La fécondation in vitro (FIV) est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) qui a révolutionné le traitement de l'infertilité. Depuis la naissance de Louise Brown, le premier bébé conçu par FIV en 1978, des millions d'enfants ont vu le jour grâce à cette méthode. En France, environ 3 % des naissances sont issues de la FIV. Cet article explore en profondeur les avantages et les inconvénients de la FIV, en tenant compte des aspects médicaux, scientifiques et éthiques.

Qu'est-ce que la Fécondation In Vitro ?

La fécondation in vitro est une technique qui permet la fécondation des ovules par les spermatozoïdes en dehors du corps de la femme. Plus précisément, la FIV consiste à mettre en contact l’ovocyte avec un spermatozoïde en laboratoire afin d’obtenir des embryons de bonne qualité pouvant donner lieu à une grossesse après avoir été transférés dans l’utérus maternel. Cette procédure est particulièrement utile lorsque les méthodes de procréation naturelle sont compromises.

Étapes Clés de la FIV

Un cycle de traitement de l’infertilité par FIV implique un enchaînement très précis d’actes cliniques et biologiques :

  1. Stimulation hormonale : La patiente doit suivre, dans un premier temps, une stimulation hormonale contrôlée pour obtenir plusieurs ovocytes matures (10 en moyenne). L’objectif de la stimulation, un traitement hormonal administré par injection, est d’une part d’obtenir le développement simultané de plusieurs follicules et d’autre part de pouvoir prélever des ovocytes avant l’ovulation. Ce traitement est surveillé de façon adaptée par des échographies et des dosages hormonaux.

  2. Ponction d'ovocytes : Une fois les follicules matures, les ovocytes sont récoltés par une échographie vaginal, avec de la anesthésie locale et de la sédation douce ; c’est à dire, d’une façon totalement indolore. Elle est réalisée par voie vaginale sous contrôle échographique, et sous anesthésie ou analgésie. Après la ponction, les liquides folliculaires contenant les ovocytes (ou ovules) sont transmis au laboratoire. Tous les follicules sont aspirés.

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  3. Fécondation in vitro : Au laboratoire de biologie de la reproduction, l’évolution des embryons est ensuite accompagnée. Le recueil du sperme par masturbation a lieu au laboratoire. Le sperme est ensuite préparé sur place le jour de la ponction ovarienne. Après le recueil et la préparation, les spermatozoïdes sont simplement déposés au contact des ovocytes dans une boîte de culture contenant un milieu liquide nutritif et placée dans un incubateur à 37° C. Les spermatozoïdes mobiles viennent spontanément, sans aide extérieure, au contact de l’ovocyte. Un seul spermatozoïde fécondera celui-ci.

  4. Culture embryonnaire : Après leur fécondation, ils démarrent leur développement dans des couveuses avec un milieu de culture qui leur apporte tout ce qui est nécessaire pour leur développement. Leur croissance est évaluée de manière périodique car chez les êtres humains, tous les embryons n’atteignent pas le stade de blastocyte. Tous les ovocytes ne sont pas forcément fécondés. Les zygotes deviennent des embryons de deux à quatre cellules en 24 heures, puis de six à huit cellules 24 heures plus tard.

  5. Transfert embryonnaire : Une fois le stade de blastocyte atteint, on réalise le transfert embryonnaire, un point essentiel du traitement. Dans la majorité des cas, les embryons sont transférés deux à trois jours après la ponction dans l’utérus. Le transfert embryonnaire est un geste simple et indolore qui est parfois pratiqué sous contrôle échographique. Il est réalisé au moyen d’un cathéter fin et souple introduit par voie vaginale dans l’utérus, la patiente étant allongée en position gynécologique. L’embryon est déposé à l’intérieur de l’utérus.

  6. Cryoconservation : Les embryons qui n’ont pas été transférés et que nous souhaitons garder, après leur vitrification, sont conservés. Après leur identification, ils sont placés exclusivement dans les réservoirs cryogéniques de nos laboratoires. Ces embryons non transférés dits « surnuméraires » et qui présentent des critères de développement satisfaisants peuvent être congelés. Ces embryons, après décongélation, pourront être placés dans l’utérus.

