Anne Consigny, figure emblématique du cinéma et du théâtre français, est une actrice accomplie dont la carrière est intimement liée à son histoire familiale et à ses choix personnels. De ses débuts précoces sur les planches à ses rôles marquants au cinéma et à la télévision, en passant par une pause pour se consacrer à sa famille, Anne Consigny a su tracer un chemin unique et inspirant.

Une enfance bourgeoise en Normandie

Née le 26 mai 1963 à Alençon, dans l'Orne, Anne Consigny est issue d'une famille de la haute bourgeoisie. Elle est la quatrième d'une fratrie de cinq enfants : Emmanuèle (1957), Marie-Élisabeth (1959), Thierry (1961), Anne (1963), Pascale (1973). Son père, Pierre Consigny, a été directeur de cabinet du Premier ministre Maurice Couve de Murville et président de la Croix-Rouge française. Sa mère, Marie-Claude Consigny, est décrite comme une femme fantasque et fantaisiste. Son frère Thierry est publicitaire et sa sœur Pascale, artiste et décoratrice.

La famille Consigny s'installe dans l'Orne en raison des liens que le père avait conservés avec d'anciens professeurs d'Alençon, où il avait été en pension. Anne garde de cette période le souvenir d'une enfance heureuse, passée entre Paris et la Normandie, où ses parents revenaient régulièrement pendant les vacances. Elle se souvient notamment des étés passés à la piscine d'Alençon et des moments uniques passés avec les producteurs locaux, allant chercher le lait à la ferme et le faisant bouillir avant de le consommer. Elle avoue d'ailleurs savourer les moments passés dans la ville de son enfance et dans la campagne environnante, où elle fait le plein de sensations et de produits locaux comme la crème fraîche épaisse et la confiture de groseilles. Elle se sent fièrement normande et attachée à ce terroir.

Deux éléments majeurs ont marqué l'histoire de la famille Consigny : la mort d'une enfant de quatre ans et l'importance de la foi catholique.

Débuts précoces sur les planches

Dès l'âge de neuf ans, Anne Consigny se passionne pour la comédie et débute sur les planches dans Le Soulier de Satin, une mise en scène de Jean-Louis Barrault. Elle confiera plus tard avoir vécu sa plus grande honte lors de cette expérience, en faisant pipi sur les planches devant une salle comble.

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À 18 ans, elle est dirigée par Peter Brook dans La Cerisaie de Tchekhov et joue Dorval et moi de Diderot au Petit Odéon. En 1982, elle entre à la Comédie Française, où elle joue dans des pièces classiques comme L'Avare et Le Médecin volant de Molière, mais aussi des auteurs contemporains comme Henry Becque (Les Corbeaux) ou Gorki (Les Estivants).

Premiers pas à la télévision et au cinéma

Anne Consigny fait sa première apparition à la télévision dans Ursule Mirouet de Marcel Cravenne d'après Balzac et joue Agnès dans La Chambre des dames, adapté du roman de Jeanne Bourdin par Yannick Andréi. Elle trouve son premier rôle au cinéma dans Le Soulier de satin adapté de Claudel par Manoel de Oliveira.

Une pause pour la vie de famille

Après des débuts prometteurs, Anne Consigny s'éloigne des plateaux de cinéma et se fait plus rare à la télévision et au théâtre. Elle quitte la Comédie-Française et entame des études de droit, qu'elle interrompt pour se consacrer à sa vie de famille.

Entre-temps, elle partage la vie du réalisateur et metteur en scène Benoît Jacquot, avec qui elle a deux fils : Vladimir, né en 1988, et Louis, né en 1994. Son compagnon réalise une captation de la pièce La Place royale pour la télévision et lui confie les commentaires d'Un siècle d'écrivains consacré à Salinger.

Un retour en force sur le devant de la scène

Après près de 15 ans passés loin des projecteurs, Anne Consigny fait son grand retour au cinéma grâce à Isabelle Nanty, qui lui offre le rôle de l'avocate dans Le Bison (et sa voisine Dorine) avec Edouard Baer. Ce retour coïncide avec son retour au théâtre dans une mise en scène d'Elvire, qui lui vaut d'être nommée pour le Molière de la comédienne dans un second rôle.

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De nouveau sur le devant de la scène, Anne Consigny enchaîne les rôles au cinéma dans 36 quai des Orfèvres d'Olivier Marchal, où elle donne la réplique à Gérard Depardieu, et surtout dans Je ne suis pas là pour être aimé, un film de Stéphane Brizé dans lequel elle interprète Françoise "Fanfan" Rubion. Cette prestation lui vaut une nomination pour le César de la meilleure actrice en 2006.

Elle s'engage également pour la série L'État de Grace, où elle incarne la première femme présidente de la République, mais le tournage est interrompu après six épisodes.

Des rôles marquants au cinéma et à la télévision

Si Anne Consigny est souvent cantonnée aux seconds rôles, elle se distingue dans des films tels que Un conte de Noël d'Arnaud Desplechin, où elle incarne l'enfant gâtée par sa mère Catherine Deneuve, Bambou de et avec Didier Bourdon, Les Herbes folles d'Alain Resnais et Rapt de Lucas Belvaux, où elle est la femme de Stanislas Graff (Yvan Attal).

Elle retrouve Alain Resnais pour Vous n'avez encore rien vu et Patrick Chesnais dans 12 ans d'âge de Frédéric Proust. Son interprétation dans E-Love d'Anne Villacèque lui vaut le prix de la meilleure interprète au festival de télévision de Luchon.

C'est d'ailleurs pour le petit écran qu'elle obtient la popularité dans la série Les Revenants, le téléfilm Diabolique de Gabriel Aghion et la série Hippocrate de Thomas Lilti, prolongement de son film à succès. Tête d'affiche de la série "Hippocrate", aux côtés de Louise Bourgoin sur Canal+, Anne Consigny a la comédie dans le sang et a débuté sa carrière enfant.

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L'actrice française est également connue dans le monde entier pour deux rôles magistraux. En 2007, elle émeut les spectateurs aux quatre coins du globe dans Le Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel. Un film primé deux fois au Festival de Cannes.

Vie privée et engagements

Après sa rupture avec Benoît Jacquot, Anne Consigny épouse en 2013 l'historien d'art Éric de Chassey.

En 2014, elle réalise un documentaire sur une jeune Arménienne, Nariné, atteinte d'un cancer, et reverse les recettes du film à la famille de la jeune fille. Elle a déclaré : « Le fait que Nariné soit morte chez moi m'a conféré une responsabilité. Si les gens pensent que je ne suis qu'une bourge qui veut sa place au paradis, je réponds : « Oui peut-être » ». Cette expérience a profondément marqué Anne Consigny, qui considère désormais la mère de Nariné comme une sœur.

Elle a également témoigné de son engagement citoyen et de son attachement à la France, notamment lors de voyages à l'étranger où elle a pu constater les conditions de vie difficiles dans d'autres pays.

Une famille d'artistes

Dans la famille Consigny, le talent pour la comédie semble se transmettre de génération en génération. L'aîné du couple formé par Anne Consigny et Benoît Jacquot, Vladimir, a choisi d'embrasser une carrière d'acteur. Mère et fils ont eu l'occasion de se donner la réplique à plusieurs reprises, notamment dans le film de Julian Schnabel At Eternity's Gate et dans la série Les Revenants. Anne Consigny confiait en 2013 à L'Express qu'elle aimerait transmettre son expérience à son fils comédien.

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