Dans la vie courante et au sein de nos communautés, les mariages et les naissances sont des événements joyeux. La naissance est souvent perçue comme la suite logique du mariage, le désir d'avoir un ou plusieurs enfants. Cependant, la réalité est parfois différente. Certaines personnes souhaitent avoir des enfants et y parviennent, tandis que d'autres découvrent leur incapacité à procréer. Parallèlement, la question de l'avortement, ou interruption prématurée de grossesse selon la définition du Larousse, suscite de nombreuses interrogations et émotions.
Le but de cet article n'est pas de juger, mais d'examiner les motivations qui peuvent conduire une personne à envisager ou à pratiquer un avortement, en particulier dans le contexte de la foi chrétienne. Nous aborderons les différents types d'avortement, les perspectives bibliques, les considérations éthiques et les alternatives possibles.
Les Raisons Derrière l'Avortement
Les raisons qui poussent à envisager un avortement sont multiples et complexes. Dans le monde séculier, certains couples estiment ne pas être prêts à accueillir un enfant, invoquant des raisons financières ou professionnelles. Ils peuvent considérer qu'ils n'ont pas suffisamment d'argent ou qu'une carrière professionnelle bien établie serait mise en suspens par l'arrivée d'un enfant. Ces couples peuvent alors choisir d'interrompre une grossesse pour ces motifs.
Il est important de distinguer l'avortement spontané de l'avortement provoqué. L'avortement spontané, ou fausse couche, est la perte involontaire d'une grossesse. L'avortement provoqué, quant à lui, est une interruption volontaire de grossesse (IVG).
Perspectives Bibliques sur la Grossesse et la Vie
Esaïe 66:9 (BFC) déclare : « Si je mène une femme jusqu’au terme de sa grossesse, demande le Seigneur, vais-je empêcher l’enfant de naître? Si c’est moi qui prépare une naissance, déclare ton Dieu, ce n’est pas pour la rendre impossible ! » Ce verset suggère que Dieu accorde la grâce de la grossesse et désire que celle-ci se déroule jusqu'à son terme. Il n'est pas dans Sa volonté que nous perdions une grossesse, et encore moins que nous l'arrêtions.
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Psaumes 113:9 (LSG) ajoute : « Il donne une maison à celle qui était stérile, Il en fait une mère joyeuse au milieu de ses enfants. » Ce verset exprime l'idée que Dieu désire que nous devenions parents et que nous ayons une postérité.
Les Avortements Spontanés et les Situations Médicales
Malheureusement, pour diverses raisons, une femme peut perdre son enfant prématurément. Ceci peut être lié à un stress intense, une santé défaillante, des pathologies sévères, des maladies alarmantes, une malformation fœtale ou d'autres anomalies du futur bébé. Dans ces cas, lorsque le pronostic vital du bébé ou de la future maman est engagé, le médecin peut conseiller au couple de mettre fin à la grossesse. Il s’agit d’une décision très difficile à prendre.
L'Avortement et la Foi Chrétienne
Pour les chrétiens, la question de l'avortement est particulièrement délicate. L'avortement ne devrait pas être une option pour les couples mariés dans le Seigneur, surtout pas pour des raisons financières. Pendant la grossesse, une hygiène de vie irréprochable est essentielle. Les femmes doivent être conscientes de leur fragilité accrue durant cette période et prendre en considération les conseils de leurs médecins et de leurs proches. Le conjoint joue un rôle déterminant en apportant assistance et soutien, afin d'éviter une grossesse à risque.
Proverbes 3:7-8 nous exhorte à ne pas nous croire sages à nos propres yeux, mais à craindre l'Éternel et à nous détourner du mal. Ce passage biblique peut être interprété comme un appel à la confiance en Dieu et à l'évitement des décisions hâtives.
Psaumes 147:3 nous rappelle que Dieu guérit les cœurs brisés et panse leurs blessures. Dieu agit de diverses manières, y compris à travers la science et la médecine. Nous devons éprouver notre discernement et sonder Dieu lorsque les médecins nous donnent un diagnostic. Avorter ne devrait pas être une option pour un chrétien, excepté en cas d’extrême nécessité : si l’accouchement va mettre en péril la vie de la maman ou du bébé.
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Le Commandement "Tu Ne Tueras Point"
Exode 20:13 (LSG) énonce clairement : « Tu ne tueras point. » Cette injonction soulève la question du statut du fœtus. Qu'on le veuille ou non, un fœtus est déjà un être humain dès la fin du 2e mois de la grossesse.
La question se pose alors de savoir si une personne ayant une santé fragile avant la grossesse, consciente des dangers, devrait prendre le risque d'avoir un enfant ou de poursuivre la grossesse malgré les avertissements médicaux. Pourquoi un couple ne pourrait-il pas prétendre au bonheur d'être parents et espérer le devenir comme les autres couples ? Si la grossesse représente réellement un risque, n'y a-t-il pas d'autres options?
