Le métier d'auxiliaire de puériculture est un pilier essentiel du secteur de la santé et du bien-être des enfants. Depuis sa création, ce métier a connu une évolution significative, s’adaptant aux besoins changeants de la société et aux avancées médicales. L'histoire de ce métier est jalonnée d'évolutions marquantes, façonnant un rôle qui va bien au-delà des soins médicaux.

Contexte Historique : Nécessité et Création du Métier

En 1945, la France est confrontée à une crise de mortalité infantile. Sur mille naissances, 110 décès de nourrissons de moins d’un an sont enregistrés, soit un taux de mortalité infantile de 11%, un chiffre en augmentation par rapport aux années 1930 où seulement 70 à 80 décès pour mille naissances étaient enregistrés chaque année. Cette augmentation de la mortalité infantile s’explique par la rudesse de l’hiver 1944-1945, le rationnement d’après-guerre et la précarité des familles en 1945. Face à cette urgence, le ministère de la Santé publique et de la population lance une campagne destinée à promouvoir l’allaitement maternel pendant les quatre premiers mois de l’enfant, partant du constat que l’alimentation, notamment l’allaitement, constitue le principal levier de lutte contre la mortalité infantile.

L'ordonnance du 2 novembre 1945 prévoit le versement d’allocations familiales, l’allongement du congé maternité, des primes à l’allaitement au sein et des consultations de nourrissons, encouragées par des primes d’assiduité versées aux parents. Elle place sous le contrôle du ministère de la Santé tous les établissements qui accueillent et soignent les enfants du premier âge (de la naissance à 2 ans) et du deuxième âge (de 3 à 5 ans), c’est-à-dire les crèches, les Gouttes de lait (établissements accueillant les mères et leurs nourrissons), les pouponnières, les garderies, à l’exception des écoles maternelles qui dépendent du ministère de l’Éducation nationale. Les mères font l’objet d’une surveillance sanitaire et sociale, leur état de santé général est évalué pendant la grossesse et après l’accouchement, et les soins donnés à leurs enfants sont contrôlés dans les centre de PMI, parfois à domicile. Pour assurer la protection et la surveillance des mères et des enfants du premier et deuxième âge, l’État s’appuie sur les médecins et les assistantes sociales qui doivent exercer dans les centres de PMI.

C'est dans ce contexte que le métier d'auxiliaire de puériculture est créé en 1945, en même temps que le diplôme de puériculture. Cependant, l’ordonnance du 2 novembre 1945 ne se prononce pas sur la qualification professionnelle des puéricultrices qui s’occupent directement des nourrissons.

Le décret du 13 août 1947 conduit à l’agrément officiel d’établissements délivrant des cours de puériculture et à la création de nouvelles écoles. Dès 1948, une dizaine d’écoles préparant au diplôme d’état (DE) de puéricultrice sont rattachées à des facultés de médecine (Strasbourg, Marseille, Bordeaux…) et reçoivent un agrément. En 1949, la profession de puéricultrice se structure au sein de l’association nationale des puéricultrice diplômées et étudiant (ANPDE). À partir de 1962, elle organise son Congrès annuel et publie une revue, Les cahiers de la puéricultrice.

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L'alerte de Marcel Lelong

Dans une lettre rédigée le 8 mai 1946, le professeur à la Faculté de médecine Marcel Lelong constate « l'insuffisance en nombre et en qualité des médecins spécialisés en puériculture, et des infirmières puéricultrices nécessaires à la mise en place et au bon fonctionnement des organismes prévus [par [l’ordonnance du 2 novembre 1945] ». Le médecin dénonce l’absence de réglementation de la formation de puéricultrices par l'État français. Pour le professeur en médecine, les cours théoriques de puériculture ne peuvent pas remplacer l’apprentissage des gestes du soin qui doit être, selon lui, effectué par des stages pratiques dans les hôpitaux. Dans cette lettre, Marcel Lelong place au second plan le rôle d’assistante sociale des puéricultrices en insistant davantage sur l’enseignement pratique du nursing. Cette priorité accordée à l’enseignement des soins est réaffirmée dans le rapport que le professeur remet au ministère de la Santé publique le 29 juin 1946, rapport intitulé « L’enseignement de la puériculture et la loi sur la protection maternelle et infantile ». Il est entendu par le ministère de la Santé publique qui publie le 13 août 1947 le décret qui institue le diplôme d’État de puéricultrice.

