Introduction
Antoine Mesnier est un médecin bordelais, ancien rugbyman et figure marquante du monde sportif, dont la vie a pris un tournant inattendu lorsqu'il a été diagnostiqué avec la maladie de Charcot, également connue sous le nom de Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA). Sa biographie est celle d'un homme qui, face à l'adversité, choisit de vivre intensément, de témoigner et de se battre pour une fin de vie digne. Cet article explore son parcours, son combat contre la maladie et son engagement pour faire évoluer la loi sur l'euthanasie en France.
Un médecin engagé et un sportif passionné
Avant d'être confronté à la maladie, Antoine Mesnier était un médecin de famille dévoué, décrit comme un « toubib à l’ancienne ». Pendant quarante ans, il a consacré sa vie à ses patients. Parallèlement à sa carrière médicale, Antoine Mesnier s'est fait un nom dans le monde du sport. Rugbyman passionné et ancien président du Stade bordelais (Sbuc), il a soigné de grands noms du football français, tels que Zidane, Dugarry et Lizarazu, à l'époque glorieuse des Girondins de Bordeaux. Son implication dans le sport était profonde.
Le diagnostic de la maladie de Charcot
La vie d'Antoine Mesnier bascule lorsqu'il reçoit le diagnostic de la maladie de Charcot. Cette maladie neurodégénérative, décrite comme l'une des plus atroces, s'attaque aux cellules nerveuses du cerveau et de la moelle épinière, entraînant une paralysie progressive des muscles tout en laissant la conscience intacte. L'annonce de la maladie est un choc, d'autant plus qu'Antoine Mesnier avait déjà vécu cette épreuve avec son ami Patrice Lestage, ancien défenseur de Saint-Etienne et de Bordeaux, décédé de la SLA en 2010. Antoine Mesnier avait lui-même annoncé à Patrice son diagnostic de Charcot.
Conscient de l'issue fatale de la maladie, Antoine Mesnier envisage d'abord le suicide. Cependant, il trouve la force de continuer pour ses fils, Paul et Louis. Un voyage à Saint-Etienne-de-Baïgorry, un lieu cher à son cœur, lui redonne l'envie de vivre et de se battre.
Vivre intensément malgré la maladie
Antoine Mesnier décide de vivre intensément les mois qui lui sont comptés. Il quitte son cabinet médical et s'installe dans sa maison du Pays Basque, où il trouve la sérénité dans le calme de la nature et la chaleur des relations humaines. Il se raconte sans tabou, avec humour et gourmandise, dans un livre intitulé « Bon anniversaire Antoine ! ». Ce livre est à la fois un témoignage poignant sur la maladie, un journal de combat et une thérapie.
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Dans son livre, Antoine Mesnier partage ses aventures et petites catastrophes du quotidien, ses grands espoirs, l'affection de son entourage et la solidarité entre les malades. Il y raconte comment il apprend à profiter de ses enfants, de l'amour qui refleurit autour de lui et de chaque instant de la vie.
Le combat pour une fin de vie digne
Antoine Mesnier fait de la question de la fin de vie un combat personnel. Il refuse l'idée de devoir se rendre en Belgique, où l'euthanasie est légale, pour mourir dignement. Il souhaite faire évoluer la loi française sur l'euthanasie, afin de permettre aux malades incurables de bénéficier d'une aide active à mourir, dans la collégialité médicale et avec le consentement du patient.
Antoine Mesnier témoigne de son expérience et de ses convictions dans le documentaire « Fin de vie : pour que tu aies le choix », réalisé par Marina Carrère d'Encausse et diffusé sur France 5. Il y révèle également qu'il a lui-même pratiqué une euthanasie clandestine pendant sa carrière de médecin généraliste, afin de soulager la souffrance de ses patients.
Il souligne l'hypocrisie de la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui introduit la notion de « sédation profonde et continue » mais ne permet pas l'injection létale pour les malades incurables. Il considère que chaque individu devrait avoir le droit de décider de sa propre fin de vie, dans la dignité et l'égalité.
Antoine Mesnier a conclu un pacte avec son ami Serge Simon, ancien joueur de rugby et dirigeant du rugby français, qui s'engage à l'aider à mourir lorsque sa souffrance deviendra insupportable. Il trouve dans cet engagement une sérénité pour vivre pleinement chaque jour.
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Une relation personnelle avec Marina Carrère d'Encausse
La rencontre entre Antoine Mesnier et Marina Carrère d'Encausse est particulière. L'animatrice et médecin l'a rencontré dans le cadre du documentaire « Fin de vie : pour que tu aies le choix ». Une relation amoureuse se noue entre eux. Marina Carrère d'Encausse décrit leur amour comme intense et essentiel, car ils n'ont pas de temps à perdre. Elle souligne la difficulté de commencer une histoire en parlant d'aide et de fin de vie, mais elle affirme que la maladie de Charcot n'a pas empêché leur amour. En 2024, après plusieurs années de relation, Marina Carrère d'Encausse et Antoine Mesnier se séparent.
Un infarctus et une nouvelle envie de vivre
Le 31 juillet, Antoine Mesnier est victime d'un infarctus du myocarde. Paradoxalement, il espère mourir dignement de cette crise cardiaque, sans avoir à recourir à l'euthanasie. Cependant, il est sauvé grâce à une intervention médicale rapide. Après cet événement, Antoine Mesnier ressent une nouvelle envie de vivre. Il réalise qu'il n'est pas encore prêt à mourir et qu'il veut décider du moment de sa mort.
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