L'armée française est un pilier de la souveraineté et de la sécurité nationale. Cet article explore en détail ses missions, l'importance des réserves militaires, l'accent mis sur la préparation opérationnelle et la politique industrielle qui la soutient.

Missions de l'Armée Française

L'armée française a pour mission de défendre les intérêts de sécurité de la Nation et de garantir sa résilience. Elle intervient aussi bien sur le territoire national qu'à l'étranger, en fonction des décisions prises par le Conseil européen et dans le cadre de la politique européenne et de l'OTAN.

Les missions de l'armée française sont diverses et variées. Elles comprennent :

  • La protection du territoire national.
  • La participation à la sécurité collective.
  • La prévention des crises et la gestion des crises sanitaires.
  • La lutte contre les trafics illicites.
  • La défense des systèmes d'information.
  • Les opérations de coercition.
  • Les opérations de renseignement.
  • La préparation et l'accompagnement des opérations militaires.

L'armée française utilise des modes d'actions asymétriques et dispose d'une puissance de feu importante. Elle est capable de faire face à un large spectre de risques et de menaces.

Les Réserves Militaires : Un Élément Clé

Les réserves militaires sont une composante intégrante du modèle d'armée français. Elles constituent un vecteur de cohésion entre la Nation et les armées et contribuent à la diffusion de l'esprit de défense.

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La Réserve Opérationnelle

La réserve opérationnelle est indispensable aux forces armées pour qu'elles remplissent l'ensemble de leurs missions, notamment sur le territoire national ou en cas de crise grave. Elle contribue en outre à la capacité de résilience de la Nation.

La rénovation du dispositif de la réserve opérationnelle du ministère de la défense permet de renforcer sa contribution aux missions des armées, notamment celle de protection du territoire national, à travers :

  • Une augmentation des effectifs à hauteur de 40 000 réservistes, principalement en renfort des unités d'active.
  • Un accroissement des capacités de la réserve opérationnelle, par l'amélioration de son attractivité, de son employabilité et de la fidélisation du personnel.
  • Un élargissement des recrutements, en favorisant l'adhésion de réservistes issus de la société civile.
  • Un effort prioritaire en direction de l'enseignement supérieur.
  • Un recours accru et structuré à des réservistes opérationnels dans des domaines déficitaires ou sensibles, tels que la cyberdéfense, la reconstruction post-conflit ou l'intelligence économique.
  • La mise en place et la création, en particulier, d'un commandement de la réserve de cyberdéfense et d'une réserve à l'emploi spécifique au profit des armées et plus généralement de l'Etat, qui fera appel aux différents statuts de la réserve militaire.
  • Une amélioration du mode de gestion de la réserve opérationnelle afin que, en cas de crise menaçant la sécurité nationale ou de crise majeure sur le territoire national, la France dispose de ressources identifiées et rapidement mobilisables.
  • Le développement d'une politique de communication adaptée vers la société civile.

Les budgets consacrés à la réserve sont adaptés aux effectifs et aux besoins en formation, en entraînement et en équipement des réservistes opérationnels.

La Réserve Citoyenne

La réserve citoyenne, constituée de bénévoles, appartient pleinement à la réserve militaire. Elle constitue un vecteur de cohésion entre la Nation et les armées et contribue à la diffusion de l'esprit de défense. Elle permet aussi d'apporter aux armées des expertises additionnelles dans des domaines présentant une forte dualité.

Son déploiement est encouragé, notamment dans les départements ne possédant plus d'implantation militaire autre que la gendarmerie nationale, et à l'étranger, en lien avec le réseau diplomatique et consulaire. Par ailleurs, une attention particulière est apportée à son recrutement pour qu'elle représente la société française de manière équilibrée et dans toute sa diversité.

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Un vivier est identifié pour faire bénéficier la défense de réseaux et de compétences pointues dans des domaines spécifiques. Ainsi, pour faire face aux enjeux de la cybersécurité, un réseau de réservistes citoyens, constitué sous l'égide de l'état-major des armées pour la cyberdéfense et piloté conjointement par l'EMA, l'ANSSI et la gendarmerie nationale, est développé afin d'apporter son concours au ministère et plus généralement aux divers services de l'Etat.

Dans le cadre du plan d'égalité des chances du ministère, le réseau des réservistes locaux à la jeunesse et à la citoyenneté (RLJC) est développé. Leur rôle, à partir des réseaux RLJC mis en place, est d'améliorer la couverture des quartiers sensibles, en s'adaptant à la nouvelle géographie de la politique de la ville et en encourageant les échanges ainsi que les synergies entre les différents acteurs locaux.

Un réseau de réservistes citoyens consacré à la reconversion contribue au rapprochement des mondes civil et militaire afin d'accompagner l'action du ministère de la défense dans le domaine de la transition professionnelle. Associant les réservistes citoyens issus du secteur public comme du secteur privé, il facilite la mise en relation des candidats avec les recruteurs et favorise la création et la reprise d'entreprises.

Dans le cadre de la "Grande mobilisation de l'école pour les valeurs de la République", la réserve citoyenne du ministère de la défense apporte son concours au développement de la réserve citoyenne d'appui aux écoles et aux établissements, y compris à l'international.

Dispositif Spécifique en Cas de Crise

Un dispositif spécifique est créé pour permettre, en cas de crise menaçant la sécurité nationale, de recourir à la réserve selon des modalités spécifiques, définies à l'article 15 de la présente loi. S'insérant entre la situation courante et la crise majeure qui autorise le recours à la réserve de sécurité nationale, ce nouveau dispositif doit permettre un continuum de l'action de la réserve.

