L'opinion publique française concernant la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA) a connu une évolution significative au fil des années. Un sondage récent révèle que plus de deux tiers des Français approuvent l'idée de la PMA pour les couples de femmes, tandis qu'un peu plus de la moitié sont favorables à la GPA pour les couples homosexuels. Cette tendance reflète un changement profond dans la perception de l'homoparentalité et des droits reproductifs en France.
Soutien croissant à la PMA pour toutes les femmes
L'ouverture de la PMA à toutes les femmes, y compris les couples de femmes et les femmes célibataires, est un sujet de débat actuel en France. Selon une enquête relayée par BFMTV, 67% des Français sont favorables à la PMA pour les couples de femmes. Cette évolution est frappante, car seulement 24% y étaient favorables en 1990. L'opinion a basculé à partir du milieu des années 2000, témoignant d'une acceptation croissante de la diversité familiale.
Ce dernier sondage montre que les hommes (63%) soutiennent un peu moins l’idée que les femmes (70%). Les 18-24 ans sont la classe d’âge qui y est la plus favorable (80%). Il est important de noter que les niveaux de revenus et d’éducation n’ont pas d’influence significative sur l’opinion à propos de cette question. Cependant, les 65 ans et plus sont parmi les plus réticents, avec 49% d’opposition. En ce qui concerne les opinions religieuses, 61% des musulmans et 56% des protestants sont contre, tandis que 55% des catholiques pratiquants sont pour.
En ce qui concerne la PMA pour les femmes célibataires, 67% des Français y sont favorables. Là aussi, ce sont les jeunes qui y sont le plus favorables (82%).
La GPA : un sujet plus clivant, mais en évolution
La gestation pour autrui (GPA), qui n’est pas soumise au vote des parlementaires, est un sujet plus complexe et suscite des opinions plus partagées au sein de la société française. Le recours à une mère porteuse reçoit l’approbation de 53% des Français pour les couples homosexuels. Il est intéressant de noter qu'en 2014, 59% y étaient opposés, ce qui indique une inversion en cours sur le sujet. Les 18-24 ans sont encore une fois les plus favorables à cette mesure (73%).
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Cependant, quand il s’agit de couples hétérosexuels, le soutien est plus massif.
Analyse détaillée des résultats du sondage IFOP
L'enquête intitulée "Les Français, la PMA et le vote de la loi bioéthique", réalisée par l'Ifop pour l'Association des familles homoparentales, révèle un consensus autour de la mesure-phare du projet de loi bioéthique : la PMA pour toutes les femmes.
Large assentiment autour de la PMA pour les couples de femmes
Interrogés au sujet de l'ouverture de cette pratique aux couples de femmes, 67% des Français ont fait part de leur adhésion, contre 33% qui ont réaffirmé leur opposition. Il s'agit là d'un renversement majeur du prisme français autour de cette thématique, opéré en une trentaine d'années à peine. Ainsi, nos compatriotes n'étaient que 24% à y être favorables en janvier 1990, comme l'avait souligné une autre enquête de l'Ifop à l'époque. L'idée était cependant déjà devenue majoritaire en avril 2004, avec 51% de sondés partisans de la possibilité du recours à l'insémination pour les couples de femmes.
Dans le détail, il apparaît que 63% des hommes et 70% des femmes soutiennent la PMA pour les couples de femmes. Les catégories de la population les plus enthousiastes sont les 18-24 ans (avec un taux de faveur de 84%), les employés (79%) et les ouvriers (78%).
On n'identifie d'ailleurs pas de clivage social autour de ce sujet: 64% des foyers décrits comme aisés - c'est-à-dire gagnant plus de 2500 euros par mois et par personne - poussent en ce sens, en même temps que 70% des personnes relevant de la catégorie des revenus modestes - avec des ressources mensuelles et individuelles oscillant de 900 à 1300 euros - et 67% de la classe de revenu inférieure.
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Cette opinion n'est pas non plus fonction du diplôme, ou alors de manière mineure: les Français ayant poursuivi des études après le bac adhèrent à la PMA pour les couples lesbiens pour 71% d'entre eux, et les Français dont le niveau d'instruction est situé en-deçà du bac pour 64% d'entre eux. La variante géographique de ce passage en revue sociologique ne joue pas davantage. 74% des habitants de l'agglomération parisienne sont favorables à ce nouveau dispositif, tandis que 68% des riverains de communes rurales aussi.
