Barbara, de son vrai nom Monique Andrée Serf, est une figure emblématique de la chanson française. Née à Paris le 9 juin 1930 et décédée le 24 novembre 1997 à Neuilly-sur-Seine, elle a marqué son époque par ses textes poétiques, sa voix singulière et son engagement.

Une Enfance Marquée par la Guerre et les Épreuves

Avant d'être Barbara, Monique Serf naît à Paris le 9 juin 1930. Son enfance aux Batignolles, avec son père Jacques, sa mère Esther, sa grand-mère et son grand frère Jean, est perturbée par la Seconde Guerre mondiale. D'origine juive ashkénaze, la famille doit fuir la traque nazie et se cacher, changeant sans cesse de domicile. Cette période de clandestinité et de peur marque profondément la jeune Monique.

Traumatisée par des abus de son père, elle tente de porter plainte, mais sa déposition n'est pas enregistrée. Ces traumatismes contribuent à forger la personnalité complexe et sensible de l'artiste.

Après la Seconde Guerre mondiale, la famille s’installe au Vésinet en région parisienne. La jeune fille commence à prendre des cours de chant et de solfège. En 1947, la famille déménage dans le 20ème arrondissement de Paris et Barbara intègre le Conservatoire, où elle étudie les textes classiques.

Les Débuts d'une Carrière Singulière

À seize ans, elle entre au conservatoire. À vingt ans, elle quitte Paris pour la Belgique. Elle s'appelle Barbara, en hommage à une ancêtre ukrainienne nommée Varvara. En ce temps, elle habite son corps à la manière d'une sauvageonne, et tient bon devant les sifflets. Suit un mariage de courte durée, avec Claude Sluys, qu'elle épouse en octobre 1953 et dont elle divorce en 1955.

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Au Cheval Blanc puis à l'Écluse, elle chante Brassens, et son grand ami Brel. Tout s'accélère alors : la chanson, et sa vie. Barbara dans « Inter actualités Variétés » diffusé le 29 septembre 1964 sur France Inter. Barbara y parle du style de ses chansons (…surtout pas intellectuelles !) et de son idée de la poésie.

En prenant le contre pied des tendances de son temps, tant musicales que physiques, Barbara a pourtant su se frayer une place et s'imposer sur la scène de la chanson française. Je fais ce que j'ai envie de faire, comme j'ai envie de le faire. Et tant que j'aurai mon public, ils ne pourront absolument rien contre moi. Contre une vague d'amour comme ça, on ne peut rien faire." Barbara

En 1949, alors qu'elle auditionne pour le cabaret des frères Prévert elle se retrouve engagée… pour fAIRe la vaisselle ! Elle met à profit ce passage pour écouter chanter les autres, comme Boris Vian. Après un détour par Bruxelles, Barbara est engagée à l'Ecluse et se produisant aux heures tardives, devient "la chanteuse de minuit". Elle restera là pendant 6 ans, une légende commence à naître. Elle interprète les titres des autres, par exemple Brassens avec "La femme d'Hector" et n'ose avouer qu'elle est l'auteur de certaines chansons comme "Dis, quand reviendras-tu ?". 1963 marque la sortie de son premier 33 tours : " Barbara chante Barbara ". Parmi tous les titres, le public plébiscite "Pierre". Invitée en Allemagne, extrêmement touchée par l'accueil d'un public chaleureux, elle écrit et chante le dernier soir de son récital le superbe "Göttingen".

Barbara se produit dans plusieurs cabarets, puis en 1958, réussit une audition à l’Ecluse , cabaret en vue de l’époque. Elle commence à se faire connaître, et en juillet de la même année, elle est invitée à chanter dans l’émission Cabaret du soir. En 1960, Barbara sort un album de reprises, Barbara chante Brassens, qui rencontre un vif succès. En 1964, elle fait la première partie de Georges Brassens à l’Olympia, et triomphe sur scène. En mars 1965, elle publie son premier album en tant qu’auteur, Barbara chante Barbara . L’album reçoit le prix de l’Académie Charles-Cros et lance définitivement la carrière de la chanteuse.

