Le diabète gestationnel, parfois appelé diabète de grossesse, est un trouble de la tolérance au glucose induit par la grossesse. Il se traduit par un taux sanguin de sucre élevé chez une femme qui n'avait pas de troubles diabétiques jusque-là. Souvent discret, parfois complètement silencieux, ce trouble de la régulation du sucre apparaît le plus fréquemment au cours du 2e ou 3e trimestre de grossesse. Le diabète gestationnel est dépisté chez la femme enceinte vers la fin du 2e trimestre. Il peut durer le temps de la grossesse ou être révélateur d'un diabète antérieur.

Chaque année, le diabète gestationnel touche entre 8 et 15 % des femmes enceintes en France selon les dernières données de Santé publique France. En France métropolitaine, la prévalence du diabète gestationnel a tendance à augmenter. Elle était de 16,4 % en 2021 contre 10,8 en 2016.

Définition du Diabète Gestationnel

Le diabète gestationnel se définit par une élévation du taux de sucre (glycémie) dans le sang, qui apparaît ou est diagnostiquée pour la première fois pendant la grossesse. Selon la définition de l’Assurance maladie, le diabète gestationnel, ou « diabète de grossesse », est une augmentation de la glycémie (hyperglycémie) qui apparaît pendant la grossesse et disparaît après l’accouchement. Il faut bien le différencier d’une grossesse se déroulant dans le contexte d’un diagnostic de diabète de type 1 ou de type 2 déjà posé chez la mère avant sa grossesse.

Causes du Diabète Gestationnel

Comme pour le diabète de type 1 et le diabète de type 2, le diabète gestationnel est une intolérance aux glucides, c’est-à-dire un trouble de la régulation du glucose (glycémie) entraînant un excès de sucre dans le sang ou hyperglycémie chronique. S’il y a un risque accru de diabète pendant la grossesse, c’est que la grossesse est par nature diabétogène car il existe physiologiquement pendant cette période un état d’insulinorésistance qui va s’aggraver progressivement au cours de la grossesse.

Pendant la grossesse, certaines hormones (comme le lactogène placentaire) augmentent naturellement la résistance à l’insuline, l’hormone qui permet l’entrée du glucose dans les cellules. La grossesse augmente les besoins de la mère en insuline (l’hormone produite par le pancréas pour diminuer la glycémie) d’un facteur de 2 à 3. Cette augmentation est liée à l’équilibre hormonal de la grossesse. Chez les femmes avec un diabète ayant débuté avant ou pendant la grossesse, l’adaptation du pancréas est insuffisante, d’où l’apparition d’une hyperglycémie.

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Symptômes du Diabète Gestationnel

Il est fréquent que le diabète gestationnel ne provoque aucun symptôme perceptible. Beaucoup de femmes affirment être “en pleine forme” alors que leur glycémie dépasse déjà les seuils recommandés. Le diabète gestationnel peut passer inaperçu, être asymptomatique (sans symptôme) ou présenter des symptômes similaires à ceux des autres types de diabète : une soif intense, des mictions (urines) fréquentes et abondantes, une fatigue importante, des signes d’hyperglycémies répétées. Il peut arriver que la future maman ressente une sensation de soif et de fatigue importante, liée au taux élevé de sucre dans le sang, mais cela reste rare et il arrive que cette pathologie passe inaperçue.

Facteurs de Risque du Diabète Gestationnel

Depuis 2010, en France, le dépistage du diabète gestationnel se concentre en priorité sur les femmes présentant des facteurs de risques. Les facteurs de risques sont :

  • L’âge de la mère au moment de sa grossesse: On constate une plus forte incidence chez les mères âgées de 35 ans et plus lors de leur grossesse. En 2021, près de 25 % des femmes enceintes avaient plus de 35 ans, soit 4% de plus qu’en 2016.
  • Le poids de la femme avant sa grossesse: Les femmes ayant un IMC de plus de 25, valeur à laquelle commence le surpoids, ont plus de risques de développer un diabète gestationnel. L’IMC est calculé en faisant le calcul suivant : le poids en kilogrammes, divisé par la taille multipliée par la taille en mètre.
  • La préexistence de personnes atteintes de diabète dans la famille de la femme enceinte: Si une personne a développé un diabète de type 2 dans la famille proche de la femme enceinte, elle a également plus de risques de déclencher un diabète gestationnel. Ce risque se situe essentiellement au sein des membres de la famille au premier degré, c’est-à-dire ses parents, ses frères ou sœurs.
  • Le développement d’un diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse: Les femmes ayant déjà développé un diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse ont un risque élevé de déclencher le même type de diabète lors des grossesses suivantes. L’évaluation de ce risque varie selon les études de 30 à 84 %, d’après le site de l’Assurance maladie.
  • La naissance d’un bébé de 4 kilos ou plus: Les femmes ayant donné naissance à un enfant de 4 kilos ou plus ont également plus de risques de développer un diabète gestationnel lors d’une grossesse ultérieure.

