Introduction
La ville d'Autun, riche d'une histoire pluriséculaire, se dresse comme un témoin privilégié des époques romaine et chrétienne. Son évolution, marquée par des constructions grandioses, des invasions, des figures emblématiques et des transformations architecturales, offre un récit fascinant de son identité. Cet article explore l'histoire d'Autun, depuis sa fondation sous l'Empire romain jusqu'à son développement à travers le Moyen Âge et l'époque moderne.
Fondation et essor d'Augustodunum
La cité d’Autun, connue sous le nom d'Augustodunum, doit son origine à l'empereur romain Auguste, qui souhaitait ériger une grande cité en Gaule, symbole de la puissance romaine. Fondée vers 16-13 av. J.-C., elle avait pour ambition d’éclipser Bibracte, la capitale des Éduens, qui s’étaient révoltés contre les Romains. La ville s'est rapidement dotée d'infrastructures impressionnantes, témoignant de son importance stratégique et politique.
- Infrastructures romaines : Augustodunum s’équipe rapidement d’une enceinte longue d'environ 6 Kms comportant de nombreuses tours ; d’un théâtre romain pouvant contenir jusqu'à 20 000 personnes ; d’un amphithéâtre, aujourd'hui disparu, situé à côté du théâtre ; d’un temple à l'extérieur des remparts ; d’une pyramide. Le théâtre antique, avec ses 148m de diamètre et sa capacité d'accueil de 14 000 personnes, est le plus grand théâtre de toute la Gaule. Son hémicycle, la cavea, est composée de trois séries de gradins, la plus proche de l'orchestra étant établie sur le sol naturel de la colline qui porte le théâtre, tandis que les deux autres sont construites sur des murs rayonnants, un portique régnant tout en haut de la cavea. Un palier annulaire de circulation, précinction, sépare le premier groupe de gradins des deux autres. Deux couloirs latéraux, ornés de niches, de part et d'autre de l'orchestra, permettent aux spectateurs d'accéder à la base de la cavea. là, ils gagnent les gradins par une série de quinze escaliers rayonnants. Huit de ces escaliers ne partent pas de la base de la cavea ; ils relient le palier intermédiaire au sommet des gradins. À l'avant de la scène, une fosse dans laquelle le rideau est replié pendant les représentations.
- Événements marquants : En l’an 21, la cité est prise par le chef Eduen Julius Sacrovir. La pyramide, quant à elle, était donc très probablement un monument funéraire, tombeau recouvrant les restes d’un défunt, ou un cénotaphe célébrant sa mémoire. Elle apparaît aujourd’hui percée d’un orifice, dû à des fouilles effectuées en 1640 par l’abbé de Castille.
Autun au Moyen Âge : Foi, fortifications et mutations
Après l’Antiquité, ce fut le Moyen Âge qui donna à la ville quelques lettres de noblesse supplémentaires. Le Moyen Âge est une période de transformations profondes pour Autun, marquée par l'essor du christianisme, la construction de lieux de culte importants et les vicissitudes des conflits.
- Influence chrétienne : Vers 670, l’évêque Léger d’Autun, qui a fait restaurer les remparts de la ville gallo-romaine, préside le deuxième concile d’Autun. La ville devient l'une des capitales chrétiennes romaines.
- Événements militaires et religieux : En 725, la ville est saccagée par les Sarrasins du général arabe ’Anbasa ibn Suhaym al-Kalbi dit Ambiza.
- Construction de la cathédrale Saint-Lazare : Au XIIème siècle, la cathédrale Saint Lazare est construite. La construction de l’église Saint Lazare, en remplacement de la cathédrale Saint-Nazaire, est commencée par l’évêque d’Autun, Etienne Ier de Baugé, en 1120 et achevée en 1146, le porche l’est quelques années plus tard. Elle est bâtie sur le modèle de l'abbatiale de Paray-le-Monial et possède, tout comme à Cluny et à Paray, une voûte en berceau brisé. Une flèche est construite en 1469 par le cardinal Jean Rolin, au-dessus de la croisée du transept, à la place d'un clocher roman détruit par la foudre.
- Transformations architecturales : En 1766, l’édifice subit quelques dommages des chanoines du chapitre de la cathédrale qui, appréciant peu l’art médiéval, veulent renouveler l'aspect de la cathédrale dans un style plus baroque. Le portail latéral et son tympan sont détruits et les pierres réemployées pour la construction des maisons voisines. La Tentation d'Ève est incluse dans un mur. Le jubé et le monumental Tombeau de saint Lazare qui se trouvait derrière l'espace du chœur sont également démantelés. Tout l'espace du chœur est détruit, y compris la mosaïque du XIIème siècle, remplacée par un pavé neuf. Le tympan du Jugement Dernier du sculpteur du XIIème siècle Gislebert, est recouvert de plâtre, ce qui lui vaut d'être préservé du vandalisme durant la période révolutionnaire. Il est redécouvert en 1837 et restauré. La tête du Christ, sectionnée au cours du premier plâtrage et conservée est remise en place en 1948.
