L'avortement, une procédure légalisée sous la bannière du « Mon corps, mon choix », suscite des questions profondes sur la liberté réelle et les conséquences cachées. Au-delà des aspects physiques et psychologiques, les implications spirituelles de l'avortement sont souvent négligées. Cet article vise à explorer ces dimensions spirituelles, en s'appuyant sur des témoignages, des perspectives religieuses et des analyses éthiques.

La Liberté Illusoire et la Réalité Cachée de l’Avortement

Agnès Sanson, forte de plus de dix ans d'expérience en tant qu'« écoutante » au sein de l'association « Choisir la vie », souligne un paradoxe frappant : de nombreuses femmes, bien qu'exprimant un choix, se sentent contraintes par les circonstances. Elles avortent parce qu'elles perçoivent ne pas avoir d'autre alternative face à des difficultés insurmontables. La réalité de l'avortement est souvent occultée, et les femmes sont prises dans un système qui les pousse vers cette solution, présentée comme une facilité. L'absence de rendez-vous obligatoire avec un psychologue accentue ce phénomène. On leur cache la réalité du meurtre de leur enfant, à tel point que certaines y ont parfois recours par confort ! Elles n’ont même pas conscience de la gravité de leur acte.

Il est essentiel de reconnaître que l'avortement laisse rarement la conscience des femmes indemne.

Principes Bibliques et le Caractère Sacré de la Vie

Dans une perspective chrétienne, l'avortement est considéré comme un acte contraire à la volonté de Dieu. Il ne s'agit pas simplement d'un péché, mais d'un acte qui minimise les conséquences spirituelles et ne doit pas être considéré comme un crime impardonnable. La vie est un don de Dieu, et chaque grossesse est un miracle divin. L'Écclésiaste nous dit que « tout ce que Dieu fait durera toujours sans qu'on puisse ajouter ou enlever quoique ce soit, et que Dieu agit de cette manière afin qu'on éprouve de la crainte devant lui ». (Ec 3.14).

La vie humaine revêt un caractère sacré dans les Écritures. Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu. Il créa l'homme et la femme. En tant qu'être humain, nous avons le privilège de porter l'image de Dieu, chacun, d'une manière unique. En façonnant l'homme et la femme à son image, Dieu appose en quelque sorte sa signature sur chacune de ses créatures.

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La Dignité de la Vie en Devenir

Un embryon est un être humain en devenir, vivant et porteur de l'image de Dieu. Les passages d'Exode 21 soulignent l'importance de la protection de la vie intra-utérine. Ce passage évoque la conduite à tenir dans le cas où deux hommes heurteraient malencontreusement une femme enceinte lors d'une dispute. Le premier cas de figure est celui qui ne provoque pas de dommage, mais qui provoque un accouchement prématuré. Dans le deuxième cas de figure, un accident est avéré et la loi du Talion doit s'appliquer. Cette loi (Lv 24.19-20) était destinée à limiter la sanction à une peine équitable à la perte subie. Dans le passage d'Exode, si la mère ou l'enfant est blessé mortellement, alors, il faudra rendre vie pour vie. Ce qui est assez troublant dans ce passage, c'est qu'il est question d'une peine capitale infligée à l'auteur des faits pour un acte qu'il commet involontairement.

De même, le récit de la rencontre entre Marie et Élisabeth, où l'enfant d'Élisabeth tressaille de joie dans son sein, illustre la présence et l'action du Saint-Esprit dans le fœtus.

Réconciliation et Guérison Spirituelle

Pour celles qui ont vécu un avortement et en souffrent, il est possible de trouver la réconciliation et la guérison spirituelle. La parabole du fils perdu (Lc 15. 11-32) offre un exemple puissant de repentance et de pardon divin. Dieu est lent à la colère et riche en bonté, et « si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner et pour nous purifier de toute iniquité ». (1Jn 1.9).

La première démarche à faire pour une femme baptisée qui regrette son IVG, ou pour un homme baptisé qui se repent d’avoir demandé à sa conjointe d’avorter, est la confession, le sacrement de réconciliation. Il s’agit donc de reconnaître ses péchés devant Dieu.