Si la femme enceinte ne présente pas au moins un de ces facteurs de risques, on recherchera un diabète gestationnel seulement en cas d’hydramnios, qui désigne une quantité trop importante de liquide amniotique, ou de biométries fœtales (mesures de la dimension du fœtus) supérieures ou égales au 97e percentile. Il est à noter qu’une jeune femme qui n’est ni en situation d’obésité ni en surpoids et avec une bonne hygiène de vie peut développer un diabète gestationnel. Il peut s’agir d’un dérèglement hormonal favorisé par certains facteurs et parfois inévitable.

Dépistage du Diabète Gestationnel

En France, un dépistage systématique est proposé selon certains critères (antécédents, risque élevé). Lors des consultations mensuelles de suivi de la grossesse, une recherche du sucre dans les urines est prévue pour toutes les femmes. Si du sucre est présent dans les urines, ou lorsque la femme présente des facteurs de risques, un dépistage du diabète gestationnel est lancé.

Pour les femmes qui présentent un de ces facteurs de risque, un premier test de glycémie à jeun au premier trimestre (idéalement avant la conception, dès l’intention d’avoir un enfant) est recommandé pour détecter un diabète de type 2 antérieur à la grossesse et passé inaperçu jusqu’ici. Puis, en laboratoire d’analyses médicales une glycémie à jeun est réalisée, puis un second test appelé HGPO (hyperglycémie provoquée par voir orale) à 75 g de glucose sont réalisés, entre la 24 e et la 28 e semaine d’aménorrhée (absence des règles), période où la détection du diabète gestationnel est la plus propice. Des contrôles de la glycémie sont effectués à intervalle régulier. Une seule valeur de glycémie au-delà des seuils définis (0,92 g/L à jeun ; ou 1,80 g/L 1h après la charge orale en glucose ; ou 1,53 g/L 2 h après) suffit à diagnostiquer un diabète gestationnel.

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Un premier test est réalisé au premier trimestre, voire même avant la grossesse, par l’intermédiaire d’une prise de sang pour rechercher un éventuel diabète de type 2 (insulinorésistant) passé inaperçu jusqu’ici. Pour que le test soit bon, vous devrez être à jeun depuis 8h au moins. Le second, lui, est réalisé au deuxième trimestre et est appelé HGPO (pour “Hyperglycémie provoquée par voie orale”). Ce test consiste à ingérer 75 g de glucose, à jeun. Une prise de sang est réalisée avant la prise de sucre, puis une et deux heures après. Si le taux de glycémie dans le sang dépasse la normale, alors il y a un diabète gestationnel.

L’HGPO consiste à boire une quantité standard de glucose, sous forme de sirop, équivalente à 75 grammes. Il suffit qu’une seule des valeurs de glycémie soit égale ou supérieure aux seuils définis pour établir le diagnostic de diabète gestationnel. Un diabète gestationnel est confirmé dès qu’une ou plusieurs des valeurs suivantes sont atteintes aux différents temps des prélèvements : 0,92 g/l (valeur à jeun), 1,80 g/l une heure après la première ingestion de sucre, 1,53 g/l deux heures après la seconde prise de sucre.

Risques et Complications du Diabète Gestationnel

Les risques pour la mère et pour l’enfant se situent essentiellement dans la période périnatale, c’est-à-dire pendant la grossesse et après l’accouchement.

Pour la mère :

  • La complication la plus grave est la survenue d’une pré-éclampsie (ou toxémie gravidique). Il s’agit d’un dysfonctionnement du placenta qui associe une hypertension artérielle, une prise de poids, des œdèmes et la présence de protéines dans les urines.
  • Accouchement par césarienne.
  • Accouchement prématuré.
  • Risque de développer un diabète de type 2 après la grossesse, même des années plus tard. Une mère ayant développé un diabète gestationnel a en effet 7 fois plus de risques de développer un diabète de type 2.
  • Risque accru de maladies cardiovasculaires.

