Anne Boleyn, figure emblématique de l'histoire anglaise, a marqué son époque par son mariage avec le roi Henri VIII et son rôle dans la Réforme anglaise. Cependant, un voile de mystère entoure encore certains aspects de sa vie, notamment sa date de naissance exacte. Cet article se penche sur les différentes hypothèses et les éléments de preuve qui alimentent le débat.

Une figure marquante de l'histoire anglaise

Anne Boleyn (vers 1500/1501 ou 1507 - 19 mai 1536) est surtout connue pour avoir été la deuxième épouse du roi Henri VIII d’Angleterre et reine consort de 1533 à 1536. Elle est la mère de la reine Élisabeth Ire. Son mariage avec Henri VIII est à l’origine du changement politique et religieux complexe, et souvent tragique, qu’a été la réforme anglaise. Accusée d’adultère, d’inceste et de haute trahison, elle est exécutée par décapitation. Il est maintenant généralement admis qu’elle était innocente de ces accusations.

L'incertitude autour de la date de naissance

L’absence de registre paroissial ne permet pas d’établir la date de naissance précise d’Anne Boleyn. Au début du xviie siècle, un historien italien a suggéré qu’elle était née en 1499, tandis que le gendre de Thomas More, William Roper, suggère la date beaucoup plus tardive de 1512. De nos jours, les cercles académiques tendent à s’accorder sur deux dates plausibles : 1501 et 1507.

Arguments en faveur de 1501

Une des pièces les plus probantes est une lettre qu’Anne aurait écrite à son père vers 1514. Cette lettre est rédigée en français, sa deuxième langue, alors qu’elle complète son éducation aux Pays-Bas, auprès de Marguerite d’Autriche. Selon Ives, le style de la lettre et la maturité de l’écriture prouvent qu’Anne doit avoir environ treize ans au moment de sa rédaction. Cet âge est proche aussi de l’âge minimum requis pour être dame de compagnie. Une thèse corroborée par un chroniqueur de la fin du xvie siècle, qui écrit qu’Anne est âgée de vingt ans lors de son retour de France.

Arguments en faveur de 1507

Jane Dormer, duchesse de Feria, qui fut dame d’honneur de la reine Marie Ire, affirme dans ses mémoires qu’Anne n’avait pas encore vingt-neuf ans au moment de sa mort et William Camden, biographe de la reine Élisabeth Ire, indique 1507 comme étant l’année de naissance d’Anne.

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Contexte familial et social

Anne est la fille de Sir Thomas Boleyn et de son épouse Élisabeth Howard. Au moment de la naissance d’Anne, la famille Boleyn est considérée comme l’une des familles des plus respectables de l’aristocratie anglaise, en dépit du fait qu’elle ne détient un titre de noblesse que depuis quatre générations. Plus tard, ses membres ont été taxés d’arrivisme et d’opportunisme, mais ce n’était qu’une attaque politique. La rumeur que les Boleyn sont une famille de marchands de Londres est infondée. Les arrière-grands-parents d’Anne comprennent un lord-maire de Londres, un duc, un comte, deux dames aristocrates et un chevalier.

Son père est un diplomate très respecté qui possède un don pour les langues ; il est aussi un favori d’Henri VII, qui l’a envoyé dans plusieurs missions à l’étranger et il continue sa carrière sous Henri VIII, qui le considère comme un diplomate hors pair. En Europe, son professionnalisme et son charme lui ont valu de nombreux admirateurs dont l’archiduchesse Marguerite d’Autriche, la fille de Maximilien Ier du Saint-Empire, devenue régente des Pays-Bas, et suffisamment impressionnée par Thomas Boleyn pour offrir à sa fille une place parmi ses dames de compagnie. Normalement, une jeune fille doit avoir douze ans pour se voir offrir un tel honneur, mais il est possible qu’Anne soit plus jeune, car Marguerite l’appelle souvent « la petite Boleyn » (on ne sait si cette remarque se réfère à sa stature ou à son âge).

Éducation et séjour en France

En France, elle est nommée dame de compagnie de la reine Claude de France et sert d’interprète chaque fois qu’un visiteur anglais de haut rang se présente à la cour française. Durant cette période, elle approfondit sa connaissance du français et acquiert une connaissance de la culture et de l’étiquette françaises. Elle développe aussi un intérêt pour la mode et la philosophie de la religion qui veut une réforme de l’Église. Son éducation prend fin à l’hiver 1521 lorsqu’elle est rappelée en Angleterre par son père.

