Les nausées sont une sensation désagréable d'envie de vomir, et les vomissements, bien que pénibles, peuvent être des réactions utiles, notamment en cas d'intoxication alimentaire. Cependant, il est important de consulter un médecin avant de tenter de stopper les vomissements, afin d'éviter toute erreur de jugement. Lorsque l'on allaite, le choix des médicaments pour soulager ces symptômes doit être fait avec prudence pour ne pas affecter le bébé.

Médicaments anti-nauséeux : Vogalene® et Vogalib®

Le Vogalene® (Métopimazine) est un antiémétique de la famille des phénothiazines, délivré uniquement sur ordonnance. Il agit en réduisant les vomissements grâce à son action sur la contraction de l'œsophage et de l'estomac. Il existe sous différentes formes : gélule, sirop, suppositoire et lyophilisat (Vogalene Lyoc®). Il est important de noter qu'il existe un risque rare d'effets indésirables cardiaques graves.

Tout comme Vogalene®, Vogalib® est un anti-nauséeux appartenant à la famille des phénothiazines. Ce médicament est contre indiqué si vous souffrez de fièvre ou de fortes douleurs en plus de vos nausées. La boîte classique de Vogalib® 7,5 mg contient 8 comprimés sous forme de lyophilisat. Vous pouvez prendre un lyophilisat par la bouche, et le laisser fondre sous votre langue. Les effets surviennent très rapidement après sa prise.

Antiémétiques et allaitement : ce qu'il faut savoir

L'automédication est fortement déconseillée aux femmes enceintes et allaitantes. Si vous souffrez de nausées et vomissements pendant l'allaitement, il existe des solutions sans risque pour votre bébé. Votre médecin pourra vous prescrire d'autres thérapeutiques sans risque pour votre bébé. En effet, certains antiémétiques sont déconseillés chez les enfants et les bébés en raison d'une efficacité faible et d'un risque d'effets indésirables graves, comme les troubles cardiaques.

Parmi les médicaments souvent mentionnés, on retrouve la dompéridone (Motilium), antagoniste des récepteurs D2 de la Dopamine, utilisé comme anti-nauséeux et parfois pour stimuler la lactation. Cependant, en raison d'effets indésirables cardiaques graves (allongement de l'intervalle QT, torsades de pointes, arythmie ventriculaire grave, mort subite), l'ANSM a mis en garde contre son utilisation hors-AMM pour l'allaitement. Des recommandations ont été émises pour limiter le risque cardiaque et son utilisation est restreinte aux personnes de plus de 12 ans.

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La base de données Lactmed recense les différentes études sur l’efficacité de la dompéridone . Des protocoles ont été proposés par Newman et Godfarb , comprenant l’usage d’oestro-progestatifs et de la dompéridone, sur des durées de plus de 6 mois, à des doses allant jusqu’à 80 mg pour la dompéridone. Ces protocoles sont par ailleurs remis en question, puisqu’ils n’ont pas fait l’objet d’études randomisées. En effet, l’antagonisme de la dopamine entraîne un effet anti-psychotique. Un article paru dans le journal Breastfeeding Medicine fin 2022 rapporte 3 cas de troubles psychiatriques sévères survenus suite à l’arrêt de la dompéridone. Les doses prescrites aux patientes dans ce case-report étaient supérieures aux doses recommandées dans l’AMM: entre 80 mg/j et 160 mg / jour. Même avec une diminution progressive des doses (10 mg/semaine), un syndrome de sevrage a pu être observé. Du fait des doses élevées utilisées, ils supposent que la dompéridone a bénéficié d’ un plus grand passage de la barrière hémato-encéphalique. Les auteurs avancent la théorie d’une hypersensibilité à la dopamine pour expliquer le développement rapide de ces symptômes psychiatriques à l’arrêt de la dompéridone. La dompéridone est un antagoniste des récepteurs D2 de la dopamine. L’antagonisme chronique des récepteurs de dopamine D2 pourrait entraîner un mécanisme d’adaptation de l’organisme: une augmentation du nombre de récepteurs, et également une augmentation de l’efficacité des récepteurs. Il est donc proposé de réaliser un sevrage très lent en diminuant les doses de 10 -25% tous les 3-6 mois. Les auteurs soulignent le fait que les patientes américaines ont pu se procurer le médicament en ligne, et faire leurs ajustements de dose en suivant les conseils de forums sur internet.

