pour les lieux accueillant plus de 100 personnes par jour, la largeur doit être de 1 400 mm. Pour davantage de sécurité, vous pouvez opter pour un vitrage Securit, pare-balles ou un vitrage anti-effraction. Pour maintenir une température agréable été comme hiver, il est conseillé d’opter pour un double vitrage. Un vitrage acoustique est nécessaire pour une isolation phonique de qualité. Nous installons la poignée de votre porte à la hauteur exigée par la loi handicap. Elle prévoit une hauteur se situant entre 900 et 1 300 mm du sol. Les gâches électriques doivent être accessibles en position assise depuis un fauteuil roulant. Il est vivement conseillé de prévoir une poignée manœuvrable en laissant tomber la main, les boutons étant plus difficiles à attraper. Pour faciliter l’utilisation de la poignée par les personnes rencontrant des difficultés de préhension, l’effort de poussée doit être inférieur à 5 kg.
Le débat autour des barrières : Éducation aux risques vs. Sécurisation excessive
L'utilisation des barrières de sécurité dans les crèches suscite un débat entre les professionnels de la petite enfance. Certaines assistantes maternelles estiment que leur rôle est d'apprendre aux enfants les opportunités et les dangers de leur environnement, et que les barrières peuvent entraver cet apprentissage. Elles considèrent que sécuriser excessivement l'espace peut empêcher les enfants de développer leur capacité à évaluer les risques et à se protéger.
D'un autre côté, les services de PMI (Protection Maternelle et Infantile) insistent sur la nécessité de sécuriser l'environnement des enfants pour prévenir les accidents. Ils peuvent être tenus pour responsables en cas d'accident lié à un défaut de sécurité, d'où leur prudence et leur volonté d'imposer des normes strictes.
Il est donc essentiel de trouver un équilibre entre la sécurisation de l'espace et l'éducation aux risques. Les assistantes maternelles doivent avoir la possibilité d'aménager leur espace d'accueil de manière à favoriser l'éveil et l'apprentissage, tout en garantissant la sécurité des enfants.
Une approche basée sur le dialogue et l'observation
L'évaluation de la sécurité de l'espace d'accueil devrait passer par un dialogue approfondi avec les assistantes maternelles sur leurs pratiques quotidiennes d'éducation aux risques et de protection des jeunes enfants. Il est important de comprendre comment elles gèrent les situations à risque, comment elles parlent des dangers aux enfants et comment elles les aident à développer leur propre vigilance.
Par exemple, une assistante maternelle peut choisir de ne pas installer de barrière devant un escalier, mais elle doit être capable d'expliquer comment elle surveille les enfants, comment elle les a prévenus des dangers de l'escalier et comment elle s'assure qu'ils respectent les interdits.
Cette approche, basée sur la relation et la communication, peut enrichir à la fois le travail des professionnels de PMI et l'activité des assistantes maternelles, en favorisant une meilleure compréhension des besoins des enfants et des pratiques éducatives les plus adaptées.
tags: #barrière #de #sécurité #pour #crèche #réglementation
