L’amour maternel est un sentiment universel et inconditionnel, présent dans toutes les cultures et à travers le temps. Pour exprimer cette émotion profonde, l’humanité a puisé dans le monde animal une riche source de symboles, chacun porteur de significations spécifiques et évocatrices. Cet article explore certains de ces symboles, allant des oiseaux aux mammifères, en passant par les mythes et les légendes, pour mieux comprendre la diversité des représentations de la maternité.
Le colibri : espoir et persévérance dans la PMA
Au cœur de la Procréation Médicalement Assistée (PMA), le colibri est devenu un symbole fort et inspirant. Sa petite taille cache une force extraordinaire, une persévérance inlassable face aux obstacles. Les femmes en PMA naviguent à travers les options médicales, chaque choix représentant une fleur potentiellement porteuse de nectar maternel, tout comme le colibri butine de fleur en fleur. Dans les moments de turbulence, le colibri demeure stable en vol, une métaphore poignante pour les femmes qui font face à des défis variés. En embrassant la symbolique du colibri, les femmes en PMA trouvent dans cet oiseau un guide tout au long de leur parcours vers la maternité.
La chouette : gardienne et protectrice
La chouette, avec son œil perçant, veille, surveille et n’hésite pas à combattre pour protéger ceux qu’elle aime. Elle a la faculté de voir de nuit - et donc dans les ténèbres - ce qui en fait un guide pour se repérer dans l’obscurité. Elle pourrait donc aider à mieux éviter les dangers des polluants cachés. La chouette réfléchit, surveille mais agit aussi, incarnant ainsi la quintessence de la maternité. Qu’elle évoque la mythologie grecque, Archimède, Big Mama ou Hedwige, la chouette est un symbole de protection et de sagesse maternelle.
La louve : mère nourricière et figure ambivalente
La louve (lupa) est un symbole ambivalent, associée à la fois à la violence et à la terreur, mais aussi à l’image de la mère nourricière et protectrice. Dans les légendes de Rémus et Romulus et de saint Ailbhe, des héros sont allaités par une louve et grandissent pour devenir fondateurs. La louve revêt ainsi un symbolisme ambivalent. D’un côté, positif et plausible, et de l’autre violent et effrayant. Dans son aspect positif, la louve se présente comme la figure de la mère nourricière et protectrice, par exemple dans le mythe de la fondation de Rome, etc. Dans son aspect négatif, elle est symbole de débauche, de passion amoureuse, de désir sensuel, de rapacité et de voracité.
Le mythe de la fondation de Rome avec l’allaitement des jumeaux par la louve et celui de saint Ailbhe (Ailbe, Albeus, Elvis, etc.), fondateur du diocèse d’Emly à Munster en Irlande, nous présentent la louve dans sa fonction bénéfique. Les deux récits partagent les mêmes éléments de la jeunesse héroïque : éloignement de l’enfant à cause de son destin, exposition du nouveau-né dans la forêt ou envoi du corps sur la rivière, voire sur la mer, sauvetage et allaitement du héros par un animal bénéfique, découverte du héros par un berger ou un chasseur, etc., et, plus tard dans le récit, aide apportée par le héros à un animal en danger, chassé par le peuple, mais qu’il reconnaît comme sa mère adoptive qui l’allaita jadis.
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Le dernier des rois d’Albe, Amulius, chasse Numitor, roi légitime, et fait de Rhéa Silvia ou Hia, unique enfant de Numitor, une vestale, pour s’assurer qu’elle ne portera pas d’héritier. Mais Rhéa Silvia, visitée par le dieu Mars, enfante deux jumeaux, Romulus et Rémus. Amulius emprisonne la mère et jette les bébés dans le Tibre. Ils échouent sur le rivage et sont allaités par une louve, puis découverts par Faustulus, berger du roi, qui les élève avec l’aide de sa femme Acca Larentia. Plus tard, reconnus, ils écartent Amulius et rétablissent Numitor sur le trône. Ils décident alors de fonder un nouvel établissement à l’endroit où le Tibre les a déposés.