Actes de Réparation et de Deuil

La confession nous réconcilie avec Dieu, elle nous obtient le pardon de nos péchés. Mais elle n’efface pas toutes les conséquences de l’avortement. L’enfant est mort alors qu’il avait droit à la vie comme don de Dieu. Dieu nous invite à faire des actes de réparation. Les premiers bénéficiaires doivent en être les enfants décédés. L’Église pense qu’il y a de « solides fondements à l’espérance que Dieu sauvera ces enfants2 » morts sans baptême.

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Il est essentiel de reconnaître et de vivre le deuil suite à un avortement, trop souvent ignoré ou nié. Des démarches spirituelles spécifiques, comme celles proposées par l'association Mère de Miséricorde, peuvent aider à vivre ce deuil et à trouver la paix. Il s’agit à la fois d’une démarche de réparation spirituelle et d’un chemin pour vivre le deuil. Le deuil suite à un avortement est trop souvent ignoré ou nié. Il s’agit d’une initiative de l’association Mère de Miséricorde, dans plusieurs sanctuaires et paroisses de France.

Ces sanctuaires proposent une démarche spirituelle spécifique pour les hommes et les femmes qui regrettent l’avortement et qui veulent se tourner vers Dieu dans cette épreuve. C’est un pèlerinage à pied, avec des méditations consolantes proposées, et avec la possibilité de faire poser une plaque portant le prénom de l’enfant décédé ou de l’inscrire dans un registre, selon le lieu. Si les parents n’avaient pas encore donné de prénom à leur enfant, cela peut être l’occasion de le faire. Plus de 1000 plaques avec des prénoms d’enfants ont déjà été posées au sanctuaire de la Sainte Baume (83). Il est souvent possible aussi de rencontrer un prêtre, un religieux ou une religieuse. Mère de Miséricorde propose aussi des sessions en silence de 5 jours, où un accompagnement personnel est proposé aux participants. Il est proposé de faire le point sur son histoire, sur ses blessures, de comprendre ce qui s’est passé et pourquoi on en est venu à l’avortement. Il est proposé aussi de se confesser, et de faire la démarche de se pardonner à soi-même, après avoir reçu le pardon de Dieu.

Perspectives Historiques et Théologiques

Historiquement, la doctrine catholique a considéré l'avortement volontaire comme un homicide. La bulle Effraenatam de Sixte Quint affirmait que contraception et avortement devaient être considérés comme des homicides, tandis que la bulle Sedes Apostolica de Grégoire XIV nuancait cette position. Au xviiie siècle, des théologiens ont débattu de la question de savoir s'il était permis de donner un remède abortif à une femme enceinte pour la sauver.

Francesco-Emmanuele Cangiamila, dans son Abrégé de l’Embryologie Sacrée, a accordé une importance considérable à la nécessité du baptême pour tous, y compris les avortons. Il s'est appuyé sur des textes scientifiques contemporains pour défendre l'animation du fœtus dès la conception.

L'Animation du Fœtus : Un Débat Théologique et Spirituel

La question de l'animation du fœtus, c'est-à-dire le moment où l'âme est infusée dans le corps, a été un sujet de débat théologique et spirituel pendant des siècles. Certains théologiens ont estimé que l'animation se produisait à 40 jours de grossesse, tandis que d'autres ont plaidé pour une animation plus précoce, voire dès la conception.

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Cangiamila a réfuté la théorie aristotélicienne de l'animation à 40 jours, en s'appuyant sur des arguments scientifiques et l'autorité de saint Basile et du médecin Paolo Zacchias. Il a conclu qu'il était sage d'incliner pour la plus prompte animation, car cela avait beaucoup d'avantages et aucun inconvénient.

Les Conséquences Psychologiques et Spirituelles : Un Témoignage

Hélène, une catholique pratiquante, témoigne de l'impact profond et durable de son avortement sur sa vie. Elle décrit des nuits impossibles, une angoisse constante et un sentiment de perte et de culpabilité. Son témoignage met en lumière la nécessité d'une écoute attentive et d'un accompagnement spirituel pour les femmes qui ont vécu cette expérience.

Il y a dix ans, cette catholique pratiquante a avorté. « J’ai passé des nuits impossibles. Je me souviens de ce matin où, réveillée par l’angoisse, je priais : “Seigneur, je sais ce qui va m’arriver, mais je n’ai pas d’autre choix”. » Hélène avait bien songé aux conséquences. Mais cela restait pour cette célibataire « théorique » et elle n’imaginait surtout pas le « cataclysme » qui allait suivre.

