Anne Coffinier, née Anne Barry le 13 novembre 1974 à Bordeaux, est une personnalité marquante du paysage éducatif français. Son parcours atypique, de l'ENA à la défense de la liberté scolaire, témoigne d'un engagement profond pour une vision alternative de l'éducation.
Un parcours académique et professionnel brillant
Anne Coffinier a grandi à Manosque, où elle s'est distinguée par ses excellentes performances académiques. Elle a ensuite intégré l'École normale supérieure, puis l'École nationale d'administration (ENA), d'où elle est sortie diplômée en 2002. Elle a rejoint le ministère des Affaires étrangères en tant que conseillère en relations internationales et diplomatie, spécialisée sur l’Afrique et la coopération internationale. Elle a notamment fait partie de l’équipe diplomatique française pendant l’opération Artemis en République Démocratique du Congo.
La genèse d'un engagement pour la liberté scolaire
En 2004, un événement personnel marque un tournant dans sa vie. Après avoir contracté la tuberculose, elle met sa carrière diplomatique entre parenthèses et saisit cette période de convalescence pour remettre en question ses choix et s'engager dans une nouvelle voie : la réforme de l'éducation en France.
Créer son École : un tremplin pour la diversité éducative
En 2005, Anne Coffinier fonde l'association Créer son École, dont elle est toujours présidente. Cette initiative vise à accompagner les familles et les enseignants qui souhaitent créer des établissements scolaires indépendants, en leur offrant un soutien juridique et logistique. L’objectif est de promouvoir la diversité éducative et d’offrir des expériences d’apprentissage plus flexibles et personnalisées pour les enfants.
Elle revendique l'existence d'environ 500 écoles indépendantes en France. Sans être exclusivement libéral, ce combat rejoint très largement les idées libérales, qui ont toujours condamné la tentative par le pouvoir d'avoir un monopole sur l'éducation. Ce sont ainsi historiquement les libéraux qui ont réduit le monopole public de l'éducation, par les lois Guizot de 1832, la loi Falloux de 1850 ou la loi Dupanloup de 1875.
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La Fondation pour l'École : un soutien financier et un accompagnement au développement des écoles indépendantes
En 2008, Anne Coffinier franchit une nouvelle étape en cofondant la Fondation pour l’École, qu’elle dirige comme Directeur général jusqu’en 2019. La mission de la fondation est de promouvoir la création et le développement d’écoles privées indépendantes, en offrant un soutien financier et un accompagnement. Sous sa direction, la Fondation pour l’École a distribué plus de 50 millions d’euros de subventions et a contribué au lancement de plus de 2 600 écoles indépendantes à travers la France.
Divergences et nouveau départ : la Fondation Kairos et Liberté pour l'école
En 2019, Anne Coffinier quitte son poste à la tête de la Fondation pour l’École, motivée par des divergences internes concernant la direction stratégique de l’organisation et son implication dans le programme “Espérance Banlieues”.
En 2020, elle fonde la Fondation Kairos, placée sous l’égide de l’Institut de France, dont elle est la fondatrice et administratrice. Elle poursuit également son combat pour les établissements hors contrat sous une nouvelle bannière associative, Liberté pour l’école.
Une critique du système éducatif français et une vision alternative
La vision d’Anne Coffinier de l’éducation va bien au-delà de la création d’écoles indépendantes. Elle est une critique virulente du système éducatif français, qu’elle considère comme centralisé et rigide, freinant l’innovation et limitant le potentiel des élèves et des enseignants.
Elle pense que le système éducatif français devrait offrir davantage d’options aux parents et aux enfants, permettant ainsi aux familles de choisir parmi une gamme plus large d’approches pédagogiques et d’établissements scolaires, qu’ils soient publics, privés ou indépendants. Elle est également une fervente défenseure de l’entrepreneuriat éducatif.
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Anne Coffinier est active sur les réseaux sociaux, où elle partage ses réflexions sur l’éducation et la politique publique.
Le chèque-éducation : une proposition pour une réelle liberté de choix
Anne Coffinier défend l'introduction du chèque-éducation, une réforme mise en place en Suède. Le chèque-éducation, c’est l’idée que les gens doivent pouvoir choisir entre le public et le privé sans barrière financière. Ça veut dire que l’argent public va payer les frais de scolarité, que le choix des parents soit opéré au profit du public comme du privé. Le contribuable lambda paie des impôts et peut décider via cette réforme du chèque-éducation du choix de l’école.
Elle souligne qu'en France, les parents paient l’école publique alors qu’elle est présentée comme gratuite. Lorsqu'ils choisissent une école privée, ils paient une partie du coût, l’essentiel étant assumé par le contribuable français. Si vous choisissez une école indépendante (appelée aussi école libre ou hors contrat), l’argent sortira directement de votre poche sachant qu’en tant que contribuable vous allez aussi payer pour l’enseignement public, pour l’enseignement sous contrat mais aussi pour les cours de soutien défiscalisés à 50%. Il n’y a pas du tout d’égalité de traitement économique et fiscal entre les citoyens selon le système que ceux-ci choisissent. L’État exerce une pression multiforme sur les citoyens pour qu’ils optent pour l’enseignement public.
Les écoles indépendantes : une solution pour pallier les lacunes du système ?
