Joseph Djougachvili, plus connu sous le nom de Staline, a marqué le XXe siècle par son rôle de dirigeant de l'Union Soviétique. Sa vie, depuis sa naissance en Géorgie jusqu'à sa mort à Moscou, est un récit de pouvoir, d'idéologie et de transformation radicale.
Naissance et Jeunesse
Joseph Vissarionovitch Djougachvili est né le 21 décembre 1879 à Gori, en Géorgie, alors partie de l'Empire russe. Une controverse entoure sa date de naissance, un extrait de naissance indiquant le 18 décembre 1878. Issu d'une famille d'anciens serfs d'origine ossète et de religion orthodoxe, Joseph a passé son enfance dans un milieu modeste. Son père, cordonnier, et sa mère, qui chérissait son fils unique, ont joué un rôle important dans sa jeunesse.
Formation et Engagement Politique
En 1894, il entre au séminaire de Tiflis, destiné à une carrière ecclésiastique. Cependant, il est renvoyé cinq ans plus tard, en 1899, pour absentéisme et fréquentation de cercles marxistes et socialistes. C'est durant cette période qu'il développe un fervent sentiment athée et s'engage dans la politique.
En 1898, Staline rejoint une branche locale du Parti ouvrier social-démocrate de Russie, marquant le début de son engagement politique. En 1902, il est arrêté pour la première fois. Il participe à l'organisation de la grève de Bakou pendant la révolution de 1905, acquérant ainsi une expérience politique en tant que marxiste révolutionnaire. Il prend le surnom de Koba. Après avoir participé à la révolution de 1905, il rencontre Lénine en 1906. Il est arrêté l'année suivante. De 1908 à 1912, il est arrêté et s'évade à plusieurs reprises.
Ascension au sein du Parti Bolchévique
Le camarade Staline gravit progressivement les échelons du Parti bolchévique. En avril 1917, il est élu au Comité central du parti et devient secrétaire de rédaction du journal de propagande « La Pravda » dès mars. Son ascension culmine avec son élection au poste de secrétaire général au XIe congrès du parti à Moscou, le 3 avril 1922.
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Lutte pour le Pouvoir
Dès 1922, Lénine, affaibli par une attaque, s'inquiète de sa succession. Il critique la brutalité de Staline et propose de le remplacer par quelqu'un de plus tolérant et attentif. Après la mort de Lénine, une lutte acharnée pour le pouvoir s'engage au sein de la direction communiste. Trotski, organisateur de la révolution d'Octobre et de l'armée rouge, est un concurrent de taille, mais Staline, en tant que secrétaire général du parti, a déjà concentré un pouvoir considérable.
Jusqu'en 1941, Staline n'occupe aucun poste officiel dans la hiérarchie de l'État soviétique. Toutefois, la situation en URSS est telle que le secrétaire général du parti est de facto le maître du régime. Ni Trotski, ni Zinoviev, ni Kamenev ne réalisent à temps le travail de sape mené par Staline. La controverse entre Trotski et la « troïka » porte principalement sur la doctrine trotskiste de la révolution permanente.
Consolidation du Pouvoir et Politique Économique
En 1929, Staline élimine ses adversaires politiques, dont Trotsky, assassiné en 1940 à Mexico, et devient le maître incontesté de l'Union soviétique. Il met fin à la Nouvelle Politique Économique (NEP) et impose la collectivisation forcée des terres jusqu'en 1933, au détriment des koulaks.
Sur le plan économique, Staline supervise la réalisation de plans quinquennaux, élaborés par le Gosplan créé en 1928, visant à industrialiser l'Union Soviétique à marche forcée. Il crée en 1935 le mythe de l'ouvrier Stakhanov, ajoutant le culte de la personnalité à la propagande du régime.
Purges et Diplomatie
Sur le plan intérieur, Staline décide de purger le parti et l'armée des éléments potentiellement concurrents à son pouvoir. Conscient des faiblesses de son armée, il mène une diplomatie plus ouverte envers les puissances occidentales au milieu des années 1930.
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La Seconde Guerre Mondiale
Ces événements sont le prélude à la « Grande guerre patriotique », théorisée par Staline dans un discours de juillet 1941 après l'invasion allemande. Initialement, Staline est pris au dépourvu par l'attaque allemande de juin 1941. La situation militaire est catastrophique, l'armée allemande progressant rapidement et faisant de nombreux prisonniers.
Staline disparaît de la scène politique pendant une semaine, au grand désarroi de son entourage. Il participe personnellement à certaines opérations militaires, comme la contre-offensive devant Moscou à l'hiver 1941-42. Malgré les purges des années 30, il s'appuie sur une nouvelle génération d'officiers dévoués et déterminés à gagner la guerre.
Apogée et Expansion de l'URSS
Joseph Staline tire un immense profit de la victoire soviétique en 1945. C'est l'apogée du régime stalinien, admiré et craint comme le vainqueur du nazisme. Le second conflit mondial permet à Staline de doter la Révolution d'un empire. Il met en place un glacis protecteur d'États fantoches en Europe de l'Est pour prémunir l'URSS d'une nouvelle invasion.
La bipolarisation des relations internationales se manifeste lors du blocus de Berlin-Ouest, ordonné par Staline en juin 1948. Il cède après la mise en place d'un pont aérien par les Américains. Staline propose ensuite une Allemagne réunifiée, désarmée et neutre pour apaiser les tensions.
