Barbara Probst, née le 20 mars 1989, s'inscrit dans une lignée familiale exceptionnelle où l'art coule dans les veines. Issue d'une famille d'artistes sur plusieurs générations, elle a su tracer son propre chemin dans le monde du spectacle, tout en perpétuant l'héritage de ses illustres aïeux.

Une famille d'artistes

Barbara Probst n'est pas une artiste isolée. Elle est la petite-fille de la grande comédienne Gisèle Casadesus, fille de la comédienne Catherine Chevallier et du compositeur Dominique Probst, et sœur de la soprano Tatiana Probst. Cette constellation familiale a sans aucun doute influencé son parcours et son épanouissement artistique.

Il y a peu de familles aussi nombreuses et ramifiées dont la quasi-totalité des représentants appartiennent au même monde de la musique et du théâtre. Sept générations de Casadesus en témoignent cependant de manière exemplaire et éloquente. D’origine catalane espagnole, l’aïeule de la famille s’appelle Francesca Casadesus, elle est actrice. Son fils, Luis Casadesus, né à Figueras en Espagne en 1850, émigre en France en caressant le rêve d’être violoniste. Mais pour nourrir ses neufs enfants, il sera typographe puis comptable tout en dirigeant la nuit des orchestres de café-concert. On lui doit une méthode d’apprentissage de la guitare publié en 1913. Il décède en 1919, non sans avoir élevé avec sa femme Mathilde Sénéchal et poussé vers une carrière artistique ou musicale huit de ses neuf enfants. Chacun mériterait à lui-seul un développement sur sa carrière, je ne retiendrai qu’Henri Casadesus dont les descendants sur plusieurs générations illustrent brillamment le monde artistique et surtout musical. Henri commence l’apprentissage de la musique en recevant les enseignements de Lavignac et Laforge. Entre 1910 et 1917, il pratique surtout l’alto et dirige également le Théâtre de la Gaité Lyrique à Paris et l’Opéra de Liège en Belgique. Chargé de missions diplomatiques et artistiques à l’étranger, il fonde, en 1901, en collaboration avec Camille Saint-Saëns, la Société des Instruments Anciens destinée à ressusciter sur des instruments de l’époque des œuvres méconnues des maîtres anciens. Cette formation comptait notamment, parmi ses membres, Henri Casadesus (viole d’amour), Marius Casadesus (quinton), Régina Patorni-Casadesus (clavecin), Lucette Casadesus (viole de gambe). Henri Casadesus a composé plusieurs opérettes (dont Le Rosier, Sans tambour, ni trompette, La Petite-fille de madame Angot) et de nombreuses musiques de film. De trois unions successives, il est le père de plusieurs artistes. Catherine Gaudin-Casadesus (1902-1984), violoniste, et Jacqueline Casadesus (1903-1976), pianiste et chanteuse, épouse du comédien Xavier de Courville, par son mariage avec Renée Dellerba, violoniste. Par son union avec la harpiste Marie-Louise Beetz, il est le père de Christian Casadesus (1912-2014), comédien, et de Gisèle Casadesus (1914-2017), comédienne dont je vais reparler. Gisèle Casadesus fut Premier Prix de comédie au Conservatoire d’art dramatique de Paris à l’âge de 20 ans. Elle entre à la Comédie Française en 1934 où elle interprète les plus grands auteurs classiques et contemporains (Molière, Marivaux, Anouilh, Ionesco, Roussin…). La même année, elle épouse le comédien Lucien Probst (Lucien Pascal de son vrai nom d’artiste). En 1937, au Théâtre-Français, elle crée Asmodée de François Mauriac tandis que le cinéma lui permet d’être la partenaire de Raimu, Jouvet, Jean Gabin, Michel Simon. Elle devient sociétaire de la Comédie Française (la 400e) en 1938. Elle la quittera en 1962 avant d’être nommée sociétaire honoraire en avril 1967. Son mari, Lucien Probst, meurt le 12 août 2006, à l’âge de 100 ans. Ils ont eu quatre enfants : Jean-Claude (1935) dont la carrière est retracée ci-dessous, Martine (1939), Béatrice (1942) et Dominique (1954), tous artistes. À l’âge de 102 ans, elle joue le rôle d’Annette âgée dans Si loin, si proche dans un moyen métrage dramatique. Gisèle Casadesus meurt à son domicile parisien le 24 septembre 2017 à l’âge de 103 ans. Jean-Claude Casadesus