La conisation du col de l'utérus est une intervention gynécologique qui suscite de nombreuses interrogations, notamment chez les femmes en âge de procréer. Cet article vise à éclaircir les risques potentiels d'un avortement après une conisation, son impact sur la fertilité, ainsi que les mesures de contraception et le suivi médical approprié.

Qu'est-ce que la Conisation et Pourquoi Est-elle Pratiquée ?

La conisation du col de l'utérus, également appelée biopsie conique, est une intervention chirurgicale qui consiste à retirer une partie du tissu anormal du col de l'utérus, en forme de cône. Cette ablation est généralement réalisée à titre préventif, lorsque des anomalies du col de l'utérus sont suspectées. Ces anomalies, appelées dysplasies, sont diagnostiquées lors d'un frottis du col de l'utérus et peuvent être à l'origine de saignements, d'infections ou du développement d'un cancer du col de l'utérus.

Compte tenu du risque de cancer, le gynécologue peut alors préconiser la mise en place d'une conisation. Cette opération permet à la fois de prévenir l'apparition d'un cancer du col de l'utérus et d'évaluer le type et l'étendue de la lésion grâce à un prélèvement de tissu (biopsie).

Impact de la Conisation sur la Fertilité et la Grossesse

Fertilité

Fréquente, la conisation présente peu de risques. Si elle ne semble pas affecter la fertilité, certains médecins suggèrent néanmoins que la conisation pourrait modifier la qualité et la quantité de la glaire cervicale. Or, cette dernière est connue pour jouer un rôle essentiel dans la fécondation en protégeant les spermatozoïdes et en facilitant leur trajet vers les trompes de Fallope. Cependant, ce problème peut être pallié grâce à un traitement à base d'œstrogènes.

Grossesse

L'avis des professionnels de santé est partagé sur la question des conséquences d'une conisation pour une future grossesse. Si une grossesse après conisation peut se dérouler sans complications, celle-ci nécessite néanmoins un suivi médical particulier car la conisation peut augmenter le risque d'accouchement prématuré. C'est pourquoi il est conseillé aux femmes enceintes après conisation d'évoquer leur opération à tous les professionnels de santé qui les prendront en charge : gynécologues, sages-femmes, médecins…

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Une grossesse après conisation nécessite une vigilance accrue. Il sera notamment recommandé aux femmes enceintes de privilégier le repos et d'éviter au maximum des activités intenses. Dans certains cas, un cerclage du col de l'utérus peut être mis en place. Cette technique permet de « sécuriser » la fermeture du col de l'utérus, afin que vous puissiez mener votre grossesse à terme sans problème.

Avortement (IVG) Après Conisation : Risques et Précautions

Risques Généraux de l'IVG

Les risques liés à l’IVG sont aujourd’hui très rares avec la médicalisation de l’IVG. Il peut également exister des risques IVG liés à l’anesthésie. Ce sont les mêmes que pour toute autre intervention (allergie, réaction aux produits anesthésiants) et sont donc rares. Une rétention après une IVG chirurgicale peut se produire. Il faudra alors prendre des antibiotiques et dans certains cas recourir à une nouvelle opération. En effet, il se peut que la grossesse n’ait pas été totalement aspirée. S’il est constaté tout symptôme inhabituel, saignement abondant après l’IVG par aspiration, douleur ou fièvre, il est primordial de contacter le lieu où l’IVG a été pratiquée pour un avis médical.

IVG et HPV

Il est important de noter que l'IVG ne provoque pas de lésions pré-cancérigènes. Les lésions sont causées par le HPV.

Précautions Spécifiques Après une IVG

Après une IVG, il est conseillé d’attendre une dizaine de jours avant la reprise des rapports sexuels avec pénétration. En effet, si le col de l’utérus n’est pas refermé il existe un risque que des germes puissent remonter du vagin vers l’utérus et soient à l’origine d’une infection. Pour les mêmes raisons il est également recommandé de ne pas utiliser de tampons durant cette période.

Contraception Après une IVG

Si vous ne souhaitez pas de grossesse il est nécessaire d’utiliser une contraception dès la reprise des rapports sexuels après une IVG (une grossesse est possible même avant la reprise de vos règles). Au cours des différentes consultations effectuées pour réaliser l’IVG, vous recevez une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et pouvez échanger avec le médecin ou la sage-femme afin de choisir la contraception qui vous convient le mieux.

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Aucune méthode n’est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier. Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.

Quand Débuter la Contraception ?

La contraception que vous avez choisie peut être mise en place dès la réalisation de l’IVG. Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l’IVG instrumentale (sauf en cas d’épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse. Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée : le jour même ou le lendemain d’une IVG instrumentale ; le jour de la prise de misoprostol - prise du 2e médicament - pour une IVG médicamenteuse.

Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.

Remboursement de la Contraception

Sont remboursables par l'Assurance maladie : certaines pilules contraceptives ; les implants contraceptifs hormonaux ; les progestatifs injectables ; les dispositifs intra-utérins (DIU) ou stérilets ; les diaphragmes ; certaines marques de préservatifs externes (masculins). Pour les femmes de moins de 26 ans avec une couverture sociale, ces contraceptifs sont délivrés en pharmacie sur prescription médicale avec une prise en charge à 100% et sans avance de frais. Concernant les préservatifs externes, ils sont pris en charge à 100% pour tous et toutes jusqu'à 26 ans, sans ordonnance. Le parcours de contraception pour toutes les personnes mineures est protégé par le secret. Pour les femmes de plus de 26 ans, ces contraceptifs sont remboursés à 65 % par l'Assurance maladie dans les conditions habituelles.

Suivi Médical Après une IVG

Après l’IVG les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique qui peut être réalisé, si la consultation est en présentiel, le médecin ou la sage-femme pourra vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais que vous soyez majeure ou mineure.

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Règles Après une IVG

Après une IVG les règles reviennent généralement dans les 4 à 6 semaines. Cela peut varier en fonction du type de contraception que vous avez choisi d’utiliser et du moment où vous l’avez débutée. Avec une pilule oestro-progestative par exemple, les règles surviendront à la fin de la première plaquette. Avec un DIU hormonal les règles peuvent êtres irrégulières ou absentes.

Symptômes de Grossesse

Les symptômes de grossesse (nausées ou sensibilité des seins) disparaissent généralement quelques jours après l’IVG médicamenteuse ou instrumentale. Un test de grossesse peut rester positif jusqu’à trois semaines après une IVG. C’est la visite de contrôle qui permettra de confirmer que l’IVG a fonctionné.

Conséquences Psychologiques

Parmi les idées reçues qui circulent autour de l’IVG, on retrouve fréquemment l’existence d’un syndrome post avortement. Pourtant, de nombreuses études scientifiques fiables ont montré que l’IVG n’est pas à l’origine de troubles psychologiques spécifiques. Le vécu d’une IVG est personnel et varie d’une femme à l’autre. C’est souvent le contexte de sa réalisation et l’accompagnement autour de l’IVG qui peuvent avoir un impact psychologique. Par ailleurs, les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent contribuer au mauvais vécu d’une IVG. Vous pouvez également vous tourner vers un psychologue ou encore vers des associations, comme le Planning familial, qui peuvent vous apporter un soutien important. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si vous en ressentez le besoin.

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