L'auxiliaire de puériculture, un acteur essentiel dans le domaine de la petite enfance, est souvent confronté à l'administration de médicaments, que ce soit en milieu hospitalier ou à domicile. Cet article explore les aspects essentiels de la pharmacologie que ces professionnels doivent maîtriser, en s'appuyant sur les référentiels de formation et les bonnes pratiques.

Importance de la Formation en Pharmacologie pour l'Auxiliaire de Puériculture

Les aides-soignants et les auxiliaires de puériculture sont confrontés aux médicaments aussi bien à l'hôpital qu'à domicile. Les compétences et les connaissances qu'ils doivent acquérir en matière de pharmacologie ont été précisées dans leur référentiel de formation. Une formation adéquate permet de :

  • Maîtriser les notions fondamentales de pharmacologie.
  • Connaître le cadre réglementaire de l’AP.
  • Utiliser le vocabulaire professionnel de la santé pour communiquer efficacement.
  • Appliquer des procédures de sécurité rigoureuses dans l'administration des médicaments.

Les Fondamentaux de la Pharmacologie

Un médicament est un produit présenté comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies humaines ou animales. La pharmacologie est l'étude de l'action des médicaments sur l'organisme. Pour un auxiliaire de puériculture, il est crucial de comprendre :

  • Les différentes classes de médicaments : antibiotiques, antalgiques, antipyrétiques, etc.
  • La pharmacocinétique : comment le médicament est absorbé, distribué, métabolisé et éliminé par l'organisme. Mais, pour exemple, parce que c’est le plus fréquent, suivons un médicament pris par la bouche. Son absorption se fait essentiellement au niveau de l’estomac et de l’intestin, puis il séjourne dans le foie, où un ou plusieurs enzymes interviennent, si nécessaire, pour l’activer, le couper, le transformer… en “produit” capable de circuler dans le sang et d’agir là où il faut. A chacune de ces étapes, des interactions peuvent avoir lieu, notamment si les médicaments sont consommés en même temps. Ainsi, les produits agissant sur le transit, les pansements gastriques, les antiulcéreux… modifient l’absorption intestinale des autres thérapeutiques ; ils la diminuent.
  • La pharmacodynamie : comment le médicament agit sur l'organisme (mécanisme d'action).
  • Les effets secondaires et indésirables : connaître les effets possibles et savoir les identifier.
  • Les interactions médicamenteuses : Quand un médicament modifie l’effet d’un autre médicament présent au même moment dans l’organisme, on dit qu’il y a interaction médicamenteuse. Celle-ci peut être positive et voulue, ou bien négative, et à éviter. On appelle interactions médicamenteuses les réponses qui résultent de la prise d’un ou plusieurs médicaments et qui sont différentes des effets connus ou attendus de chacun d’entre eux pris séparément. Si certaines sont négatives, d’autres, en revanche, sont recherchées car elles sont bénéfiques. L’addition des effets.

Les Médicaments Génériques

  1. Définition: Les génériques sont les copies des médicaments dont les brevets sont détenus par les laboratoires occidentaux. Il est important de comprendre que les médicaments génériques contiennent le même principe actif que les médicaments de marque et sont tout aussi efficaces.

Les Psychotropes

  1. 12% des adultes et 10% des adolescents consomment régulièrement un médicament psychotrope. De plus en plus d’adultes, d’adolescents et même d’enfants consomment des psychotropes, qui constituent une réponse facile et immédiate à un symptôme, alors que la demande explose et que les moyens de prise en charge en psychiatrie ont été réduits. La consommation de psychotropes est en augmentation, il est donc crucial de comprendre leur action et leurs effets secondaires potentiels.

Les Antibiotiques

  1. Définition : médicament ayant la capacité d’arrêter la multiplication des bactéries, mais également d’autres agents infectieux. L'utilisation appropriée des antibiotiques est essentielle pour éviter le développement de résistances bactériennes.

Rôle et Responsabilités de l'Auxiliaire de Puériculture dans l'Administration des Médicaments

La terminologie employée pour désigner le fait de "donner" ou "faire prendre" un traitement est diverse : on parle parfois indifféremment de distribution, d’administration ou d’aide à la prise. Elle est aussi trompeuse, car elle peut donner l’impression qu’il s’agit de synonymes. L’administration du médicament apparaît comme un ensemble d’étapes successives consistant à prendre connaissance de la prescription médicale, à préparer le traitement adéquat, à le distribuer auprès du patient, à l’aider à le prendre, à en assurer l’enregistrement. L’aide à la prise n’est qu’une étape de ce processus. Pourquoi est-ce important de bien distinguer administration et aide à la prise ?

