Introduction
L'avortement, pratique ancienne et complexe, a toujours été au cœur de débats passionnés. Après la Première Guerre mondiale, la France a connu une période de forte natalité, exacerbée par les pertes humaines du conflit. Dans ce contexte, l'avortement est devenu un enjeu majeur, étroitement lié aux politiques de population et aux préoccupations nationales. Cet article explore l'évolution de la perception et de la répression de l'avortement dans l'entre-deux-guerres, en mettant en lumière les méthodes utilisées, les acteurs impliqués et les conséquences sociales et médicales, notamment l'injection de vinaigre d'alcool comme méthode abortive.
Le Contexte de l'Entre-Deux-Guerres : Natalisme et Répression de l'Avortement
Les années de l’entre-deux-guerres ont vu le combat nataliste et anti-malthusien se concentrer sur l’avortement. La lutte contre les pratiques abortives est devenue le moyen privilégié pour faire obstacle à la dénatalité, en raison du moindre danger que semblait représenter le mouvement néomalthusien après la loi de 1920. L’insatisfaction laissée par les réformes de 1920 et 1923, la refonte des réseaux militants autour de l’Alliance nationale, l’apparition de nouveaux intermédiaires institutionnels avec le Haut Comité de la population et plus tard avec les structures familialistes mises en place par le régime de Vichy, ont instauré les conditions d’une évolution des registres d’action.
À compter des années 1930, l’aversion à l’égard de l’avortement est devenue une véritable haine. Ce phénomène passionnel s’est emparé des combattants, et il est nécessaire de montrer comment certains croisés se sont mués en entrepreneurs de haine. L'Alliance nationale a empli de passion le problème de l’avortement à travers une propagande renouvelée par des techniques de plus en plus sophistiquées, des discours sans cesse plus rageurs et des propositions qui ont dérivé vers de véritables appels à la violence.
Géopolitique de la Vie : Avortement et Relations Internationales
Il devient impossible, à mesure que le récit historique s’approche de la Seconde Guerre mondiale, d’envisager les questions de population et d’avortement indépendamment du cadre international. Il est pertinent de parler, au sujet des années 1920 et surtout des années 1930, d’une « géopolitique de la vie », au vu de l’ampleur européenne et mondiale qu’acquièrent les problèmes considérés. Des questionnements convergents sont soulevés, débattus et mis en circulation à grande échelle, de l’ascension du mouvement du Birth control à l’instauration du régime nazi. Le mouvement nataliste et familial français est partie prenante de ces réflexions.
La Loi de 1923 Poussée aux Limites de son Potentiel
Une fois acquise la loi de correctionnalisation, les militants se sont efforcés de pousser les pouvoirs publics à appliquer sans relâche les nouvelles dispositions, puis à reconsidérer les mesures légales ayant été écartées dans la séquence législative de 1919-1923. Durant les années 1920, un « groupe de pression » a imposé sa présence.
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La Répression : Une Pratique Collective
La pression exercée depuis 1920 sur les pouvoirs publics en constitue la preuve : le lobbying nataliste ne s’effectuait pas seulement en « amont » du processus législatif, mais également dans l’application concrète des textes, dès l’instant même où ils prenaient effet. Le glissement vers le répressif découlait d’une alchimie complexe entre la loi, la doctrine, le droit prétorien, les injonctions émises par l’exécutif et la pression militante.
Dès les semaines consécutives à l’adoption de la loi du 31 juillet 1920, l’Alliance nationale a adressé une lettre circulaire aux commissaires de police et a demandé au ministre de l’Intérieur d’exhorter les services placés sous sa tutelle à appliquer la loi avec vigueur. Aucun progrès répressif ne paraissait envisageable tant que la police ne serait pas fermement déterminée à « remettre entre les mains de la Justice » le plus grand nombre de contrevenants. Quant à la justice, elle ne devait plus donner de signes de faiblesse : toutes les opportunités jurisprudentielles devaient être saisies pour niveler la répression vers le haut. Les gardes des Sceaux successifs multipliaient les circulaires aux parquets, les enjoignant de garantir une sévérité sans faille.