Alternatives à l'Avortement
Psaumes 68:6 (LSG) déclare : « Dieu donne une famille à ceux qui étaient abandonnés. » Dieu, dans Son infinie bonté, a créé l'homme et la femme et leur a accordé la grâce d'avoir une postérité, malgré leurs faiblesses.
Rappelons-nous : « Il donne une maison à celle qui était stérile, Il en fait une mère joyeuse au milieu de ses enfants. » Quels que soient les défis rencontrés, nous devons croire que Dieu peut nous frayer un chemin. On dit de Lui qu’Il est le « réparateur des brèches » (Ésaïe 58:12) et « le rémunérateur de ceux qui le cherchent » (Hébreux 11:6).
L'adoption est une alternative à considérer. De nombreux enfants abandonnés ou orphelins n'attendent qu'à être accueillis et aimés au sein d'un foyer.
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Perspectives Chrétiennes Diverses
Il est important de noter que le christianisme n'est pas unanime sur la question de l'avortement. Si la majorité des Églises chrétiennes assimilent l'avortement au meurtre d'un être humain, d'autres adoptent une position plus nuancée.
L'Église catholique condamne toute forme d'interruption de grossesse volontairement provoquée, considérant qu'il s'agit d'un acte immoral contre la vie humaine, qui doit être respectée depuis la conception jusqu'à la mort naturelle. Le pape Jean-Paul II a réaffirmé cette position en 1995 dans son encyclique Evangelium Vitae. L’Église catholique considère que l’avortement est un infanticide, et les personnes impliquées dans un avortement font l’objet d’une excommunication. L’excommunication prive de la possibilité de recevoir les sacrements. Les personnes qui participent à un avortement et les parents qui le font volontairement sont excommuniés seulement s’ils sont catholiques, s’ils sont conscients du degré de gravité de cet acte, et s’ils agissent librement.
Les orthodoxes condamnent l'avortement, le considérant comme un meurtre d'une même gravité que celui d'une personne déjà née. Les églises évangéliques sont généralement opposées à l'avortement, qu'elles considèrent comme une atteinte au droit à la vie.
À l'heure actuelle, les Églises luthérienne et réformée ont un point de vue beaucoup plus favorable à l'avortement que les autres confessions chrétiennes. Certains membres de ces Églises ont même été très actifs pour obtenir la légalisation de l'IVG en France. La Communion Protestante Luthéro-Réformée s'est exprimée en faveur de la constitutionnalisation de l'avortement en France.
L'Éthique et l'Avortement
La question de l'avortement soulève des questions éthiques fondamentales. Quand commence la vie ? Quelles sont les responsabilités de la femme enceinte, du père et de la société ? Comment équilibrer le droit à la vie du fœtus et le droit à l'autonomie de la femme ?
Certains théologiens ont avancé l'idée que l'humanisation du fœtus dépend de son acceptation et de la décision de l'intégrer dans la communauté humaine. Selon cette perspective, toute expulsion volontaire d'un fœtus n'est pas forcément l'élimination d'un être humain.
D'autres mettent en avant une "morale de la responsabilité", qui considère que dans certains cas, il peut y avoir plus de courage et d'amour à prendre la responsabilité d'un avortement qu'à laisser venir au monde des vies menaçantes pour la santé physique et psychique de la mère ou menacées dans leur propre viabilité future.
La Miséricorde et le Pardon
L’Église n’exclut personne et souhaite que les femmes qui ont avorté, même quand elles étaient conscientes de la gravité de cet acte, puissent se sentir accueillies et aimées. Les chrétiens ne condamnent pas les femmes qui ont avorté ou les personnes qui ont réalisé ces avortements. Ils veulent que ces personnes puissent s’ouvrir à la vie et accueillir le pardon de Dieu. Mais pour cela il faut aussi prendre conscience du mal, du fait que l’avortement est le meurtre d’un être humain. Dieu pardonne toujours, mais pour accueillir son pardon il faut être conscient que l’on a besoin d’être pardonné.
La miséricorde est l’amour que Dieu porte à ceux qui sont faibles et pécheurs. Elle ne consiste pas seulement dans le pardon des péchés. Si Dieu me pardonne et que cela ne change rien à ma vie, je ne suis pas plus avancé… La miséricorde propose aussi une espérance, un chemin de vie. La personne qui a avorté peut se relever et vivre, être source de vie pour ceux qui l’entourent, même si elle a un jour choisi la mort. Le bonheur est possible pour tous, personne n’est exclu, même si Dieu ne nous promet pas que la vie sera facile sur cette terre.
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