L'aide à la prise de médicamentsL’aide à la prise de médicaments non injectables est visée à l’article R. 4311-5 du code de la santé publique, qui liste les actes relevant du rôle propre de l’infirmier, pour lequel il est compétent sans qu’il soit nécessaire de disposer d’une prescription médicale ou d’un protocole. L'administration de médicaments. En revanche, l’administration de médicaments est, elle, visée à l’article R. 4311-7 qui liste les compétences de l’infirmier en application d’une prescription médicale ou d’un protocole. Il ne s’agit donc pas d’un acte relevant du rôle propre.Cette distinction rôle propre/rôle sur prescription est primordiale puisque la collaboration entre l’infirmier et l’aide-soignant n’est possible que pour les actes relevant du rôle propre de l’infirmier. En effet, en établissement de soins comme en établissements médico-sociaux, les conditions de la collaboration entre l’infirmier et l’aide-soignant sont posées à l’article R. 4311-4 du code de la santé publique. Cet article distingue :La collaboration avec les aides-soignants, les auxiliaires de puériculture et les accompagnants éducatifs et sociaux pour les actes accomplis et les soins dispensés relevant du rôle propre infirmier, dans un établissement ou un service à domicile à caractère sanitaire, social ou médico-social : les actes sont alors réalisés par les aides, sous la responsabilité de l’infirmier qui les encadre, et dans les limites de la qualification reconnue à ces derniers du fait de leur formation.

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Un arrêté du 10 octobre 2022 modifie l'arrêté du 6 avril 2011 :"Sous réserve de l'accord du médecin, l'acte d'administration proprement dit de médicaments prescrits au cours de l'hospitalisation peut être effectué par le patient lui-même s'il le souhaite. Il s'agit alors d'un acte d'auto-administration. Cet acte est mis en œuvre par le patient, accompagné le cas échéant par les membres de l'équipe de soins prenant en charge ce dernier, conformément aux recommandations susvisées formulées par la Haute Autorité de santé".

Les responsabilités encourues pour l’aide à la prise en cas de collaboration infirmier/aide-soignant sont définies par L’article R. 4311-4 du code de la santé publique est clair sur le fait que les actes réalisés par un aide-soignant au titre de la collaboration le sont sous la responsabilité de l’infirmier. Pour autant, la responsabilité propre de l’aide-soignant peut aussi se trouver engagée s’il a commis une faute dans la réalisation de l’aide à la prise.

L'auxiliaire de puériculture doit :

  • Connaître la prescription médicale : nom du médicament, dosage, fréquence, voie d'administration.
  • Identifier le patient : s'assurer de l'identité du patient avant d'administrer le médicament.
  • Préparer le médicament : respecter les règles d'hygiène et de sécurité lors de la préparation.
  • Administrer le médicament : respecter la voie d'administration et s'assurer que le patient a bien pris le médicament.
  • Surveiller les effets : observer les réactions du patient après l'administration et signaler tout effet indésirable.
  • Tracer l'administration : enregistrer l'administration du médicament dans le dossier du patient.

Focus sur le Nouveau-né

Après la délivrance, le nouveau-né normal ne doit pas être séparé de sa mère. Il peut être séché avec un 1er lange, placé directement sur la poitrine de la mère, couvert avec un 2ème lange sec et bonnet pour maintenir la température. Le cordon ombilical est coupé dès la naissance, à environ 10 à 15cm par le second parent ou la sage-femme. On vérifie à ce moment les vaisseaux & artères puis le cordon est clampé pour 24 à 36h. Afin de réduire les risques d’hypothermie, le nouveau doit être couvert au plus vite ; Même si les habits sont déjà chauffés et prêt, un lange de naissance sera favorisé pour réaliser le peau à peau avec les parents. Les aspirations ne sont pas toujours indiquées pour le nouveau-né normal mais seulement sur nécessité. On retrouve en cas d’obstruction par des mucosités l’aspiration pharyngée du nez et de la bouche à l’aide d’une petite sonde. La glycémie est la plus faible après 1h de vie, c’est pourquoi l’on propose une mise au sein au plus vite où le cas échéant un biberon entre 1h et 2h de vie. Il est préconisé de le laisser sécher à l’air en le gardant propre. En cas de suintement ou de contact avec des selles ou des urines, nettoyez à l’aide de savon et d’eau ou d’antiseptique. Le clan peut être enlevé lorsque le cordon est sec (48-72h de vie). Il est réalisé de préférence après 24 heures de vie. Le premier mois, un bain tous les 2-3 jours est suffisant. La température de l’eau est de 37°C. L’alimentation du nouveau-né ainsi que la prise de poids de celui-ci est très surveillée et accompagnée au besoin notamment pour un premier allaitement. Les premières gouttes de lait jaune d’or, le colostrum, sont très importantes car très nutritives pour le nouveau-né. En cas de besoin elle sert à fluidifier et évacuer les sécrétions nasales.

