La question de la consommation d'alcool pendant la grossesse est un sujet de préoccupation majeur en raison de ses conséquences potentiellement graves sur le développement du fœtus. Cet article vise à informer les femmes enceintes et celles qui envisagent de le devenir sur les risques associés à l'alcoolisation fœtale, en s'appuyant sur des données scientifiques et des conseils de professionnels de la santé.

Impact de l'alcool sur la contraception

Il est important de noter, même si la consommation d’alcool affecte l’efficacité d’un nombre important de médicaments, elle épargne celle de la pilule contraceptive. Cependant, quels sont les risques qui relient consommation de boissons alcoolisées et contraception ? Quelles sont les précautions à prendre pour s’assurer que le moyen de contraception remplit pleinement son rôle ? La pilule protège contre le risque de grossesse à hauteur de 99,7% mais dans les faits, son efficacité est réduite à 91 % en raison des oublis ou des interactions médicamenteuses. Dans ce cas de figure, il est conseillé de prendre une autre pilule dès que possible et consulter un médecin pour obtenir des conseils supplémentaires. À savoir ! La pilule à progestatif seul (POP) n’est efficace que si elle est ingérée dans la même période de 3 heures chaque jour. Les pilules progestatives augmentent la viscosité de la glaire cervicale pour la rendre imperméable aux spermatozoïdes et sur la muqueuse utérine. Globalement, les études scientifiques montrent que les femmes qui prennent la pilule métabolisent l’alcool plus lentement que celles qui n’en prennent pas. À savoir ! L’élimination de l’alcool se fait au rythme d’environ 0,15 g/l/h en cas de concentration supérieure à 0,50 g/l, avec d’importantes variations d’une personne à l’autre.

L'alcool et la grossesse : une combinaison dangereuse

La consommation d'alcool chez la femme enceinte est la première cause non génétique de handicap mental chez l'enfant en France. Pourtant, selon une étude de l'Institut de veille sanitaire parue en 2013, environ 23 % des Françaises consomment de l'alcool pendant leur grossesse. Pendant la grossesse, la prise d’alcool est particulièrement néfaste : l’alcool passe la barrière du placenta et se retrouve dans le sang du fœtus à des concentrations plus élevées que celles présentes dans le sang de la mère. En effet, le foie du fœtus n’est pas encore capable d’éliminer l’alcool comme chez les adultes. La consommation de boissons alcoolisées est toxique pour le fœtus à tous les stades de la grossesse.

Les risques pendant le premier trimestre

Au cours du premier trimestre, l’alcool peut être à l’origine de malformations anatomiques du visage du bébé. La sensibilité est maximale pendant l’embryogenèse (les trois premiers mois), période de construction des organes de la plupart des parties du corps.

Les Troubles Causés par l'Alcoolisation Fœtale (ETCAF)

Les conséquences de l’exposition du fœtus à l’alcool sont regroupées sous le terme d’ « ensemble de troubles causés par l’alcoolisation fœtale (ETCAF) », susceptibles d’entrainer pendant l’enfance des difficultés d’apprentissage, des troubles du langage, des problèmes de mémoire et de raisonnement, ainsi qu’un retard du développement moteur (équilibre, temps de réaction, coordination des mouvements, etc.). Des troubles du développement social peuvent également apparaître à l’adolescence, ainsi que des troubles du psychisme.

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Compréhension et prévention de l'alcoolisation fœtale

Des enquêtes ont été menées afin de mieux comprendre pourquoi l’alcoolisation fœtale était encore un problème en France aujourd’hui. Dans la très vaste majorité des cas, l’alcoolisation fœtale est observée chez des femmes qui sont dans l’ignorance ou le déni de la toxicité des boissons alcoolisées pendant la grossesse et qui, de plus, tendent à sous-estimer leur consommation. Lorsqu’une consommation problématique est dépistée, il va mettre en place un plan d’action visant à diminuer, si possible supprimer, la quantité de boissons alcoolisées ingérée pendant la grossesse. S’il craint des conséquences précoces de l’alcoolisation fœtale, il alertera la future mère et son obstétricien pour permettre une prise en charge adaptée du nouveau-né dès l’accouchement.

Consommation d'alcool en début de grossesse

La consommation d’alcool en tout début de grossesse (3 à 4 semaines d’aménorrhée) ne comporte pas de risque d’anomalie pour le développement de l’embryon. De plus, les deux premières semaines de votre grossesse, l'oeuf n'est pas encore fixé à la paroi utérine. Le risque alcool porte alors surtout sur un risque supplémentaire de mauvaise insertion de l'oeuf dans cette paroi, voire d'avortement spontané. Ce risque obstétrique semble aujourd'hui écarté puisque vous êtes toujours enceinte. Il est donc probable que le risque que vous ayez fait courir à l'embryon ne porte désormais que sur la consommation que vous avez eue pendant la 3e semaine de grossesse.

Étude danoise sur la consommation modérée d'alcool et la grossesse

Ce sont les conclusions d’une étude danoise réalisée sur près de 40000 femmes. Publiée dans la revue Human Reproduction, cette recherche arrive à la conclusion qu’une consommation modérée d’alcool (moins de 14 verres par semaine) ne ralentirait pas l’arrivée d’une grossesse chez la femme. Au contraire, l’abstinence vis à vis de l’alcool augmenterait le temps de survenue d’une grossesse. Cette étude, menée par Mette Juhl et al au Danish Epidemiology Science Center et dans différents centres de Copenhague et d’Aarhus au Danemark, avait pour objectif d’examiner de façon statistiquement valable, les relations entre la consommation d’alcool chez les femmes et le temps de survenue d’une grossesse.L’étude a porté sur 39612 femmes danoises recrutées durant les 24 premières semaines de leur grossesse entre 1997 et 2000. Elles ont été interrogées sur leur consommation d’alcool avant leur grossesse ainsi que sur le temps d’arrivée de celle-ci.Parmi ces femmes, 29844 ont été retenues car certaines avaient eu des problèmes génitaux (cancer ovarien, endométriose).Parmi les femmes n’ayant pas eu d’enfant avant leur grossesse, la consommation d’alcool, modérée ou élevée (entre 2 et 14 verres ou plus par semaine), n’a pas été associée avec un temps allongé de survenue de la grossesse, comparées aux femmes avec une consommation faible (moins de deux verres par semaine).Parmi les femmes ayant déjà connu une grossesse, une légère relation a été observée dans le groupe de femmes avec une consommation d’alcool élevée (Odds Ratio=1.3 ;IC95%=1.0-1.7).Les femmes abstinentes vis à vis de l’alcool ont eu un temps d’attente légèrement supérieur à celles ayant une consommation modérée d’alcool (OD=1.2 ;IC95%=1.1-1.3).«Des études récentes semblaient montrer que même une faible consommation d’alcool rallongeait le temps d’attente d’une grossesse», a dit le docteur Juhl.

Témoignages et inquiétudes

Plusieurs femmes partagent leurs inquiétudes concernant leur consommation d'alcool en début de grossesse, souvent avant de savoir qu'elles étaient enceintes. Elles craignent les risques de malformations ou de troubles pour leur futur enfant. Les professionnels de la santé soulignent l'importance de relativiser ces risques, surtout si la consommation a eu lieu très tôt dans la grossesse.

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