L'interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse est une option pour les femmes souhaitant mettre fin à une grossesse non désirée. Cependant, il est crucial de considérer les risques potentiels, notamment en ce qui concerne le tabagisme. Cet article explore en détail l'IVG médicamenteuse, ses procédures, les risques associés, et l'impact du tabac sur la santé des femmes subissant cette intervention.
Qu'est-ce que l'IVG Médicamenteuse ?
En France, l’IVG médicamenteuse représente une part significative des avortements, offrant une alternative à la méthode chirurgicale. Elle peut être réalisée en cabinet de ville par un médecin ou une sage-femme, dans un centre de planification et d’éducation familial, ou dans un établissement de santé.
Délais et Procédure
L’IVG médicamenteuse est accessible jusqu’à la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines d’aménorrhée (absence de règles). La procédure nécessite deux consultations, qui peuvent désormais avoir lieu en téléconsultation. Les médicaments sont délivrés par la pharmacie après transmission de l’ordonnance. Un entretien d’information, de soutien et d’écoute est proposé, et obligatoire pour les mineures.
Molécules Utilisées
Deux molécules sont utilisées : la mifépristone et le misoprostol. La mifépristone bloque l’action de la progestérone, favorisant les contractions et l’ouverture du col utérin. Le misoprostol provoque des contractions utérines pour déclencher l’expulsion de l’œuf. Des antalgiques sont prescrits pour gérer la douleur.
Le Protocole de l'IVG Médicamenteuse
Le protocole suivi dans le cadre d'une IVG médicamenteuse est précis et nécessite un suivi médical rigoureux.
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Première Étape : Mifégyne
Le premier médicament, la mifégyne, interrompt la grossesse et prépare l’utérus. Il est pris lors de la première consultation. Dans la plupart des cas, il ne provoque ni douleurs, ni saignements. Toutefois, si des saignements surviennent, cela indique que le médicament fait son effet. La prise du misoprostol reste nécessaire.
Deuxième Étape : Misoprostol
Le misoprostol est pris 36 à 48 heures après la mifégyne. Il provoque des contractions qui permettent l’expulsion de la grossesse. Les saignements surviennent quelques minutes à quelques heures après la prise. Il est recommandé de patienter à domicile avec les médicaments prescrits à disposition.
Médicaments d'Accompagnement
Une ordonnance est remise pour aider à gérer les symptômes :
- Paracétamol : En cas de douleurs, jusqu'à un gramme maximum trois fois par jour.
- Antarène codéiné : En cas de douleurs plus importantes, peut être associé au paracétamol, sans dépasser 3 comprimés par jour.
- Prokinyl : Pour diminuer les nausées provoquées par le misoprostol, un comprimé toutes les 12 heures.
- Inofer : Cure de fer pour diminuer le risque d’anémie et de fatigue.
- Exacyl : En cas de saignements trop importants, augmente la coagulabilité du sang.
Précautions à Prendre
Lors de la prise du misoprostol, il est crucial d'être chez soi ou chez une personne proche, à moins d’une heure d’un établissement de santé en cas d’hémorragie. Évitez d’être seule, car cette phase peut être stressante.
Risques et Effets Secondaires de l'IVG Médicamenteuse
Bien que le taux de réussite des pilules abortives soit de 95%, il existe des risques et des effets secondaires à considérer. Un contrôle médical est nécessaire 14 à 21 jours après l’IVG pour vérifier son succès.
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Effets Secondaires Courants
La patiente peut ressentir des nausées, vomissements, diarrhées, fièvre, fatigue, vertiges, saignements et douleurs intenses. L’expulsion de l’embryon se produit généralement dans les 4 heures après le second comprimé pour 60% des femmes, et dans les 24 à 72 heures pour 40% des femmes.
Complications Rares
Bien que rares, les complications peuvent inclure une poursuite de la grossesse, des saignements excessifs nécessitant une intervention médicale, ou une infection.
Tabac et Risques Accrus
Le tabagisme est un facteur de risque significatif pour les femmes subissant une IVG médicamenteuse. Les autorités de santé soulignent que le tabagisme peut entraîner une altération de la fertilité, des grossesses extra-utérines, des fausses-couches, et des accouchements prématurés.
Impact Cardio-Vasculaire
Un article du Monde rapporte le décès d'une femme de trente et un ans, grande fumeuse, suite à un accident cardio-vasculaire après une IVG médicamenteuse. L'administration de prostaglandines injectables, comme le Nalador, pour stimuler la contraction utérine après la prise de la pilule abortive RU 486, a été mise en cause. Cet incident a conduit à un réexamen des conditions d'utilisation de ce protocole médical.
Vulnérabilité Psychologique et Addictions
Il existe une vulnérabilité psychologique propre à l’adolescence qui explique pourquoi les addictions, y compris le tabagisme, commencent souvent à cette période de la vie. Une prise en charge spécifique du tabagisme chez la femme enceinte est donc essentielle en cas de recours à une IVG.
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Arrêter de Fumer : Un Bénéfice pour la Santé Maternelle et Infantile
Arrêter de fumer est crucial pour les femmes enceintes ou souhaitant le devenir. Le tabagisme diminue la fertilité chez les hommes et les femmes, et augmente les risques de complications pendant la grossesse.
Bénéfices de l'Arrêt du Tabac
- Augmentation de la fertilité : L’arrêt du tabac permet à la fertilité de redevenir normale.
- Santé du bébé : Fumer pendant la grossesse est dangereux pour la santé de la maman et du bébé. La fumée du tabac contient plus de 7000 substances toxiques pour le fœtus.
- Prévention des complications : Arrêter de fumer réduit les risques de retard de croissance intra-utérin, de fausse-couche, et d’accouchement prématuré.
Méthodes pour Arrêter de Fumer
- Thérapies cognitives et comportementales (TCC) : Exercices et entretiens pour faire face à l’envie de fumer.
- Substituts nicotiniques : Patchs, gommes, pastilles, inhaleurs, spray, autorisés et recommandés pour la femme enceinte.
- Soutien médical : Consultation avec un médecin, une sage-femme ou un tabacologue.
Allaitement et Tabac
L’idéal est de ne pas fumer pendant l’allaitement. Si l’arrêt est impossible, il est recommandé de fumer le moins possible, après la tétée, à distance du bébé et à l’extérieur. Les substituts nicotiniques peuvent être utilisés pendant l’allaitement, mais le Bupropion LP et la Varénicline sont à éviter.
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