Alternatives médicamenteuses plus sûres

D'autres antiémétiques peuvent être envisagés avec prudence pendant l'allaitement, après avis médical :

  • Métoclopramide : Aucun risque de malformation ni de foetotoxicité n’a été mis en évidence chez la femme enceinte selon un important nombre de données scientifiques. Le métoclopramide peut être utilisé au cours de la grossesse si nécessaire. Par mesure de précaution, le métoclopramide doit être évité en fin de grossesse en raison du risque de syndrome extrapyramidal (mouvements anormaux, trouble du tonus musculaire etc…). Si votre médecin juge nécessaire qu’il vous soit prescrit, une surveillance du nouveau-né doit être mise en œuvre.
  • Métopimazine : en l’absence de données scientifiques chez la femme enceinte, l’utilisation de métopimazine doit être faite avec prudence après avis d’un professionnel de santé. Respectez les doses prescrites sur une durée de traitement la plus courte et nécessaire pour contrôler les nausées et les vomissements.
  • Méclozine : au vu des données scientifiques disponibles, l’utilisation du méclozine est possible au cours de la grossesse quel que soit le terme.
  • Diphénhydramine : aucun risque de malformation ni de foetotoxicité n’a été mis en évidence chez la femme enceinte ayant pris ce médicament au cours du 1er trimestre de grossesse. De rares effets digestifs et neurologiques ont été observés chez les nouveaux-nés issus de mères traitées au cours du 2ème et 3ème trimestre. Compte-tenu de ces données, l'utilisation de ce médicament peut être envisagée au cours de la grossesse si votre médecin juge nécessaire qu’il vous soit prescrit.

Cariban® : une option pour les nausées de grossesse

CARIBAN est un médicament associant un antihistaminique sédatif (Doxylamine) et de la vitamine B6 (Pyridoxine). Il est utilisé dans le traitement symptomatique des nausées et vomissements chez la femme enceinte lorsqu'un médicament est nécessaire.

Contre-indications : Ce médicament ne doit pas être utilisé en cas d'allergie aux antihistaminiques de la famille des éthanolamines, en association avec les IMAO et les inhibiteurs enzymatiques, ou en cas de porphyrie.

Précautions : Des précautions sont nécessaires en cas de glaucome, d'ulcère de l'estomac ou du duodénum, de difficultés à uriner, de troubles de la thyroïde, d'insuffisance coronarienne, de troubles du rythme cardiaque, d'insuffisance hépatique, d'insuffisance rénale, d'asthme, de BPCO ou d'épilepsie. La prise prolongée de vitamine B6 ou un surdosage ponctuel expose à des troubles neurologiques. Ce médicament peut induire une somnolence, augmentée par l'alcool ou d'autres médicaments sédatifs.

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Interactions : Ce médicament ne doit pas être associé avec les IMAO, les neuroleptiques et certains antidépresseurs. Il peut également interagir avec les inhibiteurs enzymatiques, les autres médicaments ayant des effets atropiniques ou sédatifs, les médicaments ayant un effet toxique sur l'oreille, les médicaments photosensibilisants, certains diurétiques, les médicaments susceptibles de provoquer des torsades de pointes, certains antiépileptiques, la lévodopa.

Grossesse et allaitement : CARIBAN est destiné à être utilisé pendant la grossesse. Il est déconseillé pendant l'allaitement car il est susceptible de passer dans le lait maternel.

Posologie : La dose usuelle est de 2 gélules au coucher. Si les nausées persistent, la dose peut être augmentée à 3 comprimés par jour (1 le matin et 2 au coucher). XONVEA doit être administré quotidiennement et non au besoin.

Effets secondaires : Les effets indésirables possibles incluent la somnolence et la vision floue. Les effets anticholinergiques indésirables possibles comprennent la sécheresse de la bouche, du nez et de la gorge, la dysurie, la rétention urinaire, les vertiges, les troubles visuels, les acouphènes, l'insomnie, les tremblements, la nervosité et l'irritabilité.

Surdosage : En cas de surdosage, le traitement consiste en un lavage gastrique ou du charbon actif, une irrigation de l'intestin et un traitement symptomatique.

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Solutions non médicamenteuses

En plus des médicaments, certaines mesures peuvent aider à soulager les nausées et vomissements :

  • Fractionner les repas : Mangez de petites quantités de nourriture plus souvent au lieu de gros repas.
  • Adapter l'alimentation : Évitez les aliments gras, épicés ou odorants qui peuvent aggraver les nausées.
  • Hydratation : Buvez de petites gorgées d'eau régulièrement pour éviter la déshydratation. Dans la prise en charge des nausées et vomissements, la réhydratation reste indispensable, chez l’adulte comme chez l’enfant.
  • Plantes anti-nauséeuses : La menthe et la camomille romaine (à ne pas confondre avec la camomille allemande) ont des propriétés anti-nauséeuses et antispasmodiques. Vous pouvez les consommer en tisanes après vos repas.
  • Posture et respiration : Tenez-vous droite et respirez calmement et profondément pour atténuer les spasmes.
  • Éviter les facteurs déclenchants : Identifiez et évitez les situations qui déclenchent vos nausées, comme le mal des transports ou la consommation excessive d'alcool. Pour ces situations, vous pouvez tenter de calmer les spasmes en fractionnant vos repas et en augmentant votre consommation d’eau. Veillez à vous tenir droit et à garder une respiration calme.

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