Entre État et groupes de pression, un véritable circuit d’échanges s’est mis en place et s’est institutionnalisé. L’Alliance nationale était intégrée de facto au dispositif institutionnel répressif. Les affiliations individuelles croisées qui soudaient l’Alliance nationale au Conseil supérieur de la natalité facilitaient considérablement les choses. L’association avait acquis un statut d’interlocuteur privilégié, apte à dialoguer d’égal à égal avec les structures ministérielles, à contrôler leur activité, à leur dicter les textes d’application.
Cette pression collective a produit certains résultats observables sur le plan jurisprudentiel : des décisions de justice importantes ont remis en question les interprétations traditionnellement plutôt littérales des différents textes de lois. Les vieilles objections libérales concernant l’« intention criminelle », la « consommation du crime » et le « crime impossible » se sont peu à peu vues entaillées.
En 1928, la Cour de cassation a statué sur une affaire de tentative d’avortement par injection de substances diverses parmi lesquelles figurait du vinaigre, qui n’est recensé dans aucun traité comme produit abortif. Pourtant, la Cour de cassation a écarté la notion de « crime impossible » et a admis la condamnation pour tentative d’avortement quelle que soit l’efficacité théorique des moyens mis en œuvre. Les attendus faisaient état de « manœuvres accomplies […] avec l’intention et dans le but de procurer un avortement », ce qui suffisait à constituer « le commencement d’exécution » de l’infraction.
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Le Regard Porté sur la Répression Après 1923
Les informations que les combattants anti-avortement parvenaient à se procurer dans l’entre-deux-guerres ne laissaient guère de doute quant à la portée réelle des lois de 1920 et 1923 sur le « nombre » des avortements d’une part, sur l’activité mesurable de la justice d’autre part.
Une publication a attiré particulièrement l’attention des combattants anti-avortement : l’ouvrage, publié chez Masson en 1936, que le chirurgien Henri Mondor a consacré aux suites mortelles de l’avortement. L’étude présentait des qualités de description clinique unanimement saluées. Mais l’un des éléments qui lui a assuré d’innombrables citations est un passage dans lequel le professeur s’est risqué à évaluer le chiffre annuel global du phénomène : il n’a pas hésité à faire état d’un million d’avortements tous les ans.
Quant aux chiffres de la répression, ils indiquaient que malgré le harcèlement exercé sur la justice par les activistes, le changement de régime pénal tant espéré ne s’est pas produit. Très peu de temps après l’entrée en vigueur de la loi de 1923, le procès qui était fait aux jurys s’est reporté sur les juges correctionnels.
L'Injection de Vinaigre d'Alcool : Une Méthode Abortive Dangereuse
Dans ce contexte répressif et de désespoir social, les femmes cherchaient des moyens d'interrompre des grossesses non désirées. L'injection de vinaigre d'alcool dans l'utérus était une méthode abortive clandestine, pratiquée malgré son danger.
Risques et Conséquences Médicales
L'injection de vinaigre d'alcool, bien que parfois perçue comme une alternative accessible, comportait des risques graves :
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- Infections: L'utilisation de matériel non stérile pouvait entraîner des infections sévères de l'utérus et des organes environnants, conduisant à la septicémie (infection généralisée du sang) et à la mort.
- Hémorragies: L'injection pouvait provoquer des lésions de la paroi utérine et des hémorragies importantes, mettant en danger la vie de la femme.
- Perforation utérine: Dans certains cas, l'utérus pouvait être perforé par l'aiguille, causant des dommages aux organes internes et nécessitant une intervention chirurgicale d'urgence.
- Stérilité: Les complications infectieuses et les lésions utérines pouvaient entraîner la stérilité.
- Décès: Dans les cas les plus graves, l'injection de vinaigre d'alcool pouvait entraîner la mort de la femme.
Conséquences Sociales et Juridiques
Les femmes qui recouraient à l'avortement clandestin et les personnes qui les pratiquaient étaient passibles de poursuites judiciaires sévères. Les lois de 1920 et 1923 criminalisaient l'avortement et la propagande anticonceptionnelle, ce qui conduisait à des condamnations à des peines de prison et à des amendes. Les femmes qui subissaient des complications médicales suite à un avortement clandestin hésitaient souvent à consulter un médecin par peur d'être dénoncées, ce qui aggravait leur état de santé et augmentait le risque de décès.