Les segments de la population les plus défavorables à la PMA pour les couples de femmes se cherchent notamment du côté des 65 ans et plus. 49% de cette partie du panel désapprouvent, comme 50% des artisans et des commerçants. La scène religieuse est très contrastée: 61% des musulmans et 56% des protestants déclarent leur opposition mais 55% des catholiques pratiquants soutiennent cette mesure.
La PMA pour les couples de femmes jouit de surcroît d'une solide assise dans le monde politique: 75% des citoyens de gauche la plébiscitent, comme 72% de ceux proches de la majorité actuelle. 57% (60% pour l'ensemble de la droite) des sympathisants des Républicains s'inscrivent en faux mais 59% des électeurs du Rassemblement national se rangent parmi les partisans de la PMA. Enfin, les hétérosexuels font aussi partie de ce dernier ensemble pour 68% d'entre eux, et les homosexuels pour 89%.
Une vision qui se confirme pour les femmes célibataires
L'ouverture de la PMA n'englobe pas les seuls couples lesbiens, le thème embrasse aussi les femmes célibataires désireuses d'avoir un enfant. L'approbation atteint exactement le même taux dans ce cas de figure: 67% des Français sont pour, quand 33% sont contre. Mais à vrai dire, ce chiffre est moins surprenant: l'Ifop souligne que la faveur était déjà de 53% en janvier 1990.
70% des femmes et 64% des hommes soutiennent aujourd'hui cet autre volet de la PMA. Les plus jeunes sont encore les plus unanimes: 82% chez les 18-24 ans. Les employés (79%) et ouvriers (73%) sont également très décidés, comme 68% des cadres. Les retraités se réchauffent sous cet angle: 54% d'entre eux sont favorables à la PMA pour les femmes célibataires.
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Les citoyens dont la qualification scolaire est inférieure au bac sont pour à 65%, quatre points de moins ici que les personnes ayant dépassé le bac. Paris et les communes rurales parlent une nouvelle fois sur le même ton (70% contre 68%). Les catégories les moins argentées de la population - percevant moins de 900 euros par personne et par mois - sont plus nettement acquises à cette législation, à hauteur de 71%, que les plus aisés: 62%.
Au registre politique, on reproduit, somme toute logiquement, les schémas précédents pour l'essentiel: 78% des sympathisants de la gauche, 67% de la majorité, mais aussi 56% du RN sont pour, tandis que 53% des partisans de la droite rejettent la PMA pour les femmes célibataires. Cette perspective est mieux accueillie chez les croyants: 51% des protestants adhèrent cette fois, comme 61% des musulmans. Le taux de soutien reste stable chez les catholiques pratiquants: 54%. Enfin, la mesure plaît à 96% des personnes homosexuelles et à 68% des personnes hétérosexuelles.
Des Français plus divisés pour la GPA
L'institut de sondage a aussi voulu questionner son panel sur un sujet qui suscite généralement des visions plus divisées au sein de la société: la gestation pour autrui. Cette pratique qui repose sur l'intermédiaire d'une mère porteuse ne fait non seulement pas partie du projet de loi bioéthique, mais les échanges auxquels il a donné lieu ont même confirmé son interdiction dans le droit français. De plus, à gauche comme à droite, la grande majorité des personnalités et formations politiques la voient d'un mauvais œil.
Selon l'Ifop, l'option a pourtant gagné du terrain dans les esprits au point de recueillir une courte majorité d'assentiment. 53% des Français disent être pour la GPA à destination des couples homosexuels, 47% contre. La remontée dans les têtes est d'ailleurs spectaculaire à observer les chiffres collectés par l'Ifop: 59% des Français ne voulaient pas en entendre parler en octobre 2014, puis 52% en mai 2019. La bascule aurait donc eu lieu au cours des deux dernières années.