Il semble intéressant de noter que le mythe de la fondation de la ville de Rome ne repose pas seulement sur les descendants d’Énée par leur mère dont le père est le fils d’Ascagne (fils d’Énée), mais le narrateur ajoute un nouvel élément au récit : le viol de la vierge par une déité de la fécondité et de la guerre, en l’occurrence Mars. Il ne s’agit plus d’une personne humaine mais d’un héros surnaturel aux pouvoirs exceptionnels : il est à la fois mi-dieu mi-humain. Au contraire, dans le récit de saint Ailbhe, le héros n’est que le fils d’un chef (Olenais) et d’une jeune servante (Sanclit) au service du roi Crónán de la région de Cliach. Un soir, Olenais entre dans la chambre de la jeune fille, la viole et s’enfuit avant que le roi ne découvre qu’elle est enceinte. Nous assistons encore ici au mythe de la jeunesse du héros qui ne connaîtra jamais son propre père.
Quand le héros est né, le roi Crónán est tellement courroucé qu’il ordonne la mort du nouveau-né car il ne veut pas qu’il grandisse dans son palais avec ses propres fils. Le roi chasse la mère du héros de son palais. Les servantes prennent l’enfant héroïque et décident de ne pas le tuer, mais de le cacher sous un rocher. C’est ainsi qu’il acquiert son nom composé de l’irlandais ail (« rocher » ; Vendryès, 1959, lettre A, p. 29-30) et beo (« vivant » ; lettre B, p. 37). Donc Ailbhe signifie « vivant sous le rocher ». Il est découvert et allaité par une louve jusqu’à ce qu’un chasseur le trouve et l’adopte. Quand la louve revient de la chasse et s’aperçoit que le petit héros n’est plus dans la tanière, elle le recherche partout furieusement jusqu’à ce qu’elle le trouve avec le berger. Le jeune héros embrasse la religion chrétienne et va étudier à Rome. Il est ordonné par les anges devant le pape et les croyants, car le pape se dit indigne d’ordonner un homme si saint. Il devient premier évêque du diocèse d’Emly. Un jour, il voit une louve et ses louveteaux pourchassés par les chasseurs. Il reconnaît sa mère adoptive et intervient pour la protéger contre les chasseurs.
La légende raconte que le peuple d’Aix-la-Chapelle manquait d’argent pour terminer la construction de sa cathédrale. C’est alors qu’un homme se présenta et proposa de financer la fin de la construction, en échange de l’âme de la première personne qui franchirait la porte de cet édifice. La cathédrale terminée, tout le monde pouvait contempler sa beauté, mais personne n’avait oublié le châtiment que leur réservait le franchissement du seuil de la porte. Un habitant eut alors l’idée d’envoyer une louve franchir la porte pour se débarrasser à jamais de ce châtiment. À peine l’animal avait-il franchi la porte que le diable s’empara de son âme. Mais ce dernier s’aperçût de la supercherie. Pris d’une grande colère, il se mit alors à cogner violemment la porte, ce qui provoqua une fissure sur celle-ci.
À côté de ces images de la louve bénéfique et sacrificielle, on trouve également les images de la louve symbole de luxure, de débauche et de rapacité. En effet, dans le monde gréco-romain, une prostituée est désignée par le mot lupa (« louve ») et le bordel est appelé lupanar (« tanière de la louve »). Selon Isidore de Séville, la fille de joie est nommée d’après la louve à cause de la rapacité qui la pousse à s’emparer des biens des pauvres miséreux. Loup : l’origine de ce nom est un mot du sens de « enlever de force » et pour cette raison, c’est à juste titre que l’on appelle « louve » les femmes dévergondées qui détruisent les bonnes qualités des hommes qui les aiment. D’après certains auteurs, le lupanar dérivé évidemment du mot « lupa » serait une référence au « hurlement de la louve lorsqu’elle est en chaleur » (Nappo, 2004, p. 74). Dans la ville de Pompéi, le lupanar se trouve au carrefour de deux allées, au 18 Vicolo (Allée) de Lupanare. Ce rapport entre la louve et la fille publique est renforcé par l’existence d’une maladie de la louve (il male della lupa) mieux attestée en Italie qu’ailleurs (Mazzoni, 2010, p. 152-155). Une personne qui souffre de la maladie de la louve a toujours faim comme elle. En effet, plus elle mange, plus elle a faim et il est dit qu’il n’y a pas de remède à cette maladie.