L'Ascension d'une Artiste Inclassable

C'est avant tout avec la chanson "Nantes", dédiée à son père, qu'elle se fait connaître. Ce titre bouleversant, écrit après la mort de son père à Nantes en 1959, est considéré par de nombreux critiques comme un pur chef-d'œuvre.

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En 1963, au Théâtre des Capucines, elle obtient un réel succès, avec un répertoire comprenant deux de ses chansons, deux grands succès, Dis, quand reviendras-tu ? et Nantes, écrite après la mort de son père à Nantes en 1959. Elle signe dans la foulée un contrat pour les disques Philips et Georges Brassens lui propose la première partie de son spectacle à Bobino. Dis, quand reviendras-tu ? Après un premier disque 33 tours, elle fait, en 1965, un triomphe à Bobino. Le succès ne se démentira plus. Tournée en Italie en 1967, l'Olympia en en 1969, où elle annonce qu'elle arrête la scène… Son album L'Aigle noir, est un nouveau succès. Elle donne des concerts en 1974, 1975, 1978, et en 1981 à l'hippodrome de Pantin. Sa voix est cassée. En 1986, elle crée avec Luc Plamondon, la pièce Lily Passion, dans laquelle elle joue et chante, aux côtés de Gérard Depardieu. Elle se produit pour la dernière fois sur scène, à Tours, en 1994.

En mars 1965, elle publie son premier album en tant qu’auteur, Barbara chante Barbara . L’album reçoit le prix de l’Académie Charles-Cros et lance définitivement la carrière de la chanteuse. Quelques mois plus tard, elle écrit Ma plus histoire d’amour, chanson qu’elle dédie à son public. La chanteuse poursuit les concerts et les tournées avec succès. Au début des années 70, Barbara fait une incursion au théâtre, à l’affiche de la pièce Madame de Rémo Forlani. Puis en 1972, elle accepte de tourner dans le film de Jacques Brel, Franz, dans lequel elle donne la réplique au chanteur. En 1974, elle apparaît dans le film à sketches de Jean-Claude Brialy, L’Oiseau rare. Parallèlement, elle poursuit les enregistrements et publie l’album La louve en 1973 porté par le titre Marienbad . Durant la décennie 80, elle publie l’album Seule (1981) puis co-écrit le spectacle musical Lily Passion (1985) avec Luc Plamondon. Après deux grandes tournées en France et à l’étranger en 1988 et 1991, elle revient sur la scène du Châtelet à Paris et enregistre l’album Châtelet 93 qui lui permet de décrocher la Victoire de la musique de l’artiste féminine de l’année en 1994.

Une Œuvre Intime et Engagée

Barbara déclarait "Je ne suis pas une chanteuse, je suis une femme qui chante". Une phrase révélatrice, quand on sait à quel point toute son œuvre est intimement liée à sa vie personnelle.

"Barbara, pour moi, a inventé une forme de chanson moderne. Elle a révolutionné la chanson, et ce à plusieurs titres. D'abord parce que c'est l'une des toutes premières femmes auteures-compositrices-interprètes. […] Ensuite parce que c'est la première à écrire ses textes de façon si simple, si imagée, si abordable. Parce que c'est la première à écrire ses textes de façon si sensuelle. Je ne lui vois pas de modèle." Valérie Lehoux

L'année ayant précédé sa mort demeure l'une des plus triomphantes. Le 10 février 1997, Barbara remporte sa dernière Victoire de la musique de Meilleure interprète féminine, après voir sorti Barbara, son ultime album, en 1996, douze ans après le dernier, écrit avec Jean-Louis Aubert. Au moment de sa mort, Barbara travaillait à l'écriture de ses mémoires.