Apparence et personnalité

Anne Boleyn n’est pas une beauté conventionnelle pour son époque. Elle est mince et son teint est reconnu pour être trop foncé. Toutefois, certains observateurs sont impressionnés par ses yeux noirs et ses longs cheveux foncés qu’elle porte librement dans le dos. Un Italien qui a rencontré Anne en 1522 écrit qu’elle n’est pas une des plus belles femmes du monde, mais d’autres pensent qu’elle est « assez belle » et « jeune et jolie ». « Elle n’a jamais été décrite comme étant d’une grande beauté, mais même ceux qui l’avaient en horreur admettaient qu’elle avait une allure remarquable. Sa peau foncée et ses cheveux noirs lui donnaient une aura exotique dans un contexte culturel où l’on appréciait un teint clair. Ses yeux étaient particulièrement remarquables, « noirs et magnifiques » a écrit un contemporain, tandis qu’un autre les décrit comme « toujours attirants » et « qu’elle savait en user efficacement ». Au premier abord, les gens sont attirés par sa personnalité. Elle fait excellente impression avec son sens de la mode et inspire de nouvelles tendances aux dames de la cour. Elle est probablement la première icône de mode du xvie siècle. « Ici, a-t-il écrit, était une jeune damoiselle, qui pouvait s’accrocher et continuer. « Le charme d’Anne ne réside pas tant dans son apparence physique que dans sa vive personnalité, sa grâce, sa verve et d’autres qualités. Elle était de petite stature et sa fragilité était attirante… Elle rayonnait en chantant, jouant d’un instrument, dansant et dans l’art de la conversation… Il n’était pas surprenant de voir les jeunes hommes de la cour se presser autour d’elle. Elle est une dévote catholique dans la tradition nouvelle de renaissance humaniste (la qualifier de « protestante » serait exagéré). Elle donne généreusement aux œuvres de charité et coud des vêtements pour les pauvres. Dans sa jeunesse, elle est « adorable et joyeuse » et aime jouer, boire du vin et bavarder. « Elle apparaît inconsistante - pieuse mais agressive, calculatrice mais émotive, avec une trace de courtisane mais un côté politicien… Les mots de Thomas Cromwell la décrivant sont-ils les plus justes : intelligence, esprit et courage.

Relations familiales

À l’âge adulte, Anne n’a pas de très bonnes relations avec son père Thomas Boleyn mais, durant son enfance, il semble qu’elle tenait à lui plaire. Ses relations avec sa sœur Mary semblent être cordiales, mais elles ne sont pas très proches l’une de l’autre ; au moment de sa mort, elles ne se parlent plus.

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Rumeurs et spéculations

Une rumeur tardive veut qu’elle ait souffert de polydactylie (six doigts à sa main gauche) et d’une tache de naissance sur le cou, qu’elle cachait en tout temps par un bijou. Pourtant, aucun témoin oculaire ne mentionne la moindre difformité et moins encore un sixième doigt. Même si on ne connaît la date de naissance exacte d’aucune des deux sœurs Boleyn, Mary et Anne, on s’accorde sur le fait que Mary est l’aînée. Les enfants de cette dernière en sont persuadés, tout comme la fille unique d’Anne, la reine Élisabeth.

Le règne d'Henri VIII et la montée d'Anne Boleyn

Henri VIII dirige l’Angleterre et l’Irlande de 1509 à 1547. Gagnée par les ambitions d’indépendance vis-à-vis de l’Église importées par la montée du protestantisme en Europe, l’Angleterre se trouve profondément divisée entre catholiques et protestants, allégeance au pape et idées proto-nationalistes. Henri VIII est lui-même profondément attaché aux préceptes catholiques, mais lassé de l’autorité du pape qui possède de façon indirecte, par l’entremise du clergé, un cinquième des terres anglaises. Les caisses de l’État sont vides, asséchées par le train de vie fastueux du roi et le conflit de 1522 avec la France ; et le monarque veut faire annuler son mariage avec la reine Catherine d’Aragon pour épouser sa maîtresse Anne Boleyn, enceinte de lui.