Héroïne et ses dangers
L'héroïne est une substance psychoactive opiacée très puissante à fort potentiel addictif, dérivée de la morphine. Elle a été synthétisée pour la première fois en 1874 puis en 1898 par Bayer.
- la " brown-sugar " ou héroïne-base , composée de 30 à 50% d'héroïne, de strychnine, quinine, d'aspirine et caféine. Elle est de couleur marron, d'où son nom ou grise. Le seul risque très grave est l'overdose. En cas de surdosage, le risque est une dépression respiratoire ou une hypotension artérielle grave avec arrêt cardio-respiratoire, entraînant un état de coma pouvant amener à la mort. Cela peut survenir chez des usagers naïfs de toutes prises d'opiacés, ou chez des usagers réguliers lors d'un changement de produit à l'origine méconnue ou après une période de sevrage.
L'héroïne peut être détectée dans les urines jusqu'à 24 à 48h après la dernière prise, pour une consommation isolée ou occasionnelle, et 48 à 72h après la dernière prise, pour une consommation importante. En cas d'intoxication aigüe grave, ou overdose(OD), il existe un antidote qui annule immédiatement les effets neurologiques de l'héroïne et entraîne un réveil extrêmement rapide. Dans le cas d'une intoxication chronique ou d'une dépendance à l'héroïne, le traitement est celui du sevrage. En effet à l'arrêt brutal d'une consommation régulière, survient un syndrome de physique très intense et très douloureux et désagréable. Pour pouvoir le surmonter, on utilise souvent un panel de médicaments qui luttent contre les différents symptômes du syndrome de manque. Le sevrage peut se faire en ambulatoire, ce qui est souvent très difficile du fait de l'intensité des symptômes mais surtout de la solitude et l'anxiété qui accentuent les sensations de manque. Certains services de soins spécialisés proposent des sevrages hospitaliers, entre 7 et 15 jours, dans un milieu adapté, éloigné des produits et de l'environnement habituels. Dans un deuxième temps, pour maintenir l'abstinence, il est important d'être accompagné psychologiquement afin de lutter contre les envies de consommer qui restent présentes très longtemps. Dans d'autres cas, une période transitoire peut être importante. Il s‘agit d'un arrêt de la consommation d'héroïne au profit d'un médicament de substitution, dérivés d'opiacés, prescrit par un médecin autorisé et absorber par voir orale. Les deux principaux médicaments sont la méthadone et la Buprénorphine Haut Dosage. Ces médicaments ont le pouvoir d'éviter le syndrome de manque physique sans donner les effets psychotropes de l'héroïne. Ce syndrome de manque comporte un cortège de symptômes physiques et psychiques florissant. C'est pour cette raison qu'il est extrêmement difficile d'arrêter l'héroïne seul et brutalement. L'héroïne est une drogue illicite, chère et difficile à trouver. De ce fait, la recherche et l'achat du produit est intimement liée à une prise de risque importante, soit dans la transgression de la loi (risque judiciaire et carcérale), soit du fait du côtoiement du milieu du trafic souterrain, souvent violents et dangereux, soit d'une mise en péril financière, avec des sommes faramineuse nécessaire à combler les besoins. La première complication est l'abcès bactérien au point d'injection, ou l'hématome compressif. On peut vivre des années en consommant de l'héroïne si l'approvisionnement est maintenu. Il s'agit toujours d'une rencontre entre un produit, d'une personnalité et d'un moment. Selon les chiffres de l'OFDT (Observatoire Français des drogues et toxicomanies) " les usages occasionnels d'héroïne (au moins une fois par an) ne concernent qu'un très faible nombre de français. Le nombre d'usagers de drogues "actifs" qui fréquentent les structures de première ligne en France est estimé à 35 000 personnes par an. L'héroïne se fixe sur les récepteurs µ du cerveau, entraînant les effets antalgiques puissants.
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