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"Dis quand reviendras-tu ? Écrite en 1961 et parue en 1964 sur l’album éponyme, cette chanson d’amour adressée à son amoureux par une femme qui attend son retour, a été composée par Barbara pour son amant le diplomate Hubert Ballay, son authentique amour impossible, qu’elle avait rejoint à Abidjan, avant de le quitter. Véritable héros, Hubert Ballay avait sauvé des familles juives à seulement 14 ans en 1942, et, à 16 ans, il avait été cité à l’ordre de la Nation pour ses actes lors de la Libération de Paris.

Touchée par l’accueil chaleureux qu’elle reçoit des étudiants et de la ville de Göttingen, elle prolonge son séjour d’une semaine. L’avant-veille de son départ, elle offre au public la chanson « Göttingen », écrite d’un trait dans les jardins du théâtre. En mai 1967, elle l’enregistre à Hambourg avec neuf autres titres, traduits en allemand, pour le 33 tours « Barbara singt Barbara », et retourne chanter à Göttingen le 4 octobre suivant. Le titre, qui évoque les guerres franco-allemandes qui ont divisé les deux pays et leurs nombreuses victimes et les deuils qui les unissent, est devenu un hymne incontournable à l’amitié franco-allemande et pour la paix.

En 1969 Moustaki écrit et chante avec elle la célèbre "Longue dame brune". L'année suivante, elle s'essaie la comédie musicale avec "Madame", co-écrit avec Rémo Forlani. S'attribuant le rôle d'une prostituée, son public, peut-être choqué, ne suit pas. La même année un tube sort, ce sera "L'aigle noir". Les concerts et les disques s'enchaînent. La voix, atteinte par une maladie, change. La Passion reste intacte et la chanteuse triomphe littéralement à Pantin en 1981, face à un nouveau public, jeune, qui rapidement l'idolâtre. Autre expérience de théâtre musical en 1986 avec "Lily Passion", spectacle dans lequel elle chante avec Gérard Depardieu. Préférant la chaleur du public aux studios d'enregistrements, Mogador et le Châtelet seront ses derniers navires. "Sid'amour à mort" marque l'enGagement qu'a pris la chanteuse contre l'épidémie. En secret, elle n'hésite pas à visiter des malades dans les hôpitaux et à chanter dans les prisons. "Le mal de vivre", "le soleil noir" côtoie des AIRs bien plus malicieux comme "Le bois de St Amand" ou "Si la photo est bonne". En 1996 elle sort son ultime album studio contenant une version "Des enfants de novembre" (dédié à tout ce jeune public qu'elle estime sincèrement) et un texte splendide signé Guillaume Depardieu : "A force de".

Les Dernières Années et la Disparition

À la fin de sa vie, Barbara était régulièrement victime d'infections pulmonaires. Sa mort est annoncée le 25 novembre au matin par une dépêche de l'Agence France Presse. Selon les médecins, elle a succombé à un "choc toxico-infectieux d'origine foudroyante". Elle avait 67 ans.

Après l'annonce de son décès, les admirateurs de la chanteuse se rendent devant l'hôpital américain pour déposer des fleurs et présenter leurs derniers hommages. Sans cérémonie religieuse, selon ses souhaits, les funérailles de Barbara sont célébrées le 28 novembre 1997, quatre jours après son décès, au cimetière de Bagneux (Hauts-de-Seine). Barbara est enterrée dans le caveau familial aux côtés de sa grand-mère. Une de ses soeurs prononce quelques mots, suivi de Gérard Depardieu, ami proche et de longue date de la chanteuse, qui lit des vers du poème Chanson d'automne de Verlaine.

Souffrant de graves problèmes respiratoires, elle avait arrêté la scène en 1994 et vivait à Précy-surMame, en Seine-et-Mame, une commune administrée par un autre chanteur, Yves Duteil.

Disparue le 24 novembre 1997, à 67 ans, Barbara est une figure incontournable de notre patrimoine musical. Née le 9 juin 1930 à Paris, la chanteuse avait été hospitalisée la veille à l’Hôpital américain de Neuilly où elle est décédée, à 67 ans, « victime d’un choc toxi-infectieux d’évolution foudroyante ».

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