ICSI : Une Variante de la FIV

La mise au point, en 1992, de l’ICSI (Intra-Cytoplasmic Sperm Injection - micro-injection de spermatozoïdes) a permis de résoudre les cas d’infertilité quand le nombre ou la qualité des spermatozoïdes ne permet pas à la fertilité masculine de s’exprimer, que ce soit naturellement, par insémination artificielle ou par FIV classique.

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La différence entre une FIV classique et une FIV ICSI est le mode de fécondation :

  • La FIV classique consiste à mettre en contact des spermatozoïdes et des ovocytes dans un liquide nutritif à l’intérieur d’une boîte de culture.
  • Pour la FIV ICSI, un spermatozoïde est directement choisi et injecté dans l’ovule.

L’ICSI consiste à injecter un spermatozoïde directement à l’intérieur de l’ovocyte, en réduisant au minimum les problèmes qu’il peut rencontrer pour parvenir à la fécondation en raison de sa morphologie ou des difficultés éventuelles de l’ovocyte.

Avantages de la Fécondation In Vitro

La FIV offre de nombreux avantages pour les couples confrontés à l'infertilité.

Traitement de Diverses Causes d'Infertilité

La FIV est un procédé extrêmement versatile qui peut aider les couples confrontés à divers problèmes de fertilité :

  • Infertilité féminine : La FIV est proposée aux couples pour qui les méthodes de stimulation de l’ovulation ou l’insémination artificielle ont échoué. Elle est particulièrement utile chez les femmes atteintes d’une endométriose, dont l’infertilité ne peut s’expliquer, ou à partir d’un certain âge, avec une mauvaise qualité ovocytaire. La FIV est le traitement de référence pour les femmes chez qui on aurait diagnostiqué des trompes absentes ou bouchées.
  • Infertilité masculine : L’ICSI, une variante de la FIV, est souvent utilisée en cas d’infertilité masculine, notamment lorsque le sperme présente des anomalies (faible mobilité ou faible nombre de spermatozoïdes).
  • Infertilité inexpliquée : Lorsque l’infertilité ne peut être expliquée, la FIV peut offrir une solution en contournant les obstacles naturels à la conception.
  • Anomalies génétiques : La FIV peut également être pratiquée pour les couples porteurs d’anomalies génétiques qui pourraient entraîner une maladie grave afin de choisir un embryon indemne.

Possibilité de Dons de Gamètes

La FIV est un procédé extrêmement versatile. Les ovules employés peuvent provenir de la patiente ou d’une donneuse d’ovules. De la même manière, le sperme peut provenir du partenaire ou d’un donateur de sperme. La technique a fait possible la gestation chez des femmes sans partenaire ou avec un partenaire du même sexe (ROPA).

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Préservation de la Fertilité

La FIV a également comme avantage de pouvoir éventuellement préserver la fertilité du couple. Pour les femmes atteintes de cancer, par exemple, la chimiothérapie, la radiothérapie et la chirurgie peuvent endommager les organes reproducteurs, affectant ainsi la fertilité. La FIV permet de prélever et de congeler les ovocytes avant le traitement, offrant ainsi une chance de concevoir après la guérison.

Optimisation du Traitement

A l’Instituto Bernabeu, l’étude de fertilité est réalisée de façon personnalisée dans le but d’individualiser le traitement et optimiser ainsi son résultat. Chaque patiente est unique, c’est pour cela qu’à l’Instituto Bernabeu chaque traitement est individualisé. L’intention est déterminer l’origine de la stérilité dans le couple et concevoir le traitement le plus approprié.

Inconvénients et Risques Potentiels

Malgré ses nombreux avantages, la FIV comporte également des inconvénients et des risques potentiels qu'il est important de prendre en compte.