- Vestiges du château-fort : Ce donjon octogonal, situé sur les hauteurs de la ville, entouré des remparts romains, date du XIIème siècle. C'est le seul vestige du château-fort des de Riveau, seigneurs du lieu, citadelle de la ville haute, construite dans l'angle Sud-Ouest de l’enceinte gallo-romaine. Cette haute tour, couronnée par une statue moderne de la Vierge en 1862 classée, présente des baies géminées romanes avec pilastres cannelés et chapiteaux.
- Autres édifices religieux : Elle est construite en 1450 par décision du chapitre de la cathédrale et est achevé en 1543 par le sculpteur Jean Goujon. On y trouve un arc muré à double rouleau sous cinq petites arcatures avec colonnettes antiques. Leurs chapiteaux sculptés de feuillages à boutons floraux sont typiques du premier art roman de la région. Elle dépendait d’un hôpital médiéval supprimé en 1668. La partie la plus ancienne en est la petite nef unique du XIème siècle. La façade, du siècle suivant, possède un portail avec voussure à perles et deux chapiteaux à décor végétal. La partie la plus intéressante est l’abside, du deuxième quart du XIIème siècle, avec son décor roman d’arcatures sur colonnettes et son arc triomphal brisé. Dans la chapelle sont exposés des objets romains et médiévaux provenant de la ville : des chapiteaux antiques et romans, des corniches, des dalles et des mosaïques. Cette abbaye royale de moniales bénédictines est fondée en 592 par la reine des Francs, Brunehaut sur la recommandation de l'évêque Syagrius d’Autun. Le monastère de femmes moniales est dédié au IXème siècle à Saint-Andoche, l’apôtre de Saulieu. Seule la crypte du Haut Moyen-âge est conservée. L’espace irrégulier, dont le sol est rehaussé, est divisé en quatre nefs de quatre travées. L’accès, actuellement au Nord, se trouvait à l’Ouest, on peut y voir encore les vestiges de marches. Les baies et portes ont été murées ou refaites. Les voûtes d’arêtes sur doubleaux en plein cintre sont supportées par des piliers carrés en grand appareil et par des pilastres des murs latéraux. Première cathédrale de la ville, elle est bâtie au Vème siècle mais inachevée, embellit par l’évêque Syagrius d’Autun à la fin du VIème siècle, puis par saint Léger d’Autun vers 670. En 1195, les offices religieux se partagent avec la cathédrale Saint-Lazare. En son sous-sol, elle renferme l'Église paroissiale souterraine Saint-Jean-de-la-Grotte qui est profanée le 15 mai 1541, par l'ouverture du tabernacle et la dispersion des hosties sur le sol par Pierre Moreau, pratricien et Nicolas Charbonnier. Une charte de 853 la situe le long d’une voie publique près des remparts de la ville ce qui laisse supposer qu’elle était bâtie hors les murs de l’enceinte fortifiée. Elle est élevée en 592, par la reine Brunehaut et l’évêque Syagrius d’Autun sur les ruines d'un temple situé près des murs d’enceinte et consacrée à Sainte Marie. En 602, le pape Grégoire Ier dit le Grand confirme les privilèges octroyés à cette abbaye par lettre …monastère Sainte-Marie où s'est constitué un groupe de servantes de Dieu, monastère établi dans la ville d'Autun par Syagre, évêque de bonne mémoire… Ce monastère est pillé et détruit par les Sarrasins en 732, puis en 765 par Waïfre, duc d'Aquitaine. Il ne reste que les façades et toitures, inscrites au titre des Monuments Historiques en 1944. A l’origine un temple païen que l’empereur Flavius Honorius autorise les chrétiens à utiliser pour leur religion. Saint-Racho d'Autun est évêque d’Autun. Au XVIIIème siècle, les Jésuites, tentent de réunir les revenus du prieuré Saint-Racho à ceux du Collège d'Autun qu'ils dirigent, mais l’entreprise échoue. Elle se situe sur la commune de Pantaléon au Nord-Est et hors des fortifications de la ville, sur la rive droite de l'Arroux et construite à l'endroit d'un temple païen que saint Martin, évêque de Tours, détruisit. C’est encore la reine Brunehaut et l’évêque Syagrius d’Autun qui fonde cette église devant héberger 300 moines. En 1570, l’abbaye est en parte détruite par l'amiral Gaspard II de Coligny. En 1724, l’édifice comporte encore ses 44 colonnes de marbre et ses mosaïques. Le maître-autel est en marbre et le retable comporte un bas-relief représentant Jésus-Christ reconnu par les deux disciples d'Emmaüs. Au milieu de l'église, un crucifix en pierre sur une croix de bois, au-dessus de la tête du Christ une main sort d'un nuage, tenant une couronne garnie de pierreries. La légende rapporte qu’Odon de Cluny priant devant celui-ci, entra en extase et lévita de 3 coudées de haut pendant une heure et que la tête du Christ se pencha vers lui. L'histoire attira moult pèlerins jusqu'à la Révolution française de 1789. Mutilé par les Calvinistes, elle est réparée en 1640. En 1793, elle est adjugée comme Bien National au citoyen Philibert Poillot, entrepreneur d'une fonderie de canons qui la transforme en fabrique d'affûts de canons puis elle est revendue et démolie. Elle est aux XVIème et XVIIème siècles connue sous le vocable de Saint-Eutrope et possède une petite crypte funéraire sous le vocable de Notre-Dame-sous-Terre destinée à recevoir la dépouille de la reine Brunehaut, fondatrice des lieux. En 1632, son tombeau est ouvert au milieu d'une foule de personnages. En 1793, la tombe est brisée et ses ossements disparaissent dans la tourmente révolutionnaire. Elle se situe hors les murs dans la partie de l'ancienne commune de Saint-Pantaléon et doit son nom à Symphorien d'Autun, martyr du IIème siècle.