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Il permet une augmentation importante de l'emploi des réservistes, grâce notamment à :

  • La réduction du préavis, prévu à l'article L. 4221-4 du code de la défense, de trente à quinze jours et à cinq jours en cas d'existence d'une clause de réactivité dans le contrat du réserviste.
  • L'augmentation de cinq à dix du nombre de jours annuels d'activité accomplis pendant le temps de travail du réserviste, prévu au deuxième alinéa de l'article L. 4221-4 du code de la défense.

Par ailleurs, le recours à la réserve de disponibilité est optimisé grâce à l'appel prioritaire à une partie des ressources de celle-ci, selon des modalités qui auront été définies au préalable entre les forces armées, le réserviste et, le cas échéant, son employeur.

La Préparation Opérationnelle : Un Enjeu Prioritaire

L'activité opérationnelle des forces revêt une importance prioritaire car elle garantit la qualité, la motivation et l'attractivité de l'armée professionnelle. Elle est une dimension à part entière de la crédibilité du nouveau modèle d'armée et l'une des clés de son efficacité. Elle comprend, d'une part, l'activité conduite en opérations et, d'autre part, la préparation opérationnelle nécessaire à la qualification des forces. La préparation opérationnelle est évaluée par comparaison avec des normes qui traduisent les besoins de régularité des actions d'entraînement ; elle est par ailleurs complétée par le recours à des moyens de simulation.

Les normes d'entraînement des armées françaises sont cohérentes avec celles de l'OTAN, qui sont à la fois une référence et une exigence pour l'intégration des moyens nationaux dans ce cadre.

Normes Annuelles d'Activité (Hors Simulation)

  • Terre :
    • Journées de préparation opérationnelle (hors opérations extérieures et intérieures) : 90 jours.
    • Heures de vol par pilote d'hélicoptère : 180 heures.
  • Marine :
    • Jours de mer par bâtiment (bâtiments hauturiers) : 100 jours (110 jours).
    • Heures de vol par pilote de chasse : 180 heures (pilotes qualifiés à l'appontage de nuit : 220 heures).
    • Heures de vol par équipage de patrouille maritime : 350 heures.
    • Heures de vol par pilote d'hélicoptère : 220 heures.
  • Air :
    • Heures de vol par pilote de chasse : 180 heures.
    • Heures de vol par pilote de transport : 400 heures.
    • Heures de vol par pilote d'hélicoptère : 200 heures.

Un Effort Financier Important

Un effort financier important est réaffirmé dans ce domaine. Les crédits consacrés à l'entretien programmé des matériels s'établissent à un niveau moyen de 3,5 Md€ courants par an sur la période.

L'effet de cet effort financier est renforcé par l'application du principe de différenciation à l'activité et à l'entraînement, qui doit permettre à chacune des armées de tirer le meilleur parti de leurs ressources en distinguant :

  • Un ensemble de forces de coercition apte à s'engager dans les trois milieux terrestre, naval et aérien sous faible préavis contre un adversaire du meilleur niveau, ce qui suppose un entraînement spécifique à l'aide des équipements de premier rang.
  • Des forces à même de prendre part à des opérations de gestion de crise dans la durée, dont l'entraînement, au-delà d'un socle commun, est ciblé et modulé en fonction de la variété des missions.

Pour favoriser l'entraînement, il convient de s'appuyer à la fois sur des équipements au coût d'entretien moindre et sur des moyens de simulation.

Les Espaces d'Entraînement

La préparation opérationnelle doit pouvoir s'appuyer sur des espaces d'entraînement et des infrastructures adaptées. Elle doit tenir compte de la montée en puissance de la réglementation nationale et européenne relative à la protection de l'environnement.

Les camps d'entraînement représentent un ensemble d'espaces dédiés à la manœuvre, au tir et à l'aguerrissement. La rationalisation et l'amélioration des espaces d'entraînement s'appuient sur des modalités nouvelles de soutien, intégrant en permanence les problématiques de prévention, de maîtrise des risques et d'environnement durable. La préservation de ces espaces, outils majeurs de préparation opérationnelle ouverts aussi à nos alliés, conditionne la capacité d'engager des forces entraînées et aptes à remplir leurs missions.

L'entraînement aéromaritime est caractérisé par le besoin de grands espaces aériens et maritimes, mais aussi, dans les mêmes zones, de volumes sous la mer. Les zones d'exercices, Atlantique et Méditerranée principalement, satisfont les besoins, mais l'arrivée des armements nouveaux nécessitera de nouvelles zones adaptées pour les tirs d'entraînement.

La robustesse du dispositif de l'armée de l'air repose sur un réseau de bases aériennes et d'espaces d'entraînement qui intègre à la fois les contraintes environnementales et les exigences particulières du milieu aérospatial. La répartition harmonieuse des zones d'entraînement et des champs de tir air-sol sur le territoire s'avère indispensable.

La Politique Industrielle de Défense

La France fait le choix de considérer que l'industrie de défense est une composante essentielle de son autonomie stratégique. Elle est aussi un facteur de compétitivité pour l'ensemble de l'économie. Elle joue un rôle majeur pour l'emploi industriel.

S'agissant des participations publiques dans les entreprises du secteur de la défense, l'Etat met en œuvre une politique d'actionnaire dynamique, d'association des salariés, privilégiant l'accompagnement des entreprises dans leurs choix stratégiques, le contrôle des activités de souveraineté, le renforcement de la dimension européenne de l'industrie de défense ainsi que le soutien au développement et à la protection des technologies critiques.

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