L'interruption volontaire de grossesse (IVG), qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale (par aspiration), est une décision personnelle et parfois difficile. Après une IVG, de nombreuses questions peuvent surgir, notamment concernant la fertilité future et le délai pour concevoir à nouveau. Cet article vise à répondre à ces interrogations en s'appuyant sur des informations médicales fiables et des recommandations de santé.
Fertilité Après une IVG par Aspiration : Mythes et Réalités
Une idée reçue tenace est que l'IVG rend stérile ou diminue la fécondité. C'est FAUX. L'avortement, réalisé dans de bonnes conditions, n'a pas d'impact sur la fertilité de la femme. La Haute Autorité de Santé (HAS) souligne que les études évaluant le risque d'infertilité ultérieure ne montrent pas d'augmentation de ce risque dans les pays où l'IVG est légale. Le risque d'infertilité est souvent pointé comme une complication à long terme de l’interruption volontaire de grossesse. Ce risque n’est pas lié à la réalisation de l’IVG en tant que telle mais peut être une conséquence des éventuelles complications qui y sont associées (infection, lésions au niveau de l’utérus lors de l’aspiration, etc).
Ainsi, une IVG par aspiration effectuée dans un environnement médical sécurisé (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé) ne devrait pas compromettre la capacité d'une femme à concevoir ultérieurement.
Retour à la Fertilité et Contraception Post-IVG
La fertilité revient rapidement après un avortement. C'est pourquoi l'utilisation d'une contraception doit être envisagée dès le premier jour de l'interruption de la grossesse, si besoin. Il est possible de tomber enceinte à la première ovulation. Donc très rapidement.
Quel type de contraception choisir après une IVG ?
Au cours des différentes consultations effectuées pour réaliser l’IVG, vous recevez une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et pouvez échanger avec le médecin ou la sage-femme afin de choisir la contraception qui vous convient le mieux. Aucune méthode n’est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier. Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.
Lire aussi: Bébé : couche propre, ventre plein ?
Quand commencer la contraception après une IVG ?
La contraception que vous avez choisie peut être mise en place dès la réalisation de l’IVG. Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l’IVG instrumentale (sauf en cas d’épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse. Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée : le jour même ou le lendemain d’une IVG instrumentale ; le jour de la prise de misoprostol - prise du 2e médicament - pour une IVG médicamenteuse. Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida. Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.
Le Retour des Règles Après une IVG par Aspiration
Après une IVG, les règles reviennent généralement dans les 4 à 6 semaines. Ce délai peut varier en fonction du type de contraception choisi et du moment où elle a été débutée. Par exemple, avec une pilule oestro-progestative, les règles surviendront à la fin de la première plaquette. Avec un DIU hormonal, les règles peuvent être irrégulières ou absentes.
Il est important de noter que les premières règles après une IVG peuvent être différentes des menstruations habituelles, étant soit plus abondantes et longues, soit moins importantes et courtes.
Examens Médicaux de Contrôle Post-IVG
Après l’IVG les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique qui peut être réalisé, si la consultation est en présentiel, le médecin ou la sage-femme pourra vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais que vous soyez majeure ou mineure.
Un test de grossesse peut rester positif jusqu’à trois semaines après une IVG. C’est la visite de contrôle qui permettra de confirmer que l’IVG a fonctionné.
Lire aussi: Allaiter après un mois
IVG Chirurgicale (Aspiration) : Détails de la Procédure
Contrairement à l'IVG médicamenteuse, l'avortement par aspiration consiste à aspirer l'œuf à l'intérieur de la cavité utérine. Il peut être réalisé jusqu'à la fin de la 12e semaine de grossesse. L'avortement par aspiration, aussi appelé IVG chirurgicale, est une intervention chirurgicale qui consiste à aspirer l'œuf à l'intérieur de la cavité utérine. Cette opération se réalise sous anesthésie locale ou générale et ne dure qu'une dizaine de minutes. Avant de procéder à l'aspiration, le médecin dilate le col de l'utérus.
"L'intervention est réalisée sous anesthésie générale. Après avoir donné à la patiente des médicaments pour dilater le col, le chirurgien complète la dilatation puis rentre une canule dotée d'un aspirateur au bout puis il aspire le contenu de l'utérus", explique le Dr Odile Bagot, gynécologue et auteure de Vagin & Cie, on vous dit tout !
Des saignements persistants en raison de restes ovulaires dans la cavité utérine après aspiration peuvent exister "mais c'est infiniment plus rare que lors d'une IVG médicamenteuse" précise le Dr Bagot. Pour cause"lorsqu'on procède à une inspiration avec une canule, lorsque celle-ci n'aspire plus rien et qu'à ce moment-là les saignements s'arrêtent, on est quasiment sûr qu'il n'y a pas de restes c'est pourquoi un avortement raté est vraiment rare. Le cas échéant on ferait un curetage, de la même manière qu'après des restes par IVG médicamenteuse.