Risques pour la Santé de la Mère

  • Hyperstimulation ovarienne : Comme tout geste chirurgical, la ponction ovarienne peut présenter des risques. Le plus souvent, l’hyperstimulation se manifeste par une augmentation de la taille des ovaires, une gêne ou des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements, une diarrhée. Exceptionnellement, l’hyperstimulation ovarienne peut avoir des conséquences sévères (formation de caillots sanguins).
  • Grossesses multiples : La FIV peut entraîner des grossesses multiples (jumeaux, triplets, etc.), ce qui augmente les risques de complications pour la mère et les bébés (prématurité, faible poids à la naissance, etc.). En 2007, en France, seulement 20 % des transferts ont été faits avec un seul embryon non congelé et 20 % des naissances ont été multiples. En 2019, 60 % des transferts ont été faits avec un seul embryon, le taux d’accouchements global est resté inchangé et le taux de naissances multiples a été divisé par deux.
  • Risque de poussées chez les femmes atteintes de sclérose en plaques : L’étude PRIMS montre qu’avoir recours à une FIV peut augmenter significativement le taux annualisé des poussées dans les 2 mois qui suivent la procédure. Cette augmentation des poussées se répercute également en cas d’échec de la FIV.

Risques pour la Santé de l'Enfant

De nombreuses études ont été menées chez les enfants conçus par fécondation in vitro (FIV), s’intéressant à la survenue de différentes altérations de leur santé. Il en ressort que si les enfants peuvent être parfois atteints de troubles de la santé, sans qu’un type particulier prédomine, leur incidence est néanmoins relativement modérée et pas beaucoup plus importante que chez les enfants conçus naturellement.

  • Anomalies cardiovasculaires : Les résultats de plusieurs études suggèrent que les enfants et jeunes adultes nés de FIV ou d’ICSI ont un risque modéré d’hypertension artérielle et une fonction endothéliale vasculaire altérée.
  • Troubles neuro-développementaux : La conception par FIV ou ICSI ne semble pas avoir d’effet délétère sur le développement neurologique et cognitif des enfants. Certains des troubles décrits sont plutôt associés aux grossesses multiples et à la prématurité.
  • Troubles épigénétiques : Une prévalence anormalement élevée de conceptions par FIV a été notée chez les enfants présentant un syndrome de croissance excessive tel le syndrome de Beckwith-Wiedemann et son miroir clinique, le syndrome de Silver-Russell ; tous deux sont liés à des anomalies épigénétiques et/ou d’empreinte génomique.

Facteurs de Risque Liés aux Procédures de FIV

Les altérations observées chez les enfants ne sont pas forcément imputables à la FIV dans la mesure où les couples infertiles peuvent être plus à risque de transmettre à leurs enfants des facteurs responsables de perturbations de santé.

  • Traitements hormonaux : Les traitements hormonaux utilisés pour obtenir le nombre d’ovocytes désirés pour la FIV sont plus souvent suspectés d’être à l’origine des troubles observés.
  • Conditions de culture embryonnaire : Les risques de stress auxquels un embryon peut être exposé in vitro, avant son transfert dans l’utérus, sont nombreux et sont susceptibles d’avoir des effets à long terme.
  • Congélation des embryons : La congélation des embryons est également suspectée d’être à l’origine de certains troubles observés.

Coût Financier et Impact Émotionnel

Le coût financier de la FIV peut être élevé, et plusieurs cycles peuvent être nécessaires pour obtenir une grossesse. De plus, le processus de FIV peut être émotionnellement éprouvant pour les couples, en raison des attentes, des déceptions et des incertitudes. Chaque praticien a son ressenti et chaque patiente aussi. Le choix du traitement dépend bien évidemment des critères cliniques mais également de l’entretien avec le patient.

Perspectives et Recherches Futures

Les recherches menées sur cette population particulière d’enfants permettront de mieux connaître les conséquences à moyen et long termes des événements se produisant autour de la conception.

Importance des Études Épidémiologiques

Quelles soient épidémiologiques, cliniques ou fondamentales, les recherches devraient s’attacher à préciser la responsabilité des différentes procédures utilisées et leurs mécanismes d’action.

Rôle de l'Agence de la Biomédecine

Accorder les moyens nécessaires à l’Agence de la biomédecine pour qu’elle puisse accomplir la mission qui lui a été confiée dès sa création en 2005 : évaluer « les conséquences éventuelles de l’assistance médicale à la procréation sur la santé des enfants qui en sont issus ».

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