En cette période de Noël, la crèche est un spectacle familier et réconfortant, que l'on retrouve souvent dans les églises et les foyers. Au-delà des figures centrales de Marie, Joseph et Jésus, la présence des animaux, en particulier l'âne et le bœuf, suscite des interrogations sur leur signification profonde. Cet article explore la symbolique des animaux dans la crèche de Noël, en s'appuyant sur les traditions bibliques et les interprétations théologiques.

L'Âne et le Bœuf : Un Duo Emblématique

Il est rare de voir des crèches sans les deux animaux incontournables que sont l’âne et le bœuf. L'association de l'âne et du bœuf dans la crèche est une tradition ancienne, bien qu'ils ne soient pas mentionnés explicitement dans les Évangiles canoniques de Luc ou Matthieu. Leur présence est justifiée par des références prophétiques de l'Ancien Testament, notamment dans le livre d'Isaïe.

Référence au Livre d'Isaïe

L’âne et le bœuf sont cités ensemble dans le tout début du livre d’Isaïe, comme une invitation à accueillir Dieu qui vient nous visiter : « Le bœuf connaît son propriétaire, et l’âne, la crèche de son maître. Israël ne connaît rien, Mon peuple n’a point d’intelligence ». Ce verset souligne un contraste frappant : alors que les animaux reconnaissent leur maître et leur pourvoyeur, le peuple d'Israël, lui, ne reconnaît pas Dieu.

Dans la logique d’Isaïe, l’âne et le bœuf de la crèche ne sont donc pas là uniquement pour fournir au petit enfant la chaleur animale dont il a besoin, comme on l’imagine sou­vent, mais pour rappeler le paradoxe soulevé par l’é­vangéliste saint Jean : « il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu » (Jn 1,11). L’âne et le bœuf sont donc là pour nous inviter à ne pas avoir un cœur endurci et accueillir réellement le petit enfant de la crèche comme notre sauveur.

Ainsi, la présence de l'âne et du bœuf n'est pas seulement pratique (fournir de la chaleur), mais surtout symbolique. Ils incarnent la reconnaissance et la fidélité envers Dieu, invitant les spectateurs à méditer sur leur propre capacité à accueillir le Christ.

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Interprétations Théologiques et Traditionnelles

La tradition veut que le souffle de l’âne et du bœuf ait servi à réchauffer l’enfant Jésus. Cette image, bien que non biblique, renforce l'idée de leur rôle protecteur et bienveillant envers le nouveau-né.

Dans l'Évangile, posséder un bœuf est considéré comme une richesse qui peut nous détourner du Seigneur. Ainsi, dans la parabole du festin des noces, un homme refuse de venir à la noce en pré­textant qu’il vient d’acqué­rir cinq paires de bœufs et qu’il doit les essayer (Lc 14, 19). Ici, le bœuf, comme toutes les richesses que nous pouvons posséder, nous renvoie à celui qui doit être notre richesse principale, la perle de grand prix : le Christ lui-même.

Quant à l’âne, il est dans l’évangile l’humble signe du Messie entrant à Jérusalem à la veille de sa passion (Mt 21, 1-11): il évoque par anticipation la figure du Messie serviteur qui donnera sa vie pour apporter le salut au monde. L'âne est également présent lors de l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, montrant son humilité et son rôle de serviteur.

J'aime bien aussi, cet épisode du livre des Nombres (Ch 22-24) où le roi moabite Balak, fait appel à un devin païen, Balaam, pour frapper de malédic­tion le peuple d’Israël contre lequel il est en guerre. Lorsque Balaam se rend sur place, son âne refuse de le transporter, car l’âne voit les anges qui appellent Balaam à bénir, plutôt qu’à maudire.

Autres Animaux et Leur Signification

Outre l'âne et le bœuf, d'autres animaux peuvent figurer dans la crèche, chacun apportant sa propre symbolique.

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Les Moutons et les Bergers

Dans l’évangile de Luc (2,7), il est question de la présence de bergers gardant leurs troupeaux. L’occident chrétien en a déduit qu’il s’agissait de moutons. La présence de moutons est souvent liée à celle des bergers, qui furent les premiers à être avertis de la naissance de Jésus. Les bergers sont les premiers à venir voir Jésus. Leur présence montre que Dieu s’adresse d’abord aux plus simples. Certaines représentations expliquent leur présence de façon plus théologique. Dans L’Adoration des bergers de Georges de La Tour ou celle de Zurbaran, un berger porte un agneau pattes liées juste au-dessus de la tête du bébé. De quoi rappeler une parole du prophète Esaïe (53,7) : “ Il était comme l’agneau mené à l’abattoir ”.

Chameaux et Chevaux

« La Nativité » du peintre Memling (qui se trouve à Bruges) représente les mages, l’un arrive sur un chameau, les autres à cheval. Le prophète Isaïe (60, 1-6) annonce : « Des multitudes de chameaux te couvriront d’or… » Le chameau représente les peuples d’Arabie : sa présence avec les mages veut dire l’universalité du salut, Jésus étant venu pour tous les hommes. Il n’y a aucune référence biblique concernant les chevaux : il s’agit simplement d’un animal familier à la Flandre, d’où est originaire Memling.

Animaux dans les Crèches Provençales

Ce sont les crèches provençales qui comportent le plus grand nombre d’animaux, avec des oies, des cochons… Pourquoi ce choix ? En fait, la pastorale des santons entend représenter à la crèche toutes les catégories sociales, du maire aux paysans, en passant par les commerçants.