Les risques de l'IVG par aspiration
Le risque de stérilité, s'il était majeur du temps des IVG clandestines d'avant la loi Veil, n'est plus évoqué aujourd'hui que dans le but - inacceptable - d'effrayer les femmes, s'indigne le Dr Odile Bagot. En effet, une IVG réalisée dans des conditions d'aseptie correctes n'entraine pas d'infection, et par conséquent pas d'infertilité. Les risques théoriques de l'aspiration sont le risque anesthésique comme pour toute intervention et le risque de perforation utérine. S'il y avait des germes au préalable dans le col, il existe un risque d'infection mais en théorie, le gynécologue effectue des prélèvements avant". Il y a aussi un risque de synéchie, c'est-à-dire d'adhérence cicatricielle, lorsque l'on a trop gratté les parois de l'utérus. En cas de synéchie du col, la conséquence principale étant que l'on va avoir du mal à poser un stérilet ensuite.
Suites de l'IVG : Ce à Quoi S'attendre
Il est normal de subir les désagréments suivants pendant les premiers jours ou les premières semaines qui suivent une IVG médicamenteuse, chirurgicale ou instrumentale.
Lire aussi: Tout savoir sur les caillots après une interruption de grossesse
- Saignements, contractions, douleurs abdominales ou lombaires
- Désagréments hormonaux
- Diarrhées ou nausées causées par les antibiotiques (uniquement en cas d’IVG chirurgicale par aspiration ou d’avortement instrumental)
- Tension mammaire et/ou engorgement (lait)
Pendant les jours qui suivent l’intervention, vous pouvez souffrir de maux de dos, de contractions et de saignements, comparables à ceux d’une menstruation normale. Souvent, les saignements les plus importants n’apparaissent que 4 à 7 jours après l’intervention et peuvent durer plus longtemps qu’une menstruation. Les saignements se terminent souvent par un écoulement brunâtre. Ils peuvent également être constitués de caillots. Les saignements peuvent disparaître un certain temps, puis reprendre, cela varie d’une femme à l’autre.
Que faire en cas de douleur ?
Contre la douleur, vous pouvez prendre de l’ibuprofène, ou Aleve, éventuellement en association avec du paracétamol. Ne prenez pas d’aspirine. Lisez toujours attentivement les notices des antalgiques et respectez les quantités prescrites.
Désagréments hormonaux post-IVG
Les symptômes de la grossesse disparaissent généralement en l’espace de quelques jours à deux semaines. Les hormones de la grossesse sont présentes dans votre organisme pour un certain temps encore, si bien que les tests de grossesse peuvent rester positifs jusqu’à trois ou quatre semaines après l’avortement.
Tension mammaire et/ou engorgement
Si vous étiez enceinte depuis un certain nombre de semaines déjà, vos seins peuvent rester tendus et douloureux pendant quelque temps encore après l’intervention. Vous pouvez même souffrir d’un engorgement ou avoir des écoulements de lait. Le port d’un soutien-gorge serré (sans armatures) permet de réduire ces symptômes. Il ne faut surtout pas masser les seins. Les poches de glace peuvent aussi vous soulager. Vous pouvez éventuellement prendre un antalgique.
Il est impératif de consulter un médecin en cas de :
- Fièvre (plus de 38,5°C pendant plus d’une journée)
- Saignements abondants et douleurs
Impact Psychologique et Soutien Post-IVG
Contrairement à une idée reçue, l'IVG n'est pas à l'origine de troubles psychologiques spécifiques. Le vécu d’une IVG est personnel et varie d’une femme à l’autre. C’est souvent le contexte de sa réalisation et l’accompagnement autour de l’IVG qui peuvent avoir un impact psychologique. Par ailleurs, les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent contribuer au mauvais vécu d’une IVG.
Comme le précisent la Haute Autorité de santé, il n'existe pas de pathologie psychologique spécifique au décours d'une IVG. L'impact psychologique de l'avortement est difficile à évaluer puisque l'IVG est vécue de manière différente par chacune.
Si l'on en ressent le besoin, avant ou après l'IVG, il est possible de demander à bénéficier de la consultation psycho-sociale proposée (et obligatoire pour les mineures). Il est également possible de se tourner vers les associations qui peuvent apporter un soutien important. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place. Vous pouvez également vous tourner vers un psychologue ou encore vers des associations, comme le Planning familial, qui peuvent vous apporter un soutien important. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si vous en ressentez le besoin.
Reprise des Rapports Sexuels Après une IVG
Il est conseillé d’attendre une dizaine de jours avant la reprise des rapports sexuels avec pénétration après une IVG. En effet, si le col de l’utérus n’est pas refermé il existe un risque que des germes puissent remonter du vagin vers l’utérus et soient à l’origine d’une infection. Pour les mêmes raisons il est également recommandé de ne pas utiliser de tampons durant cette période. Si vous ne souhaitez pas de grossesse il est nécessaire d’utiliser une contraception dès la reprise des rapports sexuels après une IVG (une grossesse est possible même avant la reprise de vos règles).
tags: #tomber #enceinte #apres #ivg #par #aspiration