commence sa carrière comme percussionniste, avant d’étudier l’écriture puis la direction d’orchestre notamment de Pierre Boulez. Il est engagé à 30 ans comme directeur musical du Théâtre du Chatelet avant d’être nommé en 1969 Chef permanent à l’Opéra de Paris et à l’Opéra-Comique. En 1976, il fonde l’Orchestre National de Lille, dont il restera le directeur artistique jusqu’en 2016. Ses attaches lilloises lui valent de rejoindre en décembre 1981 le cabinet du Premier ministre Pierre Mauroy. De 2005 à 2008, il est le directeur musical de l’Orchestre français des Jeunes. En 2019, Jean-Claude Casadesus dirige l’Ave Maria de Caccini avec l’Orchestre Philharmonique du Maroc, et trois chanteurs de confessions religieuses différentes au Centre de Formation des Imams de Rabat en présence du Pape François et du Roi du Maroc Mohamed VI. Jean-Claude Casadesus épouse en premières noces Pénélope Copeland dont il a deux enfants, Caroline, cantatrice (née en 1962) et Sébastien Copeland, photographe, (né en 1964). Pour l’illustrer et rester sur la même lignée je vais résumer la carrière de Caroline Casadesus. Elle se tourne vers le chant après des études d’histoire. Avec un large répertoire lyrique, la soprano se produit régulièrement en récital dans des œuvres de Brahms, Schumann, Mahler, Poulenc, Chausson et interprète aussi les grands airs d’opéra de Mozart, Verdi, Puccini…Avec différentes formations symphoniques, elle chante l’oratorio (les requiem de Verdi, Brahms, Mozart, Fauré…), elle tourne en Europe, en Russie, aux Etats-Unis avec les grands airs du répertoire lyrique, mais interprète aussi les compositeurs contemporains. Avec Didier Lockwood (qui fut son mari) et Dimitri Naïditch, elle s’installe au théâtre Pépinière-Opéra à Paris puis à la Gaîté Montparnasse en 2005 dans un spectacle explosif et en partie autobiographique, « le Jazz et la Diva », mis en scène par Alain Sachs. Salué par une presse unanime, ce spectacle est nommé aux victoires de la musique 2006, et remporte le Molière 2006 du spectacle musical, internationale. C’est donc la dernière génération (la cinquième), celle des trentenaires contemporains dont la célébrité est encore à venir que l’on peut croiser aujourd’hui dans le monde du spectacle et de la musique. Même si sa carrière est à peine entamée, parlons un peu de Thomas Enhco, digne rejeton de la famille. Il fait ses premiers pas en musique dès l’âge de trois ans par l’apprentissage du violon puis par celui du piano, à six ans. Il suit une double formation, classique et jazz, qu’il poursuivra durant toutes ses études. À l’âge de six ans, il donne quelques concerts au sein d’un groupe d’enfants, le Little Jazz Band, dans des fêtes de village de Seine-et-Marne. En 1998, son beau-père Didier Lockwood l’invite à jouer au festival Jazz à Juan et le convie ensuite régulièrement à ses propres concerts pour jouer quelques morceaux. À douze ans, Thomas Enhco entre au Centre des musiques Didier Lockwood (CMDL). En 2005, il est admis au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris en « jazz et musiques improvisées ». Il en est renvoyé deux ans plus tard pour être parti en tournée en Chine et avoir manqué un examen ! De 2006 à 2009, il est lauréat du Fonds d’Action Sacem. En 2013, il est élu « Révélation Jazz de l’Année » aux Victoires de la Musique. Il est choisi par la Fondation BNP Paribas et joue pour la première fois au Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron et au Festival Piano aux Jacobins. Depuis plus de dix ans, Thomas Enhco donne en moyenne 100 concerts par an sur tous les continents. Compositeur, Thomas Enhco a écrit plus de 100 œuvres et reçoit régulièrement des commandes d’orchestres, d’ensembles de musique de chambre, de solistes, de chœurs et de festivals. Il a notamment composé un Concerto pour Piano et Orchestre (2017) et un Double Concerto pour Piano, Marimba et Orchestre (2019). Au total cela fait donc plus de quarante artistes, comédiens, compositeurs, musiciens ou chanteurs tous issus du même aïeul, Luis Casadesus, qui a donc tenu son engagement et réalisé son vœu.

