Les nausées et les vomissements sont des symptômes très fréquents en début de grossesse, touchant près de 80 % des femmes. Bien que généralement sans gravité, ils peuvent être très gênants et impacter la qualité de vie. Cet article explore les causes, les solutions et les précautions à prendre pour gérer efficacement les nausées et vomissements pendant la grossesse.
Causes des nausées et vomissements de grossesse
Les nausées sont fréquentes au début de la grossesse, au point d'en constituer l'un des signes les plus évidents. Une grande majorité de femmes souffre de nausées pendant la grossesse, particulièrement pendant les trois premiers mois. La cause de ces nausées est mal connue. Elles seraient principalement liées aux modifications hormonales au début de la grossesse, notamment à la production de progestérone en grande quantité. Les nausées s’estompent généralement à fin du premier trimestre. Dans la majorité des cas, les nausées surviennent le matin, lorsque la femme est encore à jeun. Pour certaines femmes enceintes, les nausées se limitent à un manque d’appétit ou à un dégoût pour quelques aliments. Pour d’autres, les nausées sont plus sévères et entraînent de grandes difficultés pour s’alimenter, en particulier lorsque le mal au cœur s’accompagne de vomissements. Les vomissements sont en fait liés à la sécrétion importante de la progestérone en début de grossesse, hormone indispensable au développement de la grossesse.
Mesures diététiques et habitudes de vie
Des mesures diététiques simples peuvent aider à prévenir et à limiter les nausées. Les nausées matinales peuvent être limitées en évitant les efforts physiques avant d’avoir mangé, par exemple, en prenant son petit-déjeuner au lit. Fractionner ses repas, pour éviter la sensation de l’estomac plein, peut aider. Par ailleurs, mieux vaut bien aérer les pièces.
Stratégie nutritionnelle anti-nausées
La stratégie nutritionnelle anti-nausées consiste à la fois à ne pas rester à jeun et à ne pas surcharger le système digestif. L’idéal est donc de multiplier les mini-repas dans la journée. Déjeunez et dînez sain (poisson ou viande grillés, légumes cuits), évitez les plats en sauces ou les formules exotiques et programmez une collation vers 11h et 16h (fruit frais, compote ou laitage). Un estomac vide et donc un faible taux de glycémie favorisant les nausées, il est en effet recommandé de ne pas se lever avant d’avoir au moins grignoté une tranche de pain grillé (plus digeste que le pain frais). Idéalement, c’est tout le petit déjeuner que vous prendrez au lit. Et au vu des circonstances, le futur papa se fera certainement un plaisir de vous préparer un plateau ad-hoc : du pain ou des céréales, un laitage, un fruit mais dans un premier temps pas trop de liquide. Préférez avaler votre jus de fruit ou votre tasse de thé après le lever…
Gestion des odeurs et de la fatigue
La grossesse s’accompagne d’une hypersensibilité olfactive : un effet secondaire de l’afflux hormonal. Ainsi amplifiées, des odeurs jusqu’alors agréables ou supportables deviennent désagréables voire intolérables et forment autant de facteurs déclencheurs de nausées. C’est donc le moment pour vous d’être vigilante concernant les effluves de tabac, les sillages de parfum entêtant ou les fumets provenant des fourneaux… Les nausées ont tendance à augmenter sous l’effet de la fatigue, du manque de sommeil et du stress. Veillez donc déjà à bien dormir : aux premiers signes d’endormissement (bâillement, yeux qui piquent), éteignez écrans et autres tablettes qui activent la vigilance, abaissez la température de la chambre pour abaisser votre température corporelle et favoriser l’endormissement.
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Hydratation
Bien évidemment, pas d’alcool. Quant au soda made in USA, bien connu dans sa version d’origine pour calmer les nausées, il est trop chargé en caféine et trop sucré… Votre meilleur allié reste l’eau plate (1,5l au moins par jour) à condition de préférer la consommer en dehors des repas, 20 minutes avant et après et par petites gorgées tout au long de la journée.
