L'histoire des maternités à Dijon est marquée par des évolutions constantes, des transferts de sites et des adaptations aux besoins de la population. De l'Hôpital du Saint-Esprit à la clinique Sainte-Marthe, en passant par la maternité du Bocage, chaque lieu a contribué à l'histoire de la naissance dans la capitale bourguignonne.

Les Origines Hospitalières : Entre Assistance et Lutte contre les Épidémies

Au Moyen Âge, l'accueil des enfants abandonnés et des malades est une préoccupation majeure. En 1204, le duc Eudes III de Bourgogne, de retour de croisade, fonde l'Hôpital du Saint-Esprit à Dijon, dédié à l'accueil des enfants abandonnés. Cet hôpital, situé sur une île au milieu de l'Ouche, marque le début d'une longue histoire hospitalière à Dijon.

Au XVIe siècle, la ville est confrontée à des épidémies de peste, ce qui conduit à la construction de nouveaux bâtiments hospitaliers. L'Hôpital Notre-Dame de la Charité est fondé, suivi rapidement par un orphelinat, l'Hôtel Sainte-Anne. En 1669, ces établissements sont regroupés sous le nom d'Hôpital général, qui se modernise au fil des évolutions des techniques médicales.

L'Évolution de l'Orphelinat Sainte-Anne

L'histoire de l'ancien orphelinat Sainte-Anne, devenu hôpital, est étroitement liée à celle de l'Hôpital général. Cependant, le site se distingue véritablement à partir de 1693. Cette année-là, l'orphelinat fondé en 1633 par Pierre Odebert pour accueillir les nombreux orphelins de la ville est transféré rue Saint-Philibert. Les nouveaux bâtiments peuvent accueillir 145 orphelines, les garçons n'étant plus admis.

À la Révolution, l'établissement devient une caserne, puis un lycée de garçons en l'an XII. L'orphelinat est transféré en 1806 dans l'ancien couvent des Bernardines, rue Sainte-Anne, qui abrite aujourd'hui le musée de la Vie Bourguignonne.

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Le site de l'orphelinat, tel qu'il existait avant son transfert, se composait de quatre corps de bâtiments répartis autour d'une cour arborée. Un passage situé au fond de la cour donnait accès à un corps de logis abritant l'infirmerie. Au fil du temps, le site s'est agrandi par l'achat d'hôtels particuliers, notamment pour accueillir le lycée impérial.

La Maternité du Bocage : Un Tournant Moderne (1967)

Un tournant majeur dans l'histoire des maternités dijonnaises se produit en 1967 avec l'ouverture de la nouvelle maternité du Bocage. Jusque-là située dans des locaux de la rue Paul-Cabet (1922-1967), la maternité emménage dans des locaux modernes et spacieux au sein du complexe hospitalier du Bocage.

La nouvelle maternité est dotée d'équipements de pointe, notamment un bloc d'accouchement de six salles de travail insonorisées et climatisées, un bloc opératoire avec trois salles principales et trois salles annexes, une unité pour prématurés et des salles de réanimation des nouveau-nés avec incubateurs. Elle peut accueillir cent trente mamans, avec un choix de chambres à deux lits ou individuelles. L'école de sages-femmes, comprenant un internat de 30 places, déménage également sur le site.

Le 27 février 1967, les nouveaux équipements sont mis en fonction. La presse est invitée à visiter la structure, en présence du professeur agrégé Jahier et des docteurs Michiels et Briottet, qui allaient assurer la marche du service.

La maternité du Bocage marque une rupture avec l'ancienne maternité de la rue Paul-Cabet. Les locaux sont plus spacieux, plus confortables et mieux équipés, offrant aux patientes un cadre moderne et adapté aux besoins de l'accouchement. Un effort particulier est fait pour créer une ambiance chaleureuse et accueillante, afin de bannir l'idée d'hôpital.

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Le bâtiment de la maternité du Bocage comprend sept niveaux, dont deux souterrains et quatre étages. Le rez-de-chaussée bas abrite une cuisine moderne, une salle à manger pour le personnel, une biberonnerie, une salle de cours de préparation à l'accouchement, et les services de protection maternelle et infantile. Le rez-de-chaussée haut, digne d'un hall d'hôtel, fait office de salle de réception. Les étages supérieurs sont dédiés aux services obstétricaux et chirurgicaux, aux chambres des patientes, et à l'enseignement.

Le 28 février 1967, une réception est organisée pour fêter les premiers nouveau-nés de la maternité du Bocage. La Caisse d'épargne de Dijon offre une layette à Véronique Dumont, dernière née à la maternité de la rue Paul-Cabet, ainsi qu'aux deux premiers bébés nés au Bocage, Sophie Comas et Joël Jouhannet.

La Clinique Sainte-Marthe : Un Couvent Transformé en Lieu de Naissance

Au début du XXe siècle, la clinique Sainte-Marthe voit le jour, succédant en 1910 à un couvent fondé au XVIIe siècle par Jeanne de Chantal et François de Sales. La clinique devient un lieu emblématique pour les Dijonnais, où de nombreux habitants de la cité des ducs sont venus au monde. La clinique Sainte-Marthe ferme ses portes en 2017.

Le Courtille Sainte-Marthe : Une Nouvelle Vie pour un Lieu Chargé d'Histoire

En décembre dernier, une nouvelle page de l'histoire du site Sainte-Marthe s'est ouverte avec l'achèvement de la réhabilitation-construction menée par VINCI Immobilier. L'ensemble abrite désormais la première résidence seniors Ovelia de Bourgogne Franche-Comté, Le Courtille Sainte-Marthe, avec 95 logements allant du T1 au T3.

La résidence services seniors s'inscrit dans un lieu chargé d'histoire, en plein centre-ville de Dijon. La réhabilitation a permis de redonner vie à un lieu symbolique, tout en respectant le caractère du quartier. Les travaux ont nécessité des techniques de déconstruction et de réhabilitation délicates, afin de limiter les nuisances pour les riverains et de préserver le patrimoine architectural.

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La résidence propose à ses occupants tout le confort et les services attendus : salons, bibliothèque, restaurant, salle de sport, espace informatique, laverie. Son emplacement idéal dans le faubourg Sainte-Marthe lui permet de bénéficier de toutes les commodités d'un centre-ville préservé.

La Maternité du CHU de Dijon : Innovation et Prévention

L'inauguration de la Maternité du CHU de Dijon, le 8 avril, a marqué l'aboutissement de sept années de travaux de rénovation. Le Pôle Gynécologie-Obstétrique du CHU est l'unique structure de niveau III du Réseau Périnatal de Bourgogne et propose des centres référents en diagnostic prénatal et en traitement de la stérilité conjugale pour l'ensemble de la région.

Le CHU d'Angers expérimente le Making Every Contact Count (MECC), une stratégie promue par la communauté scientifique internationale pour réduire les inégalités de santé en offrant un accès à la prévention à chaque contact avec le système de santé. Le service de gynécologie-obstétrique de l'hôpital Femme Mère Enfant (HFME) propose une prise en charge globale, pluridisciplinaire et personnalisée des femmes en transition ménopausique ou ménopausées.

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