La Crèche : Une Tradition Vivante

La crèche est l’un des grands symboles de Noël. Déposée au pied du sapin, elle met en scène le mystère de la naissance de Jésus, que l’on célèbre le 25 décembre. La tradition de la crèche est attribuée à François d’Assise qui, en 1223, a l’idée de créer une sorte de pièce de théâtre représentant la naissance de Jésus. Au cœur des festivités de Noël, la crèche fait partie des traditions perpétuées par des millions de familles. Elle se compose d'un ensemble de personnages qui forment, tous ensemble, une représentation emblématique de la nativité, avec une signification profonde contribuant à l'histoire sacrée de la naissance de Jésus et à sa portée spirituelle.

Origines et Évolution de la Crèche

Alors que Noël est fêté le 25 décembre depuis le Ve siècle, la tradition de la crèche est plus récente et émerge lorsque des théologiens redécouvrent, au cours du XIIe siècle, les textes qui relatent l’enfance de Jésus. Dans l’Évangile selon saint Luc, il est écrit que Marie et Joseph, ne trouvant pas de place dans une auberge, prennent refuge dans une étable à Bethléem afin que Marie puisse accoucher. C'est du latin cripia, qui signifie « mangeoire », que le terme « crèche » a été repris.

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La première crèche est donc une crèche vivante, jouée par les habitants du village de Greccio, en Italie. Elle permet aux chrétiens de mieux imaginer le contexte au sein duquel Jésus est né et donc d’exprimer le sens de la Nativité et du mystère de l’Incarnation. L’idée se répand ensuite dans toute l’Italie et s’invite en Provence, grâce aux prédicateurs franciscains.

Au XVIe siècle, les Jésuites introduisent des modèles réduits de la crèche dans les églises d’Europe de l’Est, notamment à Prague. Dans le cadre de la Contre-Réforme, ils s’en servent ainsi comme catéchèse. Les modèles vivants sont donc remplacés par des personnages en cire, en plâtre, en terre cuite, en bois et même parfois en mie de pain.

La tradition des crèches domestiques s’installe en France pendant la Révolution. En effet, il est alors interdit de représenter des scènes religieuses en public, la messe de minuit est prohibée, ainsi que l’installation de crèches dans les églises. Les croyants n’ont donc d’autre choix que de faire des crèches de Noël chez eux, à l’abri des regards. C'est depuis ce temps-là que nous avons gardé l’habitude d’installer, au sein de nos foyers, la crèche de Noël.

Au début du XIXe siècle, la crèche provençale apparaît à Marseille et se développe en Provence. Sa particularité est d’être composée de santons (du provençal santoun, « petits saints »), inspirés de scènes de la vie locale et représentant les métiers traditionnels de l’époque. Ainsi, en plus de retrouver les personnages principaux de la crèche, comme la Sainte Famille et les Rois mages, on peut trouver des petites figurines d’argile représentant un boulanger, un meunier, une lavandière, un poissonnier, etc.

Composition et Signification Générale

La crèche de Noël raconte la Nativité. Prenant place soit dans une étable, si l’on suit l’Évangile de Saint Luc (2, 1-21), soit dans une grotte, si l’on s’en réfère aux textes apocryphes plus tardifs , elle met en scène les différents personnages qui ont assisté à la naissance du Christ. La crèche est principalement composée de la Sainte Famille, c'est-à-dire de Marie, Joseph et de l’Enfant Jésus allongé dans sa mangeoire. Cependant, d’autres personnages (Rois mages, bergers, anges) et animaux (âne, bœuf, moutons, chameaux) peuvent être ajoutés à la scène. Il est convenu de placer Jésus dans la crèche le 25 décembre à minuit.La crèche rappelle qu’il y a 2000 ans, Dieu s’est fait homme. Les personnages placés autour de Jésus nous invitent, nous chrétiens, à participer à ce mystère de l’Incarnation. Marie est d’ailleurs souvent représentée agenouillée, dans une attitude d’adoration ; elle nous encourage ainsi à l’imiter.

La crèche est habituellement installée pendant la période de l’Avent, c'est-à-dire dans les quatre semaines qui précèdent Noël. Elle invite, petits et grands, à préparer Noël. Chaque famille détient sa propre tradition et on peut la trouver sous le sapin ou à proximité. En invitant cette tradition au sein de nos foyers, la crèche devient l’occasion, pour les enfants, d’apprendre la prière et de comprendre, par l’imaginaire, les mystères de l’Évangile. Enfin, il est coutume d’enlever la crèche soit juste après la fête de l’Épiphanie, qui a lieu le 6 janvier et qui célèbre la visite des Rois mages à Jésus, soit le 2 février, c'est-à-dire le jour de la présentation de Jésus au Temple et qui correspond à la fête de la Chandeleur.

Les Personnages Clés de la Crèche

Au cœur de toute crèche de Noël, on trouve Marie et Joseph. Ils représentent la tendresse et la fidélité. Placée dans la mangeoire, la figurine de Jésus rappelle que Noël est avant tout la célébration de sa naissance. Ces deux animaux sont inséparables de la crèche artisanale. L’ange veille souvent au-dessus de la scène. Il rappelle le message de paix et d’amour qui accompagne la naissance de Jésus. Avec leurs cadeaux - l’or, l’encens et la myrrhe - les rois mages élargissent la scène au monde entier.

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