Création du Certificat d'Auxiliaire de Puériculture

Si le diplôme est ouvert aux assistantes sociales, dans les faits, les premières promotions d’écoles de puériculture sont surtout constituées d’infirmières. Le décret comprend aussi la création du certificat d’auxiliaire de puériculture qui ne figure pas dans les projets de Marcel Lelong. Peu qualifiante, il s’agit de former « les exécutantes des services et les éleveuses de nourrissons », qui travaillent sous les ordres des puéricultrices. Le programme d’enseignement publié dans les mois suivant le décret reprend la définition de la puéricultrice proposée par Marcel Lelong dans son rapport du 29 juin 1946 : celle-ci doit être « la clé de voûte de l’édifice prophylactique bâti par l’ordonnance du 8 novembre 1945 et la meilleure garantie de son efficience ».

Évolution du Rôle de l'Auxiliaire de Puériculture

Aux origines de la profession, au début du 19e siècle, la préoccupation principale était la survie des nourrissons. L'auxiliaire de puériculture était principalement axée sur les soins de base aux nourrissons et aux jeunes enfants. Les tâches incluaient l’alimentation, le bain, et le changement des couches.

Le 20e siècle a été le témoin d'un tournant majeur avec l'émergence des auxiliaires de puériculture en tant que profession à part entière. Durant cette période, le rôle s'est étendu au-delà des aspects médicaux pour englober des dimensions émotionnelles et éducatives. Les années 1970 et 1980 ont marqué une prise de conscience accrue de l’importance du développement psychologique et émotionnel des enfants. L’auxiliaire de puériculture a commencé à jouer un rôle plus actif dans l’éducation précoce et le développement social des enfants.

Au tournant du millénaire, le rôle des auxiliaires de puériculture a continué d'évoluer, mettant davantage l'accent sur l'interaction avec les familles et le développement global de l'enfant. À partir des années 2000, le rôle de l’auxiliaire de puériculture s’est encore diversifié. Avec l’essor des connaissances médicales et psychologiques, ainsi que l’évolution des structures familiales, ces professionnels sont devenus des partenaires clés pour les parents et les équipes médicales.

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Aujourd’hui, ils interviennent dans divers environnements, tels que les hôpitaux, les crèches, et même à domicile. Dans la société contemporaine, les auxiliaires de puériculture jouent un rôle polyvalent et fondamental. Ils sont désormais reconnus comme des acteurs incontournables dans le bien-être des tout-petits, collaborant de manière étroite avec les parents, les éducateurs, et les professionnels de la santé.

L’évolution du rôle des auxiliaires de puériculture reflète une progression constante vers une approche holistique des soins à la petite enfance.

Le Métier d'Aujourd'hui

Aujourd'hui, l’auxiliaire de puériculture organise et effectue l'accueil et les activités qui contribuent au développement de l'enfant dans le cadre du projet éducatif du service ou de la structure. Elle s’occupe de nourrissons ou de jeunes enfants bien portants ou malades et dispense, en collaboration avec l'infirmier ou la puéricultrice en général, des soins d'hygiène, de confort et de prévention pour préserver et restaurer la continuité de la vie, le bien-être et l'autonomie de l'enfant. Éveil, bien-être, maintien de la santé des plus jeunes en vue de leur développement, soutien à la parentalité… Autant de domaines dans lesquels l’auxiliaire de puériculture intervient directement auprès des enfants et de leur famille, dans les différents lieux d’accueil de la petite enfance.

Laura, auxiliaire de puériculture, décrit son métier comme ayant pour but d'assurer un bon développement et un épanouissement de l’enfant, particulièrement de 0 à 3 ans, juste avant l’école. Elle explique que son travail consiste à leur apprendre un peu de tout : l’autonomie, de vivre aussi en collectivité. Elle souligne l'importance d'être actif sur tout leur éveil : leur éveil moteur, et même l’éveil sensoriel, en étant toujours à fond pour les stimuler.

