L'interruption volontaire de grossesse (IVG), ou avortement, est un sujet complexe et délicat, entouré de nombreuses questions et idées reçues. Cet article vise à démystifier les conséquences de l'avortement, en se concentrant sur les aspects psychologiques et physiques, tant pour les femmes que pour leur entourage, notamment les enfants.
Impact Psychologique de l'Avortement
Le vécu émotionnel des femmes après une IVG
L'impact psychologique d'une IVG est unique à chaque femme. Certaines peuvent ressentir un soulagement, tandis que d'autres peuvent éprouver de la tristesse, de la culpabilité ou un sentiment de perte. Il est crucial de reconnaître et de légitimer ces émotions, quelle que soit leur nature.
Les femmes qui perdent un enfant avant terme peuvent en concevoir une grande culpabilité et le vivre comme un échec personnel. Certaines femmes peuvent encore souffrir dix ans après la perte de leur fœtus. Ces traumatismes ne sont pas pris en considération, ou très peu, par l'entourage, la société, et la douleur peut s'enkyster. Par ailleurs, on ne plaint pas une femme qui a fait une IVG parce qu'on considère qu'elle l'a voulue. On parle peu également des interruptions de grossesse non désirées qu'elles soient médicales ou qu'il s'agisse de fausses couches. Aujourd'hui, dans une société où l'on maîtrise la procréation, les femmes qui subissent ces pertes peuvent en éprouver de la honte, le vivre comme un échec personnel ou en concevoir beaucoup de culpabilité en pensant qu'elles ont été trop actives, qu'elles n'ont pas pris toutes les précautions.
L'importance de l'accompagnement psychologique
Il est essentiel de proposer un accompagnement psychologique aux femmes qui en ressentent le besoin, que ce soit avant ou après l'IVG. Cet accompagnement peut prendre la forme de consultations individuelles, de groupes de parole ou de soutien par des associations spécialisées.
Dans le cas de fausses couches tardives, de mort in utero, ou d'interruptions médicales de grossesse à partir de 5 mois, il est possible d'inscrire l'être à l'état civil ou sur le livret de famille. Mais il reste à mettre en place des rituels laïques ou religieux pour ceux qui le souhaitent. Dans le cas de fausses couches plus précoces, il faut aider la mère à se détacher de son enfant perdu en lui proposant systématiquement une consultation psychologique.
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L'impact sur les enfants
Un deuil non fait peut être inoculé à son enfant. Les enfants, surtout les plus jeunes, sont très réceptifs à la douleur de leur mère. Ils peuvent exprimer de la tristesse, des troubles du sommeil, de l'irritabilité, de l'agitation ou de l'hyperactivité. Ils peuvent également éprouver un sentiment de culpabilité pour avoir désiré la disparition d'un rival annoncé. Certains petits peuvent imaginer que le fœtus mort a été digéré par leur mère. Ils peuvent alors craindre d'être à leur tour dévorés et par conséquent prendre de la distance vis-à-vis de leur mère. Il faut parler aux enfants de la fausse couche, leur dire que le fœtus "n'a pas voulu naître" pour les déculpabiliser.
Une grossesse interrompue peut aussi avoir des répercussions sur le prochain enfant. La femme enceinte peut se retenir de trop investir le futur nouveau-né afin d'anticiper une éventuelle perte. Si la mère n'a pas fait le deuil de l'enfant idéal qu'elle portait, elle peut considérer inconsciemment celui qui le suit comme un enfant de remplacement qui se doit d'être à la hauteur d'un être idéalisé, donc sans défaut.
Impact Physique de l'Avortement
Les différentes méthodes d'IVG
Il existe deux principales méthodes d'IVG : l'IVG médicamenteuse et l'IVG chirurgicale. L'IVG médicamenteuse repose sur la prise de deux médicaments, la mifépristone et le misoprostol. La mifépristone bloque la progestérone, une hormone essentielle à la poursuite de la grossesse, et le misoprostol déclenche des contractions pour expulser l'embryon. L'IVG chirurgicale consiste en une aspiration du contenu utérin. En l'absence de contre-indication médicale, les femmes doivent pouvoir choisir la méthode de l'IVG, en fonction du terme de la grossesse, et recevoir une information détaillée pour faire ce choix de manière éclairée.
Effets indésirables et complications possibles
Comme toute intervention médicale, l'IVG peut entraîner des effets indésirables et des complications. Les effets indésirables les plus fréquents lors d'une IVG médicamenteuse sont les douleurs, les troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhées) et les saignements. Les complications après une IVG médicamenteuse sont rares, mais peuvent inclure une hémorragie ou une infection.
Des lésions au niveau du col de l'utérus ou de la paroi utérine liées à l'intervention sont des complications très peu fréquentes lors d'une IVG instrumentale. Des complications liées à l'anesthésie peuvent également survenir. Les complications après l'intervention sont les mêmes que pour l'IVG médicamenteuse : une hémorragie, une infection ou des douleurs persistantes malgré la prise de médicaments antidouleurs.
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Dans les jours suivant l'IVG, il est important de contacter rapidement le professionnel de santé en cas de fièvre, de pertes très abondantes de sang, de malaise ou de très fortes douleurs abdominales.
Fertilité après une IVG
Contrairement à certaines idées reçues, l'IVG n'a pas d'impact sur la fertilité de la femme, si elle est réalisée dans de bonnes conditions. La fertilité revient rapidement après un avortement, c'est pourquoi l'utilisation d'une contraception doit être envisagée dès le premier jour de l'interruption de la grossesse, si besoin.
Retour du cycle menstruel
Le système hormonal se régule rapidement après une IVG, et les règles reviennent dans un délai de 4 à 6 semaines.
Disparition des symptômes de grossesse
Les symptômes de grossesse (fatigue persistante, nausées ou sensibilité des seins) disparaissent quelques jours après l'IVG médicamenteuse ou chirurgicale. Si ces symptômes persistent au-delà de sept jours, il est conseillé de consulter le professionnel de santé qui a réalisé l'IVG.
Idées Reçues sur l'Avortement
Il est important de déconstruire les idées reçues sur l'avortement, souvent véhiculées par des informations erronées ou des préjugés.
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"L'IVG rend stérile ou diminue la fécondité" : FAUX. L'avortement (IVG), réalisé dans de bonnes conditions (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme cela est possible en France, n'a pas d'impact sur la fertilité de la femme.
"L’IVG produit un dérèglement hormonal." : FAUX. Le système hormonal se régule rapidement après une IVG, et les règles reviennent dans un délai de 4 à 6 semaines.
"L'avortement provoque des troubles psychiques" : FAUX. Il n'existe pas de pathologie psychologique spécifique au décours d'une IVG.
"L'IVG est utilisée seulement par les femmes qui n'ont pas de moyen de contraception" : FAUX. Dans un peu plus de deux cas sur trois, les femmes qui ont recours à une IVG utilisaient un moyen de contraception qui n'a pas fonctionné.
"Les mineures doivent demander l'accord de leurs parents" : FAUX. En France, une femme mineure, enceinte et qui souhaite interrompre sa grossesse, peut demander une IVG auprès d'un médecin ou d'une sage-femme sans l'accord de ses parents.
"L'IVG médicamenteuse est une méthode plus simple que l'IVG instrumentale" : FAUX. Chacune des méthodes présente des avantages et des inconvénients qui seront à discuter avec le professionnel de santé.
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