L'avortement est une question de société complexe et émotionnellement chargée, particulièrement en France, où les opinions sont souvent polarisées et où il est difficile d'en discuter sereinement sans être accusé d'intolérance. Cet article explore les aspects biologiques, philosophiques et éthiques de l'avortement, en tenant compte de la perspective de la Fondation Jérôme Lejeune et des débats actuels sur la constitutionnalisation de l'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse).

Définir l'Humain : Biologie et Philosophie

Pour aborder la question de l'avortement, il est essentiel de définir ce qu'est un être humain. Sur le plan biologique et génétique, un être humain se distingue des autres espèces par son code génétique unique. Un être humain est donc un être vivant qui possède le génome humain. Le zygote, l'embryon, puis le fœtus, c'est de la matière. Quant à savoir si cette matière est animée, vivante, il suffit d’assister à une échographie pour s’en assurer ! Mais même avant ce stade, l’embryon possède le génome humain.

D'un point de vue philosophique, l'âme, considérée comme un principe de vie, sépare la matière inanimée de la matière vivante. Parmi les êtres vivants, une distinction est faite entre les plantes et les animaux, et parmi les animaux, entre les êtres rationnels (humains) et irrationnels. La rationalité se développe progressivement chez l'être humain, atteignant sa pleine expression à l'âge de raison.

Un enfant à naître est donc un être humain, innocent du moindre crime, qui plus est. Il est donc impensable de supprimer une innocente vie humaine, pour quelque motif que ce soit. Le cas du viol, aussi horrible et traumatisant qu’il soit, ne rend pas coupable d’une faute quelconque le fœtus issu de cette violence. Le cas du handicap diagnostiqué in utero ne rend pas le fœtus coupable de sa propre infirmité, ou alors il faudrait, comme le voulaient certains dictateurs, exterminer tous les handicapés, qui seraient coupables d’être un poids pour la société. Le cas du fœtus qui représente un danger pour la vie de la mère ne le rend pas coupable de tentative de meurtre sur la personne de sa mère.

Position de l'Église Catholique et du Catéchisme

L'Église catholique est fermement opposée à l'avortement, considérant que la vie humaine doit être respectée et protégée de manière absolue dès le moment de la conception. Le Catéchisme de l'Église catholique exprime clairement cette interdiction, en soulignant le droit inviolable de tout être innocent à la vie.

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La Fondation Jérôme Lejeune : Défense de la Vie et Recherche Éthique

La Fondation Jérôme Lejeune est un acteur majeur de la recherche française sur les maladies d'origine génétique, notamment la trisomie 21. Elle a financé de nombreux projets de recherche visant à améliorer le développement cognitif des personnes atteintes de cette maladie. La fondation s'engage également dans la défense de la vie humaine dès la conception et dénonce les pratiques eugéniques, telles que l'avortement sélectif des fœtus atteints de trisomie 21.

La Fondation Jérôme Lejeune dénonce toute sélection discriminatoire et eugénique fondée sur le patrimoine génétique, quelle qu’en soit la forme. Néanmoins, elle n’intente pas d’action en justice contre tous ces procédés, puisque le législateur en a approuvé certains, quoiqu’en pense la morale. La Fondation se fait la voix de la démocratie, pas de la morale, encore moins d’une religion.

La Fondation n’affirme aucune contre vérité. Elle est libre d’exprimer son opinion et n’insulte personne, ni les chercheurs, ni la recherche. Sa seule volonté est de faire respecter les lois bioéthiques qui encadrent la recherche sur l’embryon, déjà dépourvu de nombreuses protections alors qu’il est membre à part entière de l’espèce humaine. Et elle le fait de manière légale, puisque la loi permet à tout tiers de faire vérifier par le juge administratif la légalité des décisions administratives qui touchent à son intérêt légitime. C’est ici la protection de l’espèce humaine et du bien commun de notre société qui est en jeu.