Cindy, auxiliaire de puériculture, décrit ce métier comme très humain, tant dans la relation avec l’enfant qu’avec ses parents, permettant de les accompagner dans leur rôle éducatif et de les rassurer. Elle insiste sur l'importance du travail d'équipe, soulignant qu'il faut parfois savoir passer le relais à une collègue.

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Missions Principales

L’auxiliaire de puériculture est spécialisé dans l’accompagnement des nouveau-nés, des jeunes enfants et jusqu’à l’adolescence, qu’ils soient en bonne santé ou porteurs d’un handicap, atteints de maladies chroniques ou en situation de risque d’exclusion.

L’auxiliaire de puériculture réalise des activités d’éveil et des soins visant au bien-être, à l’autonomie et au développement de l’enfant. Son rôle s’inscrit dans une approche globale de l’enfant et prend en compte la dimension relationnelle des soins ainsi que la communication avec la famille dans le cadre du soutien à la parentalité, mais aussi avec les autres professionnels et les aidants.

L’auxiliaire de puériculture participe à l’accueil et à l’intégration sociale d’enfants présentant un handicap, atteints de pathologies chroniques, en situation de risque d’exclusion ou de maltraitance.

Elle exerce sous la responsabilité d’un infirmier puériculteur diplômé d’État ou d’un infirmier, le cas échéant.

Lieux d'Exercice

L'auxiliaire de puériculture peut exercer dans divers environnements :

  • Les crèches et établissements d'accueil du jeune enfant (EAJE) ;
  • Les centres de protection maternelle et infantile (PMI) ;
  • Les instituts médico-éducatifs ;
  • Les services hospitaliers de pédiatrie et de néonatologie ;
  • Les maternités ;
  • Les pouponnières sanitaires ou sociales.
  • En centre d’accueil permanent
  • Au domicile de l’enfant

Dans la Fonction Publique Territoriale et Hospitalière, auxiliaire de puériculture est un emploi de catégorie B accessible après un concours.

Aptitudes et Qualités Requises

Plusieurs aptitudes et qualités sont essentielles pour exercer ce métier :

  • Sensibilité à l’univers des tout-petits ;
  • Patience ;
  • Sens des responsabilités ;
  • Souci de la sécurité et de l’hygiène ;
  • Dynamisme et endurance ;
  • Capacités relationnelles ;
  • Sens aigu de l'observation ;
  • Sens du travail en équipe ;
  • Pédagogie.

Rémunération

À l’hôpital, le salaire d’un auxiliaire de puériculture relève de la catégorie B de la fonction publique. Elle est de :

  • 1 873 € net par mois après 1 an de carrière ;
  • 2 031 € net par mois après 5 ans de carrière ;
  • 2 633 € net par mois après 20 ans de carrière ;
  • 2 968 € net par mois en fin de carrière.

La Formation : Devenir Auxiliaire de Puériculture

Pour devenir auxiliaire de puériculture, une formation obligatoire de 11 mois est nécessaire pour accéder au métier d’auxiliaire de puériculture. Le diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture (DEAP) se partage entre formation en milieu professionnel lors de stages d’immersion et cours théoriques en institut de formation. La formation est d’une durée de 1 540 heures réparties à parts égales entre l’enseignement théorique et l’enseignement pratique en stages ou des outils de simulation en santé.

La formation est accessible par la formation initiale, la formation continue et peut également être obtenu par la validation des acquis de l’expérience (VAE). Des allégements et dispenses de formation sont prévues pour les personnes titulaires de l’un des diplômes énumérés à l’annexe VII : Equivalences de compétences et allégements de formation. Les renseignements et inscriptions sont disponibles auprès de chaque Institut de formation de puériculture (IFAP).

Elle s’adresse à tous les publics (âgés de 17 ans au moins à la date d’entrée en formation) sans condition de diplôme.

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Le Jury d'Attribution du Diplôme d'État

Le jury d’attribution du diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture est nommé par le préfet de région, sur proposition du directeur régional de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités ou de son représentant. Il se réunit afin d’examiner le dossier de l’élève ayant validé partiellement ou totalement les compétences acquises en vue de l’obtention des blocs de compétences nécessaires à la certification.