Anne Coffinier constate qu'en France, les parents ne bénéficient pas d’un vrai choix scolaire. Ils sont contraints par la carte scolaire au sein de l’enseignement public et par les barrières financières et le manque de place dans l’enseignement privé. A contrario, nombreux sont les pays étrangers qui considèrent que le citoyen a le droit de choisir sans contrainte ni pression l’école qui convient à ses enfants. C’est son droit démocratique.
Elle note qu'il existe une coutume politique, une règle informelle, qui essaie de bloquer à 20% maximum le nombre d’élèves scolarisés dans l’enseignement sous contrat. L’État organise une pénurie pour que les gens ne puissent pas faire leur choix alors que 60% des parents voudraient scolariser leurs enfants dans l’enseignement privé.
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Elle souligne que la création de nouveaux établissements complètement indépendants est en très forte croissance. C’est le seul secteur éducatif en croissance aujourd’hui. 172 établissements indépendants supplémentaires ont ouvert à la rentrée 2022, comme le recense l’Observatoire de la liberté d’enseignement, géré par l’association Créer son école. En 2022, on en compte à peu près 1 800.
Les zones d'ombre des écoles sous contrat musulmanes
Lorsqu’il y a eu la loi sur le séparatisme, on a dit à Anne Coffinier : « Oui, vous comprenez, il faut beaucoup plus verrouiller les écoles indépendantes car il pourrait y avoir parmi elles des écoles islamistes. » Elle précise que l’État avait déjà tout pouvoir de les inspecter et de les fermer si elles créaient un trouble à l’ordre public ou ne respectaient pas le droit à l’éducation des enfants, mais que c’est le courage qui lui manquait.
Elle souligne qu'il y a très peu d’écoles musulmanes indépendantes déclarées en tant qu’écoles indépendantes. En revanche, on compte à peu près cinq écoles privées sous contrat musulmanes, dont trois appartiennent à la FNEM (Fédération nationale de l’enseignement privé musulman) qui est l’émanation de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) et qui est devenue Musulmans de France. Elle correspond à la branche française des Musulmans de France et donc des Frères musulmans.
Elle estime qu'il ne faut pas prendre les Français pour des andouilles en leur disant que les écoles indépendantes font le lit de l’islamisme tout en ne voyant pas que les écoles indépendantes françaises dans leur ensemble sont à 80% non confessionnelles. Les écoles indépendantes musulmanes ne représentent même pas 1% de la totalité de ces écoles et elles sont en très faible progression.
Elle considère que le problème doit être traité là où il se trouve, à savoir les écoles coraniques, les cours de soutien, les associations périscolaires, les clubs sportifs (foot, arts martiaux), les écoles clandestines (non déclarées) qui sont au cœur de l’islamisation de la jeunesse.
Contre l'hyperadministration et pour l'autonomie des établissements
Anne Coffinier dénonce la pire dépense de l’État, qui est d’avoir 300 000 personnes qui suradministrent et paralysent le système général. Elle estime qu'il faut arrêter avec tout ce personnel administratif qui fait crouler sous la paperasse les professeurs. Ces derniers ont besoin de soutien de leur hiérarchie, d’autonomie, de responsabilisation et…d’être devant leurs élèves.
Elle prône une autonomisation très avancée de chaque école dans l’Éducation nationale. Elle critique le fait que Pap Ndiaye et le président Macron utilisent le mot « autonomie » mais se contentent de demi-mesures qui auront probablement des effets plutôt négatifs.
Une prise de position idéologique : l'anarchisme de droite
Anne Coffinier a également exprimé publiquement ses croyances idéologiques, se qualifiant de partisane de “l’anarchisme de droite”. Cette position politique se reflète dans son engagement en faveur des libertés individuelles, y compris la liberté de choisir son parcours éducatif.
Critiques et controverses
Bien qu’Anne Coffinier ait obtenu un soutien considérable pour son travail, elle a également été critiquée. Certains l’accusent de défendre un système éducatif élitiste, bénéfique uniquement pour les familles plus riches qui peuvent se permettre d’envoyer leurs enfants dans des écoles indépendantes. De plus, son départ de la Fondation pour l’École en 2019 a suscité des interrogations sur son style de gestion et la direction de l’organisation.
Chroniqueuse TV spécialisée en éducation
Depuis 2024, Anne Coffinier occupe également un rôle de chroniqueuse TV spécialisée en éducation. Cette fonction médiatique élargit son audience et lui permet de diffuser ses idées auprès d’un public plus large.
La sexualité à l'école : un sujet de débat
Anne Coffinier s'est exprimée sur la question de la sexualité à l'école, notamment suite à la publication du nouveau programme d’éducation à la vie affective et sexuelle au bulletin officiel de l’Education nationale. Elle souligne la réticence de certains professeurs à dispenser ce type de cours, arguant que l'éducation sexuelle relève davantage de la responsabilité des familles. Elle reconnaît toutefois que dans un monde idéal où les parents assumeraient pleinement leur rôle, l'intervention de l'école ne serait pas nécessaire. Cependant, elle constate que de nombreux parents sont soit mal à l'aise, soit mal informés face aux nouveaux défis et aux risques auxquels sont confrontés les enfants, notamment en matière de pornographie et de prostitution. Elle souligne la nécessité d'une formation massive des adultes sur la détection des violences sexuelles.
Vie privée
Bien que très discrète sur sa vie privée, les informations disponibles indiquent qu’Anne Coffinier est mariée et qu’elle est la mère de quatre enfants, ce qui lui confère une expérience personnelle dans les enjeux éducatifs qu’elle défend.
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