Particularités chez le nouveau-né

L'administration de médicaments chez le nouveau-né nécessite une attention particulière en raison de :

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  • Immaturité des organes : le foie et les reins du nouveau-né ne fonctionnent pas encore à pleine capacité, ce qui peut affecter l'élimination des médicaments.
  • Sensibilité accrue : le nouveau-né est plus sensible aux effets secondaires des médicaments.
  • Calcul des doses : les doses doivent être calculées avec précision en fonction du poids du nouveau-né.

Exemples de Situations Courantes

  • Colostrum : Les premières gouttes de lait jaune d’or, le colostrum, sont très importantes car très nutritives pour le nouveau-né. En cas de besoin elle sert à fluidifier et évacuer les sécrétions nasales.
  • Soins du cordon ombilical : Il est préconisé de le laisser sécher à l’air en le gardant propre. En cas de suintement ou de contact avec des selles ou des urines, nettoyez à l’aide de savon et d’eau ou d’antiseptique. Le clan peut être enlevé lorsque le cordon est sec (48-72h de vie).
  • Bain : Le premier mois, un bain tous les 2-3 jours est suffisant. La température de l’eau est de 37°C.

Identifier les Anomalies Cutanées

  • Un angiome : tache de couleur rouge-violet liée à une anomalie vasculaire.
  • Une tache mongoloïde : tache de couleur gris-bleu, bleu-noir liée à la migration des cellules de pigmentation vers la surface de la peau.
  • Un érythème toxique : survient en général entre 24 et 72 heures de vie. C’est un érythème plus ou moins diffus qui peut être accompagné de pustules épaisses et jaunâtres.

Questions Fréquentes et Bonnes Pratiques

  • Puis-je écraser un comprimé ? Il est essentiel de vérifier si le comprimé peut être écrasé, car certains médicaments ont une formulation spéciale (comprimé à libération prolongée, gastro-résistant) qui ne doit pas être altérée.
  • Quelle différence y a-t-il entre un comprimé retard et celui à libération prolongée ? Ces formulations permettent une libération progressive du médicament dans l'organisme, ce qui réduit la fréquence des prises et maintient une concentration stable.
  • Que faut-il surveiller lors d'un traitement anticoagulant ? Il est important de surveiller les signes de saignement (ecchymoses, saignements de nez, etc.) et de respecter les consignes de surveillance biologique (INR).
  • Comment puis-je aider le malade à gérer sa pharmacie à domicile ? Il est important de vérifier la date de péremption des médicaments, de s'assurer qu'ils sont correctement stockés et de sensibiliser le patient à l'importance de respecter la prescription médicale.

Exemple d'un Médicament Retiré du Marché: Le Benfluorex

Commercialisé en France de 1976 à 2009, le benfluorex est un exemple de médicament dont le suivi a été crucial suite à sa commercialisation.

  • Un courrier a été envoyé par l’assurance maladie à toutes les personnes auxquelles ce médicament avait été délivré sur ordonnance en pharmacie.
  • Le remboursement à 100% se fait sur la base du tarif habituel de la sécurité sociale. Il concerne l’échographie cardiaque ainsi que les consultations chez le médecin traitant et chez le cardiologue.
  • Suivi prospectif des patients : En février 2011, il a été décidé de s’orienter vers la mise en place d’une étude de cohorte longitudinale prospective, auprès de centres investigateurs sélectionnés, visant à évaluer le potentiel évolutif des fuites valvulaires chez les patients exposés au benfluorex. Cette étude REFLEX, financée par l’Afssaps et réalisée par l’INSERM a débuté en juillet 2011 et a été proposée à 60 centres d’échocardiographie sélectionnés.
  • Les démarches d’indemnisation sont indépendantes du suivi de pharmacovigilance.

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