Le jury comprend :

  1. Le directeur régional de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités ou son représentant en qualité de président ;
  2. Le directeur général de l’agence régionale de santé ou son représentant ;
  3. Le cas échéant un représentant d’un centre de formation des apprentis avec lequel les instituts de formation de la région ont conclu une convention ou un maître d’apprentissage;
  4. Un directeur d’un institut de formation d’auxiliaire de puériculture ;
  5. Un auxiliaire de puériculture ou un infirmier formateur permanent d’un institut de formation ;
  6. Un infirmier en activité professionnelle;
  7. Un auxiliaire de puériculture en activité professionnelle ;
  8. Un représentant des employeurs d’auxiliaires de puériculture du secteur sanitaire, social ou médico-social ;
  9. Le jury d’attribution du diplôme d’Etat d’auxiliaire de puériculture est nommé par le préfet de région, sur proposition du directeur régional de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités ou de son représentant. Il se réunit afin d’examiner le dossier de l’élève ayant validé partiellement ou totalement les compétences acquises en vue de l’obtention des blocs de compétences nécessaires à la certification. Le jury comprend : 1. Le directeur régional de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités ou son représentant en qualité de président ; 2. Le directeur général de l’agence régionale de santé ou son représentant ; 3. Le cas échéant un représentant d’un centre de formation des apprentis avec lequel les instituts de formation de la région ont conclu une convention ou un maître d’apprentissage; 4. Un directeur d’un institut de formation d’auxiliaire de puériculture ; 5. Un auxiliaire de puériculture ou un infirmier formateur permanent d’un institut de formation ; 6. Un infirmier en activité professionnelle; 7. Un auxiliaire de puériculture en activité professionnelle ; 8. Un représentant des employeurs d’auxiliaires de puériculture du secteur sanitaire, social ou médico-social ; 9. Le jury d’attribution du diplôme d’Etat d’auxiliaire de puériculture est nommé par le préfet de région, sur proposition du directeur régional de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités ou de son représentant. Il se réunit afin d’examiner le dossier de l’élève ayant validé partiellement ou totalement les compétences acquises en vue de l’obtention des blocs de compétences nécessaires à la certification. Le jury comprend : 1. Le directeur régional de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités ou son représentant en qualité de président ; 2. Le directeur général de l’agence régionale de santé ou son représentant ; 3. Le cas échéant un représentant d’un centre de formation des apprentis avec lequel les instituts de formation de la région ont conclu une convention ou un maître d’apprentissage; 4. Un directeur d’un institut de formation d’auxiliaire de puériculture ; 5. Un auxiliaire de puériculture ou un infirmier formateur permanent d’un institut de formation ; 6. Un infirmier en activité professionnelle; 7. Un auxiliaire de puériculture en activité professionnelle ; 8. Un représentant des employeurs d’auxiliaires de puériculture du secteur sanitaire, social ou médico-social ; 9.

Être Auxiliaire de Puériculture : Plus qu'un Métier, une Vocation ?

Devenir auxiliaire de puériculture diplômé d’État, c’est être au contact quotidien de nombreux autres professionnels médicaux, soignants, éducatifs et sociaux. C’est aussi miser sur des débouchés professionnels variés et des perspectives d’évolution nombreuses tout au long de sa carrière.

Comme le souligne Laura, auxiliaire de puériculture, ce qui est gratifiant dans son métier c’est de servir clairement à quelque chose. Elle apprécie le lien fort qu'elle crée avec les enfants, se sentant comme un pilier dans leur section. Elle souligne également que ce métier lui permet de grandir et de s'épanouir au quotidien.

L'École de Bron : Un Exemple de Formation dans les Années 1950

L’une des étapes de cette transition peut être saisie à travers les cadres des formations proposées pour préparer au métier d’auxiliaire de puériculture, dont le diplôme est institué par le décret de 1947. À partir de l’exceptionnelle conservation des archives de l’École de Bron, en banlieue lyonnaise, cet article propose de restituer le parcours de formation des premières élèves auxiliaires de puériculture.

