La France a mis en place une campagne de prévention contre la bronchiolite infantile, une maladie causée principalement par le virus respiratoire syncytial (VRS), première cause d'hospitalisation chez les nourrissons de moins de 12 mois. Cette campagne repose sur l'administration du Beyfortus (nirsévimab), un anticorps monoclonal préventif, aux nouveau-nés. Malgré une adhésion importante à cette campagne, des inégalités d'accès au traitement persistent, en particulier pour les familles les plus vulnérables.

La bronchiolite à VRS : un problème de santé publique majeur

Chaque année, la bronchiolite engendre plus de 100 000 visites aux urgences et 50 000 hospitalisations en France, perturbant considérablement les services de pédiatrie. Face à ce constat, l'arrivée de traitements préventifs comme le Beyfortus était très attendue.

Le Beyfortus : un traitement préventif prometteur

Le Beyfortus est destiné aux nourrissons lors de leur première exposition au VRS. Les bébés nés à partir du 1er septembre 2025 peuvent recevoir une dose à la maternité ou en ville, jusqu'à la fin de la campagne début 2026. Les nourrissons nés entre le 1er février 2025 et le 31 août 2025 peuvent également être immunisés en ville. Un arrêté a étendu le remboursement aux enfants vulnérables, notamment en raison de pathologies cardiorespiratoires, jusqu'à leurs 24 mois, lors de leur deuxième saison d'exposition au VRS.

Des études scientifiques ont démontré qu'une dose unique de nirsévimab réduit de plus de 80 % les passages aux urgences et le risque d'hospitalisation dans les six mois suivant l'injection. Le risque d'admission en réanimation est également divisé par cinq.

Des inégalités d'accès liées au remboursement

Bien que le Beyfortus soit entièrement pris en charge s'il est administré à la maternité, il n'est remboursé qu'à 30 % s'il est prescrit en cabinet de ville par un pédiatre, un généraliste, une sage-femme ou une infirmière libérale. Cette différence de remboursement découle de l'avis de la Haute Autorité de santé (HAS) d'octobre 2024, qui a jugé que le service médical rendu par le Beyfortus était « modéré ». La HAS a estimé que l'anticorps n'était pas assez efficace pour justifier un meilleur remboursement, en le comparant à un médicament plus ancien, le Synagis.

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Cette décision est contestée par la communauté médicale. Le Pr Naïm Ouldali, du service de Pédiatrie générale - Maladies Infectieuses - Médecine interne pédiatrique à l'hôpital Robert-Debré (AP-HP), souligne que comparer le Beyfortus au Synagis est obsolète, car le Beyfortus s'administre en une seule injection efficace pour tous les enfants, contrairement au Synagis qui nécessite six injections à l'hôpital et ne concerne que les enfants prématurés.

Cet imbroglio administratif crée une inégalité d'accès aux soins pour les familles les plus vulnérables. L'an dernier, les sociétés savantes de pédiatrie ont alerté sur le fait que des familles étaient incapables de payer le reste à charge d'environ 300 € (sur 401,80 €), une somme non remboursée par certaines mutuelles. Ces familles n'ont pas non plus recours ou ne peuvent prétendre à l'aide médicale d'État (AME) ou à la complémentaire santé solidaire (CSS). Ce remboursement insuffisant a également conduit les départements à ne pas acquérir de doses pour approvisionner les centres de protection maternelle et infantile (PMI). Le Dr Andreas Werner, président de l'Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa), s'inquiète de cette situation, car les enfants de familles précaires sont plus exposés au VRS et à ses séquelles.

Les défis de la pérennisation du dispositif

Les pédiatres s'interrogent sur la disponibilité à long terme du Beyfortus en maternité. En raison de l'avis de la HAS, le Beyfortus ne peut pas être inscrit sur la liste en sus et ne peut donc pas être inclus dans le prix du séjour en maternité ou facturé en sus des prestations d'hospitalisation. Un dispositif exceptionnel a été mis en place en 2025 pour permettre aux hôpitaux de facturer le Beyfortus à l'État, mais l'avenir de ce dispositif est incertain. Le Pr Ouldali s'inquiète de l'absence de visibilité sur les modalités de financement pour 2026, alors que les preuves d'efficacité du traitement sont établies. Il craint que la France, pionnière dans la proposition de ce traitement à tous les enfants, ne soit la première à mettre fin à ces campagnes intégralement gratuites pour la population.

Les services de pédiatrie et la vaccination : un aperçu

Les services de pédiatrie, comme celui de l'hôpital Robert-Debré (AP-HP), jouent un rôle essentiel dans la prise en charge des maladies infectieuses de l'enfant et dans la vaccination. Ces services accueillent des enfants de 0 à 18 ans et assurent des missions de proximité, de traitement des pathologies aiguës et de la prise en charge diagnostique et thérapeutique des maladies rares. Ils sont également impliqués dans la surveillance des cas de Covid-19 et des syndromes inflammatoires multi-systémiques pédiatriques (PIMS ou MIS-C).

En outre, de nombreux centres de vaccination, présents dans les hôpitaux et les centres de santé, proposent des consultations de médecine des voyages et des vaccinations internationales.

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