Le deuil périnatal, une expérience bouleversante et souvent taboue, touche de nombreuses familles. Cet article vise à apporter un éclairage sur ce deuil spécifique, les étapes à franchir, l’importance de la reconnaissance et de l’accompagnement, ainsi que les démarches possibles pour les parents endeuillés.

Qu'est-ce que le deuil périnatal ?

Le deuil périnatal désigne la perte d'un bébé pendant la grossesse, à la naissance ou dans les jours qui suivent. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) fait débuter la période à 4 mois et demi de grossesse. Il peut survenir suite à une fausse couche, une grossesse extra-utérine (GEU), une mort fœtale in utero (MFIU), un accouchement prématuré, une interruption médicale de grossesse (IMG) ou une interruption volontaire de grossesse (IVG). Chaque année, plus de 8 000 familles en France sont confrontées à cette réalité.

La mort périnatale peut survenir en cours de grossesse, à la naissance, ou dans les heures ou les jours qui suivent l’accouchement.

L'impact émotionnel du deuil périnatal

La perte d’un bébé est un événement traumatisant et déstabilisant pour les parents. La société minimise souvent cette mort inacceptable, ce qui intensifie le sentiment d’extrême solitude des parents. Ils peuvent avoir du mal à reconnaître et à exprimer leurs émotions, et sont confrontés à un combat intérieur, assaillis par le chagrin et la colère. Le sentiment de culpabilité est décuplé pour la femme, qui peut remettre en cause sa capacité à être mère, éprouver de la honte et du désespoir.

Durant cette période, des sentiments contradictoires peuvent être ressentis dans la même journée : colère, déni ou remise en question. Il n’y a pas une seule façon pour exprimer son chagrin. Les voies empruntées par le couple peuvent parfois s’opposer. Bien que chaque histoire soit unique, des phases communes caractérisent tous les deuils. Ce sont le déni, la tristesse, la colère, la culpabilité, la résignation et l’acceptation. Selon les personnes, certaines étapes peuvent prendre du temps ou au contraire passer inaperçues.

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Les étapes du deuil périnatal

Le deuil périnatal est un processus complexe qui se déroule en plusieurs phases. Ces étapes ne sont pas linéaires et peuvent varier d’une personne à l’autre.

  1. Le choc et le déni : La nouvelle de la perte peut provoquer un choc émotionnel intense et un sentiment d’irréalité.
  2. La tristesse et la douleur : Une profonde tristesse et un chagrin intense peuvent envahir les parents.
  3. La colère et la culpabilité : Des sentiments de colère, de frustration et de culpabilité peuvent émerger.
  4. L'acceptation : L'acceptation de la perte est une étape cruciale pour avancer dans le processus de deuil.

Reconnaissance et accompagnement : des éléments essentiels

La reconnaissance du deuil périnatal

Pendant longtemps, les enfants morts-nés n’étaient ni reconnus ni même baptisés par l’Église. Leur inscription dans le livret de famille était d'ailleurs difficile, comme si leur existence même était niée. Aujourd’hui, si les mentalités ont évolué, ce silence historique laisse encore des traces. Le sujet reste tabou, car la naissance est associée à la joie.

Face à cette souffrance, les associations et les parents en deuil militent pour une meilleure reconnaissance du deuil périnatal. Ils demandent une prise en charge plus adaptée de la part du personnel médical, un accompagnement psychologique, et des rituels permettant d'honorer les bébés partis trop tôt.

L'importance de l'accompagnement

L’accompagnement est essentiel pour aider les parents à traverser cette épreuve. Il peut prendre différentes formes :

  • Accompagnement psychologique : Les professionnels de santé (psychologues, psychiatres, infirmières…) jouent un rôle important dans l’accompagnement émotionnel des couples endeuillés.
  • Groupes de parole : Différentes associations dédiées au deuil périnatal soutiennent et apportent du réconfort moral aux personnes touchées. Ces structures proposent souvent des programmes spécifiques ou des groupes de parole où les parents pourront partager leur histoire.
  • Soutien des proches : Les proches peuvent se sentir impuissants face au chagrin que les parents traversent. Certains ne veulent pas en parler, d’autres s’expriment maladroitement. Les amis et la famille sont souvent mal informés quant à la manière dont ils doivent réagir ou offrir du soutien.

