Les systèmes d’élevages alternatifs, malgré leur image souvent idéalisée, permettent aux porcs d’exprimer un éventail de comportements plus large que dans les élevages confinés. Ces élevages présentent des atouts indéniables, mais ils doivent aussi relever des défis importants, notamment en termes de biosécurité, de santé animale et de santé publique. Un aspect crucial de la santé animale est la prévention des attaques de truies pendant la maternité, un problème complexe influencé par divers facteurs.
Diversité des Systèmes d'Élevage Porcin
La production porcine se caractérise par une grande diversité de modes d’élevage. La production conventionnelle en bâtiment fermé avec un sol en caillebotis, largement dominante, coexiste avec d’autres systèmes d’élevage dits alternatifs en regard du mode de logement. Parmi ceux-ci, on retrouve à la fois des élevages en plein air et des élevages sur litière, incluant notamment les élevages en production biologique.
La production porcine en plein air est définie comme un système qui permet aux porcs d’avoir un accès à l’extérieur et d’être en contact avec le sol, voire avec des plantes. Dans ce type d’élevage, tous les animaux ou seulement une partie d’entre eux peuvent avoir accès à l’extérieur, cet accès pouvant être réduit à une courette extérieure ouverte sur le bâtiment d’élevage. L’élevage sur litière présente le même type de diversité, tous les animaux n’étant pas forcément élevés sur litière au sein d’un élevage.
Les élevages alternatifs englobent divers systèmes, allant des élevages sur litière aux élevages proposant un accès plein air. Cet accès plein air peut se traduire par des courettes extérieures, des parcours en plein air, des parcs avec des cabanes, ou des systèmes très extensifs comme le système sylvopastoral où les porcs pâturent dans des zones de forêts.
Malgré le développement des systèmes d'élevage alternatifs dans de nombreux pays producteurs de porcs, ils ne séduisent qu'une faible proportion des éleveurs. L'élevage sur litière ou en plein air ne représente qu'une petite fraction des élevages. Les données numériques sur les élevages alternatifs dans leur diversité restent limitées, incluant des élevages en agriculture biologique, sous labels rouges ou labels rouges fermiers.
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Bien-être Animal et Élevages Alternatifs
La très grande majorité des citoyens méconnaît le mode d'élevage des animaux de production et idéalise souvent l'élevage fermier, alternatif, où les animaux ont un accès à un parcours extérieur ou à une zone paillée. Une des attentes du consommateur qui achète des aliments biologiques est que les normes de bien-être animal soient supérieures dans ces systèmes d'élevage.
Selon l'ANSES, « le bien-être d'un animal est l'état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes. Cet état varie en fonction de la perception de la situation par l'animal ».
Satisfaction des Besoins Physiologiques et Comportementaux
En milieu sauvage, les porcs sont actifs pendant la journée et passent une grande partie de leur temps à la recherche de nourriture, notamment à fouiller, à brouter et à explorer avec leur groin. En élevage, la répartition du temps est différente, avec moins de temps consacré à la recherche de nourriture.
L’aliment est distribué aux animaux sous différentes formes, à volonté ou lors de repas déterminés par l’éleveur. Les causes de stress liées à des défauts d’alimentation sont les mêmes en élevage conventionnel et alternatif, notamment l’insuffisance de longueur d’auge ou une quantité insuffisante d’aliment.
Les animaux élevés en plein air consomment en moyenne plus d’aliment que les animaux élevés en bâtiment, en raison d’une activité physique plus importante et d’une dépense d’énergie accrue par des températures ambiantes plus basses. À quantités égales d’aliment équivalent, les besoins d’un porc élevé en plein air peuvent ne pas être couverts et générer des frustrations alimentaires, de la faim et des carences nutritionnelles.
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Cependant, l'ingestion d'herbe, de fruits et/ou de terre par les porcs en plein air peut apporter une contribution non négligeable aux besoins en énergie, en acides aminés, en minéraux et en micronutriments, en particulier pour les truies ayant une grande capacité à ingérer des aliments volumineux. L'appétence de l'aliment est importante pour la prise alimentaire et pour la capacité du porc à couvrir ses besoins.
Une contamination microbienne, des mycotoxines ou des niveaux inadéquats de certains acides aminés peuvent entraîner une diminution de la consommation d'aliment. Une attention particulière doit être portée à la conservation des aliments, à l'équilibre des acides aminés (surtout en agriculture biologique), et à la présence de mycotoxines, qui semble plus élevée dans les céréales biologiques.
Des indicateurs comme les notes d'état corporel ou le taux d'animaux maigres peuvent être utilisés pour objectiver l'absence de faim. Des études ont montré que certains agriculteurs en production biologique ont plus de difficultés à répondre aux besoins nutritionnels des truies, avec un taux de truies maigres plus élevé que dans les élevages conventionnels.