L’École de Bron ouvre en 1948, soit l’année suivant le décret du 13 août 1947 qui établit les diplômes de puéricultrice et d’auxiliaire de puériculture. Créée au sein du foyer départemental de l’enfance du Rhône, qui accueille des enfants de la naissance à l’adolescence, elle forme une centaine d’auxiliaires de puériculture par an, dont la plupart logent à l’internat. Pendant la décennie étudiée, l’École est dirigée par une femme, Madame Fabry, infirmière et éducatrice spécialisée. La formation dure un an, dont dix mois sont consacrés aux stages pratiques, effectués auprès des enfants du foyer pour la majorité, de jour comme de nuit. En cours théoriques, les élèves apprennent l’anatomie d’un nourrisson, l’accompagnement des mères à l’allaitement, les soins d’hygiène, la nutrition des jeunes enfants, l’éveil, les soins à administrer aux enfants malades.

Profil des Élèves

La promotion étudiée, 1951-1952, est composée exclusivement de femmes, bien que la profession ne soit pas féminine dans ses statuts. Tous les documents administratifs portent la mention « Mlle » et s’adressent à une « candidate », la question du genre féminin est posée comme une évidence. En outre, à cette époque, l’École est dirigée par une femme, Madame Fabry, interlocutrice privilégiée des élèves.

L’École précise sa volonté de recruter des femmes « jeunes ». À Bron, le règlement ne mentionne pas d’âge limite, contrairement à d’autres écoles, mais l’élève la plus âgée ayant 34 ans, on peut supposer que le recrutement adopte l’âge maximal de 35 ans. En effet, seulement un tiers des élèves ont moins de 20 ans, près de la moitié ont entre 20 et 25 ans et 7 plus de 25 ans.

Pour la promotion 1951-1952, sur 43 cases renseignées, huit pères travaillent dans le milieu agricole, huit sont ouvriers, sept employés et six artisans ou commerçants. Dans le cas où les professions ne sont pas indiquées, on observe huit pères décédés et quatre élèves pupilles, un père en invalidité et un sans profession. Du côté des mères, sur les 42 cases renseignées, on compte neuf cultivatrices, quatre employées, trois ouvrières et deux ménagères. Neuf sont indiquées « sans profession » et six sont décédées. Environ un cinquième des élèves sont issu de familles monoparentales, ou ont deux parents décédés ou absents, signe d’une situation modeste. Les élèves des années 1950 sont donc issues des classes populaires ouvrières et agricoles ou des petites classes moyennes, pour celles dont les parents occupent des emplois de bureau.

En 1950, l’école primaire est obligatoire jusqu’à 14 ans. Ainsi, l’ensemble des élèves étudiées sont donc censées avoir suivi des cours d’enseignement primaire. Par ailleurs, les taux d’obtention du Certificat d’études primaires (CEP) pour une classe d’âge sont d’environ 50 % au début de notre étude. 26 élèves sur 59 l’ont obtenu en 1950, ce qui correspond à la moyenne observée. Si l’on se penche sur les parcours scolaires des élèves avant l’entrée dans l’École, dix ont suivi des cours en centre ménager ou centre d’apprentissage et sept des cours complémentaires, deux ont fréquenté un collège technique et deux un lycée. En 1950, 14 élèves sur 59 sont en possession d’un autre diplôme que le CEP, cinq d’entre elles ont le BEPC et quatre un CAP. On repère aussi des élèves titulaires de certificats et de brevets spécialisés, comme Monique, titulaire du certificat de travailleuse familiale, Yvette, détentrice du diplôme d’enseignement ménager, ou Simone, du certificat de secouriste. Néanmoins, pour la majorité d’entre elles, l’entrée à l’École de Bron constitue la première prolongation après le cycle primaire. Compte tenu de l’âge des entrantes, on constate une interruption des scolarités, durant laquelle les jeunes femmes travaillent.

Sur les vingt-quatre qui indiquent leurs anciennes activités, seize ont déjà travaillé auprès d’enfants ou comme aide à domicile, quatre étaient employées (secrétaire et employée de banque ou de magasin), deux ouvrières, et deux autres travaillaient dans le milieu agricole. Parmi elles, cinq occupaient le même emploi qu’un de leurs parents.

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