L'interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse est une méthode abortive qui suscite de nombreuses interrogations. Cet article vise à fournir des informations claires et complètes sur cette procédure, en abordant les étapes, les délais, les effets secondaires, les complications potentielles, et les différences avec l'IVG instrumentale. Des témoignages poignants viendront également éclairer le vécu des femmes ayant eu recours à cette méthode.

Qu'est-ce que l'IVG médicamenteuse ?

L'IVG médicamenteuse est l'une des deux méthodes autorisées en France pour mettre fin à une grossesse non désirée. Elle est plus pratiquée que l'IVG chirurgicale, mais ne convient pas à toutes les situations. L'IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu’à la 7e semaine de grossesse (soit 9 semaines d'aménorrhée). Cette méthode peut être proposée par un médecin ou une sage-femme.

Les étapes de l'IVG médicamenteuse

La procédure d'IVG médicamenteuse se déroule en plusieurs étapes clés :

  1. Première consultation : Le professionnel de santé (médecin ou sage-femme) évalue la situation de la patiente, détermine si l'IVG médicamenteuse est appropriée, et propose un entretien de soutien et d'écoute avec une conseillère conjugale et familiale. Cet entretien est obligatoire pour les mineures.

  2. Confirmation de la demande : La patiente doit confirmer sa demande d'IVG par écrit et définir la méthode d'avortement et le lieu de l'intervention, en consultation avec le médecin ou la sage-femme.

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  3. Prise du premier médicament (mifépristone) : Ce médicament interrompt la grossesse, provoque des contractions de l’utérus et l’ouverture du col. Les médicaments vous sont remis par le médecin ou la sage-femme lors du recueil de votre consentement ou vous sont délivrés en pharmacie si vous avez effectué une téléconsultation (dans ce cas la prescription est transmise directement à la pharmacie par le médecin ou la sage-femme).

  4. Prise du second médicament (misoprostol) : Pris 24 à 48 heures après la mifépristone, ce médicament augmente les contractions et provoque l’expulsion de l'embryon. À noter : le médicament Cytotec (misoprostol), longtemps utilisé pour les IVG médicamenteuses, a été retiré du marché en mars 2018.

  5. Consultation de suivi : Une consultation de contrôle est programmée 14 à 21 jours après l’IVG pour s’assurer de l’efficacité de la méthode et de l’absence de complications.

Toutes les étapes sont réalisables en téléconsultation.

Contre-indications à l'IVG médicamenteuse

Le professionnel de santé que vous consultez pour l’IVG évaluera si vous présentez des contre-indications lors de la première consultation pour vous proposer la méthode d’IVG adaptée à votre situation. La méthode médicamenteuse est contre-indiquée si on a diagnostiqué une grossesse extra-utérine (situation dans laquelle la grossesse se développe en dehors de l’utérus, par exemple dans une trompe). D’autres situations peuvent contre-indiquer cette méthode : les femmes présentant une allergie à l’un des deux médicaments utilisés, les femmes souffrant d’insuffisance rénale chronique ou de porphyrie héréditaire.

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Douleur et effets indésirables

Les douleurs lors d’une IVG médicamenteuse sont fréquentes et leur intensité varie d’une femme à l’autre. Elles ressemblent généralement à des douleurs de règles plus intenses que d’habitude et sont provoquées par les contractions utérines qui permettent d’expulser la grossesse. Elles surviennent le plus souvent suite à la prise du second médicament (le misoprostol) mais peuvent aussi parfois survenir dès la prise du premier médicament (la mifépristone). Des antidouleurs vous seront systématiquement prescrits à l’avance afin que vous puissiez les prendre dès l’apparition de douleurs. Si la douleur persiste et ne s’atténue pas malgré la prise des médicaments antidouleurs, contactez le médecin ou la sage-femme qui vous suit pour l’IVG. Si vous choisissez de réaliser l’IVG médicamenteuse à domicile il est recommandé de ne pas être seule. En effet être entourée de personnes en mesure de vous soutenir permet de réaliser l’IVG dans un climat favorable.