Quand Anne Boleyn arrive à la cour, Catherine d’Aragon, qui est alors la femme d’Henri VIII, est très appréciée. Tous ses fils sont morts en bas âge. Anne Boleyn est remarquée lors d’un bal masqué en 1522. Quelque temps après cet événement, elle est considérée comme la plus élégante de la cour. À l’époque, Anne Boleyn est courtisée par le fils du comte de Northumberland, Henry Percy. Mais cette histoire prend fin en 1523. Henry VIII tombe amoureux d’Anne Boleyn en 1525 et commence à la courtiser. Toutefois, Anne refuse de devenir sa maîtresse. Il lui demande de l’épouser et elle finit par accepter. Mais, en 1529, Henri VIII apprend que Charles V, roi d’Espagne et neveu de Catherine d’Aragon, fait pression sur le Pape. Par ailleurs, l’Église fait face à la réforme protestante. Annuler un mariage donnerait à ses détracteurs des raisons de contredire son autorité. À cette même période, la loyauté du cardinal Wolsey envers la famille Boleyn est contestée. En 1529, Anne Boleyn obtient qu’il soit démis de ses fonctions. Catherine et le Pape Clément VII tentent de forcer Anne à s’exiler. Lorsque cela est révélé, Henri VIII fait arrêter le cardinal Wolsey. Dès lors, Anne devient la personne la plus puissante à la cour. Elle exerce une grande influence en politique et consolide des accords entre la France et l’Angleterre. Le roi lui donne le titre de marquise de Pembroke. C’est d’ailleurs la première femme anglaise à recevoir un titre en son nom propre. Elle organise une conférence internationale à Calais en 1532. Elle espère obtenir de cette conférence que le roi François Ier approuve son mariage, ce qu’il fait. Henri VIII et Anne se marient secrètement. Peu de temps après, ils découvrent qu’Anne est enceinte. Rapidement, le mariage d’Henri et Catherine d’Aragon est déclaré invalide. Anne devient alors l’épouse légitime de Henri VIII et la reine d’Angleterre. Thomas Cranmer, archevêque de Canterbury, déclare que l’Église d’Angleterre est sous l’autorité du souverain et non du Pape. Dans toute l’Europe, elle acquiert la réputation d’être favorable à la réforme religieuse. Elle est très appréciée de l’élite protestante, notamment par Martin Luther. Dans un procès de l’Inquisition française, elle sauve un homme de la condamnation à mort. Elle encourage la réforme et se montre favorable à la traduction de la Bible en anglais. Anne met au monde une fille en 1533 et Henri VII est déçu de ne pas avoir d’héritier. Ils la nomment Élisabeth. Lorsque Catherine d’Aragon décède, des rumeurs prétendent qu’elle aurait été empoisonnée par le couple. Anne enchaîne les fausses couches, notamment de garçons. Pour cette raison, Henri déclare que son mariage est maudit par Dieu. En même temps, Anne se fait beaucoup d’ennemis à la cour. Thomas Cromwell, ministre et proche conseiller du roi, cherche à se débarrasser d’Anne. Il accuse son musicien, trois de ses courtisans et son propre frère, George Boleyn, d’être les amants d’Anne et les fait arrêter. En 1536, Anne est arrêtée, accusée d’adultère, d’inceste et de haute trahison. Les quatre hommes sont jugés la même année et condamnés à mort. Anne se défend lors de son procès et nie les vingt et une accusations à son encontre. On ne donne pas de cercueil à Anne.

Accusations, procès et exécution

Lord Rochford est accusé avec quatre autres personnes d’adultère avec sa sœur Anne, deuxième épouse du roi Henry VIII. La reine est accusée d’adultère avec quatre autres hommes, mais ce sont les accusations d’inceste qui sont jugées les pires. Même si les relations sexuelles et les mariages entre cousins du premier degré sont communs à cette époque, les relations entre frère et sœur sont prohibées, considérés comme l’expression du satanisme. George est jugé quelques heures seulement après Anne le 15 mai 1536. Aujourd’hui, on estime en général que les accusations qui pesaient contre lui ont été fabriquées. Même à l’époque, elles ne sont pas totalement acceptées par la population, et ne sont répétées comme des faits que par les extrémistes catholiques. Lors de son discours devant l’échafaud, George fut soucieux de défendre la religion protestante qu’il avait embrassée à l’âge adulte. Il parla avec passion des Saintes Écritures et des vanités de ce monde. Il est enterré à la chapelle royale de Saint-Pierre-aux-Liens. Sa sœur fut décapitée deux jours plus tard, montrant beaucoup de bravoure et de grâce. En 1542, Jane Parker (sa veuve), lors de sa propre exécution à la suite de son implication dans l’affaire extra-conjugale de la reine Catherine Howard, déclara : Dieu m’a permis de souffrir ce destin tragique car j’ai contribué à la mort de mon mari. Je l’ai faussement accusé d’avoir aimé sa sœur, Anne Boleyn, de manière incestueuse. Il ne reste de nos jours aucun portrait de George Boleyn, car ils furent tous détruits en 1536. Son rôle dans la déchéance de sa sœur Anne a été sujet à controverse ces dernières années : Eric Ives et Retha Warnicke ont débattu récemment de la valeur des accusations d’inceste.