Solutions non médicamenteuses
Plusieurs solutions non médicamenteuses peuvent aider à soulager les nausées et vomissements de grossesse.
Gingembre
L’OMS reconnaît au gingembre une efficacité contre les vomissements de la grossesse.
Homéopathie
L’homéopathie peut soulager des vomissements modérés pendant la grossesse. Demandez conseil à un médecin qui a cette spécialité, à une sage-femme ou au pharmacien. > L’indispensable : sepia 9CH quand les odeurs deviennent désagréables et les nausées apparaissent surtout le matin.
Accessoires : Bracelets anti-nausées
Accessoires : bracelets anti-nausées qui renferment des fils croisés exerçant une compression sur le point d’acupuncture Nel Kuan à l’aide d’un petit tube plastique. Sans effets secondaire.
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Médicaments anti-vomitifs : ce qu'il faut savoir
Si les mesures diététiques et les solutions naturelles ne suffisent pas, des médicaments peuvent être prescrits par un médecin. Mais évitez à tout prix l’automédication : de nombreux médicaments sont dangereux pour le bébé. En cas de grossesse, ne prenez jamais de médicament contre les vomissements, Vogalène ou autre, sans avis médical. Le médecin ou la sage femme pourra vous prescrire, si besoin, un médicament pour calmer les vomissements de la grossesse.
Médicaments disponibles et précautions d'emploi
- Métoclopramide : Aucun risque de malformation ni de foetotoxicité n’a été mis en évidence chez la femme enceinte selon un important nombre de données scientifiques. Le métoclopramide peut être utilisé au cours de la grossesse si nécessaire. Par mesure de précaution, le métoclopramide doit être évité en fin de grossesse en raison du risque de syndrome extrapyramidal (mouvements anormaux, trouble du tonus musculaire etc…). Si votre médecin juge nécessaire qu’il vous soit prescrit, une surveillance du nouveau-né doit être mise en œuvre.
- Méclozine : Au vu des données scientifiques disponibles, l’utilisation du méclozine est possible au cours de la grossesse quel que soit le terme.
- Diphénhydramine : Aucun risque de malformation ni de foetotoxicité n’a été mis en évidence chez la femme enceinte ayant pris ce médicament au cours du 1er trimestre de grossesse. De rares effets digestifs et neurologiques ont été observés chez les nouveaux-nés issus de mères traitées au cours du 2ème et 3ème trimestre. Compte-tenu de ces données, l'utilisation de ce médicament peut être envisagée au cours de la grossesse si votre médecin juge nécessaire qu’il vous soit prescrit.
- Dompéridone : En l’absence de données suffisantes chez la femme enceinte, le risque éventuel sur l’enfant à naître est inconnu. De ce fait, la dompéridone ne doit être utilisée qu’en cas d’absolue nécessité et après avis médical.
- Métopimazine : En l’absence de données scientifiques chez la femme enceinte, l’utilisation de métopimazine doit être faite avec prudence après avis d’un professionnel de santé. Respectez les doses prescrites sur une durée de traitement la plus courte et nécessaire pour contrôler les nausées et les vomissements.
- Doxylamine : Il existe des médicaments pour la nausée pendant la grossesse, à base de Doxylamine (Donormyl, Doxylamine Biogaran) : 20 mg au coucher et si besoin 10 mg matin et après-midi mais pas d’AMM en France.
Quand consulter ?
Vomissements et nausées sont des symptômes bien connus, comme on le voit sur les forums internet consacrés à la grossesse. Mais leur intensité est différente selon les femmes. Statistiquement, les vomissements débutent autour de la 6ème semaine de grossesse, mais ils peuvent commencer plus tôt. C’est un symptôme que l’on repère vite car il se manifeste de façon désagréable. Ce qui peut vous amener à consulter c’est une incapacité totale à vous alimenter ou à vous hydrater. Si l’alimentation est difficile et la perte de poids conséquente, il faut en parler avec son médecin ou la sage-femme qui suit la grossesse car cela peut entraver la croissance du fœtus.
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