Accès à l'Eau et Confort
L’absence de soif est assurée par l’apport d’une quantité d’eau permettant de couvrir les besoins des animaux. La disponibilité en eau potable peut être un problème, notamment dans les systèmes extensifs où les abreuvoirs sont souvent accessibles aux oiseaux sauvages et contaminés par la poussière. Une eau de mauvaise qualité peut impacter la consommation hydrique et être à l’origine de problèmes de santé. Il est également important de contrôler la température de l'eau et de préférer des tuyaux d’approvisionnement enterrés pour limiter les effets du gel.
L’absence d’inconfort est garantie par un environnement approprié, avec suffisamment d’espace, une zone de repos confortable, un éclairage suffisant et le confort thermique nécessaire. Une litière composée de paille a des propriétés similaires au type de substrat qu’un porc trouverait naturellement, réduisant ainsi l’inconfort et les blessures. Le risque de bursite est nettement inférieur dans les élevages alternatifs avec accès à l’extérieur ou sur paille.
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La zone de confort thermique du porc est inversement corrélée à son poids. Hormis les porcelets, les porcs sont sensibles aux températures élevées. Ils présentent des possibilités de régulation thermique limitées, dépendantes de leur capacité à se rafraîchir grâce à des bains de boue. Les animaux réagissent à une température ambiante élevée en se positionnant de préférence sur un sol favorisant les pertes de chaleur par conduction. La paille est nettement plus confortable pour les porcs que les sols en béton nu, sauf en cas de températures élevées.
Pour les porcs en plein air, la principale difficulté est de maintenir les animaux propres et secs en conditions météorologiques humides. Le type et la gestion des cabanes doivent être adaptés afin que les animaux puissent y trouver toutes les conditions de confort dont ils ont besoin. En maternité, il existe un effet saison sur la mortalité des porcelets en plein air, lié à la gestion du confort lors de la mise bas et à la capacité de la truie à préparer correctement son nid dans la cabane. Une trop faible densité du couvert végétal du parc, accompagnée de la présence permanente de boue, augmente l'humidité et l'inconfort dans la cabane. Le porcelet est très sensible au froid et aux courants d'air à la naissance. Une température ambiante trop basse augmente la proximité des porcelets avec leur mère et favorise la mortalité par écrasement, ce qui peut être corrigé par un paillage abondant des cabanes. Le choix du type de cabane impacte également le taux de mortalité avant sevrage.
Les porcelets peuvent aussi souffrir lorsqu'il fait très chaud. La chaleur impacte les qualités laitières de la truie qui passe plus de temps à l'extérieur de la cabane à se rafraîchir plutôt qu'à allaiter ses porcelets. Pour limiter les effets de la chaleur en plein air, il est nécessaire de mettre à la disposition des animaux des zones d'ombre ou des zones de rafraîchissement, comme des buses d'aspersion ou des bauges. Les mares sont également utilisées pour se rafraichir par temps chaud et se protéger des insectes, avec toutefois des risques de noyades de porcelets quand les truies y mettent bas.
Prévention des Blessures et des Maladies
Blessures et douleurs peuvent être des conséquences de bagarres entre animaux. Des études ont montré une variabilité importante entre élevages en ce qui concerne les lésions sur les truies liées à des bagarres. Les porcelets élevés en plein air présentent moins de comportements agressifs les uns envers les autres que ceux élevés en bâtiment, réduisant ainsi le risque de blessures.
Stratégies de Prévention des Attaques de Truies Pendant la Maternité
Bien que le document source ne se concentre pas directement sur les attaques de truies, les informations fournies permettent de dégager des stratégies de prévention basées sur l'amélioration du bien-être animal et la réduction des facteurs de stress:
- Optimisation de l'alimentation: S'assurer que les truies, en particulier dans les élevages en plein air, reçoivent une alimentation adéquate en quantité et en qualité pour satisfaire leurs besoins nutritionnels. Ceci inclut une attention particulière à l'équilibre des acides aminés, à la conservation des aliments et à la prévention de la contamination par des mycotoxines.
- Gestion de l'environnement: Fournir un environnement confortable et propre, avec suffisamment d'espace, une zone de repos confortable, un éclairage adéquat et un contrôle de la température. En particulier, une attention particulière doit être portée à la gestion des cabanes en maternité pour maintenir les porcelets au chaud et au sec.
- Réduction du stress social: Minimiser les sources de stress social, telles que la surpopulation ou la compétition pour les ressources. Les élevages en plein air, en offrant plus d'espace et des opportunités d'expression comportementale, peuvent contribuer à réduire l'agressivité.
- Surveillance de la santé: Surveiller attentivement la santé des truies et des porcelets, et intervenir rapidement en cas de maladie ou de blessure.
- Amélioration de la biosécurité: Mettre en place des mesures de biosécurité pour prévenir l'introduction et la propagation de maladies, en particulier dans les élevages en plein air où les animaux sont plus exposés aux agents pathogènes.
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