Au cours d’une IVG médicamenteuse des troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhées) surviennent fréquemment. Si des vomissements surviennent dans les 30 minutes qui suivent la prise du misoprostol prenez contact avec le médecin ou la sage-femme qui vous suit pour l’IVG car il peut être nécessaire de prendre un nouveau comprimé. Des saignements, ou métrorragies, souvent plus abondants que des règles accompagnent systématiquement l’expulsion de la grossesse. Ils surviennent le plus souvent dans les 3 à 4h suivant la prise du misoprostol (deuxième médicament). Les saignements ne sont pas la preuve de l’expulsion complète de la grossesse. Il est donc indispensable de réaliser une visite de suivi deux à trois semaines après l’IVG pour s’assurer que la grossesse est bien interrompue. Les saignements peuvent persister jusqu’à 30 jours après la prise du premier médicament.

Les femmes s’interrogent sur la quantité de sang qu’elles vont perdre et sur le temps que cela va durer. Les contractions utérines induisent des douleurs ressemblant à celles des règles, plus ou moins fortes en fonction des femmes. Selon une étude menée dans 11 centres d’IVG, par une équipe de l’Inserm pour la Fondation de l’avenir en 2016, 27 % des femmes ayant réalisé une IVG médicamenteuse ont ressenti des douleurs très intenses après la prise du second comprimé. Quelque 83 % ont pris des antidouleurs. Et 88 % ont ressenti une grande fatigue. D'autres effets secondaires peuvent survenir : nausées, vertiges, maux de tête, diarrhées et vomissements.

Complications possibles

Certaines complications peuvent survenir après une IVG médicamenteuse telles qu’une hémorragie, une infection dans le cas où la grossesse n’aurait pas été totalement expulsée ou des douleurs persistantes malgré la prise de médicaments antidouleurs. Même si ces complications sont rares lorsque l’IVG est pratiquée dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme c’est le cas en France, il est important que vous en soyez informée afin que vous ne soyez pas surprise si elles surviennent et que vous sachiez quoi faire.

Ainsi, dans les jours suivant l’IVG, si vous présentez l’un ou plusieurs des symptômes/signes suivants, vous devez alors rapidement contacter le professionnel de santé qui vous a suivie pour l’IVG, car cela peut être un signe de complication :

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  • De la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C ;
  • Des pertes très abondantes de sang (si vous devez changer de serviette hygiénique toutes les 30 minutes (serviette taille maxi) pendant plus de deux heures de suite) ;
  • Un malaise ;
  • De très fortes douleurs abdominales qui persistent malgré la prise des antidouleurs.

Afin de s’assurer de l’absence de complications post IVG, une consultation de contrôle est programmée 14 à 21 jours suivant l’IVG.

Comment savoir si l'IVG a fonctionné ?

C’est le second médicament (misoprostol) qui provoque l’expulsion de la grossesse. Dans 60% des cas, cela se produit environ 4 heures après la prise du comprimé et dans 40% des cas, dans les 24 à 72 heures. L’expulsion se traduit par des saignements, comme lorsque l’on a ses règles, mêlés à des caillots sanguins et des pertes brunâtres gélatineuses. Néanmoins ces seuls signes ne peuvent garantir avec certitude que la grossesse est interrompue ou qu’elle a été totalement expulsée. Par ailleurs, vous n’avez pas d’obligation à surveiller ces signes si vous ne le souhaitez pas. C’est pourquoi, dans tous les cas, il est nécessaire de réaliser la consultation de suivi 14 à 21 jours après l’IVG au cours de laquelle le médecin ou la sage-femme pourra s’assurer que la grossesse est bien interrompue.

Si l’avortement par voie médicamenteuse n’a pas fonctionné, une intervention chirurgicale est nécessaire. La prise d’un médicament avant l’opération permet de dilater le col de l’utérus. Durant l’intervention, le médecin effectue une aspiration endo-utérine. Il va donc aspirer le contenu de votre utérus à l’aide d’un petit tube.