Le Dépistage Prénatal Non Invasif (DPNI) et les Risques d'Eugénisme

Le DPNI est une technique de dépistage prénatal qui permet de détecter certaines anomalies chromosomiques, comme la trisomie 21, à partir d'une simple prise de sang chez la mère. Si le DPNI est un progrès pour les femmes enceintes présentant un risque accru de porter un enfant atteint de trisomie 21, il soulève également des questions éthiques importantes.

Le DPNI s’est déployé, en toute légalité, bien au-delà de la seule indication de trisomie 21 visée par la réglementation française.

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Le risque est que le DPNI conduise à une augmentation des avortements sélectifs, ce qui pourrait être considéré comme une forme d'eugénisme. La Fondation Jérôme Lejeune dénonce fortement la dimension intrinsèquement eugéniste du dépistage prénatal, et tout particulièrement du DPNI, qui a conduit à une diminution importante du nombre de personnes atteintes de trisomie 21.

Il est urgent de réveiller l’opinion publique et de montrer que la vie avec les personnes trisomiques est possible. ORGANISER un débat public et national sur le principe même du dépistage prénatal qui conduit aujourd’hui à l’élimination de 96% des foetus détectés trisomiques.

Constitutionnalisation de l'IVG : Enjeux et Débats

Le gouvernement français souhaite inscrire la liberté de recourir à l'IVG dans la Constitution. Cette proposition suscite de nombreux débats et inquiétudes.

1) L’inscription dans la Constitution de la liberté d’avoir recours à l’IVG contribuerait à éclipser un peu plus encore l’existence de l’enfant à naître : « L’interruption volontaire de grossesse est présentée, dans la loi Veil, comme une exception au principe du respect de la vie dès son commencement (article 1er loi 1975). À défaut, la liberté d’avoir recours à l’IVG éclipserait l’existence de l’enfant à naître et pourrait emporter des effets en chaîne néfastes à la protection de la femme et de l’enfant.

4) Elle pourrait aussi entraîner à terme une limitation de la liberté d’opinion et d’expression. La loi du 20 mars 2017 avait étendu le délit d’entrave à l’IVG mais elle avait précisé « que la seule diffusion d’informations à destination d’un public indéterminé sur tout support, notamment sur un site de communication au public en ligne, ne saurait être regardée comme constitutive de pressions, menaces ou actes d’intimidation au sens des dispositions contestées [12]. » Cette précision ne sera-t-elle pas menacée ? Pourra-t-on encore dire que l’avortement n’est pas un bien, parce qu’il consiste à supprimer un être qui, dès sa conception, n’est pas une partie du corps de la femme, mais un être vivant distinct d’elle, comme le prouvent le patrimoine génétique humain qui lui est propre et le fait qu’il se nourrisse et grandit naturellement ?

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Certains craignent que cette constitutionnalisation ne porte atteinte au statut de l'enfant à naître et à la liberté de conscience des professionnels de santé opposés à l'avortement. D'autres s'inquiètent du rôle accru que pourrait jouer le Conseil d'État dans la résolution des conflits entre les libertés.

Jean-Marie Le Méné : « Si l’avortement semble pouvoir rejoindre facilement le socle de nos valeurs suprêmes, c’est qu’il repose sur un mensonge inaugural : avant la naissance, il n’y aurait pas d’enfant et donc l’avortement ne tuerait personne. Cette fiction pour éviter l’accusation d’homicide est démentie dans la vraie vie puisqu’après une interruption médicale de grossesse (IMG) l’enfant peut être inscrit à l’état-civil et sur le livret de famille. Il faudrait qu’on nous explique comment l’État peut enregistrer la mort d’un enfant avorté que l’avortement n’aurait pas tué. Vivant il n’était rien, avorté il devient un enfant. Pour l’IVG, le déni est total. L’enfant n’existe ni avant, ni après [19].

Alternatives à la Recherche sur l'Embryon

Il existe des alternatives à la recherche sur l'embryon, comme les cellules souches pluripotentes induites (cellules iPS), obtenues par reprogrammation génétique de cellules adultes différenciées. Les cellules iPS ont les mêmes atouts que les cellules souches embryonnaires humaines, mais leur utilisation ne pose pas de problèmes éthiques.

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