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Pour nouer l’aiguillette, ayez la verge d’un loup nouvellement tué ; et étant proche de la porte de celui que vous voudrez lier, vous l’appellerez par son propre nom, vous lierez la dite verge du loup avec un lacet de fil blanc, et il sera rendu impuissant à l’acte de Venus, qu’il ne le serait pas davantage s’il était châtré. De bonnes expériences ont fait connaître que, pour remédier, et même pour empêcher cette espèce d’enchantement, il n’y a qu’à porter un anneau dans lequel soit enchâssé l’œil droit d’une belette. Prenez le bout du membre génital d’un loup, le poil de ses yeux et celui qui est à sa gueule en forme de barbe : réduisez cela en poudre par calcination, et faites-le avaler à la femme sans qu’elle le sache, et l’on pourra être assuré de sa fidélité ; la moelle de l’épine du dos du loup fait le même effet. Pour une qui n’est pas satisfaite de son mari, continue Albert le Grand, il suffit de porter sur elle la moelle du pied gauche d’un loup.
Les deux visages de la louve étudiés dans cet article sont les bases de la féminité ou mammalité ambivalente. Depuis l’Antiquité, les auteurs se servent de l’image de la louve, soit comme tendre mère nourricière qui s’occupe de ses petits et qui protège même les bébés humains, soit comme femme séductrice et ravisseuse. L’apparence maigre d’une louve indique à la fois sa luxure, son insatiabilité, et ainsi évoque la fille publique pour laquelle l’argent n’a pas d’odeur (pecunia non olet).
Autres symboles animaux de maternité
Outre le colibri, la chouette et la louve, de nombreux autres animaux sont associés à la maternité dans différentes cultures.
La biche : Symbole féminin, elle peut jouer le rôle de mère nourrice à l’égard des enfants innocents.
L’ourse : Animal avec des côtés maternels très développés, elle peut spontanément nourrir l’enfant de son lait et lui sauver la vie. L’ourse est aussi associée à Artémis, déesse protectrice de la fertilité. Dans la Grèce antique, les jeunes filles "faisaient l'ourse" en l'honneur d'Artémis, mimant l'animal pour honorer la déesse.
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Le vautour : Dans la mythologie égyptienne, le vautour est un symbole de la maternité, car ces créatures sont les gardiens impeccables du nouveau-né. Le hiéroglyphe égyptien pour la “mère” est le même que celui du vautour. La déesse de la mère égyptienne, Mout, est souvent représentée avec le vautour.
La colombe : Dans la Bible, c'est une colombe que Noé envoie depuis son arche pour savoir si les eaux se sont retirées de la terre après le déluge. Dans la tradition chrétienne, la colombe, symbolise le Saint-Esprit. Elle a longtemps apporté les bébés dans les foyers, du moins certains le pensent.
L’éléphant : Dans la symbolique occidentale comme orientale, l'éléphant est associé à la mémoire, la sagesse, la longévité, la prospérité, la bienveillance.
La tortue : En Afrique, la tortue est souvent associée à la fertilité. Au Japon, elle est symbole de chance et de longévité.
Symboles universels et culturels de l'amour maternel
Au-delà des animaux, certains symboles sont universellement associés à l’amour maternel. Le cœur, par exemple, évoque des sentiments universels et intemporels, représentant l’amour maternel dans sa forme la plus pure et la plus inconditionnelle. La Vierge Marie est également devenue une figure culturelle universelle, transcendant les frontières confessionnelles, et son image est souvent associée à la maternité.
D’autres symboles et traditions varient selon les cultures. En Inde, la fête de Raksha Bandhan célèbre le lien entre frères et sœurs, symbolisant ainsi la protection maternelle que la sœur offre à son frère. Au Japon, la fête des Sept-Cinq-Trois honore les filles et célèbre leur passage à l’âge adulte. Ces exemples mettent en lumière la diversité des expressions culturelles de l’amour maternel, rappelant que ce sentiment profond et universel se manifeste de manière unique et riche dans chaque culture.
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