Henri VIII résout alors ses deux problèmes en faisant prononcer son divorce par Thomas Cranmer, récemment nommé archevêque de Canterbury, puis en confisquant les biens religieux, en dissolvant les monastères et en arrêtant les membres du clergé qui se montraient hostiles à la suprématie royale. Il se proclame chef de l’Église d’Angleterre, et en réaction, le pape l’excommunie ainsi que l’archevêque de Canterbury. Les historiens sont en désaccord quant à la cause directe de cette excommunication : d’aucuns arguent qu’il s’agit du remariage du roi, d’autres de la dissolution des monastères. La Réforme anglaise ainsi entamée aura de lourdes conséquences sur le reste du règne de Henri VIII, ainsi que sur les règnes successifs de ses trois enfants reconnus, Edouard VI, Marie Ière dite “la sanglante” (surnom qui lui est attribué lorsqu’elle réprime violemment des révoltes protestantes après avoir réinstauré le catholicisme) et Elizabeth Ière (qui détruit l’œuvre du règne de sa demi-sœur en installant définitivement le protestantisme). Quant à son remariage si coûteux, il se solde d’un échec lorsqu’Anne Boleyn se révèle incapable de concevoir un fils : elle met au monde une fille, la future Elizabeth Ière, et fait par la suite une ou plusieurs fausses couches, puis délivre un garçon mort-né. Lassé de sa femme, hanté par l’obsession d’obtenir un héritier mâle, Henri VIII fait monter des fausses accusations d’adultère et d’inceste contre elle et la fait exécuter par décapitation, ainsi que son frère.

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Élisabeth Ire, fille d'Anne Boleyn

