L'interruption volontaire de grossesse (IVG), ou avortement, est un droit fondamental pour toute femme enceinte qui ne souhaite pas poursuivre sa grossesse. En France, la loi encadre strictement cette pratique, définissant les délais et les méthodes autorisées. Cet article se concentre sur l'IVG à 18 semaines de grossesse, en abordant la procédure, les risques potentiels et les alternatives possibles.
Cadre Législatif de l'IVG en France
La loi française autorise l'IVG jusqu'à 14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d'aménorrhée (SA). Cependant, certaines situations permettent de réaliser une IVG au-delà de ce délai, notamment en cas de motif médical grave ou de détresse psychosociale. La loi du 2 mars 2022 a renforcé le droit à l'avortement en France en élargissant la possibilité d'avorter jusqu'à 16 semaines d'aménorrhée. La loi autorise les personnes qui le demandent à réaliser un avortement au-delà de 14 semaines d’aménorrhée (12 semaines de grossesse).
Les Méthodes d'IVG
Il existe deux principales méthodes d'IVG :
- IVG médicamenteuse : Cette méthode peut être pratiquée jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. Elle consiste à prendre deux médicaments différents : la mifépristone (MYFEGINE) qui interrompt le développement de la grossesse et le misoprostol (GYMISO) qui provoque l’expulsion de la grossesse.
- IVG instrumentale (chirurgicale) : Cette méthode est réalisée dans un établissement de santé et consiste en une aspiration de l'œuf, précédée d'une dilatation du col de l'utérus. Elle peut être pratiquée sous anesthésie locale ou générale.
L'IVG Instrumentale Entre 18 et 22 Semaines
Lorsque la grossesse est plus avancée, entre 18 et 22 semaines, l'IVG instrumentale est la méthode privilégiée. Cette intervention est pratiquée exclusivement à la clinique Bloemenhove Haarlem. Cette procédure est considérée comme une « interruption de grossesse du deuxième trimestre ».
Préparation à l'Intervention
Deux à trois heures avant l’intervention, un médicament (le misoprostol) est administré afin de ramollir le col de l’utérus et d'assurer une certaine dilatation. Pour une sédation profonde, votre estomac doit être complètement vide (vous devez être à jeun). C’est la raison pour laquelle vous ne devez rien manger pendant les 3 heures qui précèdent l’intervention. Vous pouvez boire de l’eau jusqu’au rendez-vous.
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Déroulement de l'Intervention
L’intervention se déroule toujours sous sédation (profonde). La durée de l’hospitalisation est de 6 à 8 heures, en moyenne. La durée de l’intervention est de 15 à 25 minutes ; elle varie selon le stade de la grossesse. Un médecin orthogéniste (spécialiste en IVG) procédera à l’avortement, assisté d’au moins un membre infirmier. À l’aide d’un spéculum (instrument en forme de bec de canard), le médecin va rendre visible le col de l’utérus. Le fœtus sera ensuite retiré, puis l’utérus vidé, à l’aide d’instruments chirurgicaux.
Suivi Post-IVG
Après l’intervention, vous irez en salle de repos. Vous y resterez pendant une heure, sous surveillance. Des antibiotiques sont administrés pour prévenir les infections. Des maux de ventre et des saignements peuvent survenir. Ces désagréments peuvent persister quelques jours ou quelques semaines ; ils s’atténueront progressivement. Les symptômes de la grossesse vont aller en diminuant dès la fin de la semaine qui suit l’intervention. Si les désagréments ne s’atténuent pas, si vous avez de la température ou si vous ne vous sentez pas bien, il faut toujours en informer l'équipe médicale.
Risques et Complications Possibles
Comme toute intervention médicale, l'IVG instrumentale comporte des risques, bien que ceux-ci soient généralement faibles. Les complications potentielles incluent :
- Hémorragie : C'est le risque principal de l’IVG médicamenteuse. Globalement il y a beaucoup plus de saignements et d'hémorragies dans le groupe aspiration, quel que soit le terme.
- Infection : Des antibiotiques sont prescrits pour minimiser ce risque. Des symptômes d’infection (fièvre à 38°qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol), des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur.
- Perforation utérine : Rare, mais possible lors de l'intervention instrumentale.
- Rétention de fragments placentaires : Peut nécessiter une aspiration complémentaire. Avec l'expulsion une augmentation des aspirations secondaires pour rétention.
- Complications liées à l'anesthésie : Si l'IVG est réalisée sous anesthésie générale.
- Effets secondaires des médicaments : Douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h.
Alternatives à l'IVG
Il est important de noter que l'IVG n'est pas la seule option pour une femme enceinte qui ne souhaite pas poursuivre sa grossesse. D'autres alternatives existent, telles que :
- L'accouchement sous X : La femme accouche à l'hôpital et confie son enfant à l'adoption dès la naissance.
- La délégation volontaire de l'autorité parentale : L'exercice de l'autorité parentale peut être délégué à un tiers ou à un organisme spécialisé.
Soutien Psychologique
Une consultation psycho-sociale est systématiquement proposée après l’IVG. Elle vous permet de parler de votre situation si vous en ressentez le besoin. Chaque femme va vivre l’IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d’en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel. Les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n’en avaient pas avant et elles ne seront pas forcément traumatisées.
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Où S'Adresser ?
Pour toute question ou démarche concernant l'IVG, il est possible de s'adresser à :
- Un médecin ou une sage-femme
- Un centre de santé sexuelle (anciennement centre de planification et d'éducation familiale)
- Un établissement de santé (hôpital ou clinique)
- Le Planning Familial
Coût et Remboursement
Pour toutes les femmes assurées sociales (majeures ou mineures), l'avortement et tous les actes associés (consultations, échographies, prises de sang…) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Il n'y a aucune avance de frais et aucun dépassement d’honoraire possible. Pour les femmes résidant en France en situation irrégulière et non admises à l'aide médicale de l'État (AME), il existe une prise en charge des soins urgents (dont fait partie l’IVG) à l'hôpital (hospitalisation ou consultation en établissement de santé).
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