IVG médicamenteuse vs. IVG instrumentale : Comparaison

IVG médicamenteuseIVG instrumentale
Jusqu'à quand ?7 semaines de grossesse, soit 9 semaines d'aménorrhée.14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d'aménorrhée.
Avec quel professionnel ?Médecin ou sage-femme.Médecin, ou sage-femme sous certaines conditions.
Où ?En cabinet, En centre de santé sexuelle, En centre de santé, En établissement de santé.En établissement de santé, Dans certains centres de santé.
Comment ?Prise de deux médicaments à 24-48h d’intervalle en présence du professionnel de santé (au sein du cabinet ou de la structure où exerce le professionnel ou lors d’une téléconsultation) ou seule à votre domicile.Au cours d’une courte hospitalisation : introduction d’une canule souple de calibre adapté par le col de l’utérus pour aspirer le contenu de l’utérus.
Et la douleur ?Pas d'anesthésie mais prescription d'anti-douleurs systématique.Anesthésie locale ou générale selon votre souhait et en accord avec le professionnel de santé qui réalise l’intervention. En cas d’anesthésie générale il sera nécessaire de réaliser préalablement une consultation avec un médecin anesthésiste.
Quelle durée totale ?Variable. A partir de la prise du second médicament la grossesse est évacuée dans les 4h dans environ 60% des cas. Dans 40% des cas l’évacuation de la grossesse aura lieu dans les 24 à 72h.L’intervention est rapide et dure entre 15 et 20 minutes. Après l’intervention, il est nécessaire de rester sous surveillance quelques heures dans l’établissement ou le centre de santé.
Consultation de suivi ?14 à 21 jours après l’IVG pour s’assurer de l’efficacité de la méthode et de l’absence de complications.14 à 21 jours après l’IVG pour s’assurer de l’efficacité de la méthode et de l’absence de complications.
Taux de succès95%99,7%
Quels sont les effets indésirables ?Douleurs plus intenses que des douleurs de règles liées aux contractions utérines, généralement après la prise du second médicament. Possible troubles gastro-intestinaux. Saignements plus abondants que des règles habituelles pendant quelques jours.Douleurs de règles liées aux contractions utérines après l’intervention. Saignements plus abondants que des règles habituelles à la suite de l’intervention pendant quelques jours.
Téléconsultation ?Toutes les étapes sont réalisables en téléconsultation.Les étapes préalables à l’IVG et la consultation de suivi sont réalisables en téléconsultation. A noter que toutes les étapes préalables à l’IVG sont les mêmes quelle que soit la méthode.

Témoignages

Les témoignages suivants offrent un aperçu des expériences vécues par des femmes ayant eu recours à l'IVG médicamenteuse ou chirurgicale. Ils mettent en lumière les défis rencontrés, le soutien reçu, et les émotions ressenties.

  • Alison : Témoigne du parcours du combattant pour trouver un professionnel de santé acceptant de pratiquer l'IVG médicamenteuse, malgré son droit. Elle souligne le manque d'information sur la complexité du parcours et les douleurs de cette méthode.

  • Huguette : Partage son expérience d'IVG en 1976, où l'avortement était mal vu et le manque d'écoute flagrant. Elle met en avant le manque d'information pour les jeunes filles et le besoin de soutien pour les femmes confrontées à cette décision.

  • Laure : Raconte comment elle a pu accéder à une IVG chirurgicale en étant mineure, grâce au soutien de l'infirmière de son lycée et du Planning familial.

  • Valérie : Compare ses deux expériences d'IVG, l'une chirurgicale en Île-de-France où elle a rencontré des difficultés pour trouver des professionnels disponibles, et l'autre médicamenteuse en Pyrénées-Atlantiques où elle a été accompagnée par une sage-femme. Elle souligne le manque de moyens d'accompagnement en France, notamment pour les jeunes filles.

  • Aya : Exprime sa solitude et le manque d'explications et d'anti-douleurs lors de son IVG.

  • Claire : Explique son choix d'avoir recours à une IVG chirurgicale pour préserver l'équilibre de sa famille et répondre aux besoins de ses enfants. Elle insiste sur l'importance d'écouter ses besoins et ceux de sa famille.

  • Patiente de la clinique Bloemenhove : Décrit son expérience positive à la clinique Bloemenhove, où elle a été rassurée et bien prise en charge.

  • Autre patiente de la clinique Bloemenhove : Souligne que l'IVG médicamenteuse a été beaucoup moins difficile à vivre qu'elle ne le pensait, et conseille de ne pas lire les témoignages négatifs sur le web.

  • Patiente souffrant d'hyperémèse gravidique : Partage son histoire d'IVG à un stade avancé de la grossesse, en raison de problèmes de santé et de difficultés personnelles. Elle insiste sur l'importance d'en parler et de ne pas enfouir son chagrin.

  • Jeune femme victime de viol : Raconte comment elle a été orientée vers la clinique Bloemenhove après avoir subi un viol et être tombée enceinte. Elle souligne l'approche personnelle de la clinique et le fait qu'elle n'a gardé que du positif de son expérience d'IVG.

Ces témoignages illustrent la diversité des situations et des vécus liés à l'IVG. Ils mettent en évidence l'importance d'un accompagnement adapté et d'une information claire et précise pour les femmes confrontées à ce choix.

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