Un Chemin de Guérison et de Pardon

Pour sortir de la souffrance de l’avortement, il aura fallu beaucoup d’années, de larmes, de compassion et de courage pour avancer sur la voie de la guérison. Cette danse de Vie et de Mort entremêlées fut la plus grande leçon de mon existence. Elle est inscrite dans ma chair, mon esprit, mon cœur et mon âme. Ce fut une leçon pour approcher plus finement, à travers ma maternité, le miracle de la Vie. Pour comprendre la gratuité de son don et la reconnaître dans son état le plus fragile. Ce fut une épreuve du feu pour accepter de me laisser brûler de l’Amour du Christ, en entreprenant le chemin du plus difficile des pardons : celui à soi même. Lâcher une culpabilité mortifère pour me regarder en Vérité : défigurée par la douleur du péché, le cœur couturé de cicatrices et pourtant belle, toujours belle, encore plus belle de ces cicatrices aux yeux du Christ.

L'Avortement dans le Monde : Législation et Controverses

Le droit à l'avortement est un sujet de controverse dans de nombreux pays. Alors que certains pays ont légalisé l'avortement, d'autres ont des lois restrictives, voire une interdiction totale. La religion, en particulier le catholicisme et l'islam, joue souvent un rôle important dans les débats sur l'avortement.

Dans les pays à majorité musulmane, les opinions sur l'avortement varient en fonction des différents courants de l'islam. Certains courants autorisent l'avortement jusqu'à un certain stade de la grossesse, tandis que d'autres l'interdisent totalement.

L'Avortement Clandestin : Un Problème de Santé Publique

Restreindre l’accès à l’avortement ne fait que le rendre clandestin et dangereux. Chaque année, des milliers de femmes meurent de complications liées à un avortement pratiqué dans de mauvaises conditions. Les restrictions du droit d’accès à l’avortement affectent davantage les femmes les plus pauvres.

Malgré les restrictions légales, des alternatives sûres se multiplient grâce à l'avortement médicamenteux et à la télémédecine. Des services en ligne comme Women on Web aident les femmes à avorter sans danger dans des pays où le droit à l'avortement est limité.

La Culture de Mort et la Beauté de la Vie

L’avortement est à l’évidence le crime majeur de ce siècle, le point crucial où se divisent ceux qui respectent la loi divine (et naturelle) : «Tu ne tueras pas !» , et ceux qui veulent mettre la volonté humaine (et satanique) au-dessus du Décalogue. Il en résulte, bien sûr, les 2 milliards de victimes officiellement recensées depuis 1967. L’avortement a aussi des conséquences de tous ordres. Séquelles psychologiques chez 91 % des mères, destruction de l’estime de soi chez les pères (auxquels la loi ne reconnaît aucun droit), séparation pour 70 % des couples, dégradation de la mission du corps médical. Surtout, rarement évoqué, Dieu se trouve ainsi privé d’une vie pour laquelle une mission avait été préparée ; Il est blessé dans sa paternité.

Il est essentiel de réveiller et d’éclairer les consciences sur la réalité violente de la culture de mort. Ce ne sont pas nos propos qui sont durs, c’est toute attaque à la vie qui est cruelle, et seule la vérité libère. Dès la fécondation, un nouvel être humain existe avec tout son patrimoine génétique unique. À 3 semaines, son cœur bat et son système nerveux est ébauché. À 6 semaines, son système nerveux se met à fonctionner. À 7 semaines, le petit être a l’apparence d’un bébé et possède ses propres empreintes digitales, uniques au monde comme lui. À 8 semaines, la formation de tous ses organes est achevée, le bébé n’a plus qu’à grandir.

L'Importance de la Protection de la Vie

La peine de mort est appliquée, dans nos sociétés, non pas aux assassins et aux violeurs en série, mais à des enfants parfaitement innocents, à qui l’on reproche de commettre le «crime de devoir naître sans être désirés [2]» .

Un embryon de six semaines jouit déjà d’une certaine sensibilité, qui ne fait évidemment que s’affiner avec la croissance. Or les médecins savent depuis quelques années qu’un bébé de 20 semaines, par exemple, a une plus grande densité de récepteurs nerveux que l’adulte et souffre, par conséquent, physiquement beaucoup plus [4].Et tout être humain, qui sort des mains de Dieu pour apporter l’amour et le faire grandir sur terre, souffre dès sa conception, dans son âme, d’un manque d’amour de ceux qui devraient l’aimer le plus.

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