Il faut noter ici que 52% des hommes sont toujours opposés à la mesure. 59% des femmes sont pour. Comme à l'accoutumée, les 18-24 ans se distinguent par leur adhésion à la réforme proposée: 73%. Les catégories populaires valident aussi un éventuel virage du droit sur ce point (66%) dans les mêmes proportions que les cadres (62%). Les personnes ayant effectué des études supérieures sont plus enclines (56%) à approuver la GPA pour les couples homosexuels que les personnes qui n'ont pas poussé jusqu'au baccalauréat. Ces dernières sont d'ailleurs majoritairement contre, à 51%.
La variable géographique n'est pas si pertinente: l'approbation est de 56% en agglomération parisienne et de 51% dans les zones rurales. 56% des catégories aisées de la population sont contre. 66% des retraités sont dans le même cas, ainsi que 60% des artisans et commerçants.
La droite est largement hostile également, avec un taux de 74%. Ce seuil est plus bas du côté du Rassemblement national mais le rejet est aussi clair: 55%. Les croyants montrent cette fois la même vocation: 66% des catholiques pratiquants, 62% des protestants et 57% des musulmans sont défavorables à la GPA pour les couples gays. La gauche (61%) et les indivdus proches de la majorité (59%) lui sont en revanche favorables.
Un recours plus accepté pour les couples hétérosexuels
Le recours des couples hétérosexuels à des mères porteuses est vu de manière plus largement bienveillante. 66% des Français votent pour, 34% s'y opposent. 62% des hommes s'engagent cette fois en ce sens, et 70% des femmes.
80% des 18-24 ans plaident aussi en cette direction, en même temps que 68% des Parisiens, 70% des ruraux, 77% des catégories populaires et 60% des artisans et commerçants, plutôt rétifs aux autres sujets suggérés par ce sondage. Qu'on ait le bac ou non, on s'accorde aussi sur ce point (avec respectivement 67% et 66% d'approbation). 57% des plus aisés et 75% des foyers les moins bien lotis également.
Politiquement, seule la droite apparaît partagée (55% des Républicains sont défavorables à une telle issue du débat). Les 65 ans et plus sont parfaitement clivés: 50% d'un côté, 50 % de l'autre. 55% des catholiques pratiquants, 60% des protestants s'inscrivent en faux mais à l'inverse, l'enquête consigne un taux d'adhésion de 56% des musulmans.
Perception des familles homoparentales
L'étude de l'Ifop a aussi posé la question suivante à son échantillon: "À vos yeux, un couple d’homosexuel(le)s vivant avec ses enfants constitue-t-il aujourd’hui une famille à part entière?" La quasi-intégralité des catégories balisant la population française répond "oui" à cette question (70% si on prend en compte son ensemble). Le "non" est majoritaire, dans les deux cas à hauteur de 55%, dans seulement deux segments: les électeurs de François Fillon à la présidentielle de 2017, et les musulmans.
Contradictions apparentes dans les sondages
Il est important de noter que des sondages contradictoires peuvent apparaître le même jour. Par exemple, un sondage peut montrer qu'une majorité de Français est favorable à la PMA, tandis qu'un autre indique qu'une part importante de la population estime que l'État doit garantir aux enfants conçus grâce à l'assistance médicale à la procréation le droit d'avoir un père et une mère.
Ces variations peuvent s'expliquer par des formulations de questions différentes. Par exemple, un sondage peut ne pas faire référence explicite au sigle "PMA", tandis qu'un autre peut ne pas mentionner la présence d'un père et d'une mère.
Facteurs influençant l'évolution de l'opinion
Plusieurs facteurs peuvent expliquer l'évolution de l'opinion publique sur la PMA et la GPA en France :
Acceptation sociale de l'homosexualité: L'acceptation croissante de l'homosexualité dans la société française a contribué à une plus grande ouverture envers les droits des personnes homosexuelles, y compris le droit à la parentalité.
Reconnaissance des modèles parentaux sortant de la norme hétérosexuelle: L'officialisation des couples homosexuels par les lois de 1999 et de 2013 a fait évoluer les représentations à l'égard des homosexuels et a contribué à légitimer les familles homoparentales.
Débats publics sur les questions de société: Les débats autour du PACS, du mariage gay et de l'adoption ont eu un impact significatif sur l'opinion publique, en sensibilisant la population aux enjeux de l'homoparentalité.
Contexte politique: Les élections présidentielles et les positions des différents partis politiques sur les questions de bioéthique peuvent également influencer l'opinion publique.
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