Autun à l'époque moderne : Entre mutations politiques et héritage architectural
Puis, ce fut le tour de l’époque Moderne… L'époque moderne apporte son lot de changements pour Autun, avec des figures marquantes, des événements politiques significatifs et des évolutions architecturales notables.
- Événements historiques : De 1359 à 1364, les Grandes compagnies campent sous les murs de la ville.
- Personnalités marquantes : En 1788, Charles Maurice de Talleyrand-Périgord dit Talleyrand devient évêque d'Autun. Au XVIIIème siècle, Napoléon Bonaparte, est admis au collège d'Autun le 1er janvier 1779, ou il retrouve ses frères Lucien et Joseph. Ce lycée est actuellement toujours en fonctionnement sous le nom de lycée Bonaparte.
- Le château de Montjeu : En 1556, Hugues III de Montjeu, dernier représentant de la Famille, meurt. Sa fille Jeanne épouse Claude de Villers, seigneur de Gerland qui fait tant de dettes qu'après sa mort, Montjeu est saisi, mis en vente et adjugé en 1585 à Pierre Jeannin, président à la Cour du Parlement de Dijon et conseiller du roi Henri IV. En 1596, il en devient seigneur et abandonne la vieille demeure féodale des de Riveau pour bâtir le château du petit Montjeu achevé en 1620, et achète toutes les terres voisines. En 1784, Louis Michel Le Peletier de Saint-Fargeau, propriétaire des deux châteaux de Montjeu, vend le Petit-Montjeu à Gilbert Louis Dechamps de Saint-Léger. En 1793, le citoyen Aubert, beau-père de Joseph Souberbielle, docteur personnel de Robespierre, acquiert le château comme Bien National et le revend l’année suivante au citoyen Boyer. Puis, le château change plusieurs fois de propriétaires : Lazare Chopin, son épouse Françoise Septier de Rigny, sa nièce Mme Orcel.
- Prison cellulaire : Elle est construite en 1854 et est l’une des premières prisons françaises à adopter le mode de détention cellulaire, le panoptique, type d'architecture carcérale imaginée par le philosophe utilitariste Jeremy Bentham et son frère, Samuel, à la fin du XVIIIème siècle. On trouve au centre un espace cylindrique où s'élevait la chapelle aujourd'hui disparue, l'ensemble était surmonté d'une coupole de verre. Les cellules rayonnent sur trois niveaux permettant une surveillance aisée. Il accueille des élèves originaires de toutes les régions françaises, dont les parents sont au service de l'État.
- Autres constructions : En 1782, l’hôtel du marquis de Fussey est construit rue de l’Arquebuse.
Saint-Pantaléon : Une commune aux multiples noms
Cette commune a changé près de 20 fois de nom à travers les siècles. En 1164, son territoire est nommé Ecclesiam Sancti-Pantheleonis, puis en 1197, Ecclesia Sancti-Pantaleonis. L’histoire de son territoire est mouvementée. En 1789, la commune dépend des bailliages et recette d’Autun. Son église, sous le vocable de Saint-Pantaléon, releve du diocèse et de l’archiprêtré d’Autun, et à la collation de l’abbaye de Saint-Martin d’Autun. Pendant la période intermédiaire, la commune fait partie du canton de Monthelon. Le trafic Voyageurs stoppe en 1931, remplacé par un service d'autocars. Ils sont situés dans l'ancienne commune de Saint-Pantaléon et découverts en 1872 avec de nombreux objets préhistoriques. Ils datent du Néolithique moyen.
Lire aussi: Tout savoir sur l'accouchement bovin
Lire aussi: Conseils et ressources pour l'allaitement
Lire aussi: Réussir son allaitement
tags: #autun #histoire #de #la #naissance
