Depuis sa légalisation en 1980, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) n’a cessé d’être améliorée en France. Toutes les femmes, qu’elles soient mineures ou majeures, ont le droit de pratiquer une IVG. Il est essentiel de connaître les délais légaux, les méthodes utilisées et les démarches à suivre. Cet article vise à fournir des informations complètes et précises sur l'IVG médicamenteuse, en particulier son déroulement jusqu'à 3 semaines.
Qu'est-ce que l'IVG ?
Une Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) est un acte médical qui désigne le fait d’interrompre une grossesse. En mars 2022, le délai de l’IVG chirurgicale a été allongé, passant de 12 à 14 semaines de grossesse.
Les Deux Méthodes d'IVG
Le choix de la méthode d’IVG revient à la patiente, en fonction de ses éventuels problèmes médicaux et du terme de sa grossesse. Il existe deux principales méthodes d'IVG :
IVG Chirurgicale (Instrumentale) : Cette méthode consiste à dilater le col de l’utérus afin d’évacuer le contenu utérin par aspiration. Elle est réalisée obligatoirement en établissement de santé (hôpital ou clinique autorisé en gynécologie obstétrique ou chirurgie). L’intervention peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale, selon le choix de la patiente et sa situation médicale. L'hospitalisation dure généralement quelques heures, et l'intervention elle-même prend une dizaine de minutes. Les sages-femmes effectuant une IVG instrumentale doivent justifier de leur compétence par une formation théorique et pratique.
IVG Médicamenteuse : Cette technique consiste à prendre deux médicaments différents pour interrompre la grossesse. Elle peut être pratiquée en établissement de santé (hôpital ou clinique), en cabinet de ville, en centre de santé sexuelle ou en centre de santé. Cette méthode ne nécessite ni anesthésie, ni intervention chirurgicale.
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L'IVG Médicamenteuse : Déroulement Détaillé
L’IVG médicamenteuse est une méthode d’avortement qui peut se pratiquer jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. Elle est pratiquée par un médecin ou une sage-femme d’un cabinet de ville, d’un centre de santé, ou d’un centre de planification ayant signé une convention avec un établissement de santé.
Les Étapes Clés de l'IVG Médicamenteuse
Consultation d'Information :
- Vous faites votre demande d'avortement.
- Vous recevez des informations orales et un guide sur l'IVG qui portent sur les différentes méthodes d’IVG, les lieux de réalisation et notamment le choix dont vous disposez mais aussi sur les effets indésirables possibles.
- Le médecin ou la sage-femme vous propose un entretien psycho-social (obligatoire si vous êtes mineure). Cet entretien a lieu dans un EVARS (espace vie affective, relationnelle et sexuelle), dans un centre de santé sexuelle ou dans un organisme agréé.
Recueil du Consentement :
- Vous remettez votre consentement écrit de demande d'avortement au médecin ou à la sage-femme.
- Il n'existe plus de délai de réflexion imposé en matière d'avortement.
- Si vous êtes majeure et ne souhaitez pas réaliser d’entretien psycho-social, vous pouvez choisir de réaliser le temps d’information et le temps de recueil du consentement au cours d’une seule et même consultation.
Prise des Médicaments :
- Premier Médicament (Mifépristone) : Ce médicament interrompt le développement de la grossesse. Il bloque l’action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse, favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. Il peut être pris en présence du médecin ou de la sage-femme au cours d'une consultation ou d'une téléconsultation, ou seul à votre domicile. Dès cette première étape, des saignements peuvent survenir. Les saignements ne sont pas le signe que la grossesse est arrêtée.
- Deuxième Médicament (Misoprostol) : Ce médicament provoque l’expulsion de l’embryon du sac gestationnel. Il est pris 24 à 48 heures après la mifépristone, en consultation ou à votre domicile. Il augmente les contractions et provoque l’IVG. La prise de misoprostol est déconseillée par voie vaginale par les laboratoires en raison du risque de douleurs abdomino-pelviennes plus fréquentes. L’expulsion survient généralement dans les 3 à 4 heures suivant la prise de ce second cachet, mais peut parfois prendre plus de temps (24 à 72 heures).
Que se passe-t-il après la prise des médicaments ?
Après la prise de misoprostol, des saignements, plus ou moins importants, peuvent durer de 10 à 20 jours. Ils sont comparables ou plus abondants que les règles, plus épais avec des caillots. Leur abondance dépend du stade de la grossesse et sont souvent plus abondants après 7 SA (semaines d’aménorrhées) c’est-à-dire 5 semaines de grossesse. On peut parfois voir une boule blanche gélatineuse qui correspond à l’œuf appelé aussi le sac ovulaire dans les saignements.
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Si aucun saignement ne se déclenche après 24h, il faut reconsulter sans attendre.
Surveillance et Contrôle
Le contrôle de l’efficacité de l’IVG médicamenteuse est indispensable car il existe entre 1 à 5% d’échec et ou de complications. Ce contrôle peut se faire par une échographie de contrôle ou par une prise de sang de dosage d’hormones de grossesse (Bêta HCG). Le résultat de cette prise de sang sera encore positif même si l’IVG a fonctionné.