Pour l’enfant :

  • Le glucose en excès chez la mère est transmis au fœtus en surplus. Cette réserve calorique excédentaire est stockée dans les organes de l’enfant. Le poids et la croissance de l’enfant à naître sont alors excessifs.
  • La macrosomie, qui désigne un poids à la naissance supérieur à 4 kg, peut entraîner un accouchement difficile, et des complications pour l’enfant comme :
    • Une détresse respiratoire.
    • Une dystocie des épaules, liée à un poids trop élevé du bébé : l’épaule du fœtus se loge contre l’os pubien ou le sacrum de la mère, le bloque dans le canal vaginal.
    • Une hypoglycémie néonatale.
    • Un risque de développer plus tard un diabète de type 2.

Il arrive que certaines mamans soient prises de nausées, au point de ne pas aller au bout des deux heures. Il faut savoir que lorsqu’une maman est atteinte de diabète gestationnel, que son taux de glycémie est anormalement élevé, il y a une transmission du surplus de glucose au fœtus. L’excès de sucre est alors stocké dans les organes de l’enfant, et favorise une croissance excessive que l’on appelle la macrosomie. Pour la maman, une des complications pouvant survenir est le diagnostic d’une pré-éclampsie. Il s’agit d’une maladie fréquente de la grossesse, associée à l’apparition de protéines dans les urines et d’une hypertension artérielle.

Traitements du Diabète Gestationnel

Les clefs d'un traitement réussi s'appuient sur un dispositif qui comprend :

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  • La motivation de la femme enceinte.
  • Son autosurveillance glycémique régulière.
  • Des mesures hygiéno-diététiques.
  • Le suivi de l’évolution de la grossesse et du diabète gestationnel par un professionnel de santé.

Autosurveillance glycémique et prise en charge diététique

Il est recommandé pour la femme enceinte de pratiquer l’autosurveillance glycémique, 4 à 6 fois par jour. L’objectif est de garder une glycémie à un taux acceptable, soit inférieur ou égal à 0.95g/L à jeun et inférieur à 1,20 g/L deux heures après le début du repas. Lorsque ces résultats cibles sont dépassés de façon répétées, une prescription pour un traitement par insuline est effectuée sans tarder par le professionnel de santé qui suit la future maman afin de réguler au mieux la glycémie.

Le premier traitement est la prise en charge diététique avec la mise en place d’une alimentation adaptée et le contrôle du poids :

  • Équilibre alimentaire : par rapport à une grossesse habituelle, les besoins nutritionnels, qui sont déterminés en fonction du poids, de la taille et de l’activité physique de la maman, ne nécessitent pas de modifications. Les objectifs de prise de poids sont également contrôlés dans les mêmes conditions qu’une grossesse classique.
  • Repas fractionnés : répartition de la prise des glucides au cours de la journée (3 repas, 2 collations).
  • Calcul de la ration calorique adaptée à chaque femme.
  • Privilégier les fibres qui ralentissent l’absorption des glucides et donc le pic d’hyperglycémie post-prandiale en mangeant suffisamment de légumes et de fruits.

Activité physique

En dehors de contre-indications médicales, l’activité physique régulière et adaptée au profil de la femme enceinte est recommandée dans le cas d’un diabète gestationnel ou d’une grossesse avec un diabète.

Traitement par insuline

L'insuline est réservée aux femmes pour qui les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent pas pour atteindre l’équilibre glycémique. Les antidiabétiques oraux sont contre-indiqués pour la femme enceinte. Des injections d’insuline rapide de type “analogues rapides” peuvent être prescrites, de même que des insulines lentes, si nécessaire. Une éducation nutritionnelle thérapeutiques peut être proposée.

Prévention du Diabète Gestationnel

Les mesures préventives que nous conseillons sont des mesures hygiéno-diététiques. Cela consiste en particulier à varier et équilibrer l’alimentation, avec une réduction importante des sucres rapides. L’exercice physique est également très conseillé, car c’est un excellent régulateur de la glycémie.

La grande majorité des diabètes gestationnels ne vont pas se compliquer car ils vont très bien répondre à l’association de modifications nutritionnelles et d’une activité physique adaptée.

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