La coqueluche, une maladie respiratoire très contagieuse causée par la bactérie Bordetella pertussis, représente un risque significatif pour les nourrissons, en particulier ceux de moins de 6 mois. Afin de protéger ces nourrissons vulnérables, la vaccination des femmes enceintes contre la coqueluche est fortement recommandée. Cet article explore les raisons de cette recommandation, l'efficacité de la vaccination, son calendrier, sa sécurité et d'autres considérations importantes.
La coqueluche : une menace pour les nourrissons
La coqueluche est endémique et connaît des épidémies plus importantes tous les trois à cinq ans. Bien que la vaccination contre la coqueluche soit obligatoire pour les nourrissons en France depuis 2018, les nourrissons de moins de 6 mois restent les plus vulnérables aux formes graves de la maladie. En effet, plus de 90% des décès liés à la coqueluche sont observés chez les enfants de moins de 6 mois.
La recrudescence des cas de coqueluche en 2023 et 2024 souligne l'importance de la vaccination pour protéger les nourrissons trop jeunes pour être vaccinés.
Vaccination des femmes enceintes : une stratégie de protection efficace
Afin de réduire le risque de formes graves de coqueluche chez les nouveau-nés et les nourrissons, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande depuis 2022 la vaccination des femmes enceintes contre la coqueluche à partir du deuxième trimestre de grossesse, en privilégiant la période entre 20 et 36 semaines d’aménorrhée (SA). Cette mesure vise à protéger l'enfant dès sa naissance grâce au transfert transplacentaire des anticorps maternels.
L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) considère également la vaccination des femmes enceintes comme la stratégie complémentaire la plus efficiente pour prévenir la coqueluche chez les nourrissons trop jeunes pour être vaccinés. Cette stratégie offre une double protection : elle protège la mère et permet le passage transplacentaire des anticorps protecteurs.
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Efficacité de la vaccination pendant la grossesse
La vaccination des femmes enceintes contre la coqueluche s'est avérée très efficace pour protéger les nourrissons. Les données de nombreux pays ayant mis en œuvre cette stratégie depuis plus de 10 ans (Royaume-Uni, USA, Australie, Belgique, Suisse, etc.) montrent un excellent profil de sécurité et de tolérance pour les mères, les fœtus, les nouveau-nés et les nourrissons.
Une étude Epi-Phare a révélé qu'entre 2023 et 2024, le taux de vaccination contre la coqueluche chez les femmes enceintes a dépassé 60 %. Parmi les femmes vaccinées, plus de 90 % l'ont été entre la 18e et la 34e semaine de grossesse.
L'expérience anglaise, par exemple, a montré une réduction d'environ 95 % de la mortalité par coqueluche chez les nourrissons de moins de 2 mois nés de femmes vaccinées.
Calendrier de vaccination
La HAS recommande que la vaccination coqueluche soit réalisée chez toutes les femmes enceintes à partir du 2ème trimestre de grossesse, en privilégiant la période 20-36 SA. Elle préconise également que la vaccination soit effectuée à chaque grossesse, même si une vaccination a déjà eu lieu auparavant.
Le Ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS) du Québec estime que l’administration du vaccin dès 13 SA est possible sur une base individuelle (par exemple, avant un départ à l’étranger). Il n’est pas nécessaire de revacciner plus tard durant cette grossesse.
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Sécurité de la vaccination pendant la grossesse
De nombreux essais cliniques menés depuis le début des années 2010 ont apporté des données rassurantes en termes de sécurité maternelle, fœtale et néonatale après vaccination dTP ou dTPca des femmes enceintes.
Les sels d’aluminium sont les adjuvants les plus largement utilisés dans le monde. Des millions de femmes enceintes ont reçu un vaccin antitétanique adsorbé à l’aluminium dans le cadre de l’initiative pour l’élimination du tétanos néonatal et, jusqu’à présent, aucune association avec des malformations fœtales ou des troubles du développement n’a été démontrée.
La comparaison d’évènements médicaux d’enfants de 0 à 6 ans, dont la mère avait été vaccinée au cours de sa grossesse par rapport à des enfants du même âge dont les mères n’avaient pas été vaccinées, apporte des données rassurantes en termes de risque de maladies infectieuses, d’asthme, de troubles sensoriels ou de troubles du spectre de l’autisme.
Types de vaccins et remboursement
Le vaccin contre la coqueluche n’existe pas seul. Toutes les formules existantes sont tétravalentes et l’associent au minimum aux 3 vaccins DTP (diphtérie polio tétanos). Sous cette forme, il a pour nom commercial Repevax®️ ou Boostrixtetra®️.
Le prix du vaccin contre la coqueluche Repevax coûte 22,17 euros, tout comme le Boostrixtetra. Dans tous les cas, le vaccin est remboursé à 65 % par l’Assurance maladie. Le montant restant est généralement remboursé par les complémentaires santé (mutuelles).
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Effets secondaires possibles
Le vaccin contre la coqueluche donne très peu d’effets secondaires. On peut ressentir une rougeur, un gonflement ou de la douleur à l’endroit où le médecin a réalisé la piqûre. ll est aussi fréquent d’avoir un peu de fièvre, ou des douleurs musculaires ou articulaires. Des réactions allergiques graves, bien que très rares, peuvent survenir après la vaccination.
Disparités régionales et socio-économiques
Malgré l'augmentation du taux de vaccination contre la coqueluche chez les femmes enceintes, des disparités régionales et socio-économiques persistent. Les régions du nord et de l'ouest de la France (Pays de la Loire, Bretagne, Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Hauts-de-France) affichent des taux de vaccination supérieurs à la moyenne nationale.
De plus, les femmes vaccinées ont tendance à bénéficier moins de la complémentaire santé solidaire, ont moins recours à des consultations auprès de services de PMI, sont plus souvent issues de communes plus favorisées et vivent dans des communes offrant une meilleure accessibilité potentielle localisée aux médecins généralistes.
Ces disparités suggèrent la nécessité de mettre en place des actions de sensibilisation ciblées pour atteindre les populations les plus vulnérables.
Stratégie de cocooning
En l’absence de vaccination de la femme enceinte pendant la grossesse, une stratégie de cocooning par la vaccination doit être mise en place :
- pour la mère en post-partum immédiat, avant la sortie de la maternité, même si elle allaite ;
- pour l’entourage du nouveau-né (parents, fratrie, grands-parents et autres personnes susceptibles d’être en contact étroit et durable avec le futur nourrisson au cours de ses six premiers mois).
Lorsque la mère a été vaccinée pendant sa grossesse et qu’au moins un mois s’est écoulé entre la vaccination et l’accouchement, il n’est plus nécessaire de vacciner l’entourage proche du nourrisson.
Recommandations pour les professionnels de santé
Face à la circulation de la coqueluche sur le territoire, la HAS recommande en complément :
- que l’entourage proche (quel que soit son âge) du nouveau-né/nourrisson reçoive une dose de rappel de vaccin dTcaP si la vaccination coquelucheuse antérieure date de plus de 5 ans ;
- l’administration d’une dose de rappel avec un vaccin dTcaP lorsque la dernière injection date de plus de 5 ans, pour tous les professionnels travaillant au contact des nouveau-nés et nourrissons de moins de 6 mois, notamment :
- les professionnels soignants des services de maternité, néonatalogie, de pédiatrie… ;
- les professionnels de santé en ville (médecins libéraux, kinésithérapeutes, PMI…) ;
- les étudiants des filières médicales et paramédicales ;
- les professionnels de la petite enfance dont les assistants maternels ;
- les personnes effectuant régulièrement du baby-sitting.
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