La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG. Lorsque le taux de Bêta HCG (dosage d’hormones de grossesse dans le sang), est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l’IVG cela veut dire que l’avortement à fonctionné. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial : la grossesse est évolutive et l’ivg par médicament n’a pas fonctionné.
Les règles reviennent généralement 4 à 6 semaines après l’IVG, selon la méthode contraceptive mise en place.
Douleur et Effets Secondaires
L’IVG médicamenteuse peut entraîner de vives douleurs, des nausées, des vomissements et des diarrhées.
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Pratiquer une IVG par médicaments peut entraîner des douleurs plus ou moins fortes et qui sont très variables selon les femmes. Ces douleurs sont liées aux contractions que fait l’utérus pour expulser l’œuf. Des anti-douleurs (antalgiques de la famille des anti-inflammatoires non stéroïdiens couplés avec des anti-douleurs de niveau 2 disponibles sur ordonnance) sont prescrits systématiquement par le médecin ou la sage-femme qui suit l’IVG, et la prise de ces cachets est recommandée en prévention de la douleur 30 mn avant la prise de misoprostol.
Il peut arriver dans certains cas que des complications surviennent parfois jusqu’à 1 mois après l’IVG. Ces complications peuvent se présenter sous formes de symptômes d’infection (fièvre à 38° qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol), des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur. Il peut survenir également des effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h. Dans ce cas, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donnée.
Contre-indications
La Grossesse Extra Utérine (GEU) est une contre-indication à l’IVG médicamenteuse. Elle peut être repérée aux signes cliniques ainsi qu’avec la surveillance du dosage des BHCG. Cependant, en l’absence de facteurs de risque et de symptômes, une grossesse de localisation indéterminée ne contre-indique pas la prise des médicaments pour l’IVG. A contrario, les symptômes possibles d’une grossesse intra utérine peuvent être des seins tendus, des douleurs qui ressemblent aux douleurs de règles ou aux syndromes pré-menstruels, des nausées.
Enfin, il existe d’autres contre-indications à pratiquer une IVG médicamenteuse comme les corticothérapies à long terme, porphyrie, troubles de la coagulation, insuffisance surrénale.
Suivi Post-IVG
Une consultation psycho-sociale est systématiquement proposée après l’IVG pour permettre de parler de sa situation si besoin. Une visite de contrôle doit intervenir entre le 14e et le 21e jour après l'IVG pour s'assurer qu'il n'existe pas de complication et que la grossesse a bien été interrompue. Lors de cette consultation, le médecin ou la sage-femme s'assure que vous disposez d'un moyen contraceptif adapté à votre situation si nécessaire.
IVG et Fertilité
Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n’entraîne pas de risque d’infertilité, n’a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité, contrairement à certaines idées reçues. Les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n’en avaient pas avant, et elles ne seront pas forcément traumatisées. Chaque femme va vivre l’IVG de manière singulière, et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d’en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel.
Aspects Financiers
Pour toutes les femmes assurées sociales (majeures ou mineures), l'avortement et tous les actes associés (consultations, échographies, prises de sang…) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Il n'y a aucune avance de frais et aucun dépassement d’honoraire possible.
Pour les femmes résidant en France en situation irrégulière et non admises à l'aide médicale de l'État (AME), il existe une prise en charge des soins urgents (dont fait partie l’IVG) à l'hôpital (hospitalisation ou consultation en établissement de santé).
Coûts Forfaitaires
- IVG Médicamenteuse en établissement de santé : Le coût est remboursé à 100 % sur la base d'un tarif forfaitaire fixé à 353,64 €.
- IVG Médicamenteuse en médecine de ville : Le coût est remboursé à 100 %, avec des tarifs fixés par arrêté à chaque étape.
IVG pour les Mineures
Il n'y a pas de condition d'âge à respecter. Si vous êtes mineure, vous pouvez choisir de demander le consentement de vos parents ou de votre représentant légal, qui pourra vous accompagner dans votre démarche d'IVG. Cependant, si vous souhaitez garder le secret, l'IVG est pratiquée à votre seule demande. Une autorisation parentale n’est pas obligatoire pour une IVG. Vous devez être accompagnée par un adulte de votre choix. Vous devez assister à une consultation psychosociale pour procéder à l’IVG.
Où S'adresser ?
Des annuaires répertoriant les structures et professionnels réalisant des IVG sont accessibles en consultant les sites internet des ARS de chaque territoire concerné.
Préparation à l'IVG Médicamenteuse
Afin que l’IVG médicamenteuse se déroule dans les meilleures conditions possibles, n’hésitez pas à vous faire accompagner dans vos démarches par une personne de confiance. Si vous avez décidé de prendre les médicaments à votre domicile, essayez, dans la mesure du possible, de vous octroyer du repos. En cas de douleurs, un arrêt maladie peut vous être prescrit.
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