Fille du roi Henri VIII et d’Anne Boleyn, Élisabeth Ire (ou Elizabeth I) est reine d’Angleterre et d'Irlande de 1558 à 1603. Elle est la dernière représentante de la dynastie des Tudor. Surnommée parfois la « Reine Vierge », elle a longtemps bénéficié d’une image très positive, étant considérée comme la plus grande reine de l’histoire de l’Angleterre, et l’un de ses plus grands souverains. Ce n’est pas dans les meilleures conditions qu’Elisabeth monte sur le trône en 1558. Née en 1533 à Greenwich, elle est la fille d’Anne Boleyn, deuxième femme d’Henri VIII, qui a fini décapitée sur ordre de ce dernier. La réputation plus que sulfureuse de sa mère suit la jeune princesse Elisabeth, et cela continuera une partie de son règne. Après avoir connu une enfance triste et studieuse, Elisabeth a également quelques déboires lors du règne de Marie Ire puisqu’elle est mêlée à l’insurrection de Wyatt en 1554. Elle monte néanmoins sur le trône en 1558, et est couronnée à Westminster le 15 janvier 1559. Celle qui a affiché son catholicisme (de façade sans doute) sous Marie Tudor est aussi celle qui créé l’Eglise anglicane. Il y a toutefois débat sur le rôle exact de la reine durant cette période, tout comme sur ses motivations. Elle affiche surtout un vrai pragmatisme. Cela aboutit au vote de l’acte d’Uniformité et de l’acte de Suprématie dès 1559, confirmé par les Trente-Neuf Articles en 1563. Pourtant, l’anglicanisme ne fait pas l’unanimité. Chez les catholiques évidemment (Pie V l’excommunie en 1570, et les catholiques subissent une sévère répression), qui plus est dans un contexte de tension avec l’Espagne, mais également chez certains protestants, très vite appelés les « Puritains », qui lui reprochent un calvinisme pas assez radical et trop mâtiné de papisme. La façon de gouverner de la reine est elle aussi marquée par le pragmatisme. Elisabeth conserve tout d’abord l’essentiel des conseillers de Marie Tudor, mais se sépare des ecclésiastiques pour en faire un organe de gouvernement uniquement laïc. Se forme un clan autour de son conseiller principal, l’expérimenté secrétaire d’Etat William Cecil, et la reine gouverne avec ce Conseil privé. Celui-ci est moins convoqué sous le règne d’Elisabeth que sous ses prédécesseurs, mais il est plus sous contrôle. Si la reine sait s’appuyer sur le Parlement pour régler la question religieuse ou lors du conflit avec l’Espagne, elle sait aussi faire preuve d’autorité (voire d’autoritarisme) si besoin est, tandis que ses conseillers négocient habilement avec les parlementaires. Dans le contexte de l’établissement de l’Eglise anglicane, Elisabeth voit se dresser une rivale de poids en la personne de Marie Stuart. Celle-ci l’avait déjà menacée lors de son accession au trône, mais la rivalité se transforme en conflit quand les catholiques prennent le parti de la reine d’Ecosse. Elisabeth est cependant plus habile en agitant les barons écossais contre Marie ; celle-ci doit abdiquer en faveur de son fils Jacques en 1567. Pourtant, même enfermée, Marie Stuart reste dangereuse pour la reine Élisabeth. Toujours soutenue par les catholiques, et plus encore suite à l’excommunication de la souveraine en 1570, elle est soupçonnée de fomenter complot sur complot. Le règne d’Elisabeth est marqué par le véritable début de l’essor maritime et colonial de l’Angleterre. Dans son soutien au protestantisme, la reine se rapproche d’abord des Gueux protestants des Pays-Bas espagnols, ce qui provoque les premières tensions. Mais c’est surtout la situation avec l’Irlande et l’exécution de Marie Stuart qui mettent le feu aux poudres. L’Irlande est l’alliée de l’Espagne, qui finit par réagir par la guerre, surtout après la décision d’Elisabeth de soutenir les Gueux des Pays-Bas, avec une armée cette fois (les troupes du comte de Leicester). Toutefois, l’Angleterre commence son expansion outremer. C’est le moment des explorations de Francis Drake (au tournant des années 1580), de la création de la Compagnie des Indes (1600) et de la colonisation en Amérique du Nord (création de la Virginie, en hommage à la « reine vierge », par Raleigh). Dès les années 1560, les marins anglais se lancent dans des explorations systématiques, mais aussi dans la course contre les navires portugais et espagnols, avec John Hawkins par exemple. Une grande partie du mythe d’Elisabeth, qu’elle a contribué à fabriquer, est celui de sa virginité. Elle n’a jamais été mariée et n’a eu aucun enfant. Les débats sont nombreux sur le sujet, même si l'on suppose qu’elle a eu des amants, comme Robert Dudley ou Robert d’Essex. On peut invoquer plusieurs raisons, les principales étant politiques, que ce soit avec les souverains étrangers ou les nobles anglais, encore plus nombreux à lui faire la cour. Quand, au cours des années 1580, il devient certain qu’elle ne se mariera pas, et surtout n’aura pas d’enfant, il faut lui trouver un successeur. On sait cependant que, si elle a été une grande reine, Elisabeth était aussi critiquée pour son caractère colérique, son autoritarisme, ses difficultés parfois à prendre des décisions, et quelques erreurs comme l’aide aux protestants des Pays-Bas. Toutefois, la période élisabéthaine est aussi celle d’un grand essor artistique et culturel, l’exemple le plus célèbre étant évidemment Shakespeare. L’économie est elle aussi en pleine progression, des progrès un peu freinés par les dépenses dues aux guerres de la fin du règne. La reine d’Elisabeth Ire s’éteint en 1603, et avec elle la maison Tudor. Jacques VI Stuart lui succède, sous le nom de Jacques Ier d’Angleterre. Au-delà du mythe de la « reine vierge », le règne d’Elisabeth est très important dans l’histoire de l’Angleterre, avec la fin de la mise en place de l’Eglise anglicane et l’expansion maritime, tout comme l’affirmation d’une culture et d’une civilisation.

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