Fin de Vie et Héritage
Au crépuscule de sa vie, Staline provoque de nouvelles purges politiques avec les procès de 1952 et le complot des blouses blanches en 1953. Ces événements marquent la fin d'un régime totalitaire parmi les plus sanglants de l'histoire contemporaine.
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Dès 1956, son successeur Nikita Khrouchtchev dénonce les crimes commis sous le régime de Staline et entreprend une vaste campagne de « déstalinisation ».
Staline : Un Acteur Majeur de l'Histoire Contemporaine
Homme fort de l'URSS pendant plus d'un quart de siècle, Staline est l'un des acteurs majeurs de l'histoire contemporaine. Surnommé "Petit père des peuples" et fondateur des goulags, il a vaincu Hitler, modernisé l'URSS et généralisé la terreur dans son pays.
Derrière l'image du Staline "politique", architecte du totalitarisme, se cache une vie austère et laborieuse, entièrement dédiée au pouvoir. Il déploie un talent exceptionnel pour parvenir au sommet du pouvoir et y rester. Il se présente comme le gardien du marxisme-léninisme face aux élites intellectuelles de la révolution et s'approprie le nationalisme grand russe.
Le Culte de la Personnalité
Staline use d'un discours simplificateur qui lui donne l'agrément des nouveaux arrivants du Parti, souvent moins cultivés et d'origine plus modeste que les dirigeants historiques de la révolution. Il se clame véritable successeur orthodoxe de la pensée de Lénine et s'emploie à faire oublier les désaccords des dernières années. Il s'appuie fortement sur la bureaucratie, qu'il peut en partie contrôler.
En 1929, Joseph Staline occupe tous les postes stratégiques et a évincé ses ennemis. Il les remplace par des proches, des collaborateurs fidèles et dociles. Il devient le "vojd" (le guide) du peuple et amorce le culte de la personnalité.
Le Stalinisme
Deux grandes actions engagées successivement en 1928 et 1930 illustrent la politique nouvelle que l'on nomme par la suite stalinisme : le premier plan quinquennal et la création du goulag. L'objectif des plans quinquennaux est de rattraper l'immense retard économique de l'URSS : l'industrialisation doit se faire à marche forcée. La NEP est supprimée et l'agriculture doit accepter une profonde réforme : la collectivisation de masse.
Les kolkhozes, immenses fermes d'État, sont perçus comme un nouveau servage. Les ennemis de la réforme sont immédiatement assimilés aux ennemis de la révolution et donc du peuple. Parmi eux, les "koulaks" sont particulièrement mal considérés. Une véritable guerre leur est livrée, donnant tout son sens au Goulag, lieu de déportation des ennemis du régime.
La Grande Terreur
Après avoir écarté dans les années 1920 ses adversaires potentiels dans les cercles restreints du pouvoir, Staline engage en 1936 la mise au pas de toute la société. C'est la période des grandes purges. Des milliers de fonctionnaires sont remplacés, des centaines exécutés dans tous les domaines de l’État et notamment dans l'armée. Les bolcheviques de la première heure servent d'exemples dans les procès de Moscou.
Les actions staliniennes ne se limitent pas à la bureaucratie et aux élites : de vastes campagnes, aidées par une juridiction d'exception, permettent l'arrestation de plusieurs centaines de milliers de personnes. C'est ce que l'on nomme la "Grande Terreur".
La Seconde Guerre Mondiale : Un Tournant
Face à la barbarie des nazis, Staline ressuscite et encourage le nationalisme grand russe. Refusant de quitter la ville de Moscou en péril, il s'identifie à la patrie et démontre une fermeté exemplaire. Les soldats partent au combat en chantant à sa gloire.
En 1945, devenu maréchal, Joseph Staline bénéficie d'un nouveau statut dans ses frontières comme à l'extérieur : il est l'homme qui a sauvé le peuple et celui qui a battu Hitler. La Seconde Guerre mondiale lui a permis de renforcer le culte de la personnalité et de centraliser encore plus de pouvoirs.
L'Après-Guerre et la Guerre Froide
Ainsi affermi, Staline replonge le pays dans la terreur durant les dernières années de sa domination. Si la guerre a permis une certaine libéralisation du régime, le retour à la paix favorise le retour à l'ordre. De surcroît, la guerre froide justifie un durcissement de l'idéologie. "L'impérialisme", synonyme de capitalisme, redevient l'ennemi premier, tandis que Tito remplace Trotsky dans le rôle du "déviationnisme".
Staline pousse la logique totalitaire jusque dans ses extrémités. La culture est à nouveau sommée de se plier aux dogmes du réalisme. Staline est de plus en plus omniprésent dans toute la vie de l'URSS, mais le personnage est de moins en moins visible.
Mort et Funérailles
Nourrissant une paranoïa grandissante, Staline suit de très près l'affaire du complot dit "des blouses blanches" jusqu'au 5 mars 1953, jour où il meurt d'une attaque cérébrale. Les funérailles de Staline sont grandioses, à la hauteur du culte de la personnalité cultivé de son vivant. Les communistes du monde entier manifestent pour lui rendre hommage.
L'Héritage Controversé
Joseph Staline a régné dans le sang. Entre les arrestations, les déportations, les exécutions massives et la famine de 1932, les victimes du régime se comptent en millions. Face à un tel bilan, on compare souvent Staline et Hitler, les deux bourreaux du XXe siècle et les créateurs d'un nouveau type de régime défini comme "totalitaire".
En 1956, Khrouchtchev fait un rapport secret sur les excès de l'ancien dirigeant lors du XXe Congrès du PCUS.
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