Dominique Probst : Un compositeur aux multiples facettes

Le père de Barbara, Dominique Probst, est un compositeur reconnu pour ses musiques de scène, notamment celles créées avec Francis Huster. Il a également composé un opéra sur un livret d'Eugène Ionesco, ainsi que des partitions vocales et symphoniques. Dominique Probst, qui fête cette année son jubilé, appartient également à une fabuleuse lignée d'artistes. En 1978, après des études de philosophie à la Sorbonne, Dominique Probst reçoit le Premier Prix de Percussion au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris-CNSMP, où il enseigne de 1978 à 2000. C'est un prix de composition de la Fondation Lili et Nadia Boulanger, en 1979. De 1973 à 2015, il est membre de l'Orchestre Colonne comme percussionniste puis timbalier solo. Et, jusqu'en 2021, professeur titulaire de Percussion, au Conservatoire Maurice Ravel à Levallois-Perret. Depuis 2012, Dominique Probst collabore avec l'Orchestre Philharmonique du Maroc. Dominique Probst, c'est une cinquantaine de musiques de scène dont : Le Cid de Corneille mis en scène et joué par Francis Huster aux côtés de Jean Marais, Jean-Louis Barrault, Martine Chevallier et Martine Pascal au Théâtre du Rond-Point en 1985 - Richard de Gloucester de Francis Huster d'après Richard III, Rond-Point Renaud-Barrault, 1987. Dominique Probst, auteur d'opéras : Maximilien Kolbe, 1988, sur un livret d’Eugène Ionesco. La petite Sirène, commande d’État 1993. Motherland, 2002 - de la musique de chambre Psaume 62 pour soprano et piano. 2021, parution de l'album : "Nuées - Œuvres orchestrales" - Label Continuo Classics 2024, projet en cours de programmation : Théâtre musical complètement loufoque, sorte d'opéra-bouffe "Bleu à l'âme, rose à l'arête " livret d'Elie Pressmann, qui sera interprété par Tatiana Probst (soprano) Thomas Morris (ténor) Gilles Bugeaud (baryton) Anna Konopska (danse) Guillaume Vincent (piano), mise en scène Catherine Chevallier.

Tatiana Probst : Une soprano de talent

La sœur de Barbara, Tatiana Probst, est une soprano qui mène une double carrière de chanteuse lyrique et de compositrice. Elle a notamment reçu une commande de Radio-France pour une création mondiale intitulée "Du Gouffre de l'aurore", prévue pour le 13 septembre 2024.

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Formation et débuts

Dès son enfance, Barbara Probst est bercée par la musique. Tout naturellement, elle suit une formation au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de 2009 à 2014. Parallèlement, elle étudie également à la London Academy of Music and Dramatic Art, enrichissant ainsi son bagage artistique.

Elle fait ses débuts de comédienne sur le petit écran dans le téléfilm Le frangin d'Amérique de Jacques Fansten, diffusé sur France 2. Son talent est rapidement remarqué et elle reçoit le Prix de la révélation et découverte au Festival de Saint-Tropez en 2005.

Carrière

Télévision

Après ses débuts remarqués, Barbara Probst enchaîne les rôles à la télévision. Elle est révélée au grand public en jouant le personnage d'Elsa Delormes dans la série à succès Camping Paradis, qu'elle incarne de manière régulière jusqu'en 2010. En 2021, elle rejoint le casting de la série télévisée de France 2, Le Code.

Cinéma

En 2008, elle décroche un rôle dans le film Demain dès l'aube… Quatre ans plus tard, elle est à l'affiche de Mon père est une femme de ménage. Après une longue absence sur le grand écran, elle revient en 2017 en faisant une apparition dans Le petit Spirou et en tenant le rôle principal de Maryline.

Théâtre

Sur les planches, elle joue au Studio Théâtre de la Comédie-Française en 2011 avant d’être choisie pour jouer dans la pièce Volpone, de Ben Jonson, au théâtre de la Madeleine. En 2014, elle tient le rôle principal de la comédie musicale Office du tourisme, présentée au Festival de Cannes et créée par le chanteur Benjamin Biolay.

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Doublage

En parallèle de sa carrière de comédienne, Barbara Probst est également une voix prisée dans le monde du doublage. Elle est notamment la voix française d'Emma Roberts dans Wild Child en 2008, de Margot Robbie dans Il était temps en 2013 et d'Ana de Armas dans Cuban Network en 2020.

Projets récents

En 2024, Barbara Probst est à l'affiche de plusieurs projets prometteurs. Elle interprète le rôle de Lydie dans le téléfilm Bénie soit Sixtine, diffusé sur France 2. Elle est également le rôle principal d'une nouvelle série sur France 2, Cette nuit-là, créée par Laurent Burtin & Agathe Robilliard, aux côtés de Pascal Elbé, Fanny Cottençon et Hugo Becker. De plus, elle a terminé le tournage d’une grande série britannique, dont les détails sont encore confidentiels. En avril, sortira « The Amateur », son premier film américain. C’est un thriller d’espionnage avec un casting exceptionnel.

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