Les différentes formes d'accompagnement

Un accompagnement personnalisé peut se décliner en plusieurs étapes clés :

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  • Échange et Écoute : Un espace pour exprimer ses émotions et ressentis sans jugement.
  • Comprendre : Comprendre les mécanismes du deuil pour mieux accepter et faire face à cette épreuve.
  • Alléger la charge émotionnelle : Techniques complémentaires comme le massage, la relaxation, la visualisation ou le rituel rebozo pour reconnecter le corps aux émotions et faciliter la guérison.

L’aide des professionnels Les équipes médicales interviennent en premier lieu pour épauler les familles. Des formations spécifiques sont proposées aux professionnels pour être à l’écoute des parents. Depuis quelques années, des structures se sont créées dans le but d’améliorer une prise de conscience générale. Sous leur impulsion, une Journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal a vu le jour. Elle se déroule chaque 15 octobre dans le monde entier. Il existe également un livret d’information traitant du thème. Ce document de 60 pages, nommé Repères pour vous, parents en deuil d’un tout-petit est disponible dans les centres médicaux.

Les démarches administratives et les obsèques

L'acte d'enfant sans vie

La loi permet désormais de choisir un prénom et de donner le nom de famille du père, de la mère ou les deux noms accolés à son enfant mort-né dès la fin de la 15e semaine d’aménorrhée. Un acte d’enfant sans vie peut être dressé, à partir de cette date, une fois le certificat d’accouchement présenté. Il légitime alors l’inscription à l’état civil et sur le livret de famille.

L'organisation des obsèques

Les familles peuvent aujourd’hui organiser les obsèques d’un enfant mort-né, quel que soit le terme, dès lors qu’il bénéficie d’un certificat d’accouchement établi par le médecin, qui permet d’obtenir un acte d’enfant sans vie délivré par la mairie. Alors la famille a la possibilité d’organiser des obsèques classiques (avec une cérémonie si elle le souhaite) en s’adressant à un opérateur funéraire. Si l’enfant a un état civil complet (acte de naissance et acte de décès), des obsèques sont obligatoires. Elles sont organisées par la famille, ou à défaut par la mairie. Parce que la crémation ne laisse pas de cendres, un médaillon avec l’initiale du nourrisson accompagne le cercueil dans l’appareil de crémation.

La cérémonie permet de faire une place à chacun, défunt, parents, grands-parents, fratrie, proches. Elle peut prendre la forme d’une inhumation, d’une crémation, d’une prise en charge confiée à l’hôpital ou se faire tout autrement.

Les rituels et les symboles

Afin de considérer ce deuil comme un deuil réel, des rituels, symboliques, aideront à surmonter l’épreuve. Parmi ces rituels, « il est important que l’enfant ait un statut à part entière, » rappel Yvonne Poncet-Bonissol. « Il est notamment indispensable de lui donner un prénom ». Il est également nécessaire d’enterrer l’enfant disparu. Certaines familles préfèrent se recueillir dans un endroit symbolique, regroupant sérénité et souvenirs.

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Grossesse suivante : appréhension et espoir

Après une perte, envisager une nouvelle grossesse peut être une source d’angoisse et de doutes. Comment ne pas vivre cette maternité dans la peur ? Comment accueillir pleinement ce bébé tout en respectant la place de l’enfant perdu ? Un accompagnement spécifique peut aider à traverser cette grossesse avec plus de sérénité, à faire de la place à chaque bébé et à accueillir toutes les émotions contradictoires sans culpabilité.

Certaines mamans peuvent être tentées par une nouvelle grossesse, très rapidement après le décès de l’enfant disparu. Le risque : que l’enfant à suivre prenne la place de celui-ci. « Il ne faut pas que la maman projette ce lourd fardeau